• Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Noir sur blanc : trial de Mons 1988

    "CEUX QUI NE SONT PAS VENUS N'ONT RIEN PERDU", ecrivit Le Zonard à propos de ce trial de novembre 1988 dit aussi Trial du Mont Panisel. Dans ce bulletin d'une AFATA renaissante au début de 1989 (?), cette épreuve belge était expédiée en une dizaine de lignes. Cependant, nul ne pouvait prévoir qu'elle allait devenir aussi internationale que fidèle obstinément à son principe premier : n'accepter que des machines d'avant 1965 (sauf "Spéciales " et dérogations). Nul ne pouvait non plus prévoir que 1988 allait être une cuvée très spéciale rendue quasiment sibérienne par la faute d'une neige qui tomba sans discontinuer durant tout le dimanche. Pourtant la veille, un autochtone interrogé avait déclaré que la neige : "Ça ne saurait se produire, sais-tu, ça fait au moins ouite années que la neige n'est pas tombée ici, une fois, alleï !" (d'après Le Zonard).

    Noir sur blanc : trial de Mons 1988

    ... et voici la preuve de ce que j'avance avec les premières photos de cette journée, dès les débarquement des machines. Le cadre est  quasiment celui de Noel mais sans le vieux barbu du même métal. Ce dernier - le métal - est ici d'origine française puisqu'il s'agit d'une Motobécane de 1962 largement modifiée par Robert Maertens, selon les canons de la grande époque qui vit souvent des motos de Pantin accéder aux podiums nationaux. R. Maertens était l'un des membres de la maigre délégation tricolore avec...

    Noir sur blanc : le trial de Mons 1988

    ... Marco Raymondin qui venait tout juste de "toucher" sa Triumph préparée minutieusement par un spécialiste du Rosbifland. Beau jouet comme sorti de sa boîte, elle allait rapidement se transformer en tas de boue au contact du sol détrempé.

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Déjà à pied d'oeuvre, Gilles Grépinet sur une BSA Gold Star avec Nénesse, son singe, goûtent aux joies d'un toboggan aussi pentu que glacé. Comme il était prévisible, la tentative se terminera...

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    ... de façon très mitigée, mais dans une grosse rigolade des deux compères nullement dépités par l'adversité des éléments météorologiques. Tous deux complétaient la représentation française et aussi sur le seul (sauf erreur) attelage engagé.

    Noir sur blanc : le trial de Mons 1988

    Une telle occasion d'admirer un beau moteur de Gold Star, ça ne se rate pas ! Mais, comme ce trial était international, il y avait aussi un bon contingent allemand avec de curieuses machines qui n'ont guère été vues sous nos cieux par la suite.

    Noir sur blanc : le trial de Mons 1988

    La marque la plus connue est Zündapp et pas pour les meilleures raisons (modèle KS 750 "Russie"...), ce qui a estompé une production d'après-guerre innovante en deux-temps. Comme pour tout ce qui venait d'Outre-Rhin, le mark fort rendait le flat KS 601 quasi inaccessible sauf pour quelques mordus ou professionnels (sides des porteurs de Presse), allergiques au flat bavarois. Celui-ci était alors représenté en France par un personnage d'un commerce rien moins qu'agréable, fort de sa position hégémonique et parisienne. 

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Par ailleurs, la faible production de la KS 601 (5000 machines au total...) n'était pas comparable avec le succès commercial du rival B.M.W. boosté par ses victoires au mondial du sidecar. Zündapp se rattrapa avec une gamme de deux-temps entraînée par une 200, mais c'est avec des 50, 75, 100, 125 et 250 que viendront les plus beaux succès, surtout en trial et autres disciplines du tout-terrain. Gustav Franke et Sengfelder furent les vedettes du trial international dans les années 50 et c'est de leurs machines que s'inspireront les amateurs de machines pré-65. Le KS 100 de série était une excellente base, en empruntant quelques idées aux Zundapp d'usine si redoutables dans les Six Jours Internationaux. 

    Noir sur blanc : le trial de Mons 1988

    Autre Zundapp dérivée de la 200 et peut-être inspirée de celle de Gustav Franke, bardé de titres au Championnat d'Allemagne dans les années 60. Il remporta également par deux fois le Challenge Gouthars qui préfigurait le championnat mondial de trial.

    Noir sur blanc : trial à Mons novembre 1988

    Plus connue par les frasques tropéziennes de l'un de ses rejetons (Gunther, troisième des 4 maris de B.B.), la Sachs Fahrzeug- und Motorentechnik a fournit durant des années des moteur à de multiples marques allemandes. Parmi elles, Hercules, vieux constructeur de Nuremberg qui sera absorbé par son fournisseur en 1965, lequel ajoute Victoria, Express et DKW dans sa corbeille. Hercules produit alors de redoutables machines d'enduro dont le souvenir a inspiré des machines de trial plus paisibles.

    Noir sur blanc : trial à Mons novembre 1988

    L'échappement du deux-temps a toujours posé des problèmes de logeabilité que trahissent les circonvolutions de celui-ci doté d'un silencieux sous la selle et d'un "étouffoir" de bruit en fin de parcours, le tout d'une longueur... certaine.

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Toujours du cylindres à trous allemand chez T.W.N. (Triumph Werke Nurnberg) qui tient son nom d'une collaboration avec la fameuse marque britannique jusqu'à l'arrivée des nazis au pouvoir. L'après-guerre vit l'apparition de modèles originaux, tous en deux-temps, dont certains très performants grâce à des études poussées sur l'échappement. La 200 Cornet, base du bitza ci-dessus, arborait un "haricot" du plus bel effet en sortie de cylindre...

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    ... qui nécessitait un gros travail de chaudronnerie pour le retourner vers le haut afin de le protéger des chocs en tout-terrain. Le réservoir est lui aussi entièrement fait main.

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Une innovation du début des années 50 que l'on "réinventera" quelques décennies plus tard. Pas d'autres infos sur cette question à part ce document publicitaire (en français).

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Autre originalité des T.W.N., le cylindre est dédoublé avec deux pistons parallèles sur une bielle en Y. Il aurait même existé un prototype formé de deux moteurs accolés pour former un 4 cylindres deux-temps transversal, avec le bruit d'échappement en rapport...

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Aucune réunion de trialistes "anciens" ne serait complète sans la présence d'une Greeves, avec ou sans sa célèbre fourche "banane" qui lui donne son étonnante silhouette. En son temps, certains la jugèrent "laide". Ils rectifièrent ensuite au vu de ses résultats sur le terrain : "laide et fonctionnelle"...

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Le "Lion", c'est Peugeot, mais lorsqu'il va très vite, il devient belge et s'appelle "Lion Rapide" ou encore "SALIRA" ce qui est nettement moins glamour. Il s'est dit que ce dernier terme était utilisé pour les machines populaires afin de les distinguer de modèles plus luxueux. Le Lion belge devint Rapide afin de le démarquer dans sa région de naissance (Alost) où les Lion concurrents étaient nombreux à se disputer le marché du cycle. 

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Luxe ou populaire, cette 200 à moteur Villiers témoigne d'un intérêt et de la connaissance certaine de ce qui faisait une moto de trial. Nés en 1923, les Ets Lion Rapide cessèrent leur activité en 1957 et le stock de pièces déjà produites fut vendu au kilo.

    Noir sur blanc : trial à Mons, novembre 1988

    Pour mieux brouiller les pistes, le badge de réservoir des SALIRA-Lion Rapide figurait le signe astrologique du Sagittaire : l'homme-cheval. 

     ------- Prochain article : les 4 temps du trial de Mons 1988 -------

     


  • Commentaires

    1
    thefrenchowl
    Samedi 2 Décembre à 17:05

    Beau, et quel moral!!!

    2
    jackymoto
    Dimanche 3 Décembre à 20:29

    La TWN me rappelle que dans les curiosités à démarreur électrique, mon copain Jacky Gabet était arrivé à notre rallye Limousin avec une rarissime 250 Puch SGSA à demarreur électrique  (le A c'est Anlasser démarreur ). Un drôle de système m'avait il expliqué, qui se contentait de balancer le moteur en avant et arrière vers le point mort haut...et ça ne fonctionnait pas à tout les coups et le kick imprudemment avait été supprimé.

    Sur tes photos, c'est bizarre, mais les Motobécane n'avaient pas encore des fourches Montésa ou Bultaco (avec des roues à jantes alu bien sûr!) comme maintenant, mais tout le monde sait que je suis un peu moqueur.smile

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :