• In memoriam Marc Defour

    Inconnu des jeunes couches, Marc Defour fut une sorte de "gourou" du Club du Motocyclettiste, le premier mouvement vraiment structuré et voué à la motocyclette ancienne. Venant de son Sury-le-Comtal, il était présent aux grandes manifestations du Club (Dijon, Charnay-lès-Mâcon), où il répondait avec courtoisie aux questions des amateurs. Il faisait bénéficier de ses vastes connaissances par des articles dans la Revue du Motocyclettiste, le tout avec une pointe d'humourIn memoriam Marc Defour  pince-sans-rire que n'eut pas désavoué Alexandre Vialatte son illustre voisin forézien qu'il admirait. Grand spécialiste des Bugatti et amateur de mécaniques délicates ou originales, il s'était intéressé tout naturellement à la moto des origines. On faisait appel à ses connaissances et à ses talents de mécanicien pour les cas les plus rebelles. C'est ainsi qu'il reconstituera le changement de vitesse/embrayage d'une Bruneau 1904 (à Alain Cortot) dont on ne connaissait que des dessins d'une revue. C'est aussi grâce à lui que le seul quadricycle Automoto connu roule aujourd'hui comme on l'a vu au dernier Vintage Revival à Montlhéry (à Cortot encore). Il fut l'un des rares à avoir fait rouler un Tricycle De Dion (Musée Baster, de Riom)  avec son alimentation d'origine par carburateur à lèchage. Et si la Sevitame 1939 (à F.- M. Dumas) continue d'étonner les populations, c'est parce qu'il en a percé les secrets de fabrication et du carburateur, lequel avait été saboté par les ouvriers de l'usine pour que l'occupant allemand ne puisse l'utiliser. Pour son usage personnel, il avait restauré une Moto Rêve selon ses méthodes "à l'ancienne", apportant autant de soin au choix des matériaux qu'à la façon de les utiliser. En nous quittant aussi brutalement, il laisse en chantier la restauration de deux Viratelle, des machines rares et compliquées comme il les aimait et désormais orphelines.

    In memoriam Marc Defour

    En 1987, Marc Defour était venu à la réunion de la Rondes des Étangs de Nantiat avec cette 250 Terrot énigmatique dont on ne connaît aucune autre trace dans la littérature d'époque. Son cadre spécial de même que son changement de vitesse sont d'une réalisation tellement particulière et soignée qu'on penche pour une machine d'usine...

    In memoriam Marc Defour


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  • Commentaires

    1
    Jackymoto
    Vendredi 7 Août 2015 à 12:52

    La Moto- Rêve (bien nommée) de Marc fût la première machine vraiment restaurée que je pus admirer. A l'époque les nickelages à la peinture à tuyau de poêle étaient de rigueur son travail de restaurateur se remarquait (c'était il y a 45 ans). On sortait toujours moins idiot d'une conversation avec lui, et ses articles sur la restauration dans le Motocyclettiste, toujours passionnants.

    2
    Vendredi 7 Août 2015 à 18:38

    Tout fout le camp... Au revoir mon ami...

    3
    Samedi 8 Août 2015 à 09:02

    Un TRES GRAND monsieur vient de nous quitter !

    J'ai toujours été admiratif aussi bien devant ces immenses talents de restaurateur que ceux d'écrivain sans oublier sa gentillesse et sa modestie. 

    4
    Bôcu
    Mardi 25 Août 2015 à 21:13

    Mince alors ...un Grand de la Moto qui s'en va. la première fois que j'ai ren,contré ce personnage haut en couleurs, le sourire aux lèvres c'était il y a fort longtemps à la concentre du Furan, sur les hauteurs de Saint Etienne

    Marc était arrivé avec un attelage Gnome AX2 dans un jus superbement fatigué comme je les aimais déjà....PLus tard lors d'une visite à Sury chez lui il m'expliqua avant de la démarrer les "mimiques " de sa dernière maitresse : la fameuse Moto rêve. Quant elle fait "tel bruit" (inimitable mais tellement vrai) c'est qu'elle a .....Le monologue délicieux dura un long moement ...et j'"étais ébahi et admiratif de la diction et des histoires de ce narateur hors pair,notamment lorsqu' il évoquait les marques stéphanoises comme Styl'son

     

    Marc tu nous manque déjà et peut être as tu retrouvé, la bas les fameux fabricants comme Guiguet, ou d'autres coureurs comme Eddourra .... les conversations doivent être surprenantes et intéressantes ...

    bonne route

     

    5
    Mardi 1er Septembre 2015 à 22:31

    De retour de congés, j'appelle Marc pour lui demander des conseils en mécanique, je tombe sur le message "le numéro demandé n'est pas attribué..."

    Craignant le pire, je recherche et je tombe sur la triste nouvelle.

    J’ai eu la chance de faire la connaissance de Marc au travers des recherches effectuées sur mon arrière grand-oncle Marcel Viratelle.

    C'est vrai qu'il avait un vrai don pour la mécanique, et il avait en particulier une connaissance très fine des mécaniques VIRATELLE.

    un pignon abimé ou manquant, il le recréait, un ressort cassé, il le forgeait, le trempait, un carter, il le moulait...

    il m'avait montré (une partie) de ses albums où il collectait les photos des  "moutons à 5 pattes"  qu'il avait restauré au cours de sa carrière, je n'ai pas retenu tous les noms de ces prestigieux engins, mais quel "tableau de chasse".

    Il m’avait confié que parmi toute les machines qu’il avait touché, Viratelle était dans le top 3 de ses préférées par leur originalité.

    Il se plaignait du manque de reconnaissance de son métier, ses fournisseurs le prenait quelquefois pour un farfelu et faisaient passer ses commandes en second plan.

    Il disait : « ce n’est pas normal, les restaurateurs de tableau d’art sont reconnus alors que le patrimoine des motos anciennes est en péril et que plus personne ne s’y intéresse."

    Nous ne sommes plus qu’une poignée en France avançant dans l’âge et la relève ne vient pas.

    Pour illustrer le talent de Marc, je vais vous raconter une anecdote :

    En discutant des compétitions de 50 à vitesse des années 80, Marc m'avait confié qu'il avait préparé des moteurs Kreidler compé client, il lui restait un modèle où il avait réalisé une bielle creuse pour augmenter les performances de la machine...

    Je ne reconnaissais pas ce type de moteur, ayant possédé moi_même une kreidler, il me répondit, c'est normal, il n'y a plus une pièce d'origine, en fait c'est un moteur "DEFOUR" !

    (pignons, carburateur, chemise, piston, distributeur,carters, il avait tout ré-imaginé...)

    À ma première question quelle puissance développait son moteur ? Marc répondait 19cv avec du couple sur une plage de régime étendu, à ma deuxième, comment le savez-vous ?

    Il tirait une couverture sous laquelle sommeillait un banc de puissance de sa fabrication....

    pluridisciplinaire, il avait même retouché les photos de mon site pour leur donner plus d'éclat.

    Un puriste de la restauration qui  disait : « dans 50 ans si l’on dissèque une machine passée entre mes mains, je ne veux pas que l’on voit qu’elle ait été restaurée ».

    Au revoir Marc et merci.

     

     

     

     

     

    6
    agnes
    Mardi 22 Septembre 2015 à 12:53

    Dans la vie on fait parfois de belles rencontres et apprécier de belles personnes.... Marc en faisait partie et depuis plus de trente ans.


     


    Pour moi c'était un grand Monsieur, avec une culture générale intarrissable!!


     


    En quelque sorte, Marc, avec les années faisait un peu partie de notre famille puisque à toutes les occasions il était convié.


     


    On ne te l'a jamais dit mais quand tu venais nous rendre visite on disait "Dieu arrive" car meme si tu ne savais pas marcher sur l'eau tu avais de l'or entre les mains!!


     


    Adieu Marc, repose en paix 

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