• Zhumeurs de septembre

    Superbe pull dû à l'invention de Joseph-Marie Jacquard (1752-1834) et dont la promotion doit beaucoup à Jean Marais en 1943 (in L'Éternel retour). 

    CELA FAIT LONGTEMPS qu'on n'a pas causé chiffons ici alors on profite de la pleine saison des défilés de couture pour papoter. En parcourant le ouèbe (je n'ai pas les accréditations permettant d'assister aux présentations en "live"...), on trouve tout et n'importe quoi, comme d'habitude lorsqu'il s'agit des créations de haute-couture.

    Zhumeurs de septembre

    « Les gens savent qu’en allant à mes shows, ils vont assister à quelque chose de fort, théâtral" déclarait le créateur américain Rick Owens en 2015. Dont acte avec quelques extraits de son défilé automne-hiver 2016-2017 (les deux premières photos) qui semble hésiter entre haltérophilie et kama-soutra version sixtynine. L'année précédente, certains des modèles masculins du même couturier, balloches à l'air sans slip ni pantalon (exemple à droite), avaient fait le "buzz" dans la presse des "fashionistas" (et fashionistos aussi...).  

    Le (la) motocycliste aura du mal à trouver son compte dans les nouvelles collections, bien que le deux-roues fasse un retour remarquable dans la mode à travers la publicité. C'est chez Chloé que la dame motarde (eux disent "biker", pourquoi pas "bikeuse" ?) aura le plus de choix entre la sobre combinaison d'une pièce en cuir noir, une salopette en cuir noir elle aussi, dotée d'une coquine poche en gousset (pour le ticket de péage ou le passe Navigo ?) et un ensemble deux pièces avec des applications de couleurs (au centre).

    Zhumeurs de septembre

    Donc, la publicité s'empare à nouveau de la moto et l'imagination des photographes se dégage peu à peu de "l'iconique" Harley-Davidson. Mais c'est peut-être pour tomber dans un autre travers du nom de... Triumph.

    Zhumeurs de septembre

    C'est dans un numéro ancien de fin 2015 (oui, je lis lentement) du mensuel féminin Glamour (le nom dit tout) qu'est parue cette page avec une photo qui a dû nécessiter une intervention de Photoshop. Pour te guider, ami lecteur, un indice : cette publicité est faite pour vendre des sacs à main, pas des motos.

    Zhumeurs de septembre

    Zhumeurs de septembreEncore une Triumph (toujours dans Glamour), mais moderne cette fois avec ses roues à branches et en silhouette dessinée à laquelle Inès déclare son amour. Elle est l'une des quatre "Icônes Rebelles" (Inès, pas la Triumph) que présente la revue au long d'une mini-série d'articles. Elle y est en compagnie de "muses" et d'une "égérie" (Dialogue imaginaire : Vous faites quoi dans la vie ? Moi, je suis égérie) qui ont en commun une préférence pour Black Opium, le parfum Yves Saint-Laurent, si bien que ces pages, bien que titrées "Pages Spéciales By Glamour" (ci-contre, à gauche) ressemblent furieusement à ce qu'on appelait il n'y a guère des Publicités Rédactionnelles. Présentées comme telles, on y trouvait néanmoins le mot, désormais honni mais clair : "Publicité". Une fois de plus ce sont les pubards qui l'ont emporté sur les journaleux... 

    Zhumeurs de septembre

    Encore des annonces "deux roues" avec l'inévitable scooter, mais c'est pour une marque italienne. L'autre marque, par contre, est bien connue dans notre milieu où l'on n'a pas oublié ses indestructibles bottes de cross-trial aux multiples courroies des années 70-80. De là, sans doute, le choix de ces motos pour présenter des chaussures que, personnellement je m'en voudrais de porter pour une virée à moto... 

    Mais il est vrai que le motocycliste du XXIème siècle, qui va de café en café, n'a que peu de rapport avec celui des décennies précédentes. Du moins si l'on en juge par l'image qu'en donnent les gazettes modernes aussi spécialisées que motocyclistes...

    Zhumeurs de septembre

    ... entre footballeur pour la coiffure et pseudo-jihadiste pour la barbe. Les vêtements et accessoires de R & S (Rideandsons) sont proposés par Kulture Moto qui se proclame "Le premier site français à proposer une gamme de prêt-à-porter et accessoire moto de caractère". Passe ton chemin misérable bécaneux !

    Zhumeurs de septembre

    À propos de OR (Original Driver), je vous propose une expérience enrichissante qui consiste à vous reporter sur le site indiqué en bas de l'annonce. Je vous la fais courte avec quelques citations savoureuse si vous n'avez pas de temps à perdre. Les produits OR sont essentiellement des blousons dont "Le modèle Arsenal offre une coupe parfaitement ajustée à l'Aventurier distingué" tandis que L'Original s'adresse au "Gentilhomme rider" ou encore au "Baroudeur du quotidien". Il y a aussi un blouson dont j'ai oublié le nom et qui est destiné au "Bad Boy Chic". Vous pouvez vérifier, je n'ai rien inventé et d'ailleurs je n'aurais pas ce talent pour faire rire... à moins d'abuser de certains poils de moquette en inhalation.

    Maintenant, juste pour le plaisir et pour vous nettoyer les yeux, une publicité pas tellemnt vieille qui montre comment le monde motocycliste a évolué. Du moins dans la façon de le représenter (Motociclismo d'Epoca - Novembre 1990).

    Zhumeurs de septembre

     

    Zhumeurs de septembre

    Dans la même revue, une photo du Volugrafo Aermoto, ce scooter à roues jumelées et parachutable (vraiment parachutable, méprisez les imitations...) qui présente une fourche suspendue à parallélogramme qu'on ne lui connaît pas habituellement.

    Zhumeurs de septembre

     Confirmation avec la photo ci-dessous extraite du très sérieux et très détaillé site http://www.ifem.at/fzgsteckbriefe/82-aermoto

    Zhumeurs de septembre

    On y trouve également un trop mignon attelage que l'on peine à imaginer dans un cadre guerrier. D'autant que le Volugrafo Aermoto fut surtout utilisé par les parachutistes allemands après la capitulation des armées italiennes.

    Zhumeurs de septembre

     


    6 commentaires
  • Collection Chapleur : maintenant YA PLU KA

    Pour obtenir un formulaire plus grand, se reporter sur Facebook  = amis de la collection maurice chapleur.

    Faites-le aujourd'hui car demain vous aurez oublié !

    sarcastic


    2 commentaires
  • La machine que l'on voit dans les photos de Maxime Penson est une 300 cm3 deux-temps baptisée "L 300" car construite tout d'abord dans l'usine "Octobre Rouge" à Léningrad. Elle sera ensuite connue sous le sigle Izh ou Ij lorsque la production se déplacera vers l'est à Ijevsk (ou Izhevsk) à 1800 km de Léningrad. Faisant l'objet d'améliorations ponctuelles, cette première Izh Type L 7 fournissait 6,5 chevaux à 3000 t/minute. Suivront une L 8 de 8 chevaux et une L 9 de ... 9 chevaux !

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    Comme il se doit, la production motocycliste de l'URSS ne laissa pas indifférente l'armée qui s'empressa de doter la L 300 des indispensables skis.

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    La structure du cadre en éléments emboutis est bien visible sur cette L 7 présentée dans les collections du Musée de Riga (photo empruntée à Kolyaska.pl un site qui présente un dossier complet sur la L 300 - en langue polonaise...). L'autre accessoire employé sur les Ish 300 était un protège-jambes tôlé, proche du "sabot" de nos 125-175 Peugeot des années 50. 

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    Moins "glamour", mais certainement plus proche de la vérité que celle de l'officier aux jumelles, une photo (Sergei Kanushin) de quelques L 300 en opérations. L'échappement surélevé est une caractéristique des modèles militaires.

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    La curieuse excroissance ailettée sur le côté du cylindre est une chambre d'expansion. Précédant le tube d'échappement, elle avait pour effet d'améliorer l'extraction des gaz brûlés. Une technique semblable se retrouve sur les "haricots" des échappements des moteurs Villiers, les fameux "Oxfords bags", ainsi nommés d'après les pantalons plus que pattes d'éph' des étudiants de la célèbre université dans les années 30.

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    La mode se répandit partout à travers l'Europe et atteignit les États-Unis.

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    Dernière mouture de la version L, la Ish 9 à moteur incliné gagnait 1 cheval (piston plat ?) et un double échappement mais elle y perdait son oxford bag. (Musée motocycliste de Riga)

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    Le prototype d'une 350 présenté en 1939 avait fort belle allure avec ses pneus à flancs blancs (d'époque ?). La moto russe, du moins esthétiquement, rejoignait les canons des productions des marques occidentales. 

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    La Russie reconnaissante édita en 1999 un timbre qui honorait la L 300 de 1930.

    LA MOTO, MAIS PAS SEULEMENT

    Les sources d'inspiration des grands artistes se rejoignent parfois de si près qu'elles se télescopent. La preuve par ces deux photos de la même époque 20/30. La première, ci-dessous, qui représente Grand Central Station de New-York serait de Brassaï, mais elle a été tellement copiée, imitée, inversée, recadrée qu'on ne sait plus exactement à qui l'attribuer aujourd'hui !

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    Des diagonales semblables à celles de Grand Central, inondant de lumière une salle d'un congrès soviétique, inspirèrent à Max Penson une composition purement graphique.... 

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    ... d'une symbolique finalement assez catholique ! À condition d'imaginer le moustachu Petit Père des Peuples" à la place de Dieu le Père apparaissant à ses ouailles... 

    Les motos russes de Max Penson (suite)

    Passage obligé de tous les photographes du monde, le nu féminin ne tenta guère Max Penson. Dans ses archives, on ne trouve que celui-ci, très classique. Il est probable que l'artiste aurait été mieux inspiré dans un décor moins académique que celui-ci. 


    2 commentaires
  • Exprimant mon ignorance du fonctionnement de la distribution du moteur 4 cylindres de notre grand homme, Hippolyte Lepape, j'ai fait un appel du pied à FAJ pour qu'il nous en dise un peu plus. Et surtout plus clairement. Message reçu doublement car Jacky Pichaud a dégainé le premier avec un croqueton clair, même s'il manque "d'académisme". Voici donc les deux documents dans l'ordre de réception.

    Le retour du Bichrone - Lepape

    Non signé, bien sûr, mais la patte du Limogeaud ne ressemble à aucune autre...

    Le retour du Bichrone - Lepape

    Travail de FAJ, mieux léché (et signé) pour le zhumoristenouveau. On apprécie car maintenant on comprend mieux (même moi) le fonctionnement de l'engin !

    Le retour du Bichrone - Lepape

    De son côté, Jean-Luc Lamouroux s'est souvenu d'un "bout" de moteur qu'il a photographié à la bourse de Monclar en 2008. Même amputé de son cylindre "compresseur", c'est bien d'un Bichrone dont il s'agit. Reste à savoir ce qu'il est devenu depuis car il lui manquait pas mal de choses avant de pouvoir tousser...


    2 commentaires
  • Comme l’an passé, à l’occasion des Journées du patrimoine, le 18 septembre 2016, les Amis de la collection de Maurice Chapleur se mobilisent à Lunéville, en Lorraine.

    Résumé des épisodes précédents :
    Maurice Chapleur, installé à Lunéville comme commerçant en cycles et motos depuis 1945, ouvre en 1969, le Musée de la moto et du vélo. Constitué de 250 véhicules, 70 bicyclettes de 1818 à nos jours et 180 motos de 1895 à 1960 dont 50 motos d’avant 1914, ainsi que de nombreux accessoires. Selon tous les spécialistes, cette collection est la plus importante de France, voire d’Europe.
    Ne trouvant pas de solution localement, la collection est vendue en 2000 à la commune d’Amnéville (Moselle), cité thermal en plein développement. L’année dernière (2015) cette même commune, endettée décide de vendre la collection à un marchand de biens de Thionville au mépris de toutes les règles du droit public. C’est alors que les amis de Maurice Chapleur (décédé en 2005) se mobilisent partout en France pour que ce « Trésor national » (classement en 2000) reste une collection publique ouverte à tout public.
    En mai 2015, le Ministère de la Culture en association avec la Fédération Française des Véhicules Anciens a imposé à la Ville d’Amnéville un rétropédalage en avançant 3 arguments pour amener cette dernière à reconsidérer sa décision :


    1. L’appui financier du Conseil Général de la Moselle lors de l’acquisition de la collection en octobre 2000 qui a pérennisé le statut de trésor national (par conséquent interdiction de sortie du territoire).


    2. La dite acquisition avec de l’argent public est affectée à un service public qui relève de la domanialité publique sans possibilité de vendre à une personne privée sans autorisation du Ministère.


    3. La destination des biens précisée dans le contrat de la vente à être exposés au public dans un musée dédié.

    L'affaire du Musée Chapleur : où en est-on ?

    "La Loi doit défendre le droit" (figure allégorique XX è siècle)

    Une solution est alors proposée par Jean-Baptiste Chapleur, petit fils de Maurice Chapleur et garant de l’héritage familial. En association avec la Ville de Lunéville (54), la communauté de communes du Lunévillois, le Conseil départemental de Meurthe et Moselle, les motos pourraient revenir dans la ville qui a vu naitre cette fabuleuse collection. La seule « difficulté » est le tour de table financier à constituer : en effet, la ville d’Amnéville accepte de céder la collection au prix de 1,5 millions d’euros. Il faut savoir que la ville avait bénéficié à l’époque de 50% de subventions du département de la Moselle et de 13% de la Région Lorraine.

    La résistance s’organise

    La mobilisation continue tout au long de l’année. Les réseaux sociaux redécouvrent cette collection aussi riche qu’exceptionnelle. Des contacts sont prit avec Motul, des mécènes privées, et dernièrement avec la Fondation du patrimoine afin de mettre en place une souscription nationale. Aujourd’hui, organisé en association, mais né d’un mouvement spontané, Maurice Chapleur peut être fier des vocations qu’il a suscitées. De toute la France, des motards, mais aussi des collectionneurs de voitures, de vélocipèdes et de camions anciens se mobilisent pour venir dimanche à Lunéville.

    L'affaire du Musée Chapleur : où en est-on ?

     

    En septembre 2015, Gilles Destailleur, Jean Paul Decreton et Thomas Devigne sont venus de Lille par la route avec leurs machines à 12 km/h de moyenne. C’est un exploit qu’ils vont réédités cette année encore, accompagné par Claude, Thomas, Cédric, Alain Philippe et Benoit. Jean Claude viendra d’Evreux, Eric de Cherbourg, Bernard de l’Hérault, ils seront sur la route samedi pour être devant le château dimanche matin rejoint par tous les amateurs de Lorraine (et du Grand est) qui ne manqueront pas de venir soutenir cette initiative épique.

    Contact : Jean Baptiste Chapleur
    07 70 041 365
    motochapleur@gmail.com


    3 commentaires
  • ... OUI, OUI, vous allez me répondre que "ça vous en touche une sans faire bouger l'autre" comme disait un de nos présidents qui ne nous a pas toujours autant amusés. Donc ce bon vieux Islam est mort, ce qui a surpris bien du monde car il n'avait que 78 ans. Mais, à en croire les commentateurs politiques, ce furent 78 années de méchancetés dont 27 passées aux commandes de l'Ouzbékistan ex-soviétique devenu "indépendant" en 1991. Il a gouverné ce pays de 32 millions d'habitants à la suite d'élections successives dont les opposants étaient pourchassés, trucidés, torturés, au mieux embastillés (Mourod Jouraïev, détenu politique, vient de sortir de prison après 21 ans de détention...). Malgré des richesses naturelles importantes (or, cuivre, pétrole, uranium) le tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. Avec son palmarès bien chargé, il est probable qu'Islam Karimov finira dans les poubelles de l'Histoire déjà bien garnies.

    Au temps de l'URSS, l'Ouzbékistan paraissait plus prospère. C'est du moins ce que reflètent les photographies de Max Penson (1893-1959), né en Bielorussie et forcé de s'exiler en Ouzbékistan pour fuir les persécutions anti-juives d'avant 1914 (pogroms). Penson est l'un des meilleurs artistes du "réalisme soviétique" teinté d'une touche "pictorialiste" (l'art pour l'art). Réaliste dans le choix des sujets où le travailleur est omniprésent, Penson est pictorialiste dans ses éclairages, ses angles de prises de vues où domine la contre-plongée sur fond de ciel nuageux, comme ci-dessous.

    Islam Karimov est mort...

    Il a abondamment utilisé la photogénie de la moto (russe) alors que l'automobile brille par son absence dans son œuvre au profit du camion - un peu - et du tracteur - beaucoup. 

    Islam Karimov est mort...

    Contre-plongée et contre-jour sont deux caractéristiques de la technique de Max Penson. Il affectionnait aussi les cadrages en diagonale qui donnent un dynamisme complémentaire aux activités sportives, surtout dans l'athlétisme tant apprécié des régimes autoritaires...  

    Islam Karimov est mort...

    ... et lorsque le cadrage en diagonale n'était pas possible, il s'arrangeait pour trouver un personnage qui, lui, était en mouvement diagonal !

    Islam Karimov est mort...

    La plupart de ses photos sont prises dans un milieu naturel sans aucun artifice d'éclairage. Le soleil était un précieux auxiliaire pour obtenir des effets poétiques avec des sujets pour le moins ordinaires.

      LA MOTO OMNIPRÉSENTE ?

    Si les chiffres de production des célèbres flat-twins Oural, Dniepr et autres donnent le vertige, se comptant par centaines de milliers, ceux des deux-temps que montrent Penson sont bien plus modestes. Dans l'Union soviétique des années 30, la moto est avant tout un engin utilitaire conçu pour survivre dans un pays immense au réseau routier en gestation. D'un point de vue industriel, elle n'est pas un objectif prioritaire qui ne prendra corps que vers 1936-39 avec les accords germano-soviétiques d'où naîtront - entre autres - les flats dérivés de BMW. Cependant, l'influence de la technique allemande est déjà visible dans la première machine russe, la Izh 300 (ou Ij), commercialisée à partir de 1930. Ce monocylindre deux-temps doit beaucoup à Zündapp, par son cadre assemblé en éléments emboutis, et  par son moteur à DKW, incontournable pionnier du deux-temps de l'époque. Sa production cessera en 1939 avec 18 985 unités diffusées sur le marché intérieur car il n'est pas question d'exportation.  

    Islam Karimov est mort...

    Les qualités techniques et esthétiques de certaines photos de Penson peuvent pourtant faire penser à une exploitation publicitaire (catalogues de vente pour les motos, par exemple), à l'image du travail d'un Doisneau pour les usines Renault. Mais pas question d'employer ces pratiques en URSS d'autant que les faibles capacités de production de motos, encore un objet de "luxe", ne nécessitaient pas un gros effort commercial pour leur vente. 

    Islam Karimov est mort...

    Cependant Maxime Penson travaillera pour des revues et journaux jusqu'en 1948-49 lorsqu'une nouvelle vague d'anti-semitisme s'abattit sur l'URSS. Elle devait culminer avec le "procès des blouses blanches" (1953), ces médecins juifs accusés d'avoir empoisonné des dignitaires proches de Staline, alors que c'était lui qui s'était débarrassé de rivaux potentiels. La police stalinienne, le MVD, retirait alors sa licence de photographe de presse à Max Penson. Il décédera 10 ans plus tard, en 1959 accablé par la maladie et déprimé, tandis que son travail tombait dans l'oubli.

    Islam Karimov est mort...

    Son œuvre fut heureusement recueillie par ses enfants, bien que lui-même en ait détruit une partie pour protéger des amis dont il avait fait le portrait et qui avaient suscité la vengeance du pouvoir. Une autre partie échappa au tremblement de terre de Tachkent (1966). Ses photos sont aujourd'hui exposées régulièrement dans des galeries où l'on peut admirer sa célèbre "Madone Ousbèke", primée en 1937 lors de l'Exposition universelle de Paris (pour en savoir plus : www.maxpenson.com).

    (Prochain article : Les motos de Max Penson en Ouzbékistan)


    3 commentaires
  • "LA BICHRONE APPARAIT, le cercle de famille applaudit à grands cris / Son beau moteur qui brille / Fait briller tous les yeux " aurait certainement rimé le Père Hugo s'il n'était prématurément décédé (1885) avant d'avoir connu la Bichrone qui était alors dans les crayons d'Hippolyte Lepape. Il faut dire que la famille Bichrone s'est brusquement agrandie dans les quelques jours qui ont suivi le premier article d'ici même (30 août 2016).

    J'avais gardé sous le coude deux photos d'Esther Grangeon publiées sur son Facebook à l'occasion du French Festival of Slowth organisé au Château de Lantilly (voir en fin d'article). Ce sont les premières publiées - à ma connaissance - présentant la désormais célèbre bicylindre - fausse - mais vraie deux-temps française que l'on croyait défunctée à jamais. Voici ces deux documents capturés par l'œil d'Esther qui, d'habitude, semble plutôt portée vers les belles carrosseries puisqu'elle est Présidente du club Renaissance Auto Rambouillet (à retrouver sur www.renaissanceauto.org). Belle preuve d'éclectisme ! 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    En vraie professionnelle, Esther Grangeon a photographié les deux côtés de cette Bichrone dont un gros plan sur le moteur qui permet de l'admirer dans tous ses détails. En arrière-plan, on distingue... 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    ... une autre machine rare et française, c'est une Lamaudière ou Lamaudière & Labre ou encore Lamaudière & Mauger (Audax en fin de vie), selon les années et les associations fluctuantes.

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Une autre importante contribution est venue de Kees qui est sans doute le propriétaire de la Bichrone vue à Lantilly. Ce qui lui a permis de la photographier sous toutes les coutures et de nous faire profiter de ses œuvres (voir plus loin). Il a joint plusieurs documents d'époque dont cette photo (ci-dessus) d'un gentleman en col dur et casquette, extraite d'un magazine britannique non daté. Comme ses confrères le photographe s'est bien plus intéressé à la Bichrone que ses homologues français. Dommage pour nous qui étions cependant aux premières loges... 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    La Bichrone telle que présentée en mars 1903, dans la revue britannique "The Motor". Ce qui laisse supposer qu'il s'agit du modèle présenté au Salon de Paris en décembre 1902. C'est alors un moteur adapté à une bicyclette ordinaire bien différent de celui de la machine précédente avec son lourd volant désormais logé sur le côté droit.  

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Mauvaise photo, mais excellente preuve concernant la participation d'une Bichrone à une épreuve que l'on suppose sportive. L'immatriculation qui se termine par "G" sur l'avant de la voiture à gauche montre que la scène se passait en France.

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Issue des profondeurs de mon ordinateur, cette machine à moteur Bichrone serait une Griffon. Ayant perdu la trace du correspondant qui me l'a confiée, je ne sais rien de plus, même pas l'endroit où elle est exposée - musée ? - avec son immatriculation d'origine (NLT 200 ?) donc anglaise.

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    "Bonne pioche !" me suis-je dit en recevant le mail de "Tom" accompagné de la photo d'une nouvelle Bichrone "vue en république tchèque", ajoutait Tom. Avant de constater qu'il s'agissait de la machine de Kees que voici enfin en majesté dans un studio-photo en plein air...

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Hippolyte Lepape n'est pas seulement l'homme d'une moto... 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    ... car si, comme on l'a déjà dit, il s'est préoccupé de perfectionner son moteur deux-temps durant plusieurs années, il travaillait de l'autre main à une voiture automobile... 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    ... dont, heureuse coïncidence, un exemplaire (le seul connu à ce jour) a traversé le siècle pour arriver jusqu'à nous. Dans les mains de qui ? T'as deviné : celles de Kees !

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Pas égoïste, celui-ci ne garde rien pour lui (en photos ou tout autre document) et nous en a tiré quelques estampes en couleurs que voici.

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Beaucoup d'heures et d'huile de coude ont été nécessaires avant d'arriver à ce résultat ! 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Cependant, M. Lepape n'a pas fait dans la simplicité pour la distribution de son 4 cylindres. Soupapes automatiques d'admission, jusqu'ici rien que du normal. L'échappement commandé est beaucoup plus shadok, utilisant un système de 4 bielles alternatives commandant une batterie de 4 basculeurs. Les bielles elles-mêmes sont actionnées par un "arbre" sommairement (provisoirement ?) équilibré et qu'entraîne une chaîne. 

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Mais ce moteur qui a l'allure d'un 4 temps ordinaire - n'était sa distribution - aurait pu être aussi un deux-temps "Système Lepape" en assemblant deux de ses faux "bicylindres"...  

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    ... qui n'auraient plus été en V, selon cette disposition (ci-dessus) prévue sur un autre brevet qui aurait inspiré une réalisation néo-zélandaise ou australienne dénichée, un fois encore, par le e-zine de  "Serpolette's Tricycle"

    Des Bichrone à la pelle ! (suite)

    Et l'auteur de s'interroger en conclusion de cet article sur la destinée de ce moteur : est-ce un prototype ou a-t-il équipé d'autres cyclecars que le Vox ? On voit que le mot "fin" n'est pas près de clore l'épopée du Bichrone-Lepape

    (P.S. : "Fils d'un ingénieur constructeur d'automobiles" (dixit ouiki), Georges Lepape, souffrant dans son enfance d’une arthrite à la cheville, est encouragé à dessiner et à peindre. En 1902, il entre à l’atelier Humbert, où ses condisciples s’appellent Georges Braque, Marie Laurencin, Picabia. Il se rendra célèbre par ses illustrations réalisées pour Poiret et pour La Gazette du bon ton , Georges Lepape fut également professeur.

    Un petit texte bien dans le ton de cette réunion que j'ai volé à son auteur Jean-Frederic Frot, représentant du Vintage Revival en rosbifland 

      Strictement parlant, Lantilly, Festival de Lenteur est la quatrième édition du Festival of Slowth. C'est avec la bénédiction de Sir John Venables-Llewelin, son fondateur, Tim Gunn et Bob Jones, ses organisateurs et la complicité du magazine "The Automobile" que nous avons pu en créer la première version internationale. C'est avant tout un pastiche du Festival of Speed de Lord March a Goodwood. Le format est une réunion intime d'esquintés partageant une passion pour les mécaniques incongrues et inefficaces pour une course de côte nécessairement courte sur les terres d'un châtelain le moins fortuné possible. La cinquième édition retournera sur ses terres natales et aura lieu en juin prochain. Le Festival of Speed n'existant pas en Grenouilleland, nous nous sommes sentis obligés d'écorner l'événement le plus ressemblant en terre françoise. Notre choix de Lantilly ne doit en aucun cas être confondu avec un château de l'Oise réputé pour son hippodrome et la réunion d'art et d'élégance qui y prend place chaque Septembre. (Paru dans ? ? ? quelque part !)

     


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires