• Street-art motocycliste (ou presque)

    Une utilisation originale et inattendue d'une peinture (?) alliée à une motocyclette "en vrai" (origine chinoise ou russe ?). Plutôt humoristique, ce qui est rare dans le genre.

    Street-art motocycliste (ou presque)

    Au fil des années, la machine avait subi quelques outrages de même que le mur. Pour jouer au jeu des 7 Z'erreurs ou moins (si vous avez connu...). M. Ernest Zacharevic indique le lieu d'exposition de cette œuvre mais si vous ne savez pas où se trouve PENANG, Monsieur Google Earth vient à votre secours...

    Street-art motocycliste (ou presque)

    ... C'EST LÀ !

    Street-art motocycliste (ou presque)

    Enfin une œuvre française, du moins on le suppose, car l'inspiration est venue de notre grand illustrateur Geo Ham comme le prouve cet extrait de l'original...

    Street-art motocycliste (ou presque)

    ... une affichette d'intérieur réalisée dans les années 30 pour le compte du Motocycle Club de France. Geo Ham avait pris pour modèle l'AJS bicylindre en V simple arbre venue battre des records en France à plusieurs reprises de 1931 à 1938 mais sans beaucoup de chance.

    Un peu plus de 'street-art' motocycliste (ou presque)

    Elle était munie d'un compresseur à palettes que Geo Ham n'a pas figuré, préférant une première version avec la magnéto devant le carter-moteur. Cette dernière, ainsi que les deux ACT est commandée par trois chaînes sous un unique carter fort élégant.

     


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  • Bol d'or 1923 : les plus modestes...

    ... MODESTES ET ASSEZ COURAGEUX pour s'embarquer durant deux tours d'horloge sur un Micromoteur, une bicyclette motorisée sans aucune suspension que celle des ressorts de la selle. Aucun des deux pilotes ne profita des 4 heures de repos que leur permettait le règlement et ils terminent 1er et 2e dans leur catégorie des 75 cm3... où ils étaient d'ailleurs seuls à concourir ! Ils avaient à respecter une moyenne de 25 km/h avec pénalité de 1 point par minute de retard. Ceci n'était pas une simple formalité puisque le numéro 1 Dauchez (ou Gauchez) a récolté 344 points tandis que Goubé (à gauche) en totalisait 379. Entre eux (cigarette) se tient M. Joly, mécanicien chez Micromoteur qui terminera sa carrière dans un collège technique de Niort vers 1945/46. Il avait lui-même couru sur Micromoteur et remporté un prix dans la catégorie "démontage et remontage du Bol d'or 1923 : les plus modestes...groupe moto- Bol d'or 1923 : les plus modestes...propulseur" lors du Concours du Touring Club de France 1922 à Chanteloup. Sa machine sera ensuite recueillie par Pierre Certain le collectionneur mellois ce qui permit de constater que la cylindrée des Micromoteur "de course" atteignait bien les 75 cm3 réglementaires (Courrier de P. Certain à l'auteur). Rappelons que les modèles présentés au catalogue affichaient ce deux-temps pour 63 cm3 seulement avec 46 mm d'alésage par 38 mm de course, donc très super-carré !

    Bol d'or 1923 : les plus modestes...

    Joly (sans lien avec les Jolly à deux "L" de chez Alcyon) présente sa machine à Chanteloup en 1922 (Photo BNF Gallica) avec son moteur relevé en position débrayage. En médaillon, dessin du moteur par H.J. Lecoq dans La Revue Motocycliste. L'artiste a zappé le levier permettant de désolidariser le moteur pour circuler à pied... ou en pédalant.

    Bol d'or 1923 : les plus modestes...

    L'antériorité de la transmission sur la roue avant d'un motocycle revient probablement au Cyclotracteur (excepté la première Werner et ses copies) qui avait remplacé la courroie par un galet de frottement. Le Micromoteur a pris le relais avec quelques améliorations bien pratiques. En premier lieu le relevage rapide du groupe-moteur à l'aide d'un simple levier. Le groupe étant fixé en deux points de chaque côté de la fourche (voir ci-avant les deux photos en couleur © Yesterdays), il repose sur le pneu via le galet. Pour, dans les cahots de la route, éviter une perte de contact galet-pneu, un levier "serré entre deux bandes de fibre, formant amortisseur à friction (sert) en même temps de débrayage". Cette manœuvre n'était nécessaire que dans les cas extrêmes car le galet est formé de rouleaux qui tournent sur eux-mêmes lorsque la résistance à l'avancement devient trop grande.

    ÉPILOGUE HISTORICO-ÉCONOMIQUE

    Si aujourd'hui, en suivant un camion sur la route vous Bol d'or 1923 : les plus modestes...remarquez un logo "Telma" à l'arrière, ou encore si vous changez le filtre sur votre voiture, sachez que vous avez affaire à un produit... Labinal, du nom du constructeur du Micromoteur sur des brevets de l'inventeur, Gustave Bessière ! La Sté Précision Mécanique Labinal a été créée le 18 avril 1921. La fabrication du Micromoteur qui s'ensuit n'est qu'un entracte qui est clos vers 1924 car la spécialité des Ets Jean Labinal est le câblage électrique dans les secteurs automobile et aéronautique. L'entreprise s'est ensuite développée de façon exponentielle jusqu'à nos jours. En 2016, elle compte 17 établissements de production à travers le monde dont 10 en France avec des dizaines de milliers de salariés. Les longs courriers tels que Bol d'or 1923 : les plus modestes...Caravelle, Airbus, Boeing volent ou ont volé grâce à du matériel élaboré par la firme devenue par le jeu de fusions et rachats multiples Labinal Power Systems en 2014 (ci-dessous) puis Safran Electrical & Power en 2016. Le nom du créateur de la marque Bol d'or 1923 : les plus modestes...est toujours honoré comme on a pu le constater en 2012 lors de l'inauguration d'une nouvelle unité de production à Villemur-sur-Tarn nommée Site Jean Labinal.

     

    (À suivre, évidemment)

    Bol d'or 1923 : les plus modestes...

    AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 euros - port compris -  fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse).Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr

    Des trois volumes "La Motocyclette en France" déjà publiés, seul celui traitant de la période "1922-1924" ci-dessus est encore disponible. 55 € port compris. Adresse mail idem ci-dessus.



     


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  • Longtemps méprisé comme "art de pissotières", le graffiti a conquis aujourd'hui ses lettres de noblesse au point de se retrouver sur les cimaises des galeries de peinture les plus huppées (ou hypstées ?). Le début de la réhabilitation date peut être de 1960 avec la publication du livre "Graffitis" de Brassaï, immense photographe d'un Paris qui ne savait pas encore underground (deux exemples ci-dessous). Entre les prostituées des rues, les bals populaires, les cabarets et bistrots, les chanteurs-accordéonistes et des clochards qui ne se savaient pas SDF, Brassaï dérivait au hasard des rues chichement éclairées au gaz des années 30, à la recherche de ces "coinstots bizarres" chers à Boris Vian (in "Je voudrais pas crever" Poème). Le livre de Brassaï est paru en 1960, mais c'est bien avant que l'artiste avait débuté sa collecte. Cependant, dans les Du graffiti de Pompei au "street art"Du graffiti de Pompei au pompeux "street art"centaines de clichés rassemblés, c'est leur qualité artistique qui s'en dégage (Brassaï était aussi peintre). Ses graffitis, plutôt photographiés comme des sculptures, se rattachent à une tradition qui remonte à plusieurs millénaires. Les plus connus étant ceux des villas de Pompeï, bien conservés alors que le propre - si l'on peut dire - du graffiti, c'est d'être éphémère. Usé par le temps, l'air, la pluie ou mutilé par d'autres "graffiteurs", volontairement pour effacer un travail jugé injurieux (politique, religion) ou pornographique, ou encore recouvert par une nouvelle œuvre, le graffiti sauvage se fait rare. Ne serait-ce déjà que par la disparition des édicules dont l'empereur Vespasien tira quelques bénéfices. Ce qui donna l'idée de la "sanisette" à nos édiles parisiens (?). Les thèmes des artistes de rues sont (étaient) centrés sur la représentation érotique voire pornographique. Aujourd'hui, comme pour bien des névrosesDu graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art" de la société, les sites spécialisés du vouèbe servent d'exutoire aux pulsions inavouables. Plus besoin d'un "rdv ici le 18 à 20 heures avec Le Figaro sous le bras" qui sera avantageusement remplacé par un clic ou deux sur un clavier d'ordinateur. À une époque, on trouvait ce genre de phrases sur les murs, des textes et surtout représentations de personnages dessinés maladroitement dans la chaleur de "l'action", par contre jamais pour ainsi dire d'objets de l'environnement quotidien. Dans le décor, des proclamations aussi vengeresses qu'enfantines (voir ci-dessus à droite) mais très peu de voitures, d'avions, de bicyclettes et encore moins de... motocyclettes. Le but primaire recherché était "l'action" ! Avec toutefois quelques exceptions...

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    COMME ICI ↑... ET ICI ↓

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    ... mais il fallait bien chercher dans les coins, par exemple dans un minuscule vestige du Mur de l'Atlantique, sur l'ile de Ré. Au milieu des dunes, envahie par le sable, une ouverture dans un gros cube de béton, un mètre de haut par autant de large, juste de quoi pénétrer en se pliant en quatre dans ce volume d'un gros mètre-cube. 

    Du graffiti honteux à Pompei au pompeux "street art"

    Dans la pénombre on découvrait ces peintures en riches couleurs. Des sujets assez ésotériques avec quelques silhouettes de motos (à priori des trails) ainsi que des logos des marques japonaises (plus SACHS, en haut à droite). Du genre de ce qu'on dessinait dans les marges de ses cahiers d'écolier. Sauf qu'ici le désir artistique est affirmé par l'usage de couleurs donc des instruments du peintre, pinceau et palette en plus de la boîte de couleurs.

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Se profile alors l'image d'un adolescent plutôt que celle du gamin gribouillant au hasard sur ce qui lui tombe sous la main. Réaliser cette œuvre dans un coin aussi malaisé d'accès la vouait à une existence plus longue que celle du graffiti ordinaire. Retrouver les lieux aujourd'hui leur conférerait une importance comparable à celle d'un Lascaux. J'exagère ? Rendez-vous dans un ou deux millénaires pour en reparler...

    (Les différences de couleurs de ces diapos s'expliquent par les films utilisés, Fuji et Kodachrome qui ont vieilli depuis 1978, année de ces prises de vues).

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Du graffiti de Pompei au pompier "street art"

    Au début des années 80, la pratique du graffiti se transforme en geste de révolte plus ou moins violente et surtout teintée d'humour (jeux de mots, contrepèteries, etc). La chasse aux "graffiteurs" accusés de dégrader le patrimoine s'amorce car le fameux "Défense d'afficher - Loi du 29 juillet 1881" n'est plus aussi dissuasif qu'avant. Malgré des milliers d'inscriptions, certaines au pochoir plus rapide, on y cherche toujours en vain la moto. De cette époque date cette photo (ci-dessus et dessous) qu'un ami photographe m'avait donnée. Bien qu'en noir et blanc, ce travail annonce déjà la déferlante d'œuvres qui encombrent aujourd'hui le vouèbe.

    Du graffiti de Pompei au pompier "street art"

    Où l'on aura reconnu sans peine une BMW à ses cache-culbuteurs et à ses ailettes de cylindres et de la Serie 2 avec sa fourche à éléments séparés. On apprécie l'effort qui a obligé à peindre d'abord un fond blanc (au pinceau ou rouleau) comme aurait procédé n'importe quel peintre sur toile.

    Si vous tapez "graffiti moto" sur votre ordi, vous allez récolter une énorme moisson d'images qui représentent une nana peu vêtue DEVANT une moto peinte sur un mur. Beau travail, superbes couleurs (bombe aérosol), mais le graffiti n'y est pas. D'autant que la machine est dans 99,99 % des cas une Harley, ce qui est d'un piètre intérêt...

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    On trouve néanmoins quelques exceptions dont cette porte de garage californien rendant hommage à Vaughn Bodé (1941-1975)) immense dessinateur de la BD underground. Il est carrément "cité" ici par un anonyme "RW" qui a inscrit le nom du maître en logo du réservoir de la moto.

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Autre hommage avec le lézard qui fut un personnage récurent de Bodé dans ses innombrables illustrations ou éditions en comics underground.

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Juste pour le plaisir, son interprétation de la moto-chenille pas si éloignée de la réalité, surtout pour quelqu'un qui vivait dans un nuage permanent de cigarettes totalement illicites sans parler d'autres substances qui font rire. 

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Je vous demande maintenant de vous découvrir et d'observer une minute de silence en l'honneur de ces œuvres qui ornèrent les derniers vestiges du quartier des Puces de Montreuil. C'est aussi un souvenir dédié à mes camarades de "chine" en ces lieux : Jacques Borgé disparu récemment ; Bou Saada que je n'ai jamais connu que sous ce nom de la ville dont il était originaire, et qui appréciait bien un rosé frais ; Michel Frizot, hautain professeur ès photo à l'École du Louvre, comme égaré dans ce milieu. Enfin, et par dessus tout, Armand Lebaigue chez qui arrivaient toutes les photos qui traînaient ailleurs sur le marché et que nous nous disputions sous son œil rigolard.

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"

    Il y avait là un immense hangar "Bois & Charbons" dont l'urbanisation galopante et sauvage (lucrative aussi) a fini par avoir la peau. Dans les derniers jours, en 2001, était apparu cette fresque collective du "street art". Elle a disparu sous les assauts des pelleteuses au profit de ce navrant paysage créé par les Picsous and Co ... 

    Du graffiti honteux de Pompei au pompeux "street art"


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  • Le Bol 1923 : les courses !Le Bol 1923 : les courses !

    Pour ceux d'entre vous qui ne liront pas cet article jusqu'au bout, voici l'essentiel en images (ci-dessus) avec les légendes correspondantes. Pour lire celles-ci plus commodément, il vous suffit simplement de retourner votre écran d'ordinateur à 180 degrés... 

    Le Bol 1923 : les courses !

    Le Bol 1923 : les courses !

    Dernier groupe au départ formé par les sidecars toutes cylindrées avec les solos de 350 et moins ainsi que les vélomoteurs. On reconnaît le side 600 Triumph de Minot (n° 67) avec, derrière lui la D.F.R. de Pierre en conversation avec (semble-t-il) Eugène Mauve qui n'a pas encore ses célèbres culottes de golf. À côté d'eux, Toussaint (n° 34) sur Supplexa. Le dernier side visible derrière Pierre est celui de Roggero (D.F.R.- Bradshaw). À l'extrême-droite, le sidecar non identifié pourrait être celui de Vulliamy (Harley-Davidson). Ce Bol a été un grand succès sportif mais le public ne s'y est pas rué comme en témoigne la tribune officielle alors que le départ de l'épreuve est imminent. Pourtant, et contrairement à Vaujours où s'est disputé le premier Bol d'Or, celui des Loges est près de la ville et desservi par le chemin de fer à quelques centaines de mètres.

    Le Bol 1923 : les courses !

    Si vous avez bien suivi le cours, inutile de vous présenter le vainqueur de ce Bol dont la victoire a été largement proclamée dans l'épisode précédent. Proclamée également dans la presse spécialisée au moyen de la publicité. Sur les 64 pages de son numéro rendant compte de la course, Moto Revue a passé l'équivalent de 12 pages 1/4 publicitaires auxquelles s'ajoutent celles qui concernent les cyclecars. Dans La Revue Motocycliste on trouve 16 pages de pub (dont une double de Rovin) Le Bol 1923 : les courses !sur 42 pages au total. Moins bien implanté, et surtout d'une très médiocre qualité (papier et impression pire que dans Moto Revue...). Motocyclisme n'a récolté que 6 pages 3/4 sur les 36 de son numéro. 

    Avec sa Motosacoche modèle "Sport" Tony Zind (ci-contre, croqué par Geo Ham) a tout de même dû batailler ferme contre une concurrence inattendue, toute jeune et qu'on n'attendait pas à pareille fête. Inattendue car française. Le Bol 1923 : les courses !Du moins dans l'intention. Ce que ne manquait pas de souligner le journaliste de Cyclecars, Motos & Voiturettes qui présentait la Pierton nouvelle venue : "Je ne dirai pas que la Pierton est une belle machine française : belle, elle l'est, française c'est moins sûr". En effet, la 500 Pierton du Bol est motorisée par un britannique JAP latéral accouplé à une non moins britannique boîte à 3 vitesses Burman.

               UNE FINITION EN CLIN D'ŒIL

    Une fourche Druid complète cette construction dont la présentation avec son réservoir "couleur argent avec filets noirs" n'est pas sans évoquer certaine marque britannique renommée. Une équivoque renforcée par le nom de marque choisi qui pourrait se prononcer avec un final en "tonne" plutôt qu'en "ton"... Cette Pierto...ne est l'enfant d'une collaboration d'Adrien Piermé avec Gaston Durand. Ce dernier, motoriste bouillonnant d'idées qu'il prodiguait généreusement, attachera son nom à de multiples réalisations dont les plus connues sont chez Alcyon ou Gnome-Rhône. Il dispensera abondamment sa science autour des Ydral-Agache vers la fin de sa carrière. De son côté, après cette brève association avec Durand, Piermé produira des machines à son nom équipées de moteurs Madoz puis des JAP (le AZA deux temps) de plus petites cylindrées (175/250 cm3).

    Le Bol 1923 : les courses !

    Publicité Pierton (extrait) dans Moto Revue n° 118 de 1923

    La Pierton est présentée au public... du Salon de Bruxelles au début 1923. Son moteur est un Madoz à culasse alu (ou bronze selon les sources). La fourche est une Webb. Pas de photo alors et la première image qui paraît dans Moto Revue en février 1923 (ci-dessus), montre une machine finie à la hâte : pas de garde-boue avant, l'unique frein est sur une poulie-jante arrière, une pompe à huile est greffée le long du réservoir d'essence mais on cherche en vain le réservoir pour ce lubrifiant. Vendue pour 120 à 125 km/h elle est proposée à 4 500 francs. C'est déjà une belle somme qui en fait l'une des plus chères des machines françaises, derrière l'ABC-Gnome Rhône (5 950 F) et la René Gillet 750 (4 850 F) qui, toutes deux, sont des bicylindres, l'une étant à soupapes en tête.

    Le Bol 1923 : les courses !

    Le 500 latéral Madoz s'inscrit bien dans la tradition britannique du monocylindre longue course, l'exagérant même avec ses 112 mm pour 75 d'alésage. Sa puissance est inconnue, mais on peut se risquer à l'évaluer par comparaison avec celle de la Motosacoche (13,5 ch en version d'origine), machine qui sera sa grande rivale dans le Bol d'or... En théorie, car il semble bien que c'est le JAP qui a été choisi selon ce qu'écrivait Cyclecars, Motos & Voiturettes que l'on retrouve ci-après... 

    Le Bol 1923 : les courses !

    ... en illustration du texte de présentation de la Pierton. Signé B. Helpey (pseudonyme plus que probable), il y est précisé que les moyeux sont des Webb munis de freins à tambour. Le frein avant (qualifié parfois de "frein du désespoir") gagne donc du terrain car, ajoute un péremptoire B. Helpey : "Des expériences retentissantes, faites récemment en Angleterre, ont affirmé la nécessité absolue d'un frein avant énergique sur une machine rapide : lorsqu'on a appris à s'en servir (sic), on le préfère rapidement au frein arrière".

    Quelques mois plus tard, nouvelle photo et nouvelle version d'une Pierton préparée, celle-ci pour le proche Bol d'or (ci-dessus). Beaucoup de changements, à commencer par le moteur qui est un JAP, toujours à soupapes latérales. Lubrifié par barbotage selon les gazettes, il reçoit néanmoins un réservoir d'huile alors que la pompe fixée précédemment au flanc du réservoir d'essence a disparu. Boîte 3 vitesses Burman. La fourche est une Druid "sous licence" nous dit-on et les roues sont munies des freins à tambour annoncés. Avec leurs dimensions plutôt minuscules, ils sont conformes aux canons de l'époque.

    D'autres machines concurrentes pouvaient prétendre à la victoire ou, du moins, à une bonne performance. Passons sur les ABC-Gnome des "officiels" Naas et Bernard qui ne seront pas au départ. La marque qui s'était investie dans un récent Tour de France, n'aura qu'un seul représentant d'ailleurs "fictif". C'est Lambert dont le statut "amateur" ne permet pas que le nom de sa machine soit cité alors que les gazettes vendent la mèche dans les légendes des photos de lui qu'elles publient. Lambert (sur... Lambert) finit donc troisième à 21 tours de Zind le vainqueur (241 tours) et devant Camille Parizet, l'un des deux pilotes sur Pierton. L'autre était Henri Laurent qui, dès la première heure, s'est distingué en pirouettant dans le fossé ! Il réparera dans son stand afin de repartir pour 147 tours, mais sans espoir d'un bon classement. Son co-équipier menait sa machine à "de triomphants débuts", selon La Revue Motocycliste, débuts récompensés au final par une... modeste 4ème place alors qu'il était en tête le dimanche à 9 h du matin ! Endommagé dans une chute, le carburateur du JAP l'avait forcé à "réduire la sauce", laissant le champ libre à la bicylindre suisse. Il a eu néanmoins l'honneur de signer le record du tour avec 4 minutes 20 soit à un vertigineux 80,681 de moyenne, à comparer avec la moyenne générale de Zind victorieux à 58,500 km/h sur les 24 heures. 

    Le Bol 1923 : les motos, les courses !

    Au Grand Prix de France de l'U.M.F. disputé à Tours le 24 juin, deux Pierton seront encore engagées. C'est l'occasion d'en voir le côté transmission (Photo © Gallica-BNF) présenté ici par Vandenbosche, lequel ne pourra pas prendre le départ pour "défaut d'attestation d'assurance" ! ? L'autre pilote est à nouveau Parizet qui renouvelle l'exploit de Laurent au Bol d'or. Il chute au premier tour et repart avec un cadre faussé mais la machine est devenue inconduisible, et c'est l'abandon forcé au 2 ème tour. 

    Le Bol 1923 : les motos, les courses !

    Vendeur à l'agence parisienne Triumph du boulevard Pereire quoique Anglais bon teint, Leslie Pinney était un assidu des grandes épreuves d'endurance. Après l'éprouvant Paris-Nice, sa présence au départ du Bol était donc toute naturelle.   

    Le Bol 1923 : les courses !

    Leslie Pinney au pesage frigorifiant de Paris-Nice 1923 (16 - 20 février). © Gallica-BNF.

    Comme pour la majorité des concurrentes, sa machine est une monocylindre à soupapes latérales très proche de la célèbre Type H qui a gagné sa réputation  de "Trusty" dans les ornières boueuses de la Grande guerre. Une transmission par chaîne, une fourche Druid et quelques retouches esthétiques l'ont modernisée. Mais elle n'a toujours qu'un frein arrière sur poulie-jante et un modèle à étrier sur la jante avant. Sans jamais Le Bol 1923 : les motos, les courses !être aux avant-postes durant les 24 heures du Bol d'or, Pinney (à droite lors d'un pesage) va tracer son chemin régulièrement n'ayant connu que des incidents mineurs. Les diverses avaries qui frappent les hommes de tête vont le porter à une deuxième place aussi bienvenue que méritée au vu de ses performances précédentes.

    Le Bol 1923 : les motos, les courses ! L'autre marque britannique "dangereuse" était la Norton, encore une latérales, au palmarès déjà bien chargé en victoires de toutes sortes, nationales ou internationales. Pourtant engagé sur l'une de ces 500 réputées "Unapproachable" dont il est l'agent, Bastide s'est présenté au départ sur une O.E.C. Blackburne. Mauvaise pioche car il sera éliminé sur une rupture de soupapeLe Bol 1923 : les motos, les courses ! tandis que sur l'autre Norton, René Francisquet vole vers la victoire. En tête avec plusieurs tours d'avance sur Zind dans la matinée du dimanche, une chute ruine cependant tous ses espoirs au point qu'il ne figurera même pas dans le classement final ! Croqué à droite dans La Revue Motocycliste par le dessinateur H.J. Lecoq, on le voit à gauche photographié (© Gallica BNF) au départ du G.P. de Tours 1923 sur sa Norton. Comme à son habitude, il arbore chemise blanche et cravate protégées par une combinaison de mécanicien en toile. Le cuir n'est pas encore très répandu et Pierre (de Font-Réaulx) fera son petit effet en se présentant un jour dans une tenue cuir, veste et pantalon d'un rouge éclatant !

    Prochain article : les autres courses depuis les 350 jusqu'aux "infiniment petits".

     


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  • Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    "Sportivité de M. le Préfet de Seine-et-Oise ; obligeance de M. le Maire de Saint-Germain-en-Laye ; bienveillance des administrations des Ponts-et-Chaussées et des Eaux-et-Forêts ; dévouement de M. Jean de Castellane" (ndlr : Conseiller de Paris et vice-président d'honneur de l'A.M.C.F.), longue est la liste des personnages qu'Eugène Mauve a dû actionner afin d'organiser son deuxième Bol d'or. Que de courbettes et flatteries pour obtenir de tracer un parcours dans un lieu moins "campagnard" que celui de 1922 à Vaujours. En 1923, ce sera donc Saint-Germain-en-Laye après l'abandon du bois de Vincennes (!) un moment envisagé.

    ÉTAT DES LIEUX (AVEC RECTIFICATIONS...)

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    Plan du circuit réalisé à l'époque (ci-dessus), avec la route nationale n° 184 qui existe encore aujourd'hui avec la même désignation comme on le constate...

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    ... en comparant avec la carte actuelle (cliquer pour agrandir l'image). La Maison d'Éducation de la Légion d'honneur occupe la surface grise qui figure au dessus et à gauche de l'indication  "Fêtes des Loges".

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    Le départ vient d'être donné un peu avant les stands de ravitaillement. Les limites de la route sont clairement - et fermement - indiquées par des... pavés. Nos actuelles glissières de "sécurité" ont pris le relais.

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    Quelques centaines de mètres plus loin, on aborde le seul virage à gauche du tracé. En bas à gauche de la photo on voit l'amorce du chemin qui mène à la Maison d'Éducation...

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    ... telle qu'on peut la découvrir aujourd'hui...

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    ... et dont on longeait un moment le mur (ici Sénéchal, sur Sénéchal dans l'épreuve des cyclecars) qui protège la vertu des jeunes personnes pensionnaires de l'institution créé par Napoléon 1er. À l'origine, cet établissement était destiné à accueillir les orphelines dont les pères étaient morts officiers et chevaliers de la Légion d'Honneur.

    Mais tout ceci ne nous explique pas pourquoi, durant plusieurs lustres, le plan quasi-officiel de ce circuit fut celui publié lors de la reprise du Bol après-guerre, "cartographié" par Moto Revue, et repris dans d'autres magazines comme dans le programme de l'épreuve.

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    Réduit à un sommaire triangle, on y trouve des indications carrément fausses. La route de Pontoise N 184 est à la place de celle des carrières et la Croix de Noailles a échangé sa place avec la Butte du Houx ! Enfin le domaine de la Légion d'Honneur a été "zappé" ainsi que, dans la foulée, le pif-paf de la route qui va avec.

    Comme le font, de nos jours, de vulgaires partis politiques, l'Association des Anciens Motocyclistes Militaires a changé son nom en Association Moto-Cyclecariste de France. Moins belliqueux, çà sonne aussi moins anciens combattants d'une guerre qu'on cherche à oublier. Mais à sa tête se trouve toujours Eugène Mauve qui va de plus en plus affirmer sa statue d'inoxydable organisateur. 

    Convaincre les autorités était déjà un lourd travail et Mauve a aussi le talent de fédérer autour de lui les pilotes, amateurs ou professionnels qui seront plus d'une soixantaine à s'engager. Parmi lesquels se remarquent des "pointures" confirmées. En 500 cm3 on trouve, à tout seigneur..., le Lyonnais Tony Zind sur Motosacoche, vainqueur de l'an dernier et Champion de France en titre ; Bernard et Naas, les chevaliers de l'ABC Gnome-Rhône ; Francisquet sur Norton épaulé par BastideLe Bol d'or 1923 prend ses aises (ci-contre lors d'un pesage non identifié) qui est l'importateur de la marque ; Pinney sur Triumph. Moret sur Orial sera opposé à Minot (Triumph) chez les sides 600. Les 1000 bicylindres américaines semi-culbutées  (Harley-Davidson, ci-dessous, et D.S.) forment une triplette contre deux équipages Motosacoche et une New-Imperial à moteur JAP. Dans les autres catégories, le gratin n'est pas de moindre qualité : D.F.R. est présente en 250 (Pierre, l'un des deux constructeurs de la marque) et en 350 avec Stanton, comme en sidecars avec l'inusable Emmanuel Dubost (sides 350). En 350 on trouve la plus modeste firme Rasser que son créateur a bien l'intention de mener lui-même à la victoire.

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

    Vulliamy présente son attelage 1000 Harley au pesage du "Laboratoire" de l'A.C.F. à Neuilly.

    Le Bol d'or 1923 prend racine... pour 16 ans !

    Victime de crevaisons multiples, Rasser avait été éliminé au Bol 1922 dès la troisième heure, n'ayant pu couvrir le kilométrage minimum exigé. Sa machine du Bol suivant est motorisée à nouveau par un deux-temps B.C. (Béchir et Collin) de 350 cm3 assez performant pour le mener à la troisième place avec 196 tours parcourus contre 206 tours à la D.F.R. victorieuse de Pierre (de Font-Réaulx). 

    C'est du côté des "bicyclettes à moteur" qu'on trouve le plus de concurrents, 27 en tout répartis en 75, 100 et 125 cm3. Les Micromoteur, Mascotte P.S., Propul'Cycle, Griffon, Rovin sont tous bien décidés à remporter une victoire gagnée à une moyenne qui ne doit pas être inférieure à 14, 16 ou 18 km/h selon la cylindrée. En effet, la Fédération (sous la coupe de l'A.C.F. on le rappelle) ayant interdit la course de vitesse à ces "infiniment petits", les courageux bicyclistes motorisés doivent couvrir un kilométrage non pas maximum mais rouler régulièrement tout au long de ces 24 heures.

    Entre les promesses et la réalité, la marge est grande qui va se solder par de nombreuses défections au départ de ce Bol d'or. Parmi elles, la bicyclette à moteur C.S.V., une 125 qui est en réalité un genre de scooter à grandes roues construit par Marcel Violet (Compagnie des Scooters Violet ?). On regrette son absence, plus par curiosité qu'autre chose, car d'autres absents sont plus importants par la place qu'ils tiennent dans l'historique de la moto française.

    Le Bol d'or 1923 prend ses aises

      (À suivre prochainement sur notre écran : les courses !)


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  • Ce qu'il faut savoir avant des vacances en Britannie

    Ce que vous ne trouverez dans aucun dictionnaire ou guide touristique, la géographie vue par un Anglais himself...


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  • Au nombre des nations motocyclistes, la Suisse n'est pas toujours présentée à sa juste place. Les Motosacoche, Condor, Moser et autres Universal ou Moto Rêve n'ont pourtant rien à envier aux productions de leurs grands voisins européens, jusqu'aux insulaires du Rosbifland (now Brexiland ?). Parmi elles, Motosacoche se distingue par quelques réalisations insolites. Le mot est faible quand il est question, par exemple, de l'Hydrosacoche de 1910, motorisée par la paisible bicyclette à moteur. Elle pouvait recevoir plusieurs passagers et ses flotteurs en tôle galvanisée l'empêchaient "de couler à pic". Au cas contraire elle aurait pu intéresser plus tard le Pr. Piccard, recordman helvète des plongées profondes... (Modèle du Professeur Tournesol dans Tintin).

    La Suisse se dévergonde

     Dans le domaine du deux-roues qui nous intéresse en priorité, on trouve aussi la "bicyclette" à moteur 7 cylindres en étoile Dufaux (1905 ou 1907 selon les sources). Ancêtre de l'allemande Megola, elle fait aujourd'hui le bonheur du Musée de Lucerne.

    La Suisse se dévergonde

    Mais il ne s'agit encore que d'un prototype jamais commercialisé, alors que dans le genre décoiffant il a existé une autre Motosacoche à moteur latéral - à sa naissance. Elle finira, après bien des vicissitudes, à engendrer un modèle qui sera réellement commercialisé (on ignore cependant en quelle quantité...).

    La Suisse se dévergonde

    Unique illustration de la Motosacoche pour dames de 1903, grand mère fondatrice d'une lignée.

    En présentant cette machine au début de 1903 sur 3/4 de page, la revue L'Industrie Vélocipédique et Automobile fait preuve d'un lyrisme échevelé. "Cette motocyclette - écrivait - elle - nous en donnons la gravure (...) il (vous) suffira d'y jeter vos beaux yeux pour en saisir les avantages et les faire partager soit à votre papa, soit à votre époux, lesquels ne refuseront pas de vous en faire cadeau". Par la suite, l'auteur insistait fortement sur la maniabilité exceptionnelle de l'engin "permettant de faire avec assurance de brusques virages ; la fâcheuse pelle n'étant plus à craindre, avantage qui est à considérer".

    Aucune indication ne concerne le moteur à soupape automatique qui semble complètement différent d'un modèle connu chez les frères suisses. L'énorme masse sous le pédalier semble bien trop grande pour ne contenir que le carburant, même si le carburateur est placé très bas afin d'être alimenté par la seule gravité. La couronne que l'on distingue à travers les rayons et le filet protecteur de jupe pourrait être une poulie-jante destinée à une transmission par courroie ou encore une couronne dentée pour une transmission du système Knap.

    Même si la "pelle" n'était plus à craindre selon l'optimiste Industrie Vélocipédique, la Motosacoche Dames devait tout de même être d'une utilisation délicate au vu de la faible garde au sol sous son carter-moteur. Elle réapparait au catalogue en 1907, peut-être avant car si les documents de la marque sont nombreux et détaillés, ils sont rarement datés.

    La Suisse se dévergonde

    La forme est presque classique, en tout cas raisonnable pour une version "dames". Mais il ne s'agit toujours que d'un dessin qui permet cependant de voir que le cadre est spécifique. En effet, il a fallu modifier le tube avant extérieur qui se dédouble afin de recevoir la magnéto. Là encore, le moteur à cylindre bien vertical est différent de La Suisse se dévergondeceux des autres Motosacoche. Sa distribution fait appel à des soupapes dites "commandées c'est à dire toutes deux "latérales (bien que face à la route) et la transmission à la roue arrière se fait par une courroie sur poulie-jante.

    À noter que la fourche La Suisse se dévergondequi figure sur la machine ci-dessus est proposée au catalogue, ainsi que sur plusieurs autres machines, mais la marque n'en revendique pas la paternité comme elle le fait dans le cas du modèle à courts balanciers (ci-contre). Cette 1 HP 1/4 est vendue 775 F (français) soit 10 F de moins que la Motosacoche "homme" à allumage magnéto elle aussi mais probablement démunie d'une fourche suspendue qui reste un supplément. De même que le frein dit "à tambour" (à gauche) qui préfigure de façon sommaire ceux qui vont apparaître au début des années 20. Alors que cette "D" est proposée depuis 1907, au moins, les brevets qui la couvrent sont déposés le 11 novembre 1907 puis demandés le 10 novembre 1908, délivrés le 16 janvier 1909 et enfin publiés le 2 avril 1909...  De quoi relativiser les dates de naissance de certaines inventions "premières" sur lesquelles se disputent certains historiens en culottes courtes.

    Cette "nouveauté" est fidèlement transcrite dans les dessins du brevet, en y ajoutant les caractéristiques flasques protectrices qui signent la Motosacoche d'origine et servent à  diriger l'air sur le moteur "pour forcer sa ventilation".

    La Suisse se dévergonde

    La Suisse se dévergonde

     Insatisfaits de leur machine, les frères Dufaux se remettent à l'ouvrage. Dans le but de simplifier leur mécanique tout en économisant sur sa construction, ils en présentent une nouvelle version "provisoirement définitive" (on verra plus loin pourquoi "définitive")...

    La Suisse se dévergonde

    ... avec enfin une photographie ! Retour vers la fourche brevetée Dufaux et surtout utilisation du moteur de la Motosacoche de base qui évite l'onéreux dédoublement du tube avant de cadre. On remarquera que malgré sa jupe euh... sa soutane, ce prêtre a renoncé aux flasques protecteurs. Prestige de la moto ou prestige du costume, la gent féminine tient à profiter du spectacle...

    La Suisse se dévergonde

    Explication des guillemets ci-avant pour "provisoirement définitive" : après les soupapes latérales, la "Dame" est revenue à la soupape automatique sur ce qui est sans doute la dernière version D4 datée 1913 sur cet extrait du catalogue "Salon de l'Automobile - Paris 17 au 27 octobre 1913". Elle est "munie de fourche à ressorts anglaise", qui sera universellement plus connue sous le nom de "fourche Druid" d'après le fabricant original nommé A. Drew. Un britannique, of course.


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  • L'A.C.O. est l'une des rares machines à présenter cette originalité - on n'ose dire hérésie - consistant à monter le moteur le long de la roue arrière (voir notre dernier article). Les raisons invoquées par les représentants de cette technique ont invoqué l'encombrement moindre qui dégageait le pédalier (bien nécessaire, rappelons-le, au démarrage et parfois en côte...). Il y avait aussi le souci d'éliminer la chaîne et surtout la courroie fragile. Enfin les pionniers cherchaient à contourner la position dominante du moteur "à la Werner", position protégée par des brevets qui ne furent d'ailleurs jamais sources de conflits. Le meilleur représentant du "moteur latéral" est le bien connu Georgia Knap qui, en son temps, a réussi à vendre quelques machines bien rares aujourd'hui. Et bien recherchées puisqu'il semble qu'il n'en existe plus aucun exemplaire sur notre sol. Au passage, félicitations attristées aux collectionneurs français... Donc, outre l'ami Knap (oublions les VAP d'après-guerre et imitateurs) que trouve-t-on dans le corbillon des "hérétiques" ? 

    moteur latéral

    La transmission est identique à celle de la Knap par train d'engrenages tandis que la carburation fait appel à l'évaporation, une technique déjà dépassée en 1900.

    C'est en 1900 que MM. Rousseau Frères présentèrent leur "Motocyclette système Rousseau Frères" aux "nombreux amateurs du sport vélocipèdique" (sic). Tout ce qu'on en sait à l'heure actuelle tient sur une feuille recto-verso que nous amicalement communiquée Kees Koster, l'amoureux spécialisé dans les trésors de vieilleries. Ce document ruisselle littéralement de louanges. Extraits (fautes d'orthographe et syntaxe aléatoire comprises) :

    "Il nous fallait une Motocyclette pratique à tous les points de vues, et Historique de poche : le moteur latéralnous vous la présentons, très robuste, d'une marche parfaite et d'une stabilité absolue. Nous garantissons aucunes trépidations (sic) pendant la marche, son poids est d'environ 32 kilos, des essais faits journellement, nous donnent entière satisfaction. Elle peut gravir toutes les côtes sur nos routes sans avoir recours aux pédales, sa vitesse peut varier de 10 à 50 kilomètres à l'heure".

    Un léger bémol était quand même honnêtement signalé par ce paragraphe titré "EN CAS D'AVARIES" où l'on peut lire : "Pour ne pas être retardé dans sa course, si l'on venait à manquer d'essence ou d'électricité, il suffit de desserrer les deux boulons d'attache du moteur appropriés à ce sujet et de retirer légèrement le moteur du côté gauche ; l'on peut alors pédaler dans les côtes et se laisse aller libre aux descentes".

    On notera que "l'avarie" considérée ne pouvait venir que de l'étourderie du possesseur de la machine ayant oublié de faire le plein ou négligeant d'avoir emporté des accumulateurs chargés de rechange et en aucun cas d'un défaut ou panne de provenant de celle-ci. Bien que construite sous la houlette prestigieuse d'une entreprise aux titres aussi impressionnants que ronflants...

    Historique de poche : le moteur latéral

    L'en-tête du prospectus était censé faire son petit effet ...

    Historique de poche : le moteur latéral

    ... on peut mettre en doute une réelle production. Sur la feuille de présentation, cette Rousseau Frères est simplement dessinée y compris les inscriptions de marque sur le carter-moteur et sur la boîte à accus et on n'en connaît aucune autre illustration photographique. Enfin, lorsqu'on se pose la question financière, il faut se contenter d'un sobre : "PRIX SUR DEMANDE".

    (Prochain article : La Suisse se dévergonde)


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  • Entre les "trouvailles" de ceux qui passent leur temps à piller les blogs et sites des copains - voire les annonces de Delcampe - ceux qui vous tiennent au courant de la colique du p'tit dernier (sans photo) ou ce qu'ils ont mangé et bu à leur anniversaire (avec photos), il faut bien reconnaître que Facebook n'a pas que des attraits. On y découvre cependant de temps à autres de véritables merveilles en faisant le tri au milieu "d'amis" qui se donnent un peu de mal. Marc Tudeau est l'un d'eux, toujours à l'affût et toujours présent là où il se passe quelque chose avec deux, trois ou quatre roues du moment que c'est ancien.

    Dernières nouvelles des temps anciens

    C'est à la réunion du Grand Prix du Puy-Notre-Dame en juillet dernier que Marc a shooté ce document sous vitrine. Sur son Facebook il l'a ajouté à ses autres photos de vraies motos en fer et acier vues dans ces journées. Toutes bien intéressantes, mais la sensation du jour est cette moto A.C.O. de Niort. Une marque totalement inconnue au bataillon. On (je, le premier) a pensé tout de suite à Barré, le constructeur le plus connu dans les Deux-Sèvres, mais cette A.C.O. est bien différente et pas seulement par ses initiales.

    Dernières nouvelles des temps anciens

    Dessin repris de la photo ci-avant et après un passage chez Photoshop pour tenter de redresser une perspective un brin tordue. La roue avant reste définitivement ovale... mais ça n'est pas d'origine !

    Cependant, c'est grâce à Barré qu'on en sait un peu plus sur elle. Plus précisément par un mémoire d'une centaine de pages consacré en 1982 à l'histoire de la Société Barré par des élèves du Lycée Gaston Barré d'Enseignement Professionnel de la Carrosserie et des Métiers de l'Automobile, rue J. Perrin à Niort. Par une simple note de bas de page, on apprend que : "Sous l'étiquette de "Constructions Mécaniques de l'Ouest" un M. Laurent fabriqua aussi dès le début du siècle, à Niort, quelques véhicules". C'est succinct mais permet néanmoins d'avancer que la similitude des intitulés est trop proche pour être une simple coïncidence. Sans trop s'aventurer, on est Dernières nouvelles des temps anciensbien là en présence d'une même société, d'autant que la source fournie par les élèves auteurs du mémoire n'est pas précisée donc d'une exactitude suspecte. Il faudra néanmoins s'en contenter.

    En attendant mieux, voici les textes de ce catalogue qui nous éclaireront sur cette machine, idéale comme on s'en doute. On remarquera le début de la première phrase qui pourrait indiquer une fabrication autre que celle de A.C.O. ? Mais sans certitude car le procédé relève des méthodes publicitaires primitives utilisées en ce début de XXème siècle qui allait en voir bien d'autres !

    Description de la "Motocyclette"

    " Cette MOTOCYCLETTE, dont nous nous sommes assurés l'exclusivité, présente de nombreux avantages sur toutes les machines actuelles.

    Le moteur, d'une force effective de 2 chevaux, est monté dans l'axe même de la roue motrice. Par suite d'un dispositif spécial, l'arbre moteur traverse l'axe de la roue et supporte à son extrémité le volant du côté opposé au moteur (ndlr : voir dessin ci-contre). L'équilibrage est donc parfait. Le centre de gravité est très bas. En outre, cette disposition du moteur a l'avantage de ne pas encombrer le Dernières nouvelles des temps ancienscadre et permet d'avoir un pédalier de largeur normale.

    La transmission se fait par une démultiplication d'engrenages directement sur la roue. Les à-coups sont absorbés par un amortisseurs à ressorts placé dans l'un des engrenages. L'allumage est électrique. Le carburateur est à pulvérisation. 

    AVANTAGES - Stabilité, suppression de la transmission par courroie ou chaîne, système toujours défectueux, simplicité, élégance".

    LES CARACTÉRISTIQUES sont résumées par le texte figurant sous l'illustration de la machine dans le catalogue (ci-dessous). Pour une machine aussi originale, le prix est plutôt bas par rapport à la concurrence. Il est vrai qu'elle manque d'accessoires plus ou moins utiles qui devaient être proposés en suppléments, à commencer par les garde-boue, porte-bagages formant béquille, carter de chaîne, etc.

    Dernières nouvelles des temps anciens

    Prochain article : Un historique de poche sur le "moteur latéral"

     


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  • ... et en plus ça rend sourd !

    Aurel (Le Canard Enchaîné)


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  • Zhumeurs d'août

    Même en vacances, n'oubliez pas de faire une lessive... La casquette n'est pas obligatoire, à l'inverse de la radio embarquée dont l'antenne est indispensable.

    Zhumeurs d'août

    IL VA FALLOIR SE RÉSIGNER un jour à écrire une nouvelle histoire de la moto européenne et tout spécialement celle de la moto française. Nous y incite régulièrement les trouvailles de nos amis britanniques. Bien que "brexités", ils nous alimentent toujours en découvertes sur notre patrimoine. C'est surtout à l'occasion de ventes aux enchères que paraissent des machines, ignorées jusqu'alors des historiens les plus pointus et... des collectionneurs La vente que va proposer Bonhams cet automne est ainsi tout à fait intéressante. Fidèle à la tradition, ce ne sont pas des motos "sorties de grange" qui seront mises en vente. Bien au contraire, elles sont plutôt "état concours" et sans doute loin du "part par la route". La première est une française, la "Labre & Lamaudière" millésimée 1901. Déjà, ça commence mal par l'inversion des noms des deux associés même si cette erreur met en avant le nom de Paul Labre, vrai créateur de la machine, Eugène Lamaudière en étant le financier. La suite continue dans l'approximatif...

    Zhumeurs d'août

    ... lorsqu'on voit la photo de Bonhams qui révèle du n'importe quoi mais joliment emballé. Déjà vendue en 2014 par la même maison Bonhams - genre de "patate chaude" -  pour 6366 €, elle était alors présentée par un court texte. On y apprenait qu'elle venait d'un collectionneur italien (curieux cette idée de faire vendre en Angleterre une machine française, non ?) et qu'il s'agissait d'une bicyclette d'homme équipée d'un moteur adaptable. C'est déjà en retrait puisque on ne vend plus une machine d'une marque, nuance... Après avoir pris des références décevantes chez Tragatsch (!), Bonhams a recherché sur le vouèbe pour en savoir plus. On y trouve cette très mauvaise photographie (ci-dessous) publiée dans La Locomotion Automobile de janvier 1899, mais qui n'a pas troublé Bonhams plus que ça. De son côté, la revue de vulgarisation La Nature a passé un dessin sommaire de cette même machine...

    Zhumeurs d'août

    ... dont on voit au premier coup d'œil qu'elle représente une machine toute différente de celle que Bonhams met sur son catalogue (en ligne). Détail capital, et qui restera une caractéristique des premières Lamaudière & Labre, le moteur est inséré entre le boîtier du pédalier et le tube de selle qu'il remplace en grande partie. Cette disposition originale (ô combien !), copiée ensuite par Indian et d'autres marques, est évidente sur les dessins accompagnant le brevet pris par le seul Paul Labre, le 12 mai 1899. 

    Zhumeurs d'août

    Ce montage du moteur est clairement détaillé dans le texte du brevet dont voici un extrait : "Le cadre de la bicyclette est un cadre ordinaire dans lequel le tube "a" allant de la selle au pédalier est remplacé sur une partie de sa longueur par le moteur lui-même ; la partie restante du tube se termine par une bride "b" placée sur le tube et percée d'un certain nombre de trous. La culasse du moteur présente une embase appropriée sur laquelle la bride "b" est fixée à l'aide de vis ou de boulons". On est très, très loin de la version Bonhams détaillée ci-dessous !         

    Zhumeurs d'août

    Superbe carburateur brillamment astiqué, mais - maledizione ! - c'est le modèle primitif dit "à évaporation" qui se trouvait sur la Lamaudière & Labre du millésime annoncé (1901, on le rappelle). Ce carburateur faisait partie du réservoir et alimentait la soupape d'admission automatique par le tube courbe (entre réservoir et culasse) que l'on aperçoit sur la photo de La Locomotion Automobile ci-avant.

    Bien que non daté de façon formelle, le document le plus approchant sur un modèle de 1901 figure dans l'ouvrage consacré aux frères Labre par Patrick Delmont. C'est cette photo, ci-dessous, qui illustre la couverture de son ouvrage (Éditions du Bourbonnais, Cour des Dames - 03140 Charoux-en-Bourbonnais).

    Zhumeurs d'août

    Impossible de savoir si le carburateur 1901 est toujours à évaporation. Cependant, la dimension plus réduite du réservoir laisse supposer qu'on est passé à un classique carburateur à pulvérisation dont il est fait mention dans le catalogue de 1902. Autre curiosité, la seringue de graissage logée sous la selle. Au prix d'une certaine gymnastique, elle permettait d'envoyer le lubrifiant vers le moteur via le tube oblique longeant la roue arrière. 

    Pour conclure, et pour faire encore de la peine à Monsieur Bonhams, en 1901 les Lamaudière & Labre n'étaient plus que des Lamaudière car Paul Labre avait quitté l'association le 18 décembre 1900. Des Lamaudière & Labre continueront néanmoins durant quelques années à être fabriquées et à figurer en compétition alors qu'Eugène Lamaudière avait fondé une nouvelle société en association avec M. Mauger.

    Zhumeurs d'août

    IL N'Y A PAS DE RAISON que la France soit le seul pays à passe à la moulinette Bonhams ! La Suisse a aussi le droit de réviser son histoire motocycliste. À commencer par l'un de ses plus beaux fleurons : Motosacoche.

    Zhumeurs d'août

    Là aussi ça commence mal avec cette machine annoncée "Type B 1904". J'ai eu beau remuer des dizaines et des dizaines de photos et à peine moins de catalogues d'époque, pas trace d'une Motosacoche TYPE B. L'histoire de la marque suisse commence par le type A ou A1 qui est une "sacoche de cadre" avec allumage par Accumulateurs (d'où le A) logée dans un "petit châssis". En tubes d'acier ronds avec flasques sous le carter-moteur, ce montage permettait l'installation de l'ensemble dans le cadre d'une bicyclette "hommes" ordinaire (Dans les accessoires cyclistes, il existait à l'époque une sacoche qui remplissait tout l'espace triangulaire à l'intérieur d'un cadre "hommes", d'où Motosacoche a tiré son nom de marque).

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Suit une type M avec un allumage par magnéto (d'où le M) fixée sur une équerre spéciale au dessus et à l'arrière du carter. Les deux types peuvent recevoir deux flasques en tôle dissimulant tout le "châssis" et protégeant le pilote des projections éventuelles d'huile ou de retours au carburateur (voir ci-dessous).

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Exemple d'une installation du "petit châssis" dans une bicyclette dont on a seulement renforcé la fourche d'origine par deux haubans nickelés. Pas moins de 7 brides avec des écrous à oreille (Motosacoche était partisan de la formule "ceinture ET bretelles" !) répartissent les "trépidations du moteur" dans le châssis "très résistant et élastique". Située à l'avant, le long du tube oblique de cadre, la pompe à huile dont on aperçoit une partie du corps n'était pas d'accès facile mais le graissage par barbotage ne nécessitait qu'une manipulation ponctuelle.

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Extraite du catalogue, cette image du "petit châssis" A (ou A1, selon les sources) avec ses accus en E, permet d'en détailler les principaux organes dont la pompe à huile O de même que l'emplacement de la bobine d'allumage en G. Les fixations au cadre au moyen de brides sont figurées par les lettres B au nombre de 7 (vous pouvez les compter...).

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Le "petit châssis a gagné un allumage magnéto pour donner le type M dont la cylindrée va bientôt passer de 214 à 240 cm3 (?) tout en gagnant des soupapes commandées (latérales). L'illustration ci-dessus de La Nature en 1908 montre ce qu'il y a de plus approchant de l'hypothétique "B" de Bonhams à admission automatique...

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    ... qui révèle son assemblage approximatif de pièces de plusieurs millésimes autour d'un moteur extrait de son châssis. À peu près correct dans sa forme (encore faudrait-il le voir sous toutes les coutures), le réservoir est monté à l'envers, la partie biseauté devant se trouver à l'arrière (voir ci-dessus le modèle), mais....  

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    ... il devenait alors impossible de fixer cette grotesque pompe à huile qui, on l'a vu, ne sert que de réserve. Elle n'avait donc pas besoin d'être à portée de main immédiate pour injecter le lubrifiant en roulant. Par un sursaut de pure charité chrétienne, on oubliera les garde-boue taillés dans du bois d'arbre qui auraient révulsé les frères Dufaux si méticuleux dans leurs productions "Swiss made". On aurait pu également se dispenser d'un phare dont l'utilité reste à démontrer pour rouler de nuit alors que dans ces années il était déjà risqué de se lancer en plein jour sur la route ! Mais les affûtiaux de ce genre, en général tout brillants de leurs cuivres astiqués, servent à masquer d'autres défauts plus importants de même que les autocollants d'un bar à mojitos et autres rubans adhésifs "rallye-racing" dissimuleront les tares d'une Renault R20 d'occasion... 

    (Pour clore les spéculations sur les différents millésimes de Motosacoche d'avant 1914 signifiés par des lettres, on ajoutera la lettre "D" pour les modèles destinés aux personnes du sexe... donc D comme Dames (ces Suisses sont d'une rigueur scrupuleuse !). On reparlera un jour de ces D).


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  • LONGTEMPS LA SCANDINAVIE a eu la réputation d'être plus libérée sexuellement que d'autres pays. Sous le manteau, les premières vidéos "spéciales" venaient de Suède, semble-t-il, alors qu'une autre nation proche aurait eu de meilleures armes pour se lancer dans ce commerce spécial. En effet, selon les urologues mondiaux qui étudient la question depuis un demi-siècle, la Finlande a une qualité de sperme bien meilleure - parfois de 50 % - que celle de ses voisins... De plus, ce pays est le moins touché par le cancer des testicules qui augmente régulièrement Finlande, le pays "gay friendly"depuis 1990 dans les pays riches. Cette "exception finlandaise" signalée par les scientifiques a de multiples causes. Dont la cryptorchidie, qui n'est pas une variété de champignon vénéneux mais l'anomalie présentée par un ou deux des testicules non descendus à leur place normale (scrotum). Les baloches finnoises seraient donc les meilleures et c'est sans doute ce qui a inspiré l'œuvre d'un artiste connu sous son pseudo : Tom of Finland ! A priori ce nom ne vous dit rien, malgré le film qui vient de lui être consacré. Mais vous allez tout de suite réaliser de quoi il s'agit devant l'une de ses œuvres que voici...

    Finlande, le pays "gay friendly"

    Les grands garçons - et grandes filles - que vous êtes auront vite compris que la célébrité de ce Tom (Touko Laarsonen, pour l'état civil, portrait identité ci-dessus) n'est pas due à ses motos. Sommaires, presque toutes du même modèle. Paradoxalement, aucune Harley mais de vagues Jawa, un peu de Matchless ou franchement Guzzi qui ne servent qu'à justifier une situation. De préférence scabreuse, la situation, et c'est un doux Finlande, le pays "gay friendly"euphémisme. Les milieux homosexuels ont tout de suite été conquis. De façon d'abord clandestine puis triomphale aux États-Unis, à San-Francisco en particulier qui était la capitale gay des années 60-70. Vers 1973, Touko abandonne son travail d'illustrateur dans une agence de publicité. Il aborde la cinquantaine en se consacrant entièrement à ses "dessins cochons" comme il les appelait lui-même. Des revues vont se créer autour de son travail dont la renommée s'étend au point de déborder le milieu homosexuel. En 1979, il crée la Fondation Tom of Finland destinée à rassembler les œuvres d'art homo-érotiques et exploiter ses propres dessins (il peint également). La commercialisation qui s'ensuivit a dérivé au point qu'aujourd'hui on trouve des taies d'oreillers, des draps de bain, des chopes à bière, des T shirts, des cartes postales, etc, utilisant ses images.

    Finlande, le pays "gay friendly"

    Deux machines rares, une Guzzi et une Honda Four dans une production pléthorique. Le dessin de gauche est paru dans Kake, l'un des recueils entièrement  consacrés à Tom of Finland. L'amateur en trouvera facilement des exemplaires sur Ebay. On y commercialise également des volumes reprenant le meilleur des œuvres de l'artiste classées par thèmes : bikers, policiers, marins, etc.

    Ses sujets de prédilection ont toujours été les mêmes qu'ils soient bûcherons, policiers, marins, facteurs (!), motards et autres professionnels habillés de cuir ou bottés, par nécessité ou par "plaisir". Tout lui était bon à présenter des situations improbables afin de mettre en valeur leurs "avantages" à rendre jaloux un Rocco Siffredi, avec mention spéciale aux "fesses d'abricot" des marins. Le tout dans un style tellement outré, limite poupée gonflable, que ça frise parfois la caricature.

    Ses admirateurs vont jusqu'à le comparer à Michel-Ange (homosexuel canal historique) ou encore à Paul Cadmus (1904-1999) un célèbre peintre américain dont Touko aurait reconnu l'influence. Il est l'auteur de "La Flotte est là", un grand tableau (ci-dessous) qui fit scandale en 1935. Le secrétaire d'État à la Marine des États-Unis exigea de le retirer d'une exposition pour "diffamation perverse de l'armée"...

    Finlande, le pays "gay friendly".

    .. ce qui lui valut quelques commentaires acides accompagnés de dessins vengeurs ! L'amiral avait tout compris et avoué en même temps ce que chacun avait bien...

    Finlande, le pays "gay friendly"

    ... vu dans les intentions de l'artiste-peintre. Lequel n'en resta pas là et continua à peindre d'autres scènes farcies de marins en goguette et plus si affinités... Dont beaucoup font aujourd'hui la fierté des plus grands musées américains !

    (À suivre : La gloire posthume, les imitateurs, les copieurs, les faussaires) 

     


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  • LORIS BAZ est, avec Johann Zarco, l'autre Français qui nous représente en Moto GP. Armé seulement d'une Ducati qui n'est pas au mieux de sa forme (aux dires des experts), Loris se maintient néanmoins au classement général en 15ème position à la mi-saison des courses (9 disputées sur 18). Ça paraît loin 15ème dit comme ça, mais en y regardant mieux, ça l'est moins. Aux GP des Pays-Bas et en Allemagne, notre Savoyard fait respectivement 8 et 12 à 37''058 et 33''281 secondes du vainqueur. La moyenne du meilleur tour étant de 172,8 km/h et 162,2 km/h, calculez combien de mètres séparent le 15ème du premier...

    (Dernière heure : au moment de mettre sous presse, mon mathématicien personnel - ex-élève d'Albert Einstein, donc pas un imbécile - me donne la réponse : il y avait 1483 mètres d'écart entre Loris Baz et Marc Marquès, vainqueur en Allemagne. Soit même pas un demi-tour).

    Loris Baz n'est pas seulement parmi les tout bons, il a aussi une tête et des opinions bien assurées. Qu'il exprime de façon directe, sans langue de bois, justifiant bien "Bazooka", le surnom qu'on lui donne (inévitable avec un tel patronyme). Ainsi à la suite de la corrida d'Aires-sur-l'Adour qui fut fatale à un torero ("Le toro a aussi ses chances", disent pourtant les aficionados, mais il a tout de même été abattu), Loris a touité ci-dessous... 

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... pas besoin d'avoir étudié longtemps l'espagnol pour comprendre le sens des mots (sauf descanzar = reposer). D'où fureur de la presse ibérique et d'Avintia, sponsor du team de Loris Baz, lequel Avintia est une branche de Reales Seguros, la compagnie d'assurances qui couvre également plusieurs... toreros ! Un autre sponsor pas content, c'est Air Europa dont le président est, dit-on, grand amateur de corridas. Le franc-parler de Loris a agité une fourmilière d'intérêts commercialo-financiers dont on n'a qu'une vague idée à moins d'être abonné à La Tribune ou aux Échos.

    Aux dernières nouvelles, il paraît que si Loris venait à être "débarqué", deux autres pilotes seraient prêts à prendre la relève. Deux Espagnols...

    Tout ceci n'a évidemment pour but, au cas où vous iriez en Espagne, que de vous guider dans le choix de votre compagnie aérienne ou, éventuellement souscrire une assurance dans ce pays. Pensez que dans les deux cas, une partie de votre chèque sera plus ou moins un encouragement à la corrida. Moi, je dis ça, je dis rien...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    En tout cas, si Loris doit partir à la chasse de nouveaux sponsors, il y en a un qu'il devra absolument rayer de la carte, c'est... Red Bull !

     ♥

    Dans le genre "bête et méchant" (pardon à Hara Kiri)...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... qu'est-ce que l'homme a inventé de plus con qu'un ours à moto ?...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... il a inventé DEUX ours à vélo !

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Énorme surprise un jeudi en ouvrant le quotidien Le Monde qui annonçait sur presque deux-tiers de page la parution de son supplément du vendredi avec cette illustration... 

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... qu'il était bien trop tentant de modifier par la grâce de Photoshop en un magazine qui, une fois modifié, rappellera bien des souvenirs heureux à certains lecteurs...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    On pourrait facilement s'y laisser prendre avec ces lettrages de titres qui se marient si bien. Mais ne s'agirait-il pas d'un premier pas vers un couplage des deux magazines... Le Monde avec Moto Revue ? Il est vrai qu'ils seraient parfaitement complémentaires, l'un ignorant superbement le motocyclisme, l'autre ignorant la politique et l'économie... (À vous de décider lequel est lequel).

    PUISQU'IL FAUT - QUAND MÊME - PARLER MOTO...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... et que le nouveau président-que-vous-savez-aux-cheveux-orange balance à tour de touites des fake-news (fausses vraies nouvelles ou vraies fausses nouvelles), on peut lui apprendre que dans ce domaine, la motocyclette a quelques longueurs d'avance. Surtout les anciennes bien plus faciles à maquiller... Sans penser à mal parfois. Mais pas toujours comme le montre la "composition" ci-dessus qui a bel et bien été Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...vendue pour une Indian. Qui plus est par une grosse société anglaise de ventes aux enchères qui a pignon sur rue, H and H de son nom, qui prétend s'adresser au "Classic collector" (Amateur de machines classiques - motos et voitures). Le "fake" est ici particulièrement grossier, ce qui n'a pas démonté le spécialiste-maison de H & H. Lorsque le journaliste de sumpmagazine (site en ligne) lui a demandé pourquoi cette "chose" était présentée sous le nom d'Indian, il a répondu : "C'est ce que nous a dit le vendeur, alors elle a été présentée comme ça". Sumpmagazine est revenu à la charge : "Alors, si je vous apporte un 50 Honda et que je vous dis que c'est une Brough Superior, vous allez le présenter comme ça ?". Réponse du spécialiste : "Yes". À cette vente ont été proposées cinq autres bricolages baptisés "Indian", tous ont été vendus ayant reçu désormais le label "classic collectors" !...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Afin de ne pas vous laisser mourir idiot, voici une Indian 1905 "Camelback" que singe la machine présentée par H & H. On ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer...

    (Pour qui aime lire l'anglais sans langue de bois, www.sumpmagazine.com est un vrai plaisir, on s'y abonne gratuitement et on le reçoit dans sa boîte magique chaque mois) 

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Encore une œuvre du Docteur Frankenstein qui s'est "occupé" de cette Moto Rêve (plutôt un cauchemar...), péniblement assemblée avec diverses pièces d'origine indéfinie. Par contre, on voit bien ce qui ne va pas, à commencer par le cadre qui provient manifestement d'une autre moto. Le tube inférieur sous le réservoir est absent, et le tube avant a été torturé à la lampe à souder afin d'obtenir la courbe recevant une magnéto non d'origine. La fourche a vaguement la forme en plus grossier de celle qu'on trouvera sur les Moto Rêve suivantes. Le garde-boue avant semble correct, comme le réservoir. Le pédalier devrait être un BSA, mais celui qui est monté ici se retrouve sur quelques autres Moto Rêve. Par charité, on évitera de gloser sur les pneus et les échappements. En résumé, une machine type à présenter à la vente chez H & H.

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Pour se laver les yeux, une Moto Rêve conforme au catalogue pour jouer aux "7 z'erreurs"

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Une française, enfin ! Mais pas de quoi en être fier tant elle fleure bon l'assemblage. À vous de déterminer les erreurs sur une machine qui annonce fièrement son identité : "Zedel Terrot 1908". On comprend bien la difficulté présentée par la fourche avant car 1908 est l'année de l'apparition de la deuxième télescopique à Dijon, une réalisation qui ne ressemble à aucune autre. Dans le cas présent, il eut mieux valu "rajeunir" cette machine en la dotant de la pendulaire de 1910 au lieu de l'affubler d'une pendulaire qui ressemble à celle, raccourcie, d'une Triumph 1914. 

    Note à benêt : ce n'est pas du dénigrement systématique que de faire ce travail de mise au point. Encore moins de "l'ayatollisme primaire". Mais si on laisse passer sans rien dire des monstruosités pareilles aujourd'hui, qu'en sera-t-il dans quelques décennies ? Tous les jours disparaissent des témoins d'un passé qui n'est pas que motocycliste. Alors, allons-nous laisser raconter notre passé motocycliste dans "Les belles histoires de l'Oncle Paul" ? Ce ne serait pas raisonnable à l'heure où même la Bible n'est plus jugée fiable... 


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  •  

    En complément du dernier "Trombinoscope", voici quelques autres sucreries envoyées par Jean-Patrick S... qui n'a pas gardé son Kodak dans sa poche.  Premier document sur la Brough Sup la plus ancienne du plateau qui a fait bien des misères à son pilote... Lequel appliquait pourtant à la lettre le dernier conseil qu'a crié Anzani à Blériot en route vers Douvres, ce conseil, plutôt un ordre, c'était : "Mets de l'ouile surtout ! Mets de l'ouile !"

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    Quant à Jean-Patrick, il persifle un peu en disant dans le commentaire qui accompagne sa photo : "Les Anglais voyagent toujours avec leurs nuages et quand ils n'ont pas leur content, il se les fabriquent sur place....". C'est aussi une façon économique de remettre à neuf son vieux Barbour, en 5 minutes d'exposition derrière l'échappement, il retrouve son étanchéité !

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    On voit tout de suite que cette botte n'a pas vu le loup, sinon elle serait moins rutilante. On espère également que son lacet (bien que double) ne va pas être englouti par le carburateur dont le cornet est dangereusement proche. D'autant qu'il y en a un deuxième (de carbu) sur cette légendaire mécanique 4 soupapes revue par la technique germanique.

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    Une comparaison avec un moteur Rudge à peu près semblable permet de déceler une culasse et un cylindre bien plus volumineux. D'origine, il a bien deux échappements mais avec un carburateur seulement.

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    J'ai chiné un peu pour vous sur le vouèbe afin d'y trouver des bottes, mais je n'ai rien trouvé de comparable. Si bien que je me demande si celles de notre pilote ne seraient pas du sur-mesure. Auquel cas, pour parodier la publicité Renault avec un certain émir devant la Clio : "Très zouli, mais bien trop cher mon fils !".

    POUR ENCORE PLUS CHER, vous pouvez avoir une Rudge en Angleterre (sauf celles du type "Multi" que vous connaissez bien) où elles foisonnent. Ainsi, et sans le faire exprès, j'ai utilisé la photo ci-avant du moteur Rudge appartenant à une machine en vente chez un professionnel... espagnol de Cuenca, mais qui annonce aussi sur un site anglais.  

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)Lorsqu'on tombe sur une mine d'or, il faut se presser d'en tirer le maximum, d'abord pour l'automobile (à gauche), ensuite pour un tricycle (?), à droite. Scènes suffisamment insolites pour avoir attirer l'œil d'Elena Li par temps sec et aussi par temps... humide celui de Jean-Patrick. Deux scènes identiques, deux moments différents, deux photographes tout aussi différents et le tout se retrouve dans mon ordinateur : magie du vouèbe !

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    Pour siffler la fin de cette petite récréation en images, quoi de plus indiqué qu'un vrai sifflet monté sur... l'échappement ! Et en deux tons, siouplait ! Plutôt que de laisser bêtement s'échapper les gaz éponymes (il y a longtemps que je voulais la placer celle-là) on les module à l'aide d'une trappe mobile commandé au pied côté gauche. Joli travail de soudure et belle utilisation du jus de cervelle. 

    (Cet intermède volontaire vous a été offert par Jean-Patrick S. qu'on remercie, de même qu'Elena Li mise à contribution malgré elle). 

     

     


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  • Tout au fond du Kodak il reste souvent des photos qui n'ont pas été sélectionnées car jugées incompatibles avec un reportage sérieux sur tel ou tel évènement. Elles témoignent pourtant d'un moment, d'une ambiance déjà lointaine qui, sur le coup, a attiré l'œil du photographe au point de lui faire appuyer sur le déclencheur. Voici une petite sélection de ces personnages qui font aussi partie du spectacle, sélection récoltée à travers le vouèbe, en particulier sur Facebook dont je sais que certains d'entre vous ne sont pas "clients"... (mais j'ai les noms !)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    La présence d'une umbrella girl est l'un des attraits extra-sportifs des compétitions moto GP  actuelles, pimentées par ces accortes personnes court vêtues (si l'on peut parler de "vêtements" dans certains cas). Dans le genre en son temps de courses, dont le Bol d'or, Montlhéry ne connaissait que Mme Launay (Secrétaire de Moto Revue), ou Mlle Colin (secrétaire de Mauve) désignées porteuses du bouquet remis au vainqueur. La tradition est élégamment perpétuée ici, sans bouquet mais dans un décor sans fausse note, complété par la camionnette Citroën de livraisons en parfait accord avec la Motosacoche (Photo Guy Lecoultre).

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Lorsqu'il faut choisir entre l'être et le paraître, le résultat n'est pas toujours à l'avantage du participant chevronné. Mais il faut reconnaître néanmoins que les moteurs JAP n'ont pas souvent présenté un aussi charmant support publicitaire. L'homme à la 500 bicylindre Koehler-Escoffier 'Mandoline' est, lui, parfaitement en accord avec sa machine, depuis le cuir ceinturé jusqu'au casque entoilé (Le P'tit Photographe).

    Le trombinoscope du VRM 2017

    "Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés" (d'après Michel de Montaigne 1533-1592) : Démonstration par cette équipe de télé (trois personnes) obligée d'utiliser un pied humain, la tête en l'occurrence, pour soutenir la caméra. Ça la fiche mal à l'époque du caméscope quasi-professionnel de 900 grammes qui vous fait l'image et le son d'une seule main... pour un petit billet de 1000 zoros au grand maximum (Photo Elena Li).

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Un tricycle De Dion-Bouton véritable - voir fourche avant si particulière - est difficile à mettre en route par la seule force des jarrets, mais on y arrive plus facilement en sollicitant "A little help from my friends" (1967 - The Beatles) Photo Elena Li

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Toujours gentleman (driver), Thierry Dubois présente ses civilités à une demoiselle qui se cramponne à son parapluie fort apprécié en ces journées humides (c'est rien de le dire !).

    Le trombinoscope du VRM 2017

    L'auteur de la photo ci-dessus à gauche tel qu'on le découvre sur son facebook, surpris à l'entraînement style "commando paparazzi" afin d'être prêt à se plier à tous les exercices physiques lui permettant de pratiquer son art ! Allez sur www.facebook.com/Le-Ptit-Photographe pour y retrouver certains de ses reportages. Munissez vous au préalable d'une bière ou deux car vous risquez d'y passer un moment ! (À consommer avec modération - la bière, pas le Facebook...)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    "Il s'habille toujours dans un style sartorial qui mêle élégance et simplicité". C'est l'exemple que le dico de L'Internaute donne pour définir sartorial, cet anglicisme qui s'applique à tout ce qui touche à la mode vestimentaire et donc à notre célèbre Paul d'Orléans (The Vintagent, pour les intimes). Mais le règlement des organisateurs de ce VRM a détruit les efforts d'élégance (chapeau mi-Sinatra, mi-Charles Trenet, foulard bariolé) de notre ami, humilié par la chasuble fluo imposée aux journalistes. Pour d'autres, vus par Elena Li, l'essentiel était de défier les averses (en double épaisseur !), et au diable l'élégance... 

    Le trombinoscope du VRM 2017

    La meilleure arme, c'était quand même le bon vieux pépin, en noir classique quoique télescopique comme le fauteuil. Pour les cas extrêmes, un modèle "sport" encore plus vaste reste à portée de main. Quiconque connaît bien son capricieux Montlhéry sait qu'il faut y être prêt à parer à toute éventualité météorologique (Photo Elena Li)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Le gentleman-driver Marc Tudeau et le motocycliste se repèrent de loin grâce à leurs tenues bien différentes. Casquette et lunettes sur le front pour le premier, avec nœud pap' et culottes semi-golf sur des chaussettes éblouissantes pour bien dégager la manœuvre des pédales accélérateur/freins/embrayage. Silhouette "motordrome" à l'américaine chez le Harleyiste, protégé par du cuir des pieds à la tête et (peut-être) un sous-pull façon hockeyeur qui donne une carrure avantageuse (Photos Le P'tit Photographe, à gauche. et Pétar'ardentes, à droite.)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Elena Li ne pouvait rester insensible au sourire enjôleur sous le casque d'un participant bien connu de nos services. Sa coiffure a été immortalisée dans "Il Vigile" où Alberto Sordi campait un irrésistible carabiniere motocycliste plongé dans des embrouilles poilantes dues à sa trop grande conscience professionnelle (à voir sur Youtube).

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Le personnage est connu pour avoir réalisé plusieurs livres sur l'histoire de la motocyclette dont "Au Pays de Millet" (épuisé) et "Manxman", une iconographie exceptionnelle sur la célèbre Norton (toujours disponible). Le dernier paru rassemble plusieurs centaines de photographies, inédites pour la plupart, sur les compétitions à travers le monde et surtout en France. Écrit, édité et vendu directement par l'auteur : Alain Daigne, 5 rue du Chemin Vert 95630 Mériel - tél : 01 34 21 64 08 (39 € + 6 € de port).

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Grâce au financement apporté par le sulfureux Lucien Rosengart, Peugeot revient à la moto en 1924 avec cette 3 HP 1/2. Elle reprend l'architecture d'une Terrot-Peugeot type AP (cylindre incliné et ailettes parallèles au sol), avec la différence qu'apporte la fourche pendulaire sur ressort à lames. Sa période de production sur deux années seulement font de cette 250 une machine peu courante aujourd'hui. Tenue "trans-époques" pour Monsieur tandis que Madame joue seulement à la passagère puisque la moto n'a pas de tan-sad. De toute façon, avec un tel chapeau... (Photo Esprit racing.com)

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Pris par la patrouille ! Resquilleurs surpris quelque part aux abords du circuit (du côté de l'épingle du Faye ?).

     


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  • Les sites ou blogs consacrés à une seule marque sont nombreux, mais rares sont ceux qui apportent du nouveau, du sérieux, tout en montrant de la continuité dans leurs recherches. Celui de Dominique Svenson est à classer parmi les exceptions tant il est fourni, clair et (presque) complet. Je dis "presque" car dans ce domaine, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. À propos de la marque Austral, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, Dominique se posait une question sur la motocyclette Austral licence Rochet-Bruneau de 1908. J'avais seulement cité ce nom dans un article publié lors d'une vie antérieure sur mon précédent blog (zhumoriste.overblog.com). De nouveaux documents viennent aujourd'hui compléter ce qui n'était qu'une brève citation dont une double feuille que voici intégralement.

    Austral et ses tricars

    Austral et ses tricars

    Austral et ses tricars

    Austral et ses tricars

    Avec le même texte descriptif et la même illustration, on retrouve cette machine sous plusieurs marques à commencer par...

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ... ROCHET. Extrait du catalogue 1909 ci-dessus, mais il est probable que le modèle était déjà au catalogue de l'année précédente 

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ROLAND propose aussi son exemplaire et comme tous les autres, son catalogue indique "Usines et Bureaux à Albert, Somme", qui est le siège de... 

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ... La Société Industrielle de la Somme, d'Albert (Merci Markus !) entité qui a déposé toutes ces marques afin de couvrir le maximum de territoires avec le maximum de représentants. On pouvait ainsi avoir dans la même ville un représentant Roland et un représentant Austral, doublant ainsi les possibilités de vente pour des machines identiques, à la couleur près. La méthode a réussi plus tard avec Motobécane et Motoconfort ou, auparavant, avec Terrot et Magnat-Debon. De cette dernière, les mauvaises langues faisaient courir le bruit qu'elles étaient fabriquées avec les pièces "rebutées " (mises au rebut) de chez Terrot. Anecdote recueillie de la bouche de Jean Nougier.

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    TRÈFLE À QUATRE était présentée par les Cycles Georges Richard, établis eux aussi à Albert, dans la Somme (Usines et Bureaux). Précision figurant au catalogue : les pièces principales de la machine doivent porter le poinçon d'un trèfle à quatre feuilles stylisé.

    PETIT COMPLÉMENT SUR LES TRICARS

    En 1928, devant la renaissance du "tricar", Moto Revue lançait le Championnat du Motocycle Industriel afin de permettre "aux acheteurs de localiser leur choix en fonction de la puissance et de la capacité de transport du véhicule susceptible d'être choisi par l'acheteur". Formulation ampoulée...

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ... pour une épreuve qui allait attirer tous les fournisseurs déjà connus de trois roues "industriels" comme Jesum, Galland, La Marne, Ninon ou Juéry. Elle va aussi déclencher de nouvelles vocations chez Dresch (Le Grimpeur, avec un étonnant camping-tri) ), Monet-Goyon (Bert) tandis que, prenant le train en marche, René Gillet, Peugeot, Gillet d'Herstal, Harley-Davidson, Cleveland (avec une 4 cylindres !) ont engagé des sidecars attelés à des caisses commerciales. Le 16 septembre, tous vont se mesurer sur un Paris-Rouen-Paris, sous l'œil du colonel Sainctavit dépêché par l'armée. 

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    Dans les articles de Moto Revue faisant le promotion de ce championnat étaient évoqués l'historique du tricar où l'on avait "oublié" Austral. D'où une longue lettre de M. Edouard Cheilus, un peu amer, et mettant les choses au point concernant le rôle pionnier de ses machines. Il terminait en lançant un appel aux possesseurs d'un Mototricycle Austral millésime 1905 à 1907, proposant d'en remettre un en état et de l'engager dans le championnat. Ainsi fut fait et c'est ainsi que, 24 ans après, un tricar Austral 1905 piloté par Gohier terminait l'épreuve sans pénalité comme 19 des 22 concurrents.

     Durant quelques mois, Moto Revue consacrera épisodiquement des pages aux ex-mototricycles devenus trimoteurs, présentés sous le bandeau de tête (ci-avant) dessiné par Jacques Pruvost. Ce dernier deviendra ensuite l'un des piliers du Canard Enchaîné.

    AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 € port compris fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse).Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    Des trois volumes "La Motocyclette en France" déjà publiés, seul celui traitant de la période "1922-1924" est encore disponible. 55 € port compris. Adresse mail idem ci-dessus.


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  • Dernier courrier de Jean-Baptiste Chapleur, autrement dit "de la bouche du cheval", comme on dit en rosbifland.Le point sur la Collection Chapleur

    "Bonjour à tous,

    J'ai relu nos échanges et réactivé mes contacts locaux pour en savoir plus. Hier soir encore, j'ai expliqué devant les membres du Kiwanis de Lunéville les tenants et les aboutissants de notre problématique. La difficulté est venue quand il a fallu justifier pourquoi la collection n'irait pas au Château de Lunéville (pôle touristique majeur de l'arrondissement) mais à quelques kilomètres dans un ancien séminaire d'un village de 375 habitants (futur lieu de formation du circuit de Chenevières).

    La commune d'Amnéville n'a clairement pas suivi la procédure qui a pourtant été évoquée dans lors de son conseil municipal de Décembre 2016. La Communauté de Communes de Baccarat à Lunéville joue un jeu trouble et essaye de m'écarter, de nous écarter depuis le départ.

    Le Ministère et la FFVE doit suggérer ou même imposer :

    - une clause de réserve de nue-propriété au profit de la ville de Lunéville, de la Communauté de communes ou même de notre association. C'est un gage de sécurité indispensable et nécessaire pour que l'avenir ne soit pas une répétition du passé.

    - un obligation de classer la collection MH pour le nouveau propriétaire dans les 2 ou 3 ans avec à défaut un classement d'office.

    - un droit de préemption au profit de la puissance publique, au prix actuel de vente.

    Je vais loin dans les revendications mais c'est préserver l'avenir.

    Nous devons et nous pouvons encore agir aujourd'hui.

    La FFVE, la Fondation du Patrimoine et le Ministère de Culture peuvent encore nous ouvrir leurs carnets d'adresses de chefs d'entreprises et nous consacrer quelques heures.

    Je répète qu’il doit être possible :Le point sur la Collection Chapleur

    - que le Ministère de la Culture classe à nouveau la collection Trésor
    National (Sans équivoque), voire Monument Historique en urgence.

    - de trouver une entreprise qui achète un Trésor National pour 150 000 € (1,5 M € - 90 %)

    - que le Ministère de la Culture travaille avec le Ministère des Finances pour accepter une exonération à 90% de l’entreprise trouvée (Loi Aillagon de 2003).

    Il n’est pas trop tard si on s’en donne les moyens.

    Chacun de vous a déjà fait beaucoup mais pas encore assez pour le patrimoine de la France.

    Pardonnez-moi la sévérité du constat, mais c’est ensemble que nous sommes plus forts. La solution est en nous et avons-nous tout fait pour y parvenir ?

    Cordialement

    Jean Baptiste Chapleur

    Président des Amis de la collection Maurice Chapleur

    www.chapleur.org

    https://www.facebook.com

    Si ce n'est pas encore fait, on adhère à l'association des Amis de la Collection Maurice Chapleur aux adresses ci-dessus. J'ajoute, pour les pingres, que c'est GRATUIT !


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  • En 1875, un certain Victor Cèz (un pseudo ?) publiait chez A. Dutemple 7, rue des Canettes à Paris, un ouvrage intitulé "Le peuple le plus spirituel de la terre". Ce peuple, c'était évidemment le peuple français, ainsi décrit en vers (extrait) dès la première page :

    "Salut, peuple,ô le plus spirituel de la terre,

    Créateur de la lune, inventeur du soleil

    Et des étoiles, chef du progrès en arrière,

    Viens çà, que je t'embrasse, ô peuple sans pareil." 

    On l'aura compris, Victor se payait la fiole des Français. Et on ne peut pas vraiment lui donner tort, surtout si, balayant devant notre porte, on consulte un petit florilège de documents divers où la motocyclette a sa place. En voici quelques uns pour ne pas se fatiguer la tête pendant les vacances...

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !Dans les années 30...

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    - Monsieur ! Monsieur ! Votre compagne vient de tomber !

    - Merci beaucoup ! Je le reprendrai en repassant.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Un classique mais joliment dessiné 

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Grâce à la moto japonaise, le motocycliste commence à s'implanter dans le paysage urbain. Au point qu'un magazine aussi gaullo-réac que "Jours de France" va passer une série de dessins mettant en scène des "Parisiennes" forcément motocyclistes. L'avionneur Marcel Dassault était le propriétaire sourcilleux (mais généreux aux dires de certains de ses collaborateurs) de l'hebdomadaire dont il choisissait lui-même les dessins humoristiques. Il veillait également à la dimension de la grille de mots croisés qui fut augmentée lorsque sa femme, Madeleine, se plaignit de sa difficulté à les lire. Il lança également "24 Heures" un journal quotidien (imprimé à France-Soir). Brève parution car la vente se faisait en partie par des "camelots" (vendeurs des rues) payés à l'avance. Si bien qu'une fois la paye empochée, ils prenaient les ballots de journaux à la sortie des presses de la rue Réaumur puis allaient les disséminer sous les banquettes des bistrots du quartier.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Au milieu des années 60, les tabloïds anglais publiaient des p'tits mickey ayant des motards pour sujets... Occasion de tracer quelques portraits non dénués de pertinence sur la société britannique inquiétée par les exactions des mods et rockers qui s'empaillaient à Brighton.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Plus encore que les rockers, l'autre catégorie dangereuse de motocyclistes était celle des Hell's Angels qu'il était bon de ridiculiser gentiment, avec plus ou moins d'humour. Les deux premiers dessins ci-dessus, exploitant la même idée, ont paru dans deux journaux différents, bien entendu, mais la coïncidence est saisissante, sinon vraiment drôle.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Toujours dans la même veine, mais peut-être un peu plus... subtil ! (j'ai dit "peut-être").

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Même avec de somptueuses, quoique approximatives, couleurs, certaines cartes postales ne se distinguent pas beaucoup d'un humour qu'on disait "de garçon de bains" ou de "caserne". Lequel avait ses journaux spécialisés...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ...Marius (sur papier rose)...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... et Le Hérisson (sur papier vert), les deux aux Éditions Ventillard. 

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Là, on touche à la connerie à l'état pur, mais il semble que la bicyclette a été aussi utilisée (en solo ou en tandem ?). Il y a aussi la pose de banderilles avec le torero - authentique ! - assis sur une chaise... À quand la corrida en fauteuil roulant ? Avec une main attachée dans le dos et une olive dans l'œil ? On voit que le champ des possibilités est immense... P.S. : j'espère que vous êtes dans les 73 % de Français qui sont contre la corrida avec mise à mort (89 % chez les 18-24 ans). Au cas contraire, merci de ne plus revenir sur ces pages.

    §

    AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 € port compris fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse). Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Des trois volumes "La Motocyclette en France" déjà publiés, seul celui traitant de la période "1922-1924" est encore disponible. 55 € port compris. Adresse mail idem ci-dessus.

     


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  • Suite à un bug de mes doigts, certains d'entre vous ont pu voir une suite tronquée de l'épisode numéro 7. On reprend donc ici...

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Ni scooter, ni moto, la Suzuki 250 SW1 conçue par Naomi Sakaï avait tout pour déplaire au milieu motocycliste pur et dur de 1992. Lequel ne serait peut-être pas du même avis aussi tranché aujourd'hui alors qu'on a vu depuis défiler les Honda Deauville ou Vultus, le Yamaha T Max et autres Gilera 800 (de profundis). Le SW1 présentait des solutions trop originales avec ses roues de 16'' (AV) et 15'' (AR) à trois branches et son carénage très protecteur. Solutions qui ont fait des petits comme la transmission finale par courroie, le réservoir sous la selle, les coffres latéraux intégrés au carénage en plus d'un monocylindre qui semble indestructible avec 20 ch et un simple ACT 4 soupapes. Venu trop tôt, le SW 1 construit à quelques centaines (500 ?) d'exemplaires fut réservé au seul marché japonais, ce que beaucoup regrettent encore parmi les rares qui ont pu le connaître en Europe (1 en France et 3 ou 4 en Grande-Bretagne). Donc "collector's"... mais sans grand espoir !

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    De la baroque SW 1 ne reste que la couleur sur cette 250 STE Suzuki beaucoup moins "glamour" mais bien plus économique. Encore une inconnue jamais vue sous nos cieux.

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Un bicylindre deux-temps de 125 cm3, on n'avait pas vu ça depuis les Rumi motos et scooters des années 50. À la fin de 1965, Yamaha renouvelle le genre avec une cylindrée un peu plus petite : ce sera le 90 AT de 8,2 ch. Réalésé à 100 cm3 (97 réels) pour complaire à la législation américaine, il devient le YL1 doté d'une cinquième vitesse pour exploiter au mieux ses 9,5 chevaux (renseignements complets sur moto-collection.org comme d'habitude). Bien que vendu en France dès 1966 (2485 F soit 3100 € de 2017), il ne devait pas courir les routes où son prix le mettait à égalité avec les 250 Jawa, Vespa Super Sprint, MV 125 Tourisme et autres 125 Morini Corsaro 66 ou trois Mobylette AV 88 Grand Luxe. Encore un "collector's" mais abordable à 1500/2000 €... au Japon ! 

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Un rêve d'ado en 1966, mais... "passe ton bac d'abord !".

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Moins répandue que les Harley-Davidson, la rivale Indian Chief à soupapes strictement latérales est conservée dans un scrupuleux "état d'origine". Pas question de chopperiser ou bobbifier un monument de l'art nord-américain !

    ♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    SOUS LES JUPES DES FILLES

    Rétines et pupilles, / Les garçons ont les yeux qui brillent /  Pour un jeu de dupes : /

    Voir sous les jupes des filles, / Et la vie toute entière, / Absorbés par cette affaire, /

    Par ce jeu de dupes : / Voir sous les jupes des filles.

    La chanson d'Alain Souchon, poète et fin connaisseur de l'âme humaine dans ses replis les plus secrets a trouvé un écho jusqu'au Japon. Régulièrement You Will Bike publie un palmarès établi par un vote de ses lecteurs qui classent leurs vedettes préférées choisies dans le milieu du cinéma, de la télé, des modèles de la mode, Toutes accortes jeunes personnes dont le mini-maillot est le vêtement le plus chaud. Pas besoin donc d'imaginer ce qu'il y a sous leur jupe. On est directement au... cœur du sujet. 

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Voici, à gauche et à droite deux des concurrentes choisies parmi une grosse douzaine d'entre elles. Que du classique dans ce genre de sauterie, encore que celle de gauche amorce déjà une autre "couleur". La photo du milieu est plus intrigante. C'est que You Will Bike connaît plutôt bien ses lecteurs dont les goûts érotique sont particuliers. Dans le cas présent la photo est une allusion discrète au bondage, pratique sado-maso (douce) que chacun connaît aujourd'hui grâce au livre "50 nuances de Grey", mais que les Japonais ont élevé à un art photographique. 

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Encore plus insolite cette photo qui a l'air ratée alors que pas du tout. C'est une autre allusion à un fantasme nippon, celui de la petite culotte, surtout celle des collégiennes ou prétendues telles. C'est un fantasme assez commun et répandu chez le mâle japonais (*) pour avoir donné naissance à un véritable commerce nullement répréhensible ! Dans le même genre, la photo de gauche du trio précédent n'est pas innocente...

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Des boutiques spécialisées vendent toute sorte de vêtements usagés, dont des culottes, que viennent proposer les collégiennes elles-mêmes. Et plus le vêtement a été porté, plus il est cher. L'amateur timide peut se servir ailleurs à un distributeur automatique (à droite).

     ♥

    (*) Ils font d'ailleurs l'objet d'un livre d'Agnés Giard, distinguée anthropologue et conférencière qui a signé l'instructif "L'Imaginaire érotique au Japon" 2006 - Albin Michel.

    À l'intention des pervers, je redonne aussi l'adresse du site You Will Bike : youwbike.exblog.jp


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  • J'EN ENTENDS DÉJÀ qui couinent au fond de la classe... "Quoi ? Encore de la japonaise ? Des ceusses qui ont tué la moto dans les années qu'on aimait tant ?". Ou encore et toujours l'argument fatal : "Copieurs !". Oui, oui, bien sûr vous avez bien raison, braves gens de lecteurs, mais les temps changent (Bob Dylan dixit) et il faut pratiquer le pardon, si reproches il y a ... d'autant plus que c'est dans notre intérêt. 

    D'abord faire le point : au risque de se répéter, on rappellera que la moto européenne n'a pas été "tuée". Elle agonisait lorsque sont apparues les premières Suzuki ou Honda pourtant précédées d'une réputation bien pourrie. La "camelote nippone" évoquait des souvenirs des années 30, ces quincailleries qu'on écrasait au rouleau compresseur, ces montres à deux balles, ces mécaniques qui tombaient en Le Japon explore son passé motocycliste (7)panne en trois jours, et irréparables, évidemment. Le même refrain a été repris dans les années 65/70, alors si vous voulez avoir une idée de l'ambiance de cette époque, souvenez-vous de ce qu'on disait autour de vous des motos coréennes il n'y a pas si longtemps.

    Voyons maintenant "copieurs". Là on est dans l'avant-guerre (la Deuxième), alors que le Japon n'avait qu'une très modeste industrie motocycliste et guère plus de réseau routier pour y lancer ses produits. Le plus gros du marché d'alors avait été capté par les Américains de Harley-Davidson (en licence) avant rupture des accords. Le reste était laissé aux rares petites marques et importations européennes, surtout britanniques. Après la capitulation, à partir de 1946, est née une balbutiante industrie, un artisanat, à base de bicyclettes motorisées (comme en France). Puis, dès que l'occupant yankee l'a permis, les cylindrées jusqu'à 250 furent autorisées. On a alors vu les copies des Adler, BMW et autres (pas de françaises, sauf peut-être le triporteur Peugeot !). On note cependant une différence de taille : il s'agissait de copies, certes, mais améliorées par des suspensions arrière oscillantes, distributions par arbres à cames en tête, freins centraux à tambour, clignotants (mais oui !), etc. Pas besoin de vous faire un dessin pour raconter la suite des évolutions techniques basées sur une électronique déconcertante de facilité mais dont parfois on ne comprend pas toute la nécessité... Et admettons honnêtement que ça vient du Japon.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Ceux qui sont encore là pour lire ce feuilleton nippon savent que le point de départ en est You Will Bike, une revue de Tokyo diffusée sur le vouèbe. Elle s'intéresse aux motos anciennes, ce qui la rend plus sympathique que d'autres. On continue donc de la piller allègrement, ce qui a l'avantage d'éclairer une partie du motocyclisme d'un pays autrement que par son économie et ses chiffres de production. Sans perdre de vue que "moto ancienne" n'a pas tout à fait le même sens en japonais qu'en français...

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Parmi les machines japonaises "les plus anciennes dans le grade le plus élevé", les Meguro semblent avoir la meilleure cote. Surtout dans un état d'origine comme celle-ci (photo trouvée ailleurs que dans You Will Bike - source à définir un jour...). C'est le modèle baptisé prosaïquement K1 qui succède à une T1 puis T2 dont la commercialisation - si jamais elle s'est faite - a été très limitée.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Une Meguro T2 pour jouer aux "7 zerreurs" en comparant avec les autres modèle de twins. 

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Ces joyeux lurons sont des "inspecteurs" de Meguro chargés des vérifications avant livraisons des K1. À l'arrière-plan, une 175 dotée d'une chaîne finale sous carter (Photo Bikeshop 246).

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    La face B de la K1 dont le carter de distribution (entre autres détails) révèle bien l'ascendance BSA. Clignotants d'origine et larges pare-cylindres se retrouvent sur de nombreuses japonaises de ces années, au point qu'on peut se demander s'il ne s'agissait pas d'accessoires d'origine et rendus obligatoires par le code de la route.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Le badge de réservoir est presque de même forme, mais la le mot Meguro a été chassé par celui de Kawasaki comme sur le carter de distribution. Sur cette K2 apparue en 1965, l'amortisseur de direction a été emprunté à l'évolution suivante qui est devenue W1 chez Kawasaki.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Visant a priori une clientèle américaine, la W1 se présentait dans une robe allégée où le chrome remplaçait l'émail noir. La fourche recevait un soufflet en caoutchouc jugé plus "sport" mais la puissance restait inchangée avec 53 chevaux. Le frein avant double cames de série fut l'une des révolutions apportées par la moto japonaise (initié par BMW ?)

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Une W2 déjà bien modifiée pour Mlle Maki Nakajima avec silencieux de remplacement (le point faible de bien d'autres marques). Cette 650 SS, selon l'appellation japonaise, a été aussi atteinte par la "bobberisation" qui sévit en Occident avec ses tubes d'échappement entourés de bandes anti-caloriques (Bien utiles pour dissimuler leur bleuissement...) 

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    À défaut du twin BSA 500 ou 650 qui supporterait peut-être mal la comparaison avec sa copie Meguro-Kawa, l'amateur se tourne vers le monocylindre de Birmingham. Dans une version "presque Gold Star" mais qui ne résiste pas à un examen poussé. Là encore, le jeu des "7 zerreurs" révèlerait un moteur de B 31 ou B 33 bien moins performant qu'un prestigieux B 32 ou B 34, un émail grenat caractéristique des BSA "tranquilles" et un double-cames de frein avant plus récent. Cependant, comme dit le proverbe nippon : "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse".

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    La notion origin & unrestored a aussi ses amateurs d'anglaises comme cette Norton twin (je dirais Mercury 650, mais je n'y mettrais pas ma main au feu) aussi classe que l'est son propriétaire. Origin donc, avec l'indispensable touche nippone qui convient sur une moto qui roule normalement. Ami lecteur, sauras-tu la trouver ?

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Sans rancune pour l'ennemi d'hier un amateur fier de son impeccable 750 WLA d'une marque que vous aurez devinée. Au cas contraire, vous êtes prié de quitter cette lecture sans délai !

    (La suite prochainement)

     

     


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