• Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    On connait Jules Beau (1864-1932) pour ses immenses archives photographiques, désormais en sureté à la Bibliothèque nationale qui les a reçues elle-même du Touring Club de France où elles avaient trouvé refuge. Ces dizaines d'albums nous permettent de mettre un nom et un visage sur les acteurs de l'histoire de la motorisation en France à ses débuts en particulier, bien sûr, ce qui concerne l'automobile etJules Beau : pas si sérieux que çà ! surtout la motocyclette. Mais le travail de Jules Beau, qui était une agence de presse à lui tout seul (ci-contre), débordait largement du cadre des activités sportives. Au hasard de ses multiples reportages, on découvre quelques clichés qui ne seront peut-être jamais utilisés et méritent cependant mieux que l'oubli. Il a fait pour la motorisation un simple travail de "documentation" comme disait le grand Eugène Atget (1857-1927) de ses propres clichés sur le Paris ancien qui disparaissait. Un héritage qui nous est si précieux aujourd'hui de même que celui de Jules Beau. On se souviendra de lui au moment inéluctable où la machine motorisées, quelles que soient ses formes, aura disparu de notre planète. Il sera devenu notre "album de famille" et pour cela lui aussi a droit à notre admiration et à notre reconnaissance. 

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    Il existe de Jules Beau quelques autoportraits, mais il embauchait aussi quelques amis pour des petites scènes humoristiques. Ici c'est le journaliste Georges Prade qui se prête au jeu de la transformation. Rédacteur en chef du journal "les Sports", il a signé de nombreux articles sur la motocyclette dans diverses revues spécialisées. 

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    Scène classique des compétitions motocyclistes du quart-de-litre ou du tiers-de-litre, le contrôle de la cylindrée des machines exigeait une manipulation acrobatique. Plutôt que de démonter la culasse - quand c'était possible - on préférait introduire par le trou de la bougie une quantité de liquide (essence ? huile ?) correspondant à la cylindrée déclarée. Simple et efficace car il semble qu'il n'y ait jamais eu de contestation.

    MODIFICATION - Patrick Delli a sorti sa règle à calcul pour une mise au point très instructive dont chacun, moi le premier, peut faire son miel. On l'écoute : 

    Si on remplit un cylindre de liquide ou de pâte, on mesure un volume mixte qui correspond à grand V (cylindrée déplacée par le piston) + petit v (volume de la culasse qui est mort et ne sert qu'à calculer le taux de compression).

    Dans ces époques lointaines aux taux de compression très bas, ça fait une grosse marge d'erreur !!!

    En maths, v = V divise par (TC-1) vu que TC = V+v divisé par v

    Avec des taux autour de 3 ou 4 à 1, petit v est énorme comparé à V, la cylindrée...

    Donc ils devaient faire 2 mesures, une avec piston au PMB pour mesurer X et une avec piston au PMH pour mesurer v... après on fait X - moins v pour obtenir V

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    Le patin à roulettes est une nouveauté qui suscite des spectacles humoristiques présenté par de jeunes demoiselles plutôt délurées donc peu soucieuses de montrer leurs jambes et leurs dessous.  

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    Le thème de cette séance est le "Skating-polo" qu'elles jouent heureusement sans les maillets ni les chevaux de leurs homologues masculins. L'anglomanie sévissait déjà dans la langue française et n'a guère cessé depuis car le patin à roulettes d'alors baptisé "skating" s'est mué en "roller" d'aujourd'hui. 

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    On chute de moins haut que d'un cheval, soit, mais... l'amour-propre peut en souffrir tout autant . Le décor pourrait être celui de la Salle Wagram qui recevait toutes sortes de manifestations, y compris le Salon du Cycle, de l'Automobile et de... la Moto.

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    Jules Beau savait à l'occasion avoir un œil gentiment moqueur en montrant ces scènes où le "cheval-vapeur" doit piteusement faire appel à une dépanneuse hippomobile pour rentrer au garage.

    Jules Beau : pas si sérieux que çà !

    Tous les documents de cet article proviennent de la Bibliothèque nationale - Collection Jules Beau. © Gallica

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  • Commentaires

    1
    François-Arsène
    Mercredi 10 Octobre à 12:36

    Salut Jean,

    Remplir le haut moteur avec un liquide pour mesurer la cylindrée : oui, bien sûr. Mais, histoire de pinailler : quand il y avait un échappement à fond de course et que la culasse n'était pas détachable, on obturait les lumières à la pâte à modeler ?

      • Vendredi 12 Octobre à 16:34

        Pas seulement les lumières mais tout le cylindre en passant, justement, par ces lumières... avec une pâte plus molle, of course. 

    2
    Mercredi 31 Octobre à 15:06

    Merci pour ce portrait de Jules Beau. J'ai  toujours été curieux d'en connaître davantage sur le personnage.  

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