• Quand la moto française se vendait à l'étranger

    __La moto française se vend bien

    En voyant cette repro d'affiche sur le ouèbe, j'ai eu une montée d'adrénaline devant l'adresse indiquée. Avenue de la Grande Armée, mais c'est bien sûr ! C'est là que se trouve le "Brand Room" (*) Peugeot aujourd'hui. Vérification donc, mais que pouic ! Peugeot a (est) bien logé dans cette avenue, mais avant 1914 c'était au 22, puis au 38. Sinon c'était gagné : La Société Parisienne du 10 égalait Peugeot du 10. Mais point de CQFD et retour à la case départ.

    (*) Nouveau, ça vient de sortir, encore plus fort que le show-room !

    Grâce à la persévérance d'Isabelle, on voit très bien maintenant cette mystérieuse La Parisienne à laquelle on revient après l'article du 20 septembre 2014. Bonnes photos mais mystère toujours aussi épais. La mention "Garantie pour une année" portée sur la plaque avant étant la première et seule connue de ce genre laisse supposer une pratique propre au pays où cette machine fut peut être vendue (vendue ?), ce qui est rien moins que certain. 

    La moto française se vend bien

    Bien que beaucoup de pièces essentielles soient manquantes, l'ancêtre mérite l'attention. Ne serait-ce que par son état de conservation qui semble d'origine (quoique cette couleur blanc-crème...) à en croire les traces d'usure çà et là. C'est un état à partir duquel on peut se lancer dans une restauration sérieuse, ce qui malheureusement ne semble guère préoccuper le musée suédois où elle dort depuis quelques décennies sinon un siècle. On ne va pas leur jeter la pierre car on connait bien des machines dans cet état et qui attendent un hypothétique retour à la vie (si l'on m'y force, je donnerai les noms !). 

    La moto française se vend bien

    Une plaque de cadre façon constructeur à la mention énigmatique surmontée d'initiales entrelacées : AFC ou CFA ou FAC ou CAF ou ...

    La moto française se vend bien

    Le collecteur d'échappement "deux en un" est une curiosité, mais on en connaît au moins un autre exemplaire identique (en France) ce qui tendrait à prouver que c'était un accessoire d'origine. En tout cas, ce musée est très bien tenu : pas la moindre toile d'araignée !

    Note du 7 octobre : ... musée bien tenu et coopératif. À un email demandant quelques éclaircissements, il m'a été répondu instantanément ou quasi. Réponse avec les mêmes photos que celles transmises par Isabelle et, en prime, une autre montrant La Parisienne dans son environnement actuel que voici :

    Quand la moto française se vendait à l'étranger

    Mille mercis donc à Eva Derlow du Tekniska Museet pour sa gentillesse et sa célérité ! 

    ____________________________

    PETIT DÉTOUR PAR ALBION

    L'histoire des débuts de la motocyclette anglaise étant intimement liée à celle de la France, il n'est pas inutile de remettre quelques pendules à l'heure. Surtout que celles-ci, de pendules, ne donnent pas souvent la même heure de chaque côté de la Manche... Et je ne parle pas ici uniquement d'horloges ou du méridien de Greenwich.

    Il en est ainsi depuis les origines de la moto britiche sur lesquelles les historiens rosbifs sont plus qu'imprécis, voire évasifs. À vrai dire, s'il existe des cargaisons de livres sur Norton, Velocette, BSA, AJS, Douglas, Triumph, etc, on peine à y trouver des références sérieuses, fiables et documentées sur les débuts dans la vie de certaines de ces marques. Se pourrait-il que leurs débuts soient jugés inintéressants (honteux ?) car assurés pour beaucoup d'entre elles par un apport essentiel de produits européens ? Au premier rang desquels, le MOTEUR par exemple... 

    Quand la moto française se vendait bien

    Un moteur français, le Clément monocylindre à l'échappement commandé par tige et culbuteur, intéressera deux (au moins) constructeurs anglais dont l'un est Garrard, l'autre étant Norton. Tout le monde sait maintenant que cette marque a remporté sa première victoire significative (catégorie bicylindre au Tourist Trophy 1907) grâce à un bi en V Peugeot. Mais cinq ans auparavant Norton était déjà dans le domaine motocycliste avec Clément. L'importateur britannique du Clément 160 cm3 était alors Garrard qui le montait dans des parties-cycle fournies par... Norton. C'est donc tout naturellement que naquit une Norton-Clément qui porta le nom de Energette puis Nortonette. Elle survécut au déclin de Garrard avant d'être graduellement remplacée par des Norton de plus grosse cylindrée avec des monos et bicylindres Peugeot.

    Quand la moto française se vendait bien

    En 1904, Clement-Garrard proposa sa Torpedo plus évoluée, une Moto Légère d'aspect moins "bicyclette motorisée". Selon la revue "The Motor" le public britannique réclamait ce type de machine. Pour preuve, une initiative de la même revue présenta "la moto idéale" (du médecin...) avec photo. Elle était équipée d'un moteur où l'on reconnaissait aisément le caractéristique Clément à culbuteur.

    QUELQUES AUTRES FOURNISSEURS FRANÇAIS

     Bien d'autres marques britanniques de l'époque firent appel à des moteurs français mais peu d'entre elles le signalaient. Parmi celles qui livreront leur "coming out", on trouve BAT (Best After Tests) qui choisit le gros et lourd De Dion sous sa forme première à soupape automatique, du type dit "à cloche". Anglian et King furent aussi des clients insulaires de "l'ancêtre", mais avec ce qui paraît être un De Dion de plus faible cylindrée. Difficile de trancher au seul vu des images de qualité très moyenne qu'en publia la presse. À moins qu'il ne s'agisse d'une création à part entière de M.M.C. (Motor Manufacturing Company), société à laquelle De Dion avait cédé une licence de fabrication.

    Quand la moto française se vendait à l'étranger

     Le moteur Aster aux ailettes ondulées en cuivre rapportées sur le fût du cylindre ne pouvait que tenter les amateurs d'originalité, mais il ne s'en trouva qu'un pour le proposer sur une moto sous la marque Pearson. Elle est signalée comme exposant au Salon de l'Olympia de Londres en 1904, manifestation qui se tenait alors en début d'année. À ce même Salon était présente sur le stand de O'Neill & Co une mystérieuse deux-temps. Elle provenait d'un "french manufacturer", sans autre précision d'identité. Comme dans le cas de la Pearson précédente, aucune photo ou annonce publicitaire n'a confirmé une quelconque commercialisation de cette machine.

    Franco-suisse ou suisse ou français, le moteur Z.L. a été à la base de l'existence de très nombreuses marques européennes. Moins de succès en Angleterre où il semble qu'une seule marque l'ait adopté, c'est la Star Cycle (de Wolverhampton). Du moins est-ce la seule qui le proclame dans ses annonces publicitaires alors que sur les photos de bien d'autres machines, on constate que le moteur fait plus que "jeter un air" du côté de ce Z.L. Copie pure et simple ou identité non-avouée ? Saura-t'on jamais...

    Prochainement : les constructeurs français en Amérique (du Nord)

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  • Commentaires

    1
    Paul Davy
    Samedi 4 Octobre 2014 à 17:56

    Bonjour, J'étais surpris de ne plus recevoir de mails concernant le Zhumoriste jusqu'à ce qu'à la lecture de LVM je découvre que le Blog avait changé d'hébergeur. Je suis heureux de pouvoir à nouveau prendre connaissance de vos excellents articles.


    Bien cordialement.


    Paul Davy

    2
    Mardi 7 Octobre 2014 à 12:27

    money Bienvenue à bord, mais je me demande où sont passés les centaines d'abonnés sur Overblog et les 198 785 visiteurs (depuis la création, dois-je préciser...!)

    Si vous en connaissez autour de vous...

    1000 mercis à Moto-collection, à Michel Leurette de LVM et à tous ceux inconnus qui ont fait passer le message.

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