• En recherchant des renseignements sur le Paris-Dakar dans mes Moto Revue préférés, je suis tombé sur cette publicité parue en bas de deux pages. Elle est signée de JANO, l'un des dessinateurs français les plus inspirés de la fin des années 70 et suivantes. Son héros principal se nommait KEBRA et sa tête rappelait celle d'un personnage de Walt Disney mais pas complètement. On y retrouvait par exemple le nez de Pluto mais les autres caractéristiques du visage restaient indécises. Certains évoquent la tête d'un rat...

    La similitude avec l'univers de Disney ne va pas loin car Kebra évoluait dans le monde des loulous d'une banlieue qui allait devenir celle des "quartiers défavorisés". Il est possible que dans quelques décennies les ethnologues chercheront dans de semblables BD des enseignements sur la vie d'une jeunesse française particulière de la fin du XXème siècle, tant certaines séquences sont au plus près de la réalité. Jano, comme Margerin - ou Renaud par la chanson - ont saisi des "tranches de vie" qui ne laissent pas de traces dans les statistiques, rapports officiels et autres tableaux synoptiques dont les grosses têtes se nourrissent habituellement...

    Jano

    La grande passion de Kebra est le scooter, Vespa tout spécialement, que l'on retrouve tout au long de la carrière artistique de son créateur. Lequel est toujours en intense activité selon son site : https://www.sites.google.com/site/bdjano/

    Jano

    Très souvent dans des situations plus que scabreuses, Kebra s'en tire toujours, sinon il ne serait pas un héros de BD ! (Carte postale d'époque ci-dessus, reproduisant l'illustration de couverture pour l'album "La Mort aux trousses").

    Jano

    En une seule planche, toute la transformation en cours d'un quartier d'Ile-de-France (sans doute La Défense près de Paris) avec la diversité de ses habitants et le bidonville en voie de démolition jouxtant le quartier "des affaires" (le bien nommé...). On pourrait retrouver aujourd'hui le même décor ou à peu près, mais plus loin de la capitale. Malgré son absence de regard, Kebra sait parfaitement exprimer ses sentiments par ses gestes, ses attitudes soutenus par des interjections éloquentes : Raaah ! Pouf ! Pouf ! Grr ! Kesta Ta ?

    Jano

    Jano est du genre fidèle à ses premières amours au point d'avoir toujours un Vespa (en tôle d'acier) qui ressemble à celui de ses dessins, jusqu'à la couleur.

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  • AU LENDEMAIN DE LA DERNIÈRE GUERRE, la France découvre à petites doses des gâteries oubliées ou inconnues. Des cigarettes au goût exotique qui n'ont rien à voir avec nos Gauloises. Le premier stylo à bille - un Reynolds - encre rouge à un bout, bleue à l'autre mais toutes deux coulent dans la poche. Le bloudjine, le vrai, n'est connu que par photos mais il est imité/copié, y compris en noir, ce qui donne naturellement le bloudjinenoir. Au rayon "culturel" apparaissent des polars déjà publiés à la fin des années 30 mais relancés en 1945 dans une nouvelle collection chez Gallimard : La Série Noire. Présentation macabre sous une jaquette noire bordée de blanc. Titre en lettres jaunes.

    Le principal attrait de ces romans policiers est d'être écrit par des auteurs américains. Du moins présentés comme tels alors que les deux premières vedettes du genre, Peter Cheyney et James Hadley Chase,La "SÉRIE NOIRE" a 70 ans sont des Rosbifs pur malt. Ils mettent en scène des détectives ou agents du F.B.I. inoxydables. Durs au mal, une douche brûlante puis glacée et un scotch (bien tassé) suffisent à les remettre en forme après n'importe quelle dérouillée. Toujours impeccables grâce à des costumes infroissables et des chemises qui se lavent vite et sèchent instantanément (magie du nylon !). Décor américain à peine esquissé, action violente, cadavres à profusion et blondes pépées vénéneuses toujours prêtes à succomber, feront le succès de cette Série Noire qui redonne des couleurs (euh...) à la littérature policière.

                            L'agent du F.B.I. Lemmy Caution (Eddie Constantine), dans le film tiré de "La Môme                          Vert-de-Gris", premier titre de la Série Noire. Dominique Wilms, qui l'accompagne ici,                        sera souvent la blonde (née Belge) de service dans les films noirs "à la française".

    Peu à peu des auteurs français se font une place dans la collection. Le premier sera Serge-Marie Arcouët en 1949, mais il signe Terry Stewart (toujours la fiction d'auteurs anglo-saxons). Bien avant l'irruption des "soixantehuitards" comme J.P. Manchette, P. Raynal, etc. la Série prend une tonalité plus "politique" et bien ancrée dans le terroir français.

    C'est très exactement dans l'Orne, en Normandie, que Jean Amila situe "Jusqu'à plus soif" paru en 1962. Outre une peinture peu flatteuse, mais documentée, sur le milieu des bouilleurs de cru clandestins et des trafiquants d'alcool, Jean Amila n'est pas tendre avec les autorités, aussi haut placées soient-elles. Ce qui vaudra d'ailleurs des ennuis au film tiré du livre par Maurice Labro. Une fiction sans doute jugée trop proche d'une certaine réalité de l'époque. Devenu aujourd'hui invisible, introuvable, le film n'existe pas en DVD. Pas plus de chance, semble-t-il, du côté des archives de l'INA...

    70 ans de "Série Noire" mais de rares motos

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    "LES TIGNASSES se départageaient en noires, et en moins noires ; les moins noires étaient celles des blondes descendantes des Vikings, non arrivées encore à l'âge du shampooing."

    C'est ainsi que Marie-Anne, jeune institutrice nommée dans une école libre en Normandie, fait connaissance avec les filles de la classe dont elle est chargée. Très tôt elle va découvrir, stupéfaite, les usages du pays où la "collation" de ses élèves s'accompagne d'une bouteille de café largement additionnée de "gnôle". On est dans le pays du calvados, distillé aussi abondamment que clandestinement  par tout un chacun, et alimentant un fructueux trafic. Elle va dresser contre elle tout le pays lorsqu'elle entreprend d'interdire à ses élèves de boire leur "goutte". Pourtant une élève proteste dans un cri du cœur : "C'est point du poison, c'est de la nôtre !".

     Cette innocente bonne foi trouve un écho chez un producteur qui s'explique : - Minute, fit le bonhomme Bardin. Je suis le défenseur des petits vergers de France. Je désire que le paysan penché sur sa glèbe tire un légitime profit de son travail et de son alambic.

    Genre de réplique qui pourrait être signée Michel Audiard, dialoguiste de son état.

    Produire de la "gnôle" (Jean Amila écrit curieusement "gniaule") est donc un dur travail, encore faut-il en tirer parti. C'est là que Marie-Anne découvre que le calva alimente la capitale par camions entiers, grâce à une organisation aux mains de Rousseau, trafiquant cruel qui mène sa bande comme un commando militaire. Jean Amila le campe d'une phrase lapidaire : "Si l'homme libre, toujours chérira la mer, l'homme d'aventures, par contre, chérira toujours le garde-à-vous !". 

    70 ans de "Série Noire" mais de rares motos

     Dans le film, Bernadette Lafont est Solange, maîtresse de Rousseau chef des trafiquants. Elle est surtout la fille d'un haut-fonctionnaire de la rue de "Miromesnil" à Paris. C'est là que le roman situe le siège de la "Répression des Fraudes" qui fait la chasse aux trafiquants d'alcool. 

    Pendant leurs opérations de transport, formés en convois, ces camions communiquent par radio (peut-être les walkies-talkies des surplus américains ?) tandis que la liaison matérielle entre eux est confiée à... un motocycliste ! Et là, Jean Amila n'a pas fait dans le mesquin : ce motard pilote une Triumph Thunderbird, la machine la plus rapide de son temps, après la Vincent, bien sûr. 

    Dans les trois mille et quelques volumes de la Série Noire publiés à c't'heure, la moto a déjà fait des apparitions. Cependant, de mémoire, c'est dans "Jusqu'à plus soif" qu'elle a un rôle important dans l'intrigue de l'histoire, considérée autrement qu'un moyen de déplacement comme un autre. On pardonnera aisément à Jean Amila son erreur à propos de la cylindrée de la machine. Les autres indications techniques/mécaniques qu'il donne étant par ailleurs assez fidèles à la réalité... 

    70 ans de "Série Noire", mais de rares motos

    Couverture (honteusement photoshopée) du catalogue Triumph présentant la "Twinbird"

    Avant le départ d'un convoi, Amila décrit donc une courte scène où il donne quelques détails assez précis. Au point qu'on peut le soupçonner d'avoir une connaissance de la moto acquise autrement que devant le clavier de sa machine à écrire.

    Pierrot, un enfant du pays revenu du service militaire (Algérie, les Aurès), vient d'être engagé pour conduire un camion de gnôle. Il fait connaissance avec Dédé, pilote de la moto qui va ouvrir la route au convoi.  

    "En bas de sa cabine, Pierrot, canadienne enfilée, casquette sur la tête, examinait la grosse moto que Dédé lui présentait complaisamment.                                              - Une 600 Triumph... On n'a pas l'équivalent en France. Je me tape le cent-quatre-vingts comme une fleur. Pas une bagnole qui lui résiste. La D.S. ?... dans le dos la balayette ! Même les Jag et les Alfa : des brouettes ! Le roi de la route, c'est qui ? C'est sa pomme !

    "D'une sacoche arrière dépassait une antenne télescopique. Il y eut comme un ronflement bref. Dédé était casqué comme un pilote d'avion. Il prit le fil à sa ceinture, le brancha sur son tableau de bord.                                                            - Allo ! fit-il, apparemment dans le vide.                                                                     Mais il dut avoir une réponse péremptoire dans ses écouteurs. Il fit, déférent :           - Bien, m'sieur ! Compris !                                                                                         Il enfourcha sa moto, fit un signe à Pierrot.                                                            - Allez, hop, gars ! On se propulse ! "

    Le début du voyage est sans histoire, mais la suite se complique car les trafiquants ont été "balancés" par leur fournisseur de calva désireux de se mettre à son compte, depuis la production jusqu'à la livraison. La gendarmerie et les agents des "Indirectes" ont monté une souricière que va, le premier, découvrir le motard qui précède "Brigitte", nom de code-radio du premier camion :  

    "Il roulait à quatre-vingt-cinq, suivant les ordres qui venaient de lui être donnés. À cinq cents mètres suivait Brigitte. Le piège des gendarmes aurait dû fonctionner normalement, mais le motard de la bande des fraudeurs roulait en surveillant continuellement les bas côtés de la route. Incontestablement  il dut apercevoir l'ombre ou le reflet des motos des gendarmes. Il envoya aussitôt son message (...). "Brigitte, demi-tour immédiat !".

    "Le gendarme motocycliste Lecas et son collègue Blaireau hésitèrent un moment. Ils ne voyaient pas le camion, mais ils avaient entendu le crissement des ses freins. Ils avaient ordre de laisser passer un convoi de deux camions... ils attendirent.

    "Ce fut le chef Loinard qui déclencha l'alarme à l'écoute du camion Brigitte. Il n'avait pas de liaison radio avec ses agents motorisés (...). Il tira en l'air deux coups de son revolver, pour prévenir Lecas et Blaireau. Au moment même où il tirait, l'homme à la 600 Triumph arrivait à une centaine de mètres, phares (sic) éteints. Il dut croire qu'on tirait sur lui. On retrouva à cet endroit trace d'un dérapage digne d'une course sur cendrée et qui, selon le chef Loinard "fit des étincelles".

    Le motard exécuta donc un demi-tour étourdissant et repartit, pleins gaz, d'où il venait.

    "Les traces de sang relevées par la suite, le furent beaucoup plus loin, à trois kilomètres de là. Il ne semble pas que l'homme ait été blessé à cet endroit. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que c'est en passant entre les deux gendarmes motocyclistes qui se préparaient à redescendre sur le camion-radio, qu'il reçut une ou plusieurs balles dans le corps. 

    "D'un commun accord, Lecas et Blaireau prirent les coups de feu déjà tirés pour les sommations d'usage. Lorsqu'ils virent le motard qui s'enfuyait, ils tirèrent presque en même temps, l'un avec son revolver, l'autre avec sa mitraillette.

    "Lecas et Blaireau avaient des Gillet (ndlr : des René Gillet70 ans de "Série Noire" mais bien peu de motos
    rapides, mais la 600 Triumph était sur sa lancée et était capable d'une accélération foudroyante. L'homme fit "le trou" si rapidement que les deux gendarmes, habitués aux poursuites, comprirent qu'ils n'avaient aucune chance. Ils se lancèrent à fond, néanmoins". 
    Mais ce qu'ils rattrapèrent tout d'abord, ce fut le camion Brigitte qui s'enfuyait. Lecas, le plus ancien dans le grade le plus élevé, prit l'initiative d'arrêter le camion. Il fit un geste à Blaireau, l'invitant à poursuivre le motard. Ils doublèrent le camion en trombe et, tandis que Blaireau continuait plein gaz, Lecas se rabattait dans la lumière des phares faisant impérativement du bras le signe de stopper.

    "Il essaya de ralentir, mais il comprit immédiatement que le camion n'hésiterait pas à le bousculer, et au besoin de lui passer sur le corps. Il se rangea sur le côté, roulant sur l'herbe. Il avait tiré son revolver et ouvrit le feu dès que le camion fut à sa hauteur.

    Il atteignit la vitre de la cabine et très vraisemblablement le pare-brise. Mais la réaction fut immédiate. Il dut stopper net pour ne pas être balancé dans le fossé.

    "C'est alors que, relégué à l'arrière, il vit l'opération. La porte à layon du camion avait été baissée et les fûts défilaient, roulaient sur la chaussée, rebondissaient... L'intention des fraudeurs était à la fois de vider le chargement compromettant et d'encombrer la route. 

    70 ans de "Série Noire" mais bien peu de motos

    Épreuve d'après un cliché-zinc publicitaire (que les jeunes couches appellent un "tampon"...) destiné à l'impression dans les journaux réalisés en typographie. La scène décrit l'un des moments-choc du film de Maurice Labro

    Pierrot, comprenant qu'il y a un coup dur, a sagement choisi de cacher son camion dans la forêt. Il retrouve la moto abandonnée à terre et son pilote gravement blessé au ventre. Contacté, le chef de la bande les rejoint. Il envoie Pierrot sur la moto pour expliquer la situation à Solange "qui saura ce qu'il faut faire", lui dit-il. Cette scène est  la dernière où apparaît la Triumph dans un rôle essentiel.

    Avec cette mission, Pierrot commence à se poser des questions. Il a surpris un curieux  "Allo, Papa ?" de Solange lorsqu'elle a demandé Paris au  téléphone. Alors qu'elle revient en lui disant d'aller dire à Rousseau que "les routes seront libres jusqu'à minuit", il comprend que les fraudeurs ont des protections au sein même du service chargé de les réprimer. Enfin, il change définitivement de camp lorsqu'il apprend que Dédé a été achevé sur ordre de Rousseau.

    Après avoir échappé de justesse au même sort tragique, il décide d'aider la Justice. Les méchants sont punis tandis que Pierrot va trouver le bonheur avec Marie-Anne, l'institutrice.

    Il existe très certainement d'autres titres de la Série Noire dans lesquels la moto fait des apparitions plus ou moins importantes. On pense à "La bande à C.C." qui, de mémoire, se passe dans un milieu proche des Hell's. Il y a surtout un roman de A.D.G. (le "réac" du roman noir, dixit Ouiqui) ancré dans la campagne française, voire le Berry, mais je ne sais plus si c'est dans "Pour venger pépère" ou dans "La Nuit des grands chiens malades". Ce dernier titre a été transposé à l'écran en "Quelques Messieurs trop tranquilles", mais il faudrait vérifier que les nombreuses motos vues à l'écran existent bien dans le livre d'origine.

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  •  À défaut de suivre le Paris-Dakar ailleurs que sur la télé, on avait la possibilité de voir de près les machines - et quelques pilotes - lors de l'étape/pause parisienne sur la Place d'armes du château de Versailles. Occupé à gagner ma vie, même en ce temps de réveillons 1985, je me suis esquivé une ou deux heures de mon travail alimentaire, armé de mon Canon 24 x 36 reflex et d'un autre Canon compact (AF 35 ?) pour la couleur. Le temps froid et surtout un ciel gris d'hiver n'étaient pas fameux pour la photo.

    Les négatifs couleurs ont mal vieilli et les compacts numériques en étaient au début de leur évolution, d'où des couleurs qu'il a fallu "travailler" sur le logiciel bien connu. Le "vieux" noir et blanc n'a pas bougé ! Vu le peu de temps dont j'ai disposé, il y a des absences flagrantes dans cette sélection. Pas de Suzuki, Morini ou Guzzi, peu de Honda, KTM et Yamaha parce que j'ai essayé de privilégier les plus originales, à part le gros calibre qui ouvre cette série. À l'époque, je roulais en 80 GS, ceci expliquant cela...

    Sauf indication contraire, les photos sont © Zhumoristenouveau, merci d'en tenir compte                                   

    Le Dakar envahit Versailles

    Avec Eddy Hau et Raymond Loiseaux en garde rapprochée, Gaston Rahier avait dès le départ de sérieuses chances de l'emporter avec sa B.M.W. Il a déjà gagné en 1984 sur B.M.W. et pourtant il va jouer de malchance tout au long de l'épreuve. Dans la traversée de la France, à Brive il "rencontre" violemment un automobiliste. Selon le règlement, il peut monter une autre fourche mais pas changer son cadre faussé sous le choc. Sur le sol africain, il perd Eddy Hau qui s'est fracturé le bras alors que Loiseaux a été rapatrié suite à un traumatisme crânien. On voit se profiler une revanche du monocylindre avec les Yamaha qui caracolent en tête dans les premières étapes alors que le petit Belge navigue dans les profondeurs du classement. Cependant il remonte spectaculairement, jour après jour, et arrive sur les traces des Yamaha avant de les dominer au final ! Le gros flat a fait une démonstration de la formule : l'année suivante tous les "officiels" se mettront aux deux cylindres.

    Le Dakar envahit Versailles

    Un moteur suspendu par un treillis tout en tubes courbes, telle est l'originalité de la française Barigo (Cocorico !) qui a quand même fait appel à un moteur italien (et bicylindre), celui de la Ducati 650 Pantah. Le tube courbe est censé fournir une certaine élasticité alliée à "une excellente rigidité générale" (dixit Moto Revue). Des tubes carrés soutiennent les repose-pieds ainsi que la coque arrière en Kevlar qui contient un réservoir additionnel de 1,8 litres (Pilote : Julien Ebenhardt, abandon sur fracture de l'épaule). D'autres Barigo étaient motorisées par le Rotax mono.

    Le Dakar 1985 chez Louis XIV

    Encore une moto française, du moins par le "M" des auto-collants qui signalent une... Motobécane ! Très beau travail qui dissimule une Yamaha 350 RDLC (31K) sous un habillage en trois couleurs (photo ci-après) .

    Le Dakar 1985 chez Louis XIV

    Peut-être un futur client pour les "Dakar" d'aujourd'hui ? La n° 27 était celle du motociste Patrick Vallet qui abandonnera à l'issue du prologue de Cergy-Pontoise, les moyens financiers espérés n'étant pas réunis. Même destin pour Pierre-Marie Poli (rédac'chef de Moto Journal) sur une machine identique (n° 130).

    Le Dakar 1985 chez Louis XIV

    Notre grand espoir tricolore (...) était un projet approuvé par Jean-Michel Basset, Directeur de MBK. Les idées de Vallet et Poli furent concrétisées par Yves Kerlo "free lance de la mécanique" (dixit P.-M. Poli) et les compétences de Max Balmassire, mécanicien de Grands Prix. L'idée générale était de construire une machine légère (135 kilos), maniable et puissante (65 chevaux), capable de contrer les monos 4 temps japonais.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

     "Ce coup-ci, j'arriverai à Dakar, même si je dois porter la moto", avait déclaré Max Commençal à Moto Journal. Porteur du numéro 1, il pilotait la plus petite cylindrée du plateau, une 125 Yamaha DTLC "de série", simplement améliorée par un radiateur supplémentaire. Accro aux petites cylindrées, il s'était déjà engagé l'année précédente au guidon d'une Honda 125 XLS qui ne vit pas Dakar, pas plus que sa Yam en 85. Max Commençal passera ensuite au VTT et avec grand succès !

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Eugen Eicher venait de Suisse avec son interprétation du fameux couteau suisse transposée à la moto. Une couronne arrière de rechange pouvait éventuellement servir de protection du carter-moteur de sa 650 twin BSA (choix audacieux entre tous). Il est probable que bien d'autres aménagements personnels échappaient à l'œil du profane, mais je n'ai pas pu en savoir plus, à mon grand regret.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    En cas de nécessité, Eugen était décidé à traiter la mécanique "à l'ancienne". En témoignent le marteau et la pince multiprises sommairement arrimés contre une trousse qui devait recéler d'autres outils marqués par une longue pratique.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Instruit par les victoires précédentes des gros flats teutons, les Normoto-DKV utilisent un... 4 cylindres Kawasaki Z 750 E surmonté d'une culasse de ZX ! Une partie du cadre de même origine a été remaniée avec deux amortisseurs au lieu de l'Uni-Trak d'origine. Résultat : 86 chevaux pour un poids de 170 kilos. Avec une vitesse sur pistes estimée à 180 km/h, il y avait de quoi inquiéter les B.M.W.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Beau travail de "plomberie" sur le 4 en 1 des échappements à peine étouffés par un seul silencieux côté gauche. À droite, l'emplacement était occupé par un réservoir additionnel de carburant de 15 litres, en renfort de celui de 38 litres à l'avant. Pilotes des trois DKV (une compagnie d'assurances) : Philippe Vassard, Yvan Goroneskoul et André Boudou. Tous abandonneront sur problèmes mécaniques ou électriques.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    L'ATC (All Terrain Cycle) Honda était dans sa période d'expansion, après avoir été popularisé grâce à James Bond ("Les diamants sont éternels" - 1971). Le 90 cm3 d'origine de 007 a évolué jusqu'à devenir un 250 en 1981 qui, pour la première fois chez Honda, était un deux-temps. Le spécialiste Jacky Voirin (n° 155) et le crossman Alain Seiler, parrainés par Le Journal de Mickey, les piloteront mais n'atteindront pas Dakar.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

     L'ATC de Paul Bonnet était motorisé par un 600 Honda qui, comme les 250 de la même formule, sera contraint à l'abandon. Jamais autorisé sur la voie publique en France, interdit aux États-Unis vers 1986 (dégradation des dunes californiennes ?), l'ATC sera finalement détrôné par le quad, bien plus respectueux de l'environnement comme chacun sait.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    KTM est riche de nombreux titres mondiaux en moto-cross ou enduro (Heinz Kinigadner, Gennadji Moisseev, Alessandro Gritti...), acquis en 125 et 250 deux-temps (Sachs). Puis l'autrichienne est passée au quatre-temps avec ce Rotax mono ACT, autre produit autrichien qui aura du mal à convaincre. La 19 abandonnera tout comme toutes les autres KTM sauf une qui termine 21ème. Il est vrai qu'elle était menée par l'athlétique Herbert Schek, un spécialiste de l'enduro allemand où on le trouvait habituellement sur des flats BMW.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Lorsqu'on a un sponsor du nom de "mini-flat", on ne peut que faire confiance à BMW pour motoriser son sidecar ! Mais on peut aimer ce moteur pour sa puissance...

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    ... et beaucoup moins sa transmission par arbre. Question résolue au prix d'un petit travail de conversion mécanique à la portée de tout bricoleur bien né, ça va de soi. Cet attelage EML-BMW était piloté par Ronny Renders avec Marie-Jeanne Van Hauweme en passagère, tous deux venus de Belgique. Comme 125 des 151 concurrents motos de ce Dakar très dur, ils ont abandonné.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

     Le Paris-Dakar avait (a ?) un grand retentissement au Japon où, chaque année la presse spécialisée publiait des numéros spéciaux de 250 à 300 pages couvrant les détails de l'épreuve. C'est dans l'un d'eux (je vous fais grâce du titre en vermicelles, c'est peut-être "BIGMAN" ?) que j'ai piqué cette photo. Elle montre à quel point Yamaha-France s'impliquait dans cette course, à commencer par le grand patron Jean-Claude Olivier qui termina à la 2ème place sur une Yam 660 Ténéré prototype. Avec une machine identique, Serge Bacou (ci-dessus) n'aura pas le même sort et abandonnera. Entre deux des dix Grand Prix 250 qu'il disputa en cette année 1985, Dominique Sarron (le p'tit frère) était venu faire l'assistance des Yamaha. 

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    Merci au site http://www.dakardantan.com/paris-dakar-1985/ qui est une mine de renseignements sur les engagés, leurs machines, leurs résultats, etc.

     


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  • C'est à Napoléon - du temps où il n'était que petit Bonaparte - qu'on attribue la célèbre phrase "La meilleure défense, c'est l'attaque". C'est ce que se sont dit les dirigeants du mondialiste Google dont on sait qu'il est en délicatesse actuellement avec la Commission de Bruxelles qui lui reproche un genre de position dominante. C'est pourquoi on trouve en ce moment d'immenses publicités de Google dans la presse française dont celle-ci sur une double-page centrale du quotidien Le Monde (14 avril 2015), et c'est en couleurs !.

    La moto au secours de "Google" !

    Selon le géant californien, la "petite boutique" de Christophe a doublé ses ventes et ses effectifs grâce au travail d'un "Coach Google". Comprenne qui pourra, mais au moment où le moindre atelier de mécano présente son "showroom", il semble un brin péjoratif, au vu de sa façade, de qualifier Legend Motors Lille de "boutique"... (on ne va pas vous faire l'injure de préciser la marque des deux machines photographiées ici avec Christophe)

    La moto au secours de "Google" !

    Cette double-page est l'équivalent d'une page entière du Monde mais évidemment survalorisée par son emplacement en plein milieu du journal. Tarif : 200 000 euros (en 2012). Cette annonce fait partie d'un programme promotionnelle de Google qui se poursuivra jusqu'au 23 mai pour un coût de 1,5 million d'euros. C'est dire si Google tient à changer son image...

    (Pour en savoir plus sur Legend Motors Lille : http://legendmotorslille.com)

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  • ... et "La Môme Piaf" serait aujourd'hui centenaire...Edith Piaf aurait 100 ans...

    C'est grâce à Edith Piaf, honorée aujourd'hui d'une exposition à la Bibliothèque Nationale, que la moto est devenue en France le "personnage" à part entière d'une chanson d'origine américaine. Inspirée, dit-on, à Mike Stoller et Jerry Leiber par le film "The Wild One" (sorti le 30/12/1953). Elle se hissera à la 6ème place du "hit parade" des États-Unis en 1955, interprétée par le trio des Cheers. Ils la graveront dans la cire d'un vinyle, en compagnie d'un orchestre dirigé par Les Baxter, compositeur, musicien spécialiste de musiques de films. C'est lui qui pilote la Triumph 650 Thunderbird sur la photo illustrant la partition-papier de la chanson (ci-dessus). La T Bird est aussi la monture du Brando que-vous-savez.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Les Cheers si propres sur eux avaient peu de rapport avec le bruit et la fureur qui sont les thèmes de "Black denim trousers and motorcycle boots". N'oubliez pas qu'on vous parle ici d'une époque où une chanson, c'était une voix - ou des voix - avant d'être un carnaval multicolore mené par des minets au bord de l'épilepsie et noyés dans une musique, plutôt des sons, à vous rendre sourd avant l'âge. Enfin il faut savoir que la diffusion d'une chanson et son éventuel succès dans les années 50 passait à 99 % par les radios d'un réseau immensément développé aux États-Unis.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Traduite plutôt bien en français, on n'attendait pas qu'une chanteuse "réaliste" comme Piaf inscrive à son répertoire ce banal "accident de la route". Mais sa voix extraordinaire en a fait une véritable tragédie antique. "Elle dépasse ses chansons, elle en dépasse la musique et les paroles" a écrit d'elle Jean Cocteau. Et c'est exactement ce qui s'est passé avec "ce démon qui semait la terreur dans toute la région". 

    "J'écoutais cette chanson tous les matins sur un Scopitone en buvant un café avant d'aller au travail non loin du parc Montsouris à Paris. Merci (commentaire d'un visiteur de la video relevé sur Youtube où une comparaison avec les diverses interprétations, américaines et françaises, de cette chanson mettent celle de Piaf à sa place : la première ! Les plus tartes sont celles des Étasuniens sur un rythme exagérément accéléré comme s'ils avaient peur de rater le dernier métro. En France, mention très honorable à Nicoletta, malgré une video/scopitone parfaitement ridicule).

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Partition-papier d'une version anglaise interprétée par un célèbre chanteur américain qui avait quelque chose d'un Johnny Cash. La Triumph de l'origine a été remplacée par une Indian. Peut-être pour ne pas faire de peine au constructeur britannique, soucieux de voir sa marque assimilée aux débordements d'un "blouson noir" ?   

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Le succès de "Black denim trousers" aux États-Unis était tel que le célèbre magazine LIFE avait reconstitué l'affaire en photos. Nouveau changement : la moto est une bicylindre Royal-Enfield badgée Indian.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Parfaitement conforme à la description qui en est faite dans la chanson, le chanteur Vaughn Munroe paie de sa personne, vêtu des black denim trousers, avec les bottes de cuir. L'aigle dans le dos du blouson n'est pas mentionné.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    LIFE poussait la reconstitution jusquà sa tragique conclusion avec ce camion Diesel motocide que la version française a remplacé par "une locomotive filant vers le midi", notre Californie à nous. La Highway 101 est une section de la route qui va de Los Angeles à San Francisco.

    POUR ESTHÈTES ET MÉLOMANES : LA VERSION FRANÇAISE SUIVIE DE LA V.O. JEAN DRÉJAC NE S'EST PAS TROP MAL TIRÉ DE LA TRADUCTION

    "Il portait des culottes, des bottes de moto

    Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

    Sa moto qui partait comme un boulet de canon

    Semait la terreur dans toute la région

     

    "Jamais il ne se coiffait, jamais il ne se lavait

    Les ongles pleins de cambouis mais sur le biceps il avait

    Un tatouage avec un coeur bleu sur la peau blême

    Et juste à l'intérieur, on lisait : "Maman je t'aime"

     

    Il avait une petite amie du nom de Marie-Lou

    On la prenait en pitié, une enfant de son âge

    Car tout le monde savait bien qu'il aimait entre tout

    Sa chienne de moto bien davantage

     

    "Il portait des culottes, des bottes de moto

    Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

    Sa moto qui partait comme un boulet de canon

    Semait la terreur dans toute la région

     

    "Marie-Lou la pauvre fille l'implora, le supplia

    Dit : " Ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas ..."

    Mais les mots furent perdus, ses larmes pareillement

    Dans le bruit de la machine et du tuyau d'échappement

     

    "Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux

    Au passage à niveau, ce fut comme un éclair de feu

    Contre une locomotive qui filait vers le midi

    Et quand on débarrassa les débris

     

    "On trouva sa culotte, ses bottes de moto

    Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

    Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon

    Qui semait la terreur dans toute la région ...

     "L'homme à la moto" a 60 ans...

      

    Black Denim Trousers and Motorcycle Boots

     

    He wore black denim trousers and motorcycle boots

    And a black leather jacket with an eagle on the back

    He had a hopped-up 'cicle that took off like a gun

    That fool was the terror of Highway 101

     

    Well, he never washed his face and he never combed his hair

    He had axle grease imbedded underneath his fingernails

    On the muscle of his arm was a red tattoo

    A picture of a heart saying, "Mother, I love you"

     

    He had a pretty girlfriend by the name of Mary Lou

    But he treated her just like he treated all the rest

    And everybody pitied her and everybody knew

    He loved that doggone motorcycle best

     

    He wore black denim trousers and motorcycle boots

    And a black leather jacket with an eagle on the back

    He had a hopped-up 'cicle that took off like a gun

    That fool was the terror of Highway 101

     

    Mary Lou, poor girl, she pleaded and she begged him not to leave

    She said, "I've got a feeling if you ride tonight I'll grieve"

    But her tears were shed in vain and her every word was lost

    In the rumble of an engine and the smoke from his exhaust

     

    He took off like the Devil; there was fire in his eyes

    He said "I'll go a thousand miles before the sun can rise."

    But he hit a screamin' diesel that was California-bound

    And when they cleared the wreckage, all they found

     

    Was his black denim trousers and motorcycle boots

    And a black leather jacket with an eagle on the back

    But they couldn't find the 'cicle that took off like a gun

    And they never found the terror of Highway 101

     


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  • LONGTEMPS ABONNÉ au quotidien Libération, j'ai fini par laisser tomber. Trop de parisianisme, d'articles pseudo-psy, de critiques de livres d'auteurs obscurs (excepté celles de Philippe Lançon, qui écrivait aussi et écrit à nouveau, dans Charlie - ce qui n'est pas un hasard), sans parler du portrait de "der", dont le talent d'écriture arrivait parfois à faire passer le manque d'intérêt du personnage choisi.

    Un vieux réflexe m'a fait sortir quelques pièces la semaine dernière pour le numéro accompagné du supplément "Next" consacré ("dédié", on dit) à la mode masculine. Par le passé, j'ai souvent trouvé matière à moquer la littérature chroniqueuse de la mode, mais là j'ai été déçu. Rapidement accablé par les chaussures, les montres, les fringues hype (branchées). En revanche, les pages publicitaires m'ont ravi. Pas toutes bien sûr, mais quelques unes dont ÇA ... 

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    ... une page entière qui ne semble pas avoir été utilisée dans la presse spécialisée où elle aurait plutôt fait rire. Déjà la photo... Mais aussi la littérature jargonesque qui l'accompagne et semble empruntée à "ÉTAPES" (manuel des Scouts de France - 1951). En plus, écrou et contre-écrou, une traduction foireuse de l'anglais "Make life a ride" par le français "Choisis ta trajectoire"

    Après tout, ce n'est peut-être pas si risible maintenant que le trail est à la mode. Enfin, il faut s'entendre, le trail... des villes. Parce que rouler ailleurs que sur le macadam avec des bestiaux qui, sans bagages et sans pilote, tutoient les 300 kilos... D'ailleurs, ça se comprend quand on pense au coût de la casse du moindre bibelot électronique qui les guident-chouchoutent, ou d'un réservoir à 1500 roros.

    Dire que lorsque je crapahutais sur les monts du Cantal avec ma Honda 250 XL, je la trouvais lourde ! J'avais pourtant viré tout le superflu, batterie, clignotants, compte-tours, faisceau électrique simplifié, clé de contact au guidon. Le feu arrière était du type "tomate", le phare était un phare de recul de camion fixé par des "oreilles" en caoutchouc et même l'arceau entourant le garde-boue arrière avait disparu. M'est avis que depuis le trail a fait du gras, et pas que du bon.

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    Autre déception avec la page de présentation de la Midual, bien platement titrée "La plus chère du monde". Tu parles d'une info ! Carrément faiblard pour un journal comme Libération qui s'est fait une spécialité d'utiliser dans sa titraille les jeux de mots, calembours, anagrammes et autres contrepèteries. Pas toujours du meilleur goût et parfois jusqu'à la nausée.

    Vous qui avez du talent et des loisirs au bureau, essayez donc de trouver un titre d'article dans ce genre autour de Midual... Chronomètre ! Allez, le départ est donné !

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    Le texte reprend, comme c'est souvent le cas, même chez "les professionnels de la profession", il donc, reprend les termes de l'argumentaire publicitaire émis par le constructeur. Sans éviter le fatal  "jamais vu" de la coque autoporteuse "façonnée à la main dans une fonderie aéronautique". Puisqu'il est si tant question de vanter l'excellence de la technique française, on aurait attendu une évocation des travaux de Marcel Guiguet avec ses révolutionnaires M.G.C. des années 30. Il aurait fallu pour ça faire une petite recherche sur le vouèbe où l'on trouve tout. Eh oui, encore du travail ! En journalisme, on appelle ça "croiser l'information".

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    Retour à la mode, et toujours dans les pages de NextNext où figurait cette annonce pour la maison de couture parisienne Givenchy.

    Non, il ne s'agit pas de la tenue d'été du monsieur de la pub B.M.W. descendu de sa R1200 et "prêt à aller dans le monde". C'est un ensemble T-shirt et legging (genre de collant pour mâles) imprimé de fleurs.

    Je ne vais pas vous faire baver plus longtemps si vous aviez l'intention de vous laisser tenter par ces oripeaux si gais. Le T-shirt est en rupture de stock. Si bien que grâce à moi, vous venez d'économiser... 725 €, je dis bien sept-cent-vingt-cinq euros ! Le bas legging-caleçon, que je n'ai pas trouvé sur le vouèbe, doit être légèrement moins cher car un autre modèle - genre camouflage - de la même maison Givenchy est à 530 €.

    En poursuivant mes recherches sur les prix de ces affûtiaux, je suis tombé sur un communiqué de Givenchy annonçant ses nouveautés pour sa "biker chic campaign" du printemps 2015 (Photos Mert & Marcus). Et sans vouloir ramener ma science, je trouve que ces deux jeunes personnes qui présentaient d'autres vêtements (ci-dessous), auraient été bien plus à leur place dans Next que le gandin ci-contre. Bien qu'elles n'aient pas l'air plus gaies que lui. Elles suivent cette manie des modèles qui font la gueule, comme navré(e)s de porter les vêtements qu'ils/elles présentent (parfois on peut les comprendre). Donc pas plus gaies, mais la bécane derrière, ou sous elles, quoique "chopperisée", était bien plus intéressante (+ hype ! Ha ! Ha !) que le néant de l'arrière-plan sur l'autre photo.

    Next

    Si l'expression maussade de ces visages a pour but de ne pas détourner l'attention aux dépens du vêtement présenté, autant prendre des mannequins, des vrais de vitrine, en plastique ou en fibre de verre valant quelques centaines d'euros (pas de retraite, pas de sécu, jamais malades, pas d'heures sup'). Tout le reste est négociable... avec Photoshop. 

    Next

    À l'appui de mon hypothèse, voici un exemple absolument pris au hasard, je le jure, d'un mannequin de vitrine (vu sur Toutypass) qui aurait très bien sa place sur n'importe quelle photo. Amateurs d'art et esthètes comme je vous connais, c'est peut-être la seule image que vous allez retenir de cet article...

     

    Ce blog est la suite de Zhumeurs & Rumeurs dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.

     


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  • Catastrophe ! Le musée motos d'Amnéville ferme !

    "Le conseil municipal l’a décidé : le musée de la moto et du vélo d’Amnéville va fermer ses portes. Et ses 230 pièces, acquises par la Ville en 2000, seront cédées à un collectionneur thionvillois pour un montant d’1,5 M€."

    C'est avec cette phrase-titre que Le Républicain Lorrain  a annoncé la triste nouvelle à ses lecteurs début avril, avec les explications suivantes (texte intégral du 3 avril 2015) signées de Lisa Lagrange et que je reprends in extenso : 

    "Pour renflouer ses caisses, la Ville d’Amnéville vend ses bijoux de famille. Hier soir, le conseil municipal a examiné une offre de rachat déposée par un entrepreneur thionvillois concernant la collection du musée de la moto et du vélo, créé en 2002 par le maire de l’époque, Jean Kiffer, et le passionné Maurice Chapleur.

    Les motos du musée d'Amnéville vendues !

    "Pour justifier cette vente et, donc, la fermeture du musée, qui n’a jamais vraiment trouvé son public, la municipalité conduite depuis 2014 par Eric Munier, confrontée à de sérieuses tensions budgétaires, évoque les coûts de fonctionnement de cet équipement. Ses charges s’élèvent à 87 701 € par an, pour 2 271 visiteurs annuels. Ce qui représente 38 € par visiteur. Trop cher apparemment.

    La décision de la Ville a ému les descendants de Maurice Chapleur. « Nous sommes forcément inquiets. On peut imaginer une fermeture du musée. Pire : que la collection parte ! », craignait Jean-Baptiste Chapleur, petit-fils et héritier du fondateur de cette collection de motos et de vélos exceptionnelle, avant de connaître l’issue du vote. « Mon père, mes sœurs et moi n’avons pas été informés, alors que nous passons régulièrement. Nous venons de l’apprendre par le personnel du musée. Nous avions fait confiance à la Ville pour mettre en valeur cette collection, de manière pérenne. C’est un patrimoine ! »

    Hier soir, les membres du conseil municipal d’Amnéville ont examiné la vente des 230 pièces du musée, sans doute l’une des plus importantes collections au monde de motos datant d’avant 1914.

    La commune avait acquis l’ensemble, comprenant également tricycles, affiches, moteurs et plaques émaillées ou peintes, en 2000, pour un montant de 1,295 million d’euros. Un bâtiment avait été construit en 2002 afin d’accueillir la collection et quelque 2 000 visiteurs par an.

    Selon la délibération soumise au vote, ce jeudi soir, le musée " accueille de moins en moins de visiteurs et nécessiterait, pour être plus attractif, d’investir dans des dépenses de scénographie qui, aujourd’hui, ne sauraient être une priorité pour les finances communales".

    Un collectionneur privé, gérant de sociétés immobilières dans le Thionvillois, a offert de racheter la collection pour un montant d’1,5 million d’euros TTC.

    L’opposant Xavier Dieudonné s’interroge. Sa mise en vente a-t-elle fait l’objet d’une candidature ? Réponse du maire, Eric Munier : l’acquéreur a spontanément fait cette offre, parce qu’il est collectionneur et qu’il expose et loue fréquemment ses collections dans (et à) d’autres musées.

    Pour l’opposition, qui déplore le fait que l’estimation sur laquelle se base la municipalité remonte à 2000, l’héritage de Maurice Chapleur vaut bien plus. Xavier Dieudonné dit pouvoir fournir une offre plus élevée. Il demande un délai afin de trouver un autre acheteur ou de réfléchir à une location de la collection, par la commune, à d’autres musées français spécialisés. Option pouvant, précise-t-il, rapporter 50 000 € par trimestre.

    La délibération indique que la collection ne fait l’objet " d’aucune protection au titre des Monuments historiques et n’est pas classée Musée de France ". « Mais elle est classée Trésor national ! », insiste le petit-fils de Maurice Chapleur. Ce qui voudrait dire qu’elle ne peut, normalement, pas quitter le territoire français.

    Hier soir, la majorité municipale s’est prononcée en faveur de la cession. L’opposition, elle, a voté contre.

    Le bâtiment abritant le musée de la moto et du vélo va être loué, afin d’accueillir d’autres activités. Des négociations sont en cours avec des locataires potentiels, qui se sont montrés intéressés. Pour justifier cette vente, la municipalité évoque les coûts de fonctionnement du musée."

    Lisa LAGRANGE.

    € € € € € € € € € € € € € €

    La première chose qui saute aux yeux, c'est que cette collection n'est pas vendue : à 1,5 million elle est BRADÉE ! Achetée par la municipalité pour 1,295 million en 2000, le chiffre actuel ne tient même pas compte de l'inflation. Selon un calcul dont chacun peut trouver les détails  sur le vouèbe, le prix de l'année 2000 équivaut à 1,649 million de 2015.

    Au moment où les chiffres atteignent les sommets qu'on connaît dans les ventes aux enchères de motos (étrangères, il faut le préciser), il faut n'être au courant de rien pour accepter une telle offre. Ce qu'on ne peut évidemment reprocher aux membres du Conseil d'Amnéville. Par contre, on peut supposer que, de par son métier (dans l'immobilier...), l'acquéreur potentiel n'est pas dans la même ignorance de l'évolution des prix sur le marché de "l'occasion", qu'elle soit immobilière... ou "mobilière". M. le maire d'Amnéville, par ailleurs avocat de profession, a forcément les moyens de solliciter les avis de personnes qualifiées dans ce genre de transactions.

    En tout état de cause, selon l'offre potentielle, le prix moyen de chacune des pièces de la collection se situerait à environ 6 500 euros pièce. Il est possible que certains cycles vaillent moins (quoique ça reste à prouver...), mais les motos sont largement au-dessus de ce prix. Au minimum 10 fois plus et encore au delà pour beaucoup d'entre elles. Donc, quand on parle de braderie, c'est un euphémisme...  

    L'idée avancée par Xavier Dieudonné "l'opposant" devrait être étudiée plus sérieusement . Par exemple le prêt ponctuel à des musées ou espaces d'exposition des machines de la collection unique constituée par Maurice Chapleur.

    On imagine une sorte de musée itinérant qui pourrait commencer par s'installer à... Paris, dans l'Espace du 104 rue Curial, par exemple. La superficie disponible y a été suffisante lors d'une récente exposition pour recevoir une reconstitution de la maison ultra-moderne des Arpel, conçue par Tati pour "Mon Oncle" (photo ci-dessous). Le 104 semble avoir du mal à proposer des thèmes intéressants, en voici un tout trouvé et qui ne demande pas de gros investissements. La dernière fois que j'y suis passé, il y a longtemps, là où avait été montée la maison Arpel, le sol était entièrement recouvert d'une immense couche de pommes. Pas des "Pommes" de Cézanne mais des vraies pommes plus ou moins avariées, que semblait menacer une machine agricole (à cidre ?). C'est ce qu'on appelle une "installation" dans le milieu artistique... 

     "Installer" des motos Trésor National, dont certaines sont uniques au monde, ça ne ferait pas une belle affiche ?

    Les motos du musée d'Amnéville vendues !

     

     


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  • Inconnues et inconnus

    HONNEUR TOUT D'ABORD à "l'étranger" qui nous transmet cette photo d'une machine de marque belge totalement inconnue à ce jour (j'ai mis des guillemets à "étranger", car le terme ne s'applique pas vraiment à Yves Campion car, bien que né belge, il fait depuis longtemps partie du paysage motocycliste français). À première vue, j'ai tout de suite pensé que Yves se berlurait avec cette Superior car il a existé une marque française de ce nom. Cependant un examen plus attentif de la photo montre l'inscription qui souligne la marque sur le réservoir : "Garcia - Bruxelles". De quoi dissiper toute ambiguité. Reste maintenant à tirer le fil de l'histoire autour de cette marque. 

    Inconnues et inconnus de 1895 (?) à nos jours

    La Superior française était en fait l'une des nombreuses cousines de la Deronzière. De celle-ci on connait aussi la réplique en Rupta (ou bien est-ce le contraire ?). En attendant peut-être d'autres découvertes sur cette famille célèbre pour son original allumage à rupture.

    Inconnues et inconnus

    ON S'ENFONCE un peu plus dans l'inconnu avec ce moteur tout esseulé. De type adaptable, il est de marque "Séron" et "Breveté S.G.D.G., mentions suivies d'un numéro de série sur le carter-moteur. Le carter allongé protége les pignons d'entraînement de la magnéto, une solution peu courante sur un moteur économique destiné à équiper une bicyclette.

    Inconnues et inconnus

    DE CHAMPROBERT est une noble personne que l'on retrouve parmi les premiers "constructeurs" qui se sont intéressés à la traction électrique des automobiles depuis la fin du XIXème siècle au début du XXème. Mais pas de trace concernant la motorisation par la vapeur hormis ce document. Réalisé par un photographe professionnel, il témoigne de l'intérêt que le sieur de Champrobert attachait à sa machine qu'il a voulu faire immortaliser ainsi. Pour notre plaisir et notre frustration de n'en savoir pas plus ! (Remerciements à K... pour la transmission de cette photo).

    Inconnues et inconnus

    LE FADA MASSALIA CYCLE TEAM compte parmi ses membres Frédéric A..., heureux propriétaire de cette petite vieille qui lui pose bien des questions. Et on le comprend ! 

    Inconnues et inconnus

    Moteur désaxé pour garder l'alignement de la poulie-moteur avec la poulie-jante sur la roue arrière. Pour ce faire, il a fallu fabriquer une autre douille de fixation car, d'origine, ce moteur devait être monté dans l'axe de la machine, quelle qu'elle soit.

    Inconnues et inconnus

     Frédéric suggère Hurtu pour la marque du moteur, mais le peu qu'on sait de ce constructeur ne révèle guère de points communs, et surtout rien à propos d'un refroidissement par eau. On peut d'ailleurs noter le curieux emplacement du radiateur, à un endroit où il est bien à l'abri des - bénéfiques - courants d'air !

    Inconnues et inconnus

     Spectaculaire et volumineux système d'allumage maintenu en place par un étrier qui a dû être destiné à fixer en place une magnéto sur une moto bien plus récente. Un demi-collier arrondi et une cale en coin (et en bois ?) assurent une sécurité relative.

    Inconnues et inconnus

    Le réservoir trahi par sa forme provient vraisemblablement d'une B.M.A. des années 20/30 et de plus, vu l'époque, il devrait être en cuivre, nickelé ou non. Par ailleurs sa contenance est bien trop grande pour une machine dont la conduite serait assez ... éprouvante au-delà de quelques dizaines de kilomètres. Frédéric précise que le moteur a été mis en route. Il ajoute "c'est chaud !", sans que l'on sache s'il s'agit de la température du moteur ou des sensations éprouvées alors par les protagonistes de la séance de mécanique qui a précédé.

    Cette machine, c'est certain, ne remportera jamais le 1er Prix dans la catégorie "Origine". Mais elle reste un témoignage des évolutions-transformations apportées à travers les années par des utilisateurs qui ont sans cesse cherché à l'améliorer. Savoir si c'est avec succès est une autre question... C'est son caractère unique de laboratoire ambulant qui lui donne son intérêt. Un prototype centenaire, après tout, ça n'est pas si courant.

    Inconnues et inconnus de 1895 (?) à nos jours

    Pour effacer quelques doutes, voici ce qui est connu de Hurtu dans la période "ancestrale" : une illustration d'un catalogue daté de 1902 (qualité "photocopie"). On y retrouve un tube d'échappement (si c'en est bien un) sur le côté du cylindre, et c'est bien tout ce qu'il y a de  commun avec le moteur de la machine de Frédéric. Le reste du catalogue concerne des bicyclettes et un châssis automobile destiné à recevoir un moteur de 6 à 12 chevaux.  

    Inconnues et inconnus de 1895 (?) à nos jours

    Photo contemporaine (!) du moteur d'une Hurtu plus récente, sans doute vers 1904/05 avec la marque du constructeur venue de fonderie. La soupape d'échappement est facilement accessible grâce à la "cloche" de fermeture de son logement, reprenant le système que l'on a connu sur certains moteurs du tricycle De Dion.

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