• "La photo n'est pas l'art", a dit Man Ray par dérision...

    ... mais elle peut rapporter de bonnes pépètes !

    Quiconque a utilisé un jour un appareil-photo ancien (vraiment ancien, genre à soufflet ou "box", voire Rolleiflex) sait qu'il faut avancer mécaniquement la pellicule après chaque prise de vue. Sous peine d'obtenir (deux ou plus) photos superposées. Dans les premiers temps de la photographie, cet accident technique, inopiné ou volontaire, a permis de fabriquer quelques belles supercheries. Ranimer un défunt, tirer le portrait d'êtres d'un autre monde (si vous pensez au Saint suaire de Turin, oubliez...), les OVNIS, le Yéti et autres drôleries d'images. Mais notre XXIe siècle n'est pas à l'abri de faussaires. Sans parler des nouveaux diplômés ès-Photoshop !

    La photo n'est pas l'art (Man Ray)

     Pour le prix de cette photo, vous pourriez acheter plusieurs douzaines de Midual. De quoi hésiter !

    C'est justement à propos de cette dernière potion magique que vibrionne le microcosme des collectionneurs de photos d'art où il se dit qu'un tirage baptisé "Phantom" vient d'être vendu 6,5 millions de dollars, soit 5,29 millions d'euros, chiffre intéressant on en convient. Il l'est d'autant plus que la transaction ne s'est pas réalisée dans le cadre d'une vente aux enchères (donc publique) mais entre particuliers. D'un côté Peter Lik, l'auteur de la photo, de l'autre  l'amateur fortuné dont, c'te blague ! l'identité n'a pas été révélée. Le même aurait acheté "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...
    d'autres photos de Peter Lik lesquelles, soit dit entre nous, sont plutôt dignes du Calendrier des Postes (ci-contre) ou de posters pour chambres d'ados plutôt que d'un musée, ou alors dans une salle "Spécial  Photoshop". Le site de Lik présentait auparavant la photo du "Phantom", strictement identique mais en couleur. En noir et blanc, elle devient "exemplaire unique", plus rare, donc plus chère et accède au statut de "photographie d'art"... En France, ce statut est même défini par le fisc qui lui accorde ce titre et la TVA réduite à 5,5 %  à condition qu'elle soit tirée à moins de 30 exemplaires, signés et numérotés par l'auteur (Bulletin Officiel des Impôts, Instruction du 25 juin 2003). 

    Comme de juste Peter Lik a saisi un "fantôme" qui hante ce canyon de l'Arizona. Comme il le hante chaque fois que le guide accompagnant les touristes sur les lieux lance en l'air dans le rayon de soleil une poignée de sable générant une poussière forcément "fantomatique" ! (truc révélé par un touriste qui a fait à peu près la même photo dans ce canyon très connu...).

    Mis à part le fait que Peter Lik recherche des paysages dignes de son objectif en sillonnant occasionnellement les États-Unis au guidon d'une 500 XT, son rapport à la moto est incertain. On le voit assis sur la monstrueuse Confederate P51 Fighter (pffffff ! c'est l'ancien modèle à même pas 100 000 dollars). Si on en parle ici, c'est que...

    MOINS DE $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ $ MAIS PLUS D'ART

    ... par ses épisodes "surnaturels" cette histoire est à rapprocher d'une aventure de notre ami The Vintagent. De son vrai nom Paul d'Orléans (mais on dit Pd'O - prononcer Pideau), le Vintagent tient un blog (thevintagent.blogspot.com) qui est l'un des rares aux Amériques à traiter de la motocyclette anglo-saxonne ou européenne sans œillères, même lorsqu'il s'agit des marques nord-américaines.

    Issu d'une famille d'artistes californiens, Pd'O a fait des études d'art. Il s'est ensuite spécialisé dans le trompe-l'œil d'intérieur jusqu'au jour où il est tombé dans le chaudron motocycliste. La "révélation" lui est venue en 1985 par une Velocette Endurance de 1966. "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...Elle était en piteux état mais roulante. Il l'a restaurée puis cédée à un ami qui participe comme lui à des rallyes Velocette (la voici à droite). Il sera l'un des premiers à créer son blog - 9 ans bientôt - consacré à la moto ancienne, tout en conservant un faible pour les Velocette.

    Cependant il n'a jamais renoncé à ses ambitions artistiques et il pratique aujourd'hui la photographie "à l'ancienne". Dans les divers procédés historiques qui se sont succédé depuis Nicéphore Nièpce, il a choisi celui dit à collodion humide. En gros, on obtient un positif sur une plaque métallique ou de verre préalablement préparée par une chimie compliquée. Après la prise de vue, il faut la traiter dans les minutes qui suivent, sous peine de voir l'image disparaître ! On peut en admirer des résultats sur de nombreux sites du ouèbe et tout particulièrement sur http://mototintype.com/ en ce qui concerne le travail de Paul d'Orléans associé à Susan McLaughlin.

    À la fin de l'annuel Rallye Velocette en Californie, à "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...l'été 2013, ils entreprirent de réaliser  quelques portraits des participants. Ils étaient descendus dans un hôtel de Volcano, l'une des villes de la "Ruée vers l'or", installant leur "studio" dans l'ancien bureau où se contrôlait l'or et laissé en l'état après l'abandon de l'exploitation des mines (photo ci-contre grâce à Google Earth). Mais ce jour-là, la chimie n'était pas de leur côté, s'accordant mal avec une température excessive. Toutes leurs prises de vue se soldèrent par des échecs. Jusqu'à ce qu'ils déménagent ailleurs et obtiennent enfin de bons résultats. C'est en revenant à leur hôtel qu'ils eurent la surprise de leur vie en lavant les plaques afin de les préparer pour des travaux futurs...

    "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...

    Sur les plaques "ratées" faites dans le bureau de contrôle apparurent d'étranges images. Presque normales, à quelques détails près. Juste à côté de la tête de Carl et sa Velocette MAC, on pouvait voir deux yeux et le nez d'un visage au-dessus de son épaule droite...  

    "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...

     ... autre MAC et autre inquiétante intrusion. Cette fois c'est un plus classique "fantôme" qui se manifestait en absorbant dans ses plis une partie du visage de Kent. 

    "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...

    Derrière Dick, un personnage attiré par la Thruxton (?) s'est invité sans façon en essayant de prendre la place de sa tête.

    Paul d'Orléans avance un semblant d'explication aux phénomènes qu'il a vécus avec sa partenaire-photographe. En montrant les plaques aux propriétaires de l'hôtel, ils ont a appris que durant la Guerre de Sécession une petit groupe de soldats s'étaient réfugiés dans le bureau en question. On les a retrouvés morts de froid durant le terrible hiver de 1867 ! Réfrigérant en effet comme explication.

    C'est peut-être la mélodie du "Brooklands" des Veloce qui les a réveillés ?

    "La photo n'est pas l'art" a dit Man Ray, mais...

    La malédiction des fantômes de Volcano paraît poursuivre Pd'O qui se trouve aujourd'hui "flouté", même par un appareil numérique !

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