• (On clique pour agrandir) Des nouvelles de "Lapin"

    Inlassable globe-trotteur, carnet (de comptes) et crayon en mains, Lapin s'est posé cette fois en France. Enfin, disons en Bretagne pour ne pas froisser les susceptibilités revendiqueuses ... Pendant une semaine du pluvieux début de mai, avec 10 autres chevaliers et chevalières comme lui du crayon, de la plume ou du stylo-pinceau, ils ont sillonné cinq communes de la région de Brocéliande, croquant une maison ou un bistrot ici, un personnage là, au gré de leur inspiration. Chaque soir, ils rendaient leurs œuvres du jour qui allaient constituer un journal final (*) de 32 pages intitulé "Croq and Mob in Brocéliande" . Avec dans l'intitulé ce nom de "Mob", vous aurez compris que ces artistes se véhiculaient chacun sur sa Mobylettes, transport idéal pour abattre le maximum de kilomètres avec la possibilité de s'arrêter n'importe où selon l'humeur.

    Des nouvelles de "Lapin"

    Trois des participants à cette petite sauterie. Lapin est second à partir de la gauche. Repérable à ses chaussettes rouges qui signalent l'homme de qualité (Les photos de l'article sont de Pascal Galais)

    Des nouvelles de "Lapin"

    Loger chez l'habitant était une possibilité bienvenue et l'occasion d'un dessin aussi pittoresque que panoramique des lieux. Opération d'autant plus facile que Lapin dispose d'un stylo "grand-angle" qui dépasse facilement les 180 degrés.

    Des nouvelles de "Lapin"

    La caravane s'étire dans le petit matin breton, à la recherche de sujets, lieux ou personnages, qui rempliront des pages de carnets. Dans le cas de Lapin, on espère qu'il les éditera dans sa collection à côté de ses nombreux ouvrages à retrouver à l'adresse suivante : www.lesillustrationsdelapin.com 

    Des nouvelles de "Lapin"

    Dans ma jeunesse, une publicité m'a longtemps fasciné, outre sa présence envahissante dans quantité de journaux et revue. C'était "Si vous savez écrire, vous savez dessiner". Heureusement je n'avais pas l'argent pour acheter les cours de dessin par correspondance (!) qui auraient fait de moi un artiste de premier plan. L'art y a sans doute perdu ce que mon porte-monnaie y a gagné, mais je suis réconforté dans ma désillusion par le carnet de dessins (ci-dessus) dont Lapin a publié quelques pages sur son blog. En voyant de quoi il est parti, à l'âge de 4 ans, je crois que j'ai encore mes chances...

    (*) J'ai essayé de l'acheter sur le site de l'organisation, mais impossible car la machine informatique m'a refusé aussi bien mon mèle que mon mot de passe. J'ai donc piqué les dessins (bien petits) sur le site de Lapin. Par ailleurs, sans vouloir la ramener, je trouve que le titre "Croq and Mob in Brocéliande" fait un peu tache avec ses anglicismes. Les Bretons bretonnants à l'origine de cette histoire auraient pu trouver plus rigolo dans leur langue à laquelle ils tiennent tant...

    Si leur travail vous intéresse : https://croqandmob.wordpress.com/2015/02/19/la-mob/

    ---------------------------------------------------

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ désormais en sommeil, mais ses 375 articles sont toujours consultables.


    votre commentaire
  • (On clique pour les agrandir sur les photos qui sont © zhumoristenouveau)Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Que ce soit à Epsom (chevaux), à Goodwood (motos et autos) ou aux 1000 Bikes, l'Anglais (et l'Anglaise) ne sauraient se passer du lunch, même improvisé sur la pelouse (euh... pelouse ?) de Montlhéry. Ambiance familiale baignée par les effluves de métal chaud distillés par une BSA latérales "Round tank" et la Rolls sur deux roues, une 1000 Brough Superior SS 80 latérales en état concours, ce qui ne l'empêchait pas de prendre la piste. Bien que présentant un carter de magnéto et des caches de queues de soupapes siglés "Brough-Superior", le fournisseur de son moteur est A.M.C. Matchless.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    C'est aussi en famille, et uniquement sur des avant-14, que s'est déplacé Alain Cortot transportant sa progéniture à bord de son quadricycle Automoto 1899. Normalement, au lieu d'être dans le siège du passager Charles Cortot aurait dû être sur une Peugeot Paris-Nice, mais une épaule "dans le sac" l'a privé de ce plaisir. Ah ! Que fera-t-on un jour contre les réels méfaits que provoque la baballe au pied sur notre belle jeunesse ! 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Le troisième Cortot valide, Julien, a beaucoup œuvré pour mettre au point la Bruneau 1904, seule moto "à eau" de la réunion avec les Scott. Cette magnifique restauration, comme celle du quadri précédent, ont été menées à bien par Marc Defour, grand spécialiste des Bugatti et qui fut l'une des éminences grises du défunt Club du Motocyclettiste.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Une BSA latérales avec un détail comme on les aime (mais non, c'est pas le gamin, lui il est de l'année ou presque, mais il promet), non, le détail c'est la plaque de course "Moto Club de Bordeaux  Bordeaux - Pyrénées - Bordeaux"... Difficile de trouver plus authentique.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Les Indian pré-14 ne sont pas si courantes qu'on puisse se dispenser de les admirer de près lorsqu'on en voit une, surtout dans cet état. Cette bicylindre "camel back" à soupapes automatiques  faisait partie du contingent apporté par le Team Yesterdays, véritable musée ambulant et dont la table fastueuse égale l'accueil chaleureux que l'on y a fait à la Presse.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Une décennie plus tard Indian a évolué vers la célèbre 1000 Powerplus à soupapes latérales, ici un modèle 1916, aussi vaillante sur les routes que sur la piste du Vintage (Collection Olivier Marchand, Président du club Indian France).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    On termine cette séquence américaine avec deux monstres de courses sur vélodrome. D'abord une 750 Excelsior Super X de 1925 avec, concession au confort, une fourche avant suspendue (Collection Thomas Bund). Les allumés des courses sur vélodromes se retrouvent sur http://murderdromecycles.blogspot.fr/ qui causent hélas en schpountz !

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Beaucoup plus spartiate car dépourvue de toute suspension, une autre Excelsior, genre de compé-client des années 10. Chez Excelsior, comme chez Harley ou Indian et d'autres américaines moins connues, la transmission finale à courroie était abandonnée depuis longtemps. Par contre, la distribution par soupapes semi-culbutée gardait ses adeptes.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Pendant ce temps, on s'arsouille gentiment sur la piste et l'Indian twin latérales s'apprête à manger la Scott twin deux-temps. Contredisant une légende, ce sont des quatre-temps trop abondamment graissés en pré-grille qui enfumaient le départ, pas les deux-temps (rares).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Bel ensemble représentatif de la production française des 19 ème et 20 ème siècles : une "Voiturette" Léon Bollée qui cache une Autocyclette Clément, un Vélocar à droite et, au premier plan une Motorette Terrot à moteur Zedel avec suspension arrière oscillante (que l'on dira "cantilever" lorsque les Japonais la redécouvriront...).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Zoom sur la Léon Bollée que son constructeur tenait à appeler "voiturette" pour bien la différencier des tricycles classiques. Il est vrai que l'assise du pilote était presque "automobile", au détriment de celle du passager qui était aux avant-postes pour profiter du paysage et aussi tester la qualité des secours apportés aux blessés de la route... Au second plan, l'Autocyclette Clément qui récalcitrera obstinément au démarrage, sans doute indisposée par l'énorme plaque d'immatriculation que la Belgique imposa longtemps à ses motorisés des premiers âges.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Pourtant bien occupés par la quantité de machines qu'ils ont déplacées à Montlhéry, les membres de l'équipe Yesterdays tiennent à tester leur matériel. Cette impeccable anglaise est une Cotton 350 culbutée d'usine de 1935.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

     La composition des plateaux peut sembler hétéroclite, mais c'est la condition qui permet à un maximum de participants de rouler sur "l'anneau mythique", et à l'usage, la cohabitation se fait dans la bonne humeur. Chacun roule à sa main, que ce soit sur une 500 Douglas SW de 1928 (Musée d'Hockenheim) ou une 250 Ravat de 1928 (Collection Korzenievski).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Un moteur qui respire la puissance, c'est celui de la 500 Panther 1928 (Collection Baumgartner)

    Jusqu'à l'arrivée vers 1997 de la Suzuki 800 DR (née en 750), la Panther avait un statut particulier chez les monocylindres anglais : être l'un des plus gros avec 650 cm3 et avoir conservé durant plusieurs décennies son caratéristique moteur culbuté au cylindre incliné et remplaçant le tube de cadre avant. Ce fut longtemps une machine atypique qui séduisit le "Professeur O point mort haut", alias Gromono, alias Guido Bettiol, vénéré - quoique défunt - rédacteur en chef à Moto Journal. Tellement séduit, le Prof, qu'il en acquit une aujourd'hui pieusement conservée, autant que je sache, par un artiste du pinceau et de la plume. La voici, telle que présentée sur un stand d'un lointain Rétromobile (ci-dessous). Le cadre rigide a reçu un moyeu suspendu provenant sans doute d'une Triumph. Les puristes auront remarqué que la peau de panthère n'est pas d'origine. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Toutes les Panther, depuis la création vers 1904/05 de la marque (née Phelon & More) eurent ce moteur incliné. Toutes, sauf des 250 et 350 cm3, monocylindres toujours, mais avec des cylindres verticaux. Exceptions aussi sur les modèles à moteurs Villiers, la Panthette bicylindre en V transversal et le "rare" scooter... Terrot. On y ajoutera une latérales 600 et une culbutée 500 qui n'eurent que le malheur de naître en... 1940. Panther produisait ses propres moteurs et - c'est encore une curiosité dans l'industrie britannique - les "petits" 250 et 350 furent fournis à Slavan, une marque suédoise qui les installa dans des parties-cycle de sa fabrication.  

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    La Svalan est une 350 dotée d'une fourche avant NSU. Plusieurs centaines de moteurs équipèrent la marque suédoise qui disparut (?) vers la fin des années 50.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    "Construite comme un pont", était le slogan de Francis-Barnett ("Built like a bridge") qui proposa dès le début des années 20 des parties-cycle en tubes droits boulonnés en triangle. Les moteurs étaient alors des Villiers, l'incontournable monocylindre deux-temps. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Surtout connu aujourd'hui par ses machines de trial de l'après-guerre (la deuxième), Francis-Barnett n'a pas négligé la vitesse. En témoignent trois participations au Tourist Trophy (1922, 23 et 24) en petite cylindrée (Ultra Lightweight) et moyenne cylindrée (Lightweight) et surtout dans les sprints sur l'autodrome de Brooklands. C'est d'ailleurs du musée de ce lieu célèbre que vient cette 200 de 1927, une monocylindre malgré ses deux échappements de type "Oxford bags" (allusion à la mode des pantalons portés par les étudiants de cette université lorsqu'ils furent interdits de pantalons de golf).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Un "beau Brummel" des années 20 à peine encombré pour marcher dans la rue avec ses "Oxfords bags". Sur une moto, c'était sans doute moins pratique. Ne pas confondre avec la "jupe-culotte" qui réapparaîtra dans les années 30 (sports, camping et congés payés) après avoir permis aux femmes de se livrer vers 1890 aux délices de la bicyclette sans mettre leur pudeur en péril.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    L'industrie motocycliste suisse tient une grande place dans l'histoire de la moto grâce à plusieurs marques dont la plus célèbre est Motosacoche. Ses moteurs M.A.G. (Motosacoche Acacias Genève) monos ou bicylindres en V ont équipé nombre de machines européennes et britanniques. Le Vintage Revival a permis d'en voir au moins deux exemplaires d'une technique fort différente. Chez Jean Lalan, un modèle à soupape automatique du début de siècle (le XXème) avait le double intérêt d'être parfaitement d'origine car parfaitement neuf ! Un quart de siècle plus tard, cette Motosacoche 1000 type 804 Sport de 1926 (ci-dessus) est le type d'une grande sportive avec d'indéniables qualités routières. Son moteur à distribution du type semi-culbuté - sans doute à cause de son prix prohibitif - n'a séduit qu'un constructeur français, dont je fournirai le nom dès que je l'aurai retrouvé (Collection U. Schmid).

    P.S. : grâce au commentaire d'un visiteur de ce blog, la Fulmen chroniquée précédemment (voir Vintage Revival Montlhéry 1) serait aussi d'origine hélvète puisque marquée "Helvetia" sur la partie du carter-moteur que je n'ai pas pu photographier (merci à Freddie, bénévole du VRM, aussi réactif au clavier d'un PC/Mac que sur la piste). 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    La Motosacoche suisse et la F.N. belge ont en commun d'avoir permis à de multiples marques étrangères de faire leurs débuts dans la production de motos en leur fournissant des moteurs bien mis au point. Et même plus puisque la 230 cm3 monocylindre F.N. ci-dessus se retrouve à l'identique chez les Suédois de Husqvarna lorsqu'ils présenteront leur toute première moto en 1903 (Collection J.-P. Couly).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Deux manches chaque jour, l'une avant le déjeuner, l'autre avant l'apéritif du soir laissaient le temps aux curieux de déambuler dans le parc à la découverte des nombreuses raretés. Pour d'autres, les heures de mécanique n'ont pas manqué. On est toujours dans une course, mais là c'est contre les aiguilles...

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Le sérieux de la fabrication des Peugeot se manifeste jusque dans la position "sénatoriale" des pilotes sur les machines franc-comtoises (Peugeot mono 1904).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

     Pensif, recueilli, une image peu courante de Frank Chatokhine en pleine méditation avant une manche ? Non, rien de tout ça, il surveille tout simplement l'huile qui s'écoule de sa Triumph en cours de vidange...

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Superbe tricycle Comiot à moteur De Dion "liquide" et qui a troqué son carburateur d'origine pour un modèle à pulvérisation plus "réactif". Le frein avant en forme de tambour est en réalité un frein dit "à sangle" ou "à enroulement". 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    Le Comiot est différent du tri De Dion par son double pont arrière et sa fourche "quadritubulaire" alors qu'elle est de structure triangulaire chez De Dion. Cette fourche est de marque Eadie, comme indiqué, ainsi que de nombreuses autres pièces détaillées dans la description ci-dessus extraite du catalogue 1899. À cela une excellente raison : Comiot représentait en France cette marque dont on ne sait pas si elle est réellement d'origine britannique (?). Déjà à l'époque tout produit à consonance anglo-saxonne bénéficiait d'un préjugé favorable (ça n'a pas beaucoup changé depuis...).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (3)

    On comprend mieux sur cette photo le "quadritubulaire" de la fourche proclamée d'une résistance supérieure dans le catalogue où elle est disponible en pièce détachée adaptable à tout autre tricycle. Comiot fournissait également pour 600 F une partie-cycle complète sans le moteur. Avec les roues montées et garnies de gros pneus (à talons 65 x 65), le prix grimpait à 800 F.

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.

     


    9 commentaires
  • (On clique sur les photos pour les agrandir)

    J'attire votre attention sur les majuscules du second "Monde" dans le titre de cet article, car là il s'agit du quotidien parisien du soir qui a tant de mal à se trouver un directeur. On le dit "d'influence nationale" (le journal) et même "internationale", mais pour ce qui est du simple fait régional, rien ne va plus. Figurez-vous que, sauf erreur de ma part, ou des lunettes vraiment inadaptées, je n'ai rien lu sur un évènement qui, les 15-17 mai, a rassemblé plus de 93 000 personnes (183 000 en cumulé sur les trois jours). Ça s'est passé à 200 km à peine des bureaux du quotidien, mais "ça n'en a pas touché l'une sans faire bouger l'autre", comme disait l'un de nos anciens présidents, ex-officier de cavalerie.

    Cet évènement, c'était toutLe monde va mal... "Le Monde" va très mal simplement le Grand Prix de France Motocycliste qui se courait sur le circuit du Mans. Pas de quoi déplacer un reporter (d'ailleurs lequel ?) sur une manifestation internationale, on laisse ça aux "régionaux". Ah, si ! Mea culpa, il y avait 5 lignes annonçant ce championnat dans le supplément "Sport & Forme" du 16 mai. En cherchant bien, on trouvait une présentation de Fabio Quartarero "Le petit prodige français" qui court en Moto 3. Un texte avec une photo, c'était signé "Le Monde avec AFP", c'est à dire rédigé par un correspondant de l'Agence Française au Mans. Mauvaise pioche, Fabio s'est vautré et a dû abandonner. Mais pour savoir tout ça, il fallait aller sur le site du Monde.fr et tintin pour l'abonné "papier" de Paris. Lequel, sans vouloir cafter, reçoit son journal entre 16 et 18 heures (!) alors que certains kiosques l'ont déjà à 15 heures ou même avant. Si on vous dit que la presse va mal, j'ai ma petite idée sur la question. (La photo de Vale ci-dessus est de lemans-maville).

    Mais ne me faites pas dire pour autant que Le Monde néglige la moto, loin de là. Lorsqu'il se passe quelque chose d'important touchant au monde du deux-roues, l'information n'est pas négligée, la preuve :

    Le monde va mal... "Le Monde" va très mal

    Mais heureusement, "Charlie" est là pour rééquilibrer la balance et nous parle d'un personnage qui fut quelqu'un dans la compétition moto et qui voudrait être encore plus quelqu'un dans la compétition politique. Au train où il va, on pourrait bien le retrouver un jour "calife à la place du calife" !

    Le monde va mal... "Le Monde" va très mal

     

    > > > > > < < < < <

    Prochain article : Vintage Revival (la suite)

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles (255 000 visiteurs) sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    8 commentaires
  • >

    (Pour les agrandir, on clique sur les photos qui sont © zhumoristenouveau)

     Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Pour rouler, il faut d'abord démarrer et à trois on n'est pas de trop lorsqu'il s'agit de faire craquer les grosses gamelles d'un Anzani d'entraînement (Collection Jean-Luc Gaignard).

     Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    L'exercice est à peine moins difficile avec le JAP 1000 bicylindre en V culbuté à transmission directe par courroie de la N.U.T. 1914 du Musée d'Hockenheim (N.U.T. = Newcastle Upon Tyne, lieu de construction). 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

     Effort moindre, mais effort tout de même nécessaire au lancement de la (ou du) Ner-a-Car à moteur deux-temps, un cycle-moteur très rare dans la production américaine. Elle (ou il) bénéficie d'un semblant d'embrayage grâce à la progressivité de la transmission par plateau de friction, fournissant une multitude de rapports.  

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

     Tel le valet de pied d'un carrosse royal des siècles passés, l'impeccable pousseur du Brooklands Museum est aux ordres du pilote d'une Tri-JAP Speed 500 de 1936. La machine, destinée aux "runs" est tellement déshabillée que le seul endroit pour fixer son numéro du Vintage était le dos du pilote.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Autre costume immaculé, celui de Freddie (son nom est inscrit sur le dos de sa combinaison, voir photo plus haut), membre bénévole de l'organisation du Vintage. Il est venu spontanément prêter la main au départ de la N.L.G./Malanik. Le lanceur mécanique, prévu à cet usage, avait du mal à faire tousser le 2 litres 700 très peu démultiplié comme en témoignent les dimensions respectives des poulies de la transmission.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    À propos de poulies et courroies, voici la façon élégante de fournir l'éclairage sur une Mars 1000 allemande de 1925 avec moteur flat-twin longitudinal à soupapes latérales. Une dynamo fixée sur le marche-pied, une poulie plaquée sur le volant-moteur extérieur, une mince courroie pour assembler le tout et on obtient l'électricité à bon compte.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Autre grosse cylindrée allemande de la même époque que la Mars précédente, cette Wanderer cossue est une 700 à 4 soupapes (par cylindre) de 1924. Au passage, on admirera le soin apporté au confort du passager, souvent une dame du beau sexe. À peine ai-je mis cet article en ligne (à 11 h 30) que m'arrive un mail d'Yves Campion "amateur de Gillet d'Herstal" (11 h 41), pour me signaler que sur le réservoir de cette Wanderer on pouvait voir une montre, un compteur de vitesse et un... compte-tours "ce qui sur une moto des ces années est rarissime", ajoute-t-il. Bien vu... sauf par moi ! Et merci à lui.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Le dessin des cylindres aux ailettes horizontales est typique de plusieurs productions allemandes des années 20, entre autres sur les NSU. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Pendant ce temps, l'Anzani va à son train relativement calme. Cependant, est-ce le vent de la vitesse ou les vibrations du moteur amplifiées par le béton de l'anneau, toujours est-il que le pilote en perd ses bretelles ! C'est l'occasion de souligner l'un des charmes annexes, mais agréables, du Vintage que de voir des concurrents revêtus de costumes et accessoires  d'époque. Ici, accord parfait avec pantalon de cuir, leggins, pull sportif, casque recouvert de cuir. Les brodequins auraient pu être remplacés par des... espadrilles ou des charentaises, plus confortables sur les longues épreuves et préférées par certains entraîneurs de stayers astreints à rester des heures en selle au cours d'une même journée.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Il fut un temps où Harley-Davidson vendait des machines dont le réputation s'établissait grâce à des performances acquises sur les pistes de vitesse, en bois ou en terre battue. Il s'agissait alors de lutter (avec succès) contre une concurrence aussi valeureuse que nombreuse. Temps lointain dont les méthodes publicitaires ont été remplacées aujourd'hui par un marketing confié à des "motards" hollywoodiens (en France, nous eûmes jadis Johnny en "tête de gondole"). Ce marketing a peu à craindre d'une concurrence "nationale" réduite à zéro ou peu s'en faut, celle-ci se contentant d'offrir des "clones" inspirés par les machines de Milwaukee. Cependant, grâce au Vintage Revival une certaine magie du V twin opère encore. Alors que les Harley françaises "déferlent sur Saint-Tropez" (voir la presse locale), ce sont des Allemands passionnés qui nous ont fait partager leur enthousiasme à Montlhéry avec leurs Harley aux antipodes  des "baggers" de la nouvelle "tendance". Ces semi-culbutées dénudées (naked ! ! ! ) n'en sont que plus belles...

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Plusieurs Indian en piste et un club français bien fourni du côté des exposants, alors que, sauf erreur, pas vu de club Harley... Bref, au départ cette belle Indian que d'aucuns ont baptisé Crocker. Abusés par le filtre à air du carbu au nom de la marque tôt disparue en 1942, mais ressuscitée par des Californiens qui les refont, conformes à l'origine ainsi que des pièces (dont ce filtre à air) pour les quelques dizaines d'exemplaires survivants.  

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Juste pour le plaisir, une Crocker 1000 culbutée telle que l'éternité ne la changera jamais. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Pour conclure cette escapade d'Outre-Atlantique, une superbe Indian Chief du club du même nom. Pas eu le temps d'en savoir plus, le temps de me retourner, elle avait déjà filé.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Sous l'intégral, il me semble avoir vu une dame au guidon de cette AJS 350 "Big Port" de 1927. (Big Port = grosse sortie d'échappement). Collection Fischesser.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Autre dame toujours sur une machine anglaise, une 350 Velocette KSS de 1932 (Collection Gilles Tocanne). 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    On a vu plusieurs Alcyon anciennes, roulantes en piste ou dans le parc. Celle-ci est une 350 (52 mm x 82) bicylindre latérales plutôt moderne avec son bloc-moteur à 2 vitesses et embrayage par une paire de double cones, un par rapport. Sa transmission finale par chaîne est encore une rareté française pour 1914, date de sortie du premier modèle.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Chacune des deux vitesses est commandée par une pédale au pied, à gauche et à droite du moteur. Une autre 350 était proposée au Catalogue Alcyon 1914, mais à transmission directe par courroie et une poulie moteur extensible, donc sans boîte à vitesses. Son prix s'en ressentait fortement : 1 100 F au lieu des 1 550 F du modèle plus perfectionné et de cylindrée identique (Collection Luc Manche).

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Sur cette machine, la silhouette d'une fourche avant caractéristique signale une Alcyon, monocylindre cette fois. Cette fourche pendulaire sera longtemps utilisée, y compris sur les modèles d'usine en compétition où Alcyon donnera souvent la réplique aux Peugeot dans les courses nationales du plus haut niveau. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Sans conteste possible, l'un des plus beaux moteurs français des années 30 est celui de l'Alcyon 350 avec arbre à cames en tête et une superbe culasse bronze. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    L'attente en pré-grille est parfois un peu longuette et réveille des vieilles douleurs oubliées mais heureusement surmontées dans la chaleur de l'entrée en piste !

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Le "meilleur côté" de l'Alcyon, récupéré grâce à une photo prise naguère par Jean Lalan.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    L'un des rares deux-temps dans l'histoire du cyclecar est le 500 flat-twin conçu par Marcel Violet qui en commit bien d'autres, dont la célébrissime SEVITAME destinée à l'armée française. Son cyclecar a été commercialisé sous le nom de SIMA-Violet mais surtout par Alcyon, et ses marques-sœurs Labor et Armor.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    La nervosité de son moteur fit du SIMA-Violet un véritable épouvantail en compétition, particulièrement dans les courses de côte. Très souvent, c'est Marcel Violet lui-même qui le menait à la bataille.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Avec trois exemplaires différents, dont deux vus sur piste, ABC était en force à Montlhéry. La plus originale d'avant 1914 était aussi la plus ancienne  car arborant dans le sens  longitudinal le moteur flat-twin culbuté "bien connu".

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Moins révolutionnaire que l'ABC culbutée, le flat-twin Douglas à soupapes latérales fut une belle réussite commerciale au lendemain de la Première guerre. Ses machines y avaient gagné une réputation de fiabilité qui se répandit dans pratiquement toute l'Europe. 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Il semble qu'il n'y ait eu qu'une seule BMW sur le béton de Montlhéry et ce flat était aux mains d'Alastair Gibson, natif d'Afrique du Sud établi en Angleterre. Il est mieux connu des amateurs de G.P. automobile comme chef mécanicien des Honda de F1 entre 1999 et 2008. Retourné à la vie civile, il réalise aujourd'hui des sculptures en titane qui font courir le tout-London. Sa machine est une R5 Super Sport 1936 de 24 ch. qui a appartenu à son père. La résonance de l'échappement des flutes au passage devant les tribunes était un vrai enchantement. Raaaahhh !! Lovely !!! 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase ! (2)

    Alastair Gibson ne numérote pas ainsi toutes ses sculptures fortement imprégnées de l'univers de la faune sous-marine, mais de temps à autre, le passé resurgit inconsciemment. Il y a du Freud là-dessous !

    >>>>>><<<<<<

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles (250 599 visiteurs) sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    3 commentaires
  • Vintage Revival spéciale dernière : N.L.G. déjantée !

    Trouvé sur le blog http://murderdromecycles.blogspot.fr/ cette photo de l'instant décisif qui aurait pu se terminer tragiquement pour Pavel Malanik au dernier Vintage Revival ! Mais une chance historique pour J. Pielman le photographe aux réflexes Lucky Lukien.

    Par ailleurs, blog à visiter impérativement pour être au courant de toute l'activité des "boardtrackers", les vrais, à l'inverse de ceux qui massacrent une BMW Serie 5, une Kawasaki W 800 ou une 125 Mash (si, si, ça commence à se répandre) à coups de scie dans les garde-boue plus une giclée de bombe à peinture - noir mat obligatoire !  


    6 commentaires
  • Vintage... de raison !

    Béret ou casquette américaine, rien n'égalait un vrai sombrero en ce week-end à Montlhéry ! Le soleil y était aussi radieux que les sourires affichés par les spectateurs, les participants et... les organisateurs qui n'ont pas dû regretter leur bénévolat. Car c'est ce détail, le bénévolat, qui distingue le Vintage Revival des autres manifestations de pareille importance. Des bénévoles qui connaissent la moto ancienne, qui connaissent la voiture ancienne et qui les aiment également. Des bénévoles accueillants qui ne sont pas là pour faire de l'argent mais pour le plaisir... Pas si courant de nos jours, alors on applaudit les artistes du VRM !

    (On clique sur les photos © zhumoristenouveau pour les agrandir)

    Vintage... de raison !

    On n'avait pas vu le "promenoir" de Montlhéry aussi peuplé depuis longtemps et le coup d'œil ne décevait pas sur ce panorama d'un départ de la série des avant-40. On voit à l'arrière-plan que les retardataires affluent encore...

    Vintage... de raison !

    ... ce qui donne cette colonne bouchonnantà l'entrée du routier, alors que les plus rapides abordent déjà le premier virage au loin, celui du Faye.

    LES INCONNUES... LES BIZARRES...

    Vintage... de raison !

    Difficile de ne pas commencer par ce qui a fait un tel vacarme (!) sur la blogosphère depuis des semaines. On a donc vu, comme je vous vois, la fameuse reconstruction de la N.L.G. qui suit celle de la non moins fameuse Torpedo 4 cylindres en éventail. Le responsable, Pavel Malanik, est ici accroupi derrière sa création qui a bien failli aller au tas, le pneu arrière ayant déjanté (?) ou éclaté (?). Quoiqu'il en soit, son pilote a pu la ramener au gîte, malgré une jante arrière passablement rabotée. Mais Pavel a de la ressource, et dès le samedi soir (photo), le malheur était réparé.

    Vintage... de raison !

    Aucun problème, par contre, avec la Torpedo 4 cylindres, un vrai bonheur à attendre  bourdonner le long du béton de l'anneau.

    Vintage... de raison !

    Juste une petite émotion lorsque à la fin dernier tour de sa série Malanik Junior est parti tout droit dans l'herbe au bout de la ligne des stands, 20 mètres derrière moi. D'où photo !

    Vintage... de raison !

    À la veille de la Première guerre, les Ets Henri Depasse représentaient en France la motocyclette américaine Henderson annoncée en toute modestie comme "La plus belle motocyclette du monde" (rien de moins !). La plus belle, peut-être, mais la plus chère, certainement, du moins chez nous. À 2400 francs cette 4 cylindres de 1100 cm3 (66 mm d'alésage x 76) valait deux fois le prix de la plus chère des Peugeot, la 7 HP bicylindre. 

    Vintage... de raison !

    Les premières Henderson offraient une particularité, unique semble-t-il dans l'histoire motocycliste, celle de placer l'éventuel passager devant le pilote, lequel passager était censé se tenir aux branches du large guidon... ! De cette position, l'Henderson suivante de 1913 a gardé un empattement d'une longueur anormale, quoique déjà diminuée (Collection du team néerlandais de "Yesterdays").

    Vintage... de raison !

    C'est en Europe que sont nées les premières 4 cylindres signées de Laurin-Klement et F.N. et ce sont elles - surtout F.N. - qui ont inspiré les Américains. Cependant ceux-ci ont rapidement fait évoluer la conception originale vers une orientation plus "automobile". Par exemple la course à la cylindrée, les améliorations de l'allumage, sans parler de la présentation plus chatoyante comme le "Bleu royal" et gris avec filets dorés de cette Henderson. Comme le précisait M. Henri Depasse (52, bd Bourdon à Neuilly et Magasin d'exposition au 22, avenue de la Grande-Armée. Succursale à Alger) dans son dépliant publicitaire : "On peut dire que la motocyclette HENDERSON met à la portée de tous les joies jusqu'ici réservées aux propriétaires des voitures de sport les plus puissantes et les plus rapides". Ce "à la portée de tous" laisse rêveur... (photo Wikimedia Commons).

    Vintage... de raison !

    Une pause sur 4 roues (à peine), le temps de jeter un coup d'œil sur l'une de ces machines dont les Britanniques ont le secret. Il s'agit d'un cyclecar Chater-Lea réduit à l'essentiel, soit un châssis d'avant 1914 équipé d'un moteur d'après 1914. Au passage, une précision : en leur temps ces engins couraient en G.P. avec les sidecars et avec les motos solos (ou sides) dans les grandes épreuves d'endurance. D'où leur présence au Vintage Revival qui ainsi renoue intelligemment avec le passé, donc l'HISTOIRE !  Merci pour eux.

    Vintage... de raison !

    Tableau de bord en bois d'arbre "à l'ancienne" et jolie plaque de constructeur agrémentée d'un interrupteur "ON / OFF" d'une désarmante simplicité. Le graissage est remarquable lui aussi, en accord avec tout le véhicule.

    Vintage... de raison !

    Le moteur est un "Tomtit" de chez Barney & Blackburne apparu en 1923, au moment où l'aviation légère commençait à se développer. C'est un culbuté de près de 700 cm3 qui, comme nombre de ses semblables pouvait se monter culasses vers le bas. Dommage que le propriétaire de ce cyclecar n'ait pas profité de cet avantage... On admirera néanmoins la similitude dans le dessin entre le réservoir et le silencieux.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase !

    Les deux tubes qui surplombent chaque culasse contiennent de la graisse destinée à lubrifier les axes des culbuteurs. De temps à autre, on donne un tour de vis à l'extrémité de ces tubes, et un "poussoir" avance la graisse vers la pièce sensible (note à benêt : procéder à l'opération pendant un arrêt complet du véhicule...) 

    Vintage... de raison !

    À première vue, on est tenté de parier pour une Indian, ce qui n'est pas totalement faux. C'est que cette Reading Standard prenait les pièces de ses parties-cycle chez un même fournisseur, Aurora Automatic Machine Co. qui produisait ces "kits" selon une géométrie fournie par... Indian. C'est pourquoi les machines de constructeurs comme Racycle, Brown & Beck, Light, Emblem, avaient toutes un air de famille avec un moteur "maison" mais formant partie du tube de selle. Reading Standard se démarqua du lot en présentant le premier moteur à soupapes latérales. Autre bizarrerie, un bicylindre en V des années 20 dont la commande de distribution par soupapes latérales s'effectuait sur le côté droit du cylindre arrière et côté gauche sur le cylindre avant.  

    Vintage... de raison !

     L'Hélica n'est pas vraiment inconnue, mais dans le domaine du bizarre, le bébé de Marcel Leyat a tout de même une place de premier choix ! Ici un modèle "Sport" 1913, moteur Anzani 1200 cm3 bicylindre en V à soupapes latérales (on apprend tout et le reste sur ces machines à l'adresse http://www.helica.info.

    Vintage... de raison !

    La machine la plus inconnue de toutes est cette belle jaune qui faisait mal aux yeux : une Fulmen ! J'ai passé de longs moments sur le vouèbe afin d'en savoir un peu plus, mais nib de nada de rien du tout, c'est à dire chou blanc ! Fulmen, c'est des batteries et des bidules électriques, mais pas de moto ni de moteur.

    Vintage... de raison !

    À plusieurs reprises, j'ai traîné autour de cette machine dans le parc, en espérant faire parler son propriétaire, mais je ne l'ai jamais vu. Il semble que du côté transmission, le bas-moteur qui était impossible à photographier porte une mention "Fulmen & ? ? ?". Si quelqu'un peut remplacer ces ? ? ? qui nous en apprendrait un peu plus, il est le bienvenu.

    Vintage... de raison !

    Un monocylindre de 1300 cm3 (100 mm d'alésage x 160), arbre à cames en tête, 4 soupapes, 4 bougies d'allumage, ça fait penser à un prototype "schtoumfissime" et sans avenir des années d'avant-guerre, celle de 14-18, alors que pas du tout ! D'abord c'est français car signé Ariès, la marque fondée à Asnières en 1903 par le baron Charles Petiet. Ensuite ce moteur nommé VT a parfaitement fonctionné et plutôt bien car engagé en compétition dans la catégorie "Voiturettes" lorsque fut instauré aux environs de l'année 1907 un règlement imbécile, celui dit "à l'alésage", limitant celui-ci à 100 mm. Par la suite un 4 cylindres à arbre à cames en tête sera établi selon les mêmes caractéristiques que le mono. La couronne dentée à la base du cylindre est un ajout moderne destiné à montrer le fonctionnement des soupapes entraînées par l'arbre de commande de l'ACT.

    Vintage... de raison !

    Pas de sectarisme au Vintage et les plus modestes équipages sont de la fête comme ce Vélocar. Modestes mais préfigurant sans doute les réunions "écologiques " du futur ?

    Vintage... de raison !

    Belle sortie de grange que cette Rochet parfaitement conforme au catalogue 1906 de chez... Roland. Laquelle faisait partie de la nébuleuse des marques construites à Albert (Somme) qui, outre Rochet, rassembla au cours des ans Excelsior, Georges Richard (Trêfle à Quatre), Régina et peut-être d'autres encore qui ne nous sont pas connus. Tous avaient en commun un ou plusieurs modèles que seul distinguait la plaque de cadre.

    Vintage... de raison !

    Ce modèle "Type B" présente une distribution semi-culbutée, ou à soupapes opposées. C'est à dire que la soupape d'admission est commandée par tige et culbuteur, celle d'échappement étant latérale. Cette disposition était relativement courante en Allemagne (NSU), mais il semble que la France n'ait connu que cette Roland-Rochet.

    Vintage... de raison !Curieusement, cette machine ne figure dans aucun autre catalogue des marques du groupe de la S.I.A. (Société Industrielle d'Albert).

    Vintage... de raison !

    Le modèle précédent baptisé "Type A" présente les mêmes caractéristiques moteur : 3 chevaux 1/2 de 80 mm d'alésage x 85 de course. L'échappement "à fond de course facultatif" est proposé, la différence essentielle étant la magnéto "Simms Bosch" dont cette "A3 est dépourvue. Ce qui lui fait gagner 100 francs sur le prix de la "B" vendue 875 F.

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase !

    Puisqu'on vous dit que tout véhicule à roues, motorisé ou non, est accepté sur "l'anneau magique" ! On attend l'audacieux qui s'engagera sur un monocycle en 2017...

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase !

    ... de même qu'on verra peut-être un jour ce Véloréacteur sur la piste (Team Yesterdays). 

    Vintage Revival Montlhéry 2015... l'extase !

    Supposantqu'il ne pouvait pas rater ce Vintage, j'avais a priori placé Paul d'Orléans (The Vintagent) notre "Beau Brummel" motocycliste, dans cette catégorie des "Inconnus et Bizarres". Hélas, j'ai été un peu déçu en le voyant arriver de loin, tout simple en jeans et blouson de cuir. Rien de "bizarre" donc, sauf que de près, on lui découvre malgré tout au revers une broche en pierres multicolores très "vintage" qui fait son petit effet, même si elle n'est pas signée Chanel. Foulard de soie pas mal non plus et un blouson sans doute "vintage" lui aussi puisque, comme il l'a déclaré dans une lointaine interview, il s'habille dans les marchés aux Puces ou dans des "friperies". Hipsters et autres youngtimers, vous savez ce qu'il vous reste à faire ! 

    Prochain article : encore du Vintage Revival !

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.

     


    4 commentaires
  • Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Certaines des machines que vous y verrez sont connues pour avoir déjà été exposées, mais lorsqu'il s'agit de pièces exceptionnelles, il y a toujours un détail qu'on a oublié ou qui nous a échappé. C'est donc l'occasion de vérifier de près ce qu'on en a retenu et parfois... oublié, par exemple de cette 500 Motobécane M5C GS à l'imposant boîtier qui coiffe la culbuterie et qui lui valut le surnom de "Superculasse" (GS = Grand Sport). 

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

     Gabriel Voisin est célèbre pour ses idées hors du commun et sa "Losange" en témoigne avec ses quatre roues aux quatre pointes d'un losange, la roue avant assurant la direction.

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Ce prototype est une reconstruction à 100 % fidèle aux plans de l'avionneur auquel, rappelons-le, on doit aussi l'inénarrable "Biscooter" qui fit une grande carrière en Espagne sous le nom de "Biscuter". Chez nous il fut boudé, on se demande encore pourquoi...

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Monter du JAP dans les années 30 était un signe de distinction et il fallait des parties-cycle dignes de ces culbutés anglais. La marque stéphanoise Styl'son (l'anglomanie est poussée à l'extrême) fut l'une d'elles avec cette RD 250, avant de se tourner pour cause de crise économique vers Blackburne, un autre motoriste britannique. Il a existé un Styl'son exceptionnelle car équipée d'un JAP "Tempest" très performant qui se retrouva ensuite dans une M.G.C. Il disparut, probablement volé par un imbécile qui ne devait même pas savoir ce qu'il avait entre les mains. On est sans nouvelles depuis (nouvelles du moteur, bien sûr...).  

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Alcyon, Griffon, Terrot et Peugeot étaient les protagonistes des grandes épreuves du Championnat de France des années 20 avant de s'endormir pour des (mauvaises) raisons diverses. La relève vint des Jonghi, Monet-Goyon et Koehler-Escoffier qui réveillèrent Alcyon en 1934. Ainsi apparut un beau moteur 350 ACT à commande par arbre vertical signé Zürcher. Deux machines disputèrent le Championnat 1934 puis celui de 1935 (en trois épreuves), se comportant de façon honorable dont une victoire de Vasseur (alias Willing) au G.P. de Calais.  

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Pas de Vintage Revival sans Béhême et cette R47 du millésime 1927 nous vient de Belgique (HD Classic Team). Quelques modifications apparentes distinguent le modèle "racing", dont le réservoir supplémentaire pour longues distances. Le guidon de type "Henne" a été initié par le champion de la firme bavaroise. Célèbre pour ses records du monde de vitesse, il était aussi pilote BMW dans les épreuves d'endurance allemandes.

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Comme sortie d'un Walt Disney, cette Amilcar 1927 est une CGS-3 dite "Coupé Duval" du nom de son carrossier Charles Duval. Elle est aussi... étonnante de profil que de face et si Wallace et Gromit roulaient en voiture et non en side, nul doute que ce serait dans celle-ci !

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    C'est par son cadre que la Cotton 350 à moteur Blackburne culbuté de 1935 se démarque de la concurrence. Dans sa partie supérieure, il comporte deux tubes reliant en droite ligne le T de direction au moyeu arrière, une géométrie simple et gage d'une grande rigidité (Collection des spécialistes néerlandais Yesterdays à retrouver sur www.yesterdays.nl) 

    Le Vintage Revival : piqûre de rappel

    Pourtant guère facile à épater lorsqu'il s'agit de cyclecar, Guivarc'h semble avoir eu un gros coup de cœur pour le Schasche teuton ! On le serait à moins...

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    votre commentaire
  •  

    Samedi 9 et dimanche 10 maiLes vraies anciennes, c'est au Vintage à Montlhéry

     "Une poigne de fer et un gros cœur", c'est ainsi que le dessinateur Alex Oxley a décrit le pilote de la monstrueuse N.L.G. 2714 cm3 (1906) qui sera l'une des vedettes du Vintage Revival à Montlhéry les 9 et 10 mai. On sait que Oxley a signé quantité de publicités pour Triumph, alliant l'humour à la précision mécanique, qualités que l'on retrouve ici.

    Les vraies anciennes, c'est au Vintage à Montlhéry

    Avec la Léon Bollée, qui sera aussi de la fête, ce quadricycle Automoto est le motocycle le plus ancien du Vintage. C'est à ce jour le seul exemplaire survivant à moteur Automoto du constructeur de Saint-Etienne qui n'hésitait pas...

    Les vraies anciennes, c'est au Vintage à Montlhéry !

    ... à embaucher dans ses affiches publicitaires le Président de la République lui-même, Émile Loubet, qui occupa cette fonction de 1899 à 1906. 

    Les vraies anciennes, c'est au Vintage à Montlhéry

    Autre ancêtre roulant, la Bruneau 1904 est doublement remarquable par sa transmission par chaîne avec embrayage, et son refroidissement liquide. 

    Les vraies anciennes, c'est au Vintage à Montlhéry

    Toujours avec une transmission par chaîne, mais là nous sommes en 1913, l'Excelsior 7SC est une 1000 bicylindre en V sans aucune suspension. C'est l'une de ces "boardtrackers" américaines destinées aux courses sur motordromes (rebaptisés par fois "murderdromes" en raison des accidents mortels qui les ont souvent endeuillés). 

    Les vraies anciennes seront au Vintage à Montlhéry

    Mercedes a toujours travaillé dans le "kolossal" et ça ne date pas d'hier puisque déjà sa Grand Prix de 1913 annonçait une cylindrée de 7 litres 200. Les deux phares sont une concession aux normes de circulation dans certaines épreuves internationales. 

    Les vraies anciennes seront au Vintage à Montlhéry

    http://arbresacamesetpoilsdemartre.hautetfort.com/about.html , avec un pareil intitulé à retrouver sur le ouèbe, pas étonnant que le dessinateur Jean-Marie Guivarc'h soit passionné de vieilles mécaniques comme cette Bédélia. C'est la plus étonnante des machines dans la catégorie des cyclecars français qui ne manque pourtant pas d'engins foutraques. Et une Bédélia, ça roule, et même plutôt vite ! 

    Les vraies anciennes seront au Vintage à Montlhéry !

    À la fin des années 20, le cadre en tôle emboutie se répand dans la construction motocycliste européenne, mais de nombreuses marques ont fait des tentatives semblables bien avant. Quelques unes maintiendront cette technique, dont La Mondiale, chez les Belges qui avaient cru à l'embouti dès 1923/24. Leur machine avait de plus quelques autres originalités intéressantes telles qu'une transmission par plateau de friction donnant 5 vitesses par poignée tournante et un monteur deux-temps monté "à l'envers", culasse vers le bas. Les La Mondiale évolueront durant la décennie de leur existence et en 1928 le fleuron de la marque est cette 500 à moteur JAP Racing dont la silhouette originale est encore accentuée par un réservoir additionnel digne d'un "Paris-Dakar" !

    Les vraies anciennes seront au Vintage à Montlhéry

    Proche cousine d'Alcyon, la marque Thomann produisait les mêmes machines que le constructeur de Courbevoie avec des différences minimes de présentation (ex : orientation du tube d'échappement). La fourche pendulaire créée chez Alcyon avant 1914 fut abandonnée vers 1926/27 mais conservée chez les marques-sœurs comme cette Thomann à moteur Zürcher 250 culbuté de 1928.

    Les vraies anciennes seront au Vintage à Montlhéry

    Plus belle que belle, c'est la reconstruction de la Gillet 500 Compétition, bloc-moteur et ACT de 1928. En 1930, cette machine signait la plus grande vitesse réalisée en Belgique avec 195,800 km/h. Elle participera à de nombreuses tentatives de records en tout genre à travers l'Europe : en Autriche (203 km/h à Vienne en 1930), en Suède et, retour aux sources, à Montlhéry. C'est la société belge Mecasoud qui a mené à bien ce travail incluant la fabrication de nombreuses pièces du moteur, à retrouver sur mecasoud.be


    votre commentaire
  • C'est sur le site du "Yacht Club des Avions de la Route" (entendre "cyclecars") que j'ai trouvé un texte savoureux qui s'applique au monde de la voiture ancienne. Cependant, il mérite d'être médité par tous ceux qui s'intéressent à la moto ancienne car, comme aurait pu dire l'autre (l'illustre André Malraux parlant du cinéma) : "Par ailleurs la moto est un commerce".

    Voici ce texte in-extenso précédé de la profession de foi de ce Club à retrouver sur http://yacht-clubdesavionsdelaroute.blogspot.fr/: 

    "Le Yacht club des Avions de la Route est un cercle qui se plait à être déclaré nulle part et affilié à personne. Il réunit depuis 1995 des férus d’engins improbables et plus généralement de tout ce qui roule, vole et navigue ou du moins tente de le faire…"

    samedi 7 février 2015

    VENTE BAILLON : UNE LEÇON DE MARKETING !

    par Igor Biétry

     « € 46M ce soir, 89% vendu ! 15 000 visiteurs/jour de la Collection Baillon, une vente historique pour un résultat historique ! »

    C’est le post que l’on pouvait apprécier sur le mur de Matthieu Lamoure, brillant directeur du secteur automobile chez Artcurial. La fameuse vente Baillon a tenu toutes ses promesses et fera date dans notre petit milieu. La faune des grands collectionneurs, dont le portefeuille n’a d’égal que l’égo, est venue en découdre à Paris, les prédateurs sont venus mordre à pleines dents dans le banc de l’automobile de collection… Sensas, Matthieu Lamoure a réussit une belle partie de pêche et surtout un coup de “com” à enseigner dans les écoles de commerce.

    la méthode Poulain

    La Ferrari Delon de la collection Baillon "telle que découverte". Photo Rémi Dargegen = www.remidargegen.com avec mes excuses pour l'indication erronée donnée précédemment (On conseille avec insistance la visite de ce site où figurent les photos de la collection Baillon bien plus émouvantes que lors de la "mise en scène" de la vente).

    Oui la collection Baillon fut une grande collection avec quelques pièces magnifiques et des monuments comme la Ferrari 250 GT California qui reste incontestablement l’une des autos de route les plus désirées de la marque au Cavallino rampante... Mais pour que cette vente prenne cette ampleur il a fallu tout le talent d'un homme.

    La pêche au gros selon la méthode Lamoure, c’est avant tout de s’appuyer sur une notoriété qui n’est plus à prouver. Artcurial, c’est la personnalité d’Hervé Poulain et 30 ans de ventes d’exception, spectaculaires, théâtrales et savamment orchestrées. C’est chic d’acheter chez Hervé pour rouler chez Patrick… Fort de la notoriété porteuse de la fameuse maison du rond-point des Champs-Elysées, il faut jouer les amnésiques et se présenter comme "l’inventeur" du trésor ! Comme La Vie de l’Auto l’indiquait il y a quelques années sous son titre : “Il n’y a de nouveau que ce qui été oublié !” (Campan). À petites touches, fines et aiguisées comme un hameçon de 10, Mathieu Lamoure affole les réseaux sociaux, comme on taquine la truite à la mouche. Là, où l’homme d’Artcurial est très fort, c’est qu’il fait appel à un tout jeune talent de la photographie de bagnoles : Rémi Dargeron. Du coup, non seulement la découverte est sublime mais le rendu est féérique. C'est du grand art ! Reste plus qu’à balancer l’info dans les rédactions et laisser faire le fameux buzz…

    Artcurial vient de découvrir le nirvana de la bagnole avec des merveilles de la carrosserie française, enchevêtrées dans les ronces… La plus désirable des Ferrari de route, celle que l’on s’arrache comme un Van Gogh, est présentée le capot enseveli sous des piles de vieux L'Automobile… Sacrilège, les Zorro vont dégainer les dollars pour secourir ces beautés. Mieux, lorsque l’on apprend que la Ferrari désirée a appartenu à l’icône du cinéma français… On atteint la frénésie comme à l’heure de la soupe dans les bacs d’élevage des saumons norvégiens. Allez, juste histoire de rire, rappelons nous simplement que la Talbot T150C ex Le Mans et Mille Miglia qui comptait parmi les premières voitures de la collection Baillon vendue en juin 1979 avait atteint 160 000 francs. C’est un Allemand qui l’avait acquise à l’époque et l’a revendue en 2013 : 1 461 800 €... à un français ! (source LVA). Avouez que c’est plus efficace que le PEL !

    Mathieu Lamoure nous a vendu du rêve à la perfection ! Les américains se voient gagner Pebble Beach dans deux ans, les rosbiffs briller chez Lord March et les professionnels “de la profession“ français, maltraités par le RSI, se voient à la tête de chantiers aux retombées pantagruéliques. Alors, même les « petites » autos irrécupérables sont des miettes de choix, car aujourd’hui posséder une « Baillon », c’est un peu comme entrer dans l’histoire. Ça nous rappelle évidemment la vente "Pozzoli" confiée aux mêmes...

    Hervé Poulain a réussi à créer un snobisme autour de son étude, Matthieu a réussi le tour de force de créer un snobisme autour d’une vente… La technique Artcurial a atteint des sommets ! Chapeau bas !

     


    9 commentaires
  • En recherchant des renseignements sur le Paris-Dakar dans mes Moto Revue préférés, je suis tombé sur cette publicité parue en bas de deux pages. Elle est signée de JANO, l'un des dessinateurs français les plus inspirés de la fin des années 70 et suivantes. Son héros principal se nommait KEBRA et sa tête rappelait celle d'un personnage de Walt Disney mais pas complètement. On y retrouvait par exemple le nez de Pluto mais les autres caractéristiques du visage restaient indécises. Certains évoquent la tête d'un rat...

    La similitude avec l'univers de Disney ne va pas loin car Kebra évoluait dans le monde des loulous d'une banlieue qui allait devenir celle des "quartiers défavorisés". Il est possible que dans quelques décennies les ethnologues chercheront dans de semblables BD des enseignements sur la vie d'une jeunesse française particulière de la fin du XXème siècle, tant certaines séquences sont au plus près de la réalité. Jano, comme Margerin - ou Renaud par la chanson - ont saisi des "tranches de vie" qui ne laissent pas de traces dans les statistiques, rapports officiels et autres tableaux synoptiques dont les grosses têtes se nourrissent habituellement...

    Jano

    La grande passion de Kebra est le scooter, Vespa tout spécialement, que l'on retrouve tout au long de la carrière artistique de son créateur. Lequel est toujours en intense activité selon son site : https://www.sites.google.com/site/bdjano/

    Jano

    Très souvent dans des situations plus que scabreuses, Kebra s'en tire toujours, sinon il ne serait pas un héros de BD ! (Carte postale d'époque ci-dessus, reproduisant l'illustration de couverture pour l'album "La Mort aux trousses").

    Jano

    En une seule planche, toute la transformation en cours d'un quartier d'Ile-de-France (sans doute La Défense près de Paris) avec la diversité de ses habitants et le bidonville en voie de démolition jouxtant le quartier "des affaires" (le bien nommé...). On pourrait retrouver aujourd'hui le même décor ou à peu près, mais plus loin de la capitale. Malgré son absence de regard, Kebra sait parfaitement exprimer ses sentiments par ses gestes, ses attitudes soutenus par des interjections éloquentes : Raaah ! Pouf ! Pouf ! Grr ! Kesta Ta ?

    Jano

    Jano est du genre fidèle à ses premières amours au point d'avoir toujours un Vespa (en tôle d'acier) qui ressemble à celui de ses dessins, jusqu'à la couleur.

    _______________________________

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    1 commentaire
  • AU LENDEMAIN DE LA DERNIÈRE GUERRE, la France découvre à petites doses des gâteries oubliées ou inconnues. Des cigarettes au goût exotique qui n'ont rien à voir avec nos Gauloises. Le premier stylo à bille - un Reynolds - encre rouge à un bout, bleue à l'autre mais toutes deux coulent dans la poche. Le bloudjine, le vrai, n'est connu que par photos mais il est imité/copié, y compris en noir, ce qui donne naturellement le bloudjinenoir. Au rayon "culturel" apparaissent des polars déjà publiés à la fin des années 30 mais relancés en 1945 dans une nouvelle collection chez Gallimard : La Série Noire. Présentation macabre sous une jaquette noire bordée de blanc. Titre en lettres jaunes.

    Le principal attrait de ces romans policiers est d'être écrit par des auteurs américains. Du moins présentés comme tels alors que les deux premières vedettes du genre, Peter Cheyney et James Hadley Chase,La "SÉRIE NOIRE" a 70 ans sont des Rosbifs pur malt. Ils mettent en scène des détectives ou agents du F.B.I. inoxydables. Durs au mal, une douche brûlante puis glacée et un scotch (bien tassé) suffisent à les remettre en forme après n'importe quelle dérouillée. Toujours impeccables grâce à des costumes infroissables et des chemises qui se lavent vite et sèchent instantanément (magie du nylon !). Décor américain à peine esquissé, action violente, cadavres à profusion et blondes pépées vénéneuses toujours prêtes à succomber, feront le succès de cette Série Noire qui redonne des couleurs (euh...) à la littérature policière.

                            L'agent du F.B.I. Lemmy Caution (Eddie Constantine), dans le film tiré de "La Môme                          Vert-de-Gris", premier titre de la Série Noire. Dominique Wilms, qui l'accompagne ici,                        sera souvent la blonde (née Belge) de service dans les films noirs "à la française".

    Peu à peu des auteurs français se font une place dans la collection. Le premier sera Serge-Marie Arcouët en 1949, mais il signe Terry Stewart (toujours la fiction d'auteurs anglo-saxons). Bien avant l'irruption des "soixantehuitards" comme J.P. Manchette, P. Raynal, etc. la Série prend une tonalité plus "politique" et bien ancrée dans le terroir français.

    C'est très exactement dans l'Orne, en Normandie, que Jean Amila situe "Jusqu'à plus soif" paru en 1962. Outre une peinture peu flatteuse, mais documentée, sur le milieu des bouilleurs de cru clandestins et des trafiquants d'alcool, Jean Amila n'est pas tendre avec les autorités, aussi haut placées soient-elles. Ce qui vaudra d'ailleurs des ennuis au film tiré du livre par Maurice Labro. Une fiction sans doute jugée trop proche d'une certaine réalité de l'époque. Devenu aujourd'hui invisible, introuvable, le film n'existe pas en DVD. Pas plus de chance, semble-t-il, du côté des archives de l'INA...

    70 ans de "Série Noire" mais de rares motos

    $

    "LES TIGNASSES se départageaient en noires, et en moins noires ; les moins noires étaient celles des blondes descendantes des Vikings, non arrivées encore à l'âge du shampooing."

    C'est ainsi que Marie-Anne, jeune institutrice nommée dans une école libre en Normandie, fait connaissance avec les filles de la classe dont elle est chargée. Très tôt elle va découvrir, stupéfaite, les usages du pays où la "collation" de ses élèves s'accompagne d'une bouteille de café largement additionnée de "gnôle". On est dans le pays du calvados, distillé aussi abondamment que clandestinement  par tout un chacun, et alimentant un fructueux trafic. Elle va dresser contre elle tout le pays lorsqu'elle entreprend d'interdire à ses élèves de boire leur "goutte". Pourtant une élève proteste dans un cri du cœur : "C'est point du poison, c'est de la nôtre !".

     Cette innocente bonne foi trouve un écho chez un producteur qui s'explique : - Minute, fit le bonhomme Bardin. Je suis le défenseur des petits vergers de France. Je désire que le paysan penché sur sa glèbe tire un légitime profit de son travail et de son alambic.

    Genre de réplique qui pourrait être signée Michel Audiard, dialoguiste de son état.

    Produire de la "gnôle" (Jean Amila écrit curieusement "gniaule") est donc un dur travail, encore faut-il en tirer parti. C'est là que Marie-Anne découvre que le calva alimente la capitale par camions entiers, grâce à une organisation aux mains de Rousseau, trafiquant cruel qui mène sa bande comme un commando militaire. Jean Amila le campe d'une phrase lapidaire : "Si l'homme libre, toujours chérira la mer, l'homme d'aventures, par contre, chérira toujours le garde-à-vous !". 

    70 ans de "Série Noire" mais de rares motos

     Dans le film, Bernadette Lafont est Solange, maîtresse de Rousseau chef des trafiquants. Elle est surtout la fille d'un haut-fonctionnaire de la rue de "Miromesnil" à Paris. C'est là que le roman situe le siège de la "Répression des Fraudes" qui fait la chasse aux trafiquants d'alcool. 

    Pendant leurs opérations de transport, formés en convois, ces camions communiquent par radio (peut-être les walkies-talkies des surplus américains ?) tandis que la liaison matérielle entre eux est confiée à... un motocycliste ! Et là, Jean Amila n'a pas fait dans le mesquin : ce motard pilote une Triumph Thunderbird, la machine la plus rapide de son temps, après la Vincent, bien sûr. 

    Dans les trois mille et quelques volumes de la Série Noire publiés à c't'heure, la moto a déjà fait des apparitions. Cependant, de mémoire, c'est dans "Jusqu'à plus soif" qu'elle a un rôle important dans l'intrigue de l'histoire, considérée autrement qu'un moyen de déplacement comme un autre. On pardonnera aisément à Jean Amila son erreur à propos de la cylindrée de la machine. Les autres indications techniques/mécaniques qu'il donne étant par ailleurs assez fidèles à la réalité... 

    70 ans de "Série Noire", mais de rares motos

    Couverture (honteusement photoshopée) du catalogue Triumph présentant la "Twinbird"

    Avant le départ d'un convoi, Amila décrit donc une courte scène où il donne quelques détails assez précis. Au point qu'on peut le soupçonner d'avoir une connaissance de la moto acquise autrement que devant le clavier de sa machine à écrire.

    Pierrot, un enfant du pays revenu du service militaire (Algérie, les Aurès), vient d'être engagé pour conduire un camion de gnôle. Il fait connaissance avec Dédé, pilote de la moto qui va ouvrir la route au convoi.  

    "En bas de sa cabine, Pierrot, canadienne enfilée, casquette sur la tête, examinait la grosse moto que Dédé lui présentait complaisamment.                                              - Une 600 Triumph... On n'a pas l'équivalent en France. Je me tape le cent-quatre-vingts comme une fleur. Pas une bagnole qui lui résiste. La D.S. ?... dans le dos la balayette ! Même les Jag et les Alfa : des brouettes ! Le roi de la route, c'est qui ? C'est sa pomme !

    "D'une sacoche arrière dépassait une antenne télescopique. Il y eut comme un ronflement bref. Dédé était casqué comme un pilote d'avion. Il prit le fil à sa ceinture, le brancha sur son tableau de bord.                                                            - Allo ! fit-il, apparemment dans le vide.                                                                     Mais il dut avoir une réponse péremptoire dans ses écouteurs. Il fit, déférent :           - Bien, m'sieur ! Compris !                                                                                         Il enfourcha sa moto, fit un signe à Pierrot.                                                            - Allez, hop, gars ! On se propulse ! "

    Le début du voyage est sans histoire, mais la suite se complique car les trafiquants ont été "balancés" par leur fournisseur de calva désireux de se mettre à son compte, depuis la production jusqu'à la livraison. La gendarmerie et les agents des "Indirectes" ont monté une souricière que va, le premier, découvrir le motard qui précède "Brigitte", nom de code-radio du premier camion :  

    "Il roulait à quatre-vingt-cinq, suivant les ordres qui venaient de lui être donnés. À cinq cents mètres suivait Brigitte. Le piège des gendarmes aurait dû fonctionner normalement, mais le motard de la bande des fraudeurs roulait en surveillant continuellement les bas côtés de la route. Incontestablement  il dut apercevoir l'ombre ou le reflet des motos des gendarmes. Il envoya aussitôt son message (...). "Brigitte, demi-tour immédiat !".

    "Le gendarme motocycliste Lecas et son collègue Blaireau hésitèrent un moment. Ils ne voyaient pas le camion, mais ils avaient entendu le crissement des ses freins. Ils avaient ordre de laisser passer un convoi de deux camions... ils attendirent.

    "Ce fut le chef Loinard qui déclencha l'alarme à l'écoute du camion Brigitte. Il n'avait pas de liaison radio avec ses agents motorisés (...). Il tira en l'air deux coups de son revolver, pour prévenir Lecas et Blaireau. Au moment même où il tirait, l'homme à la 600 Triumph arrivait à une centaine de mètres, phares (sic) éteints. Il dut croire qu'on tirait sur lui. On retrouva à cet endroit trace d'un dérapage digne d'une course sur cendrée et qui, selon le chef Loinard "fit des étincelles".

    Le motard exécuta donc un demi-tour étourdissant et repartit, pleins gaz, d'où il venait.

    "Les traces de sang relevées par la suite, le furent beaucoup plus loin, à trois kilomètres de là. Il ne semble pas que l'homme ait été blessé à cet endroit. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que c'est en passant entre les deux gendarmes motocyclistes qui se préparaient à redescendre sur le camion-radio, qu'il reçut une ou plusieurs balles dans le corps. 

    "D'un commun accord, Lecas et Blaireau prirent les coups de feu déjà tirés pour les sommations d'usage. Lorsqu'ils virent le motard qui s'enfuyait, ils tirèrent presque en même temps, l'un avec son revolver, l'autre avec sa mitraillette.

    "Lecas et Blaireau avaient des Gillet (ndlr : des René Gillet70 ans de "Série Noire" mais bien peu de motos
    rapides, mais la 600 Triumph était sur sa lancée et était capable d'une accélération foudroyante. L'homme fit "le trou" si rapidement que les deux gendarmes, habitués aux poursuites, comprirent qu'ils n'avaient aucune chance. Ils se lancèrent à fond, néanmoins". 
    Mais ce qu'ils rattrapèrent tout d'abord, ce fut le camion Brigitte qui s'enfuyait. Lecas, le plus ancien dans le grade le plus élevé, prit l'initiative d'arrêter le camion. Il fit un geste à Blaireau, l'invitant à poursuivre le motard. Ils doublèrent le camion en trombe et, tandis que Blaireau continuait plein gaz, Lecas se rabattait dans la lumière des phares faisant impérativement du bras le signe de stopper.

    "Il essaya de ralentir, mais il comprit immédiatement que le camion n'hésiterait pas à le bousculer, et au besoin de lui passer sur le corps. Il se rangea sur le côté, roulant sur l'herbe. Il avait tiré son revolver et ouvrit le feu dès que le camion fut à sa hauteur.

    Il atteignit la vitre de la cabine et très vraisemblablement le pare-brise. Mais la réaction fut immédiate. Il dut stopper net pour ne pas être balancé dans le fossé.

    "C'est alors que, relégué à l'arrière, il vit l'opération. La porte à layon du camion avait été baissée et les fûts défilaient, roulaient sur la chaussée, rebondissaient... L'intention des fraudeurs était à la fois de vider le chargement compromettant et d'encombrer la route. 

    70 ans de "Série Noire" mais bien peu de motos

    Épreuve d'après un cliché-zinc publicitaire (que les jeunes couches appellent un "tampon"...) destiné à l'impression dans les journaux réalisés en typographie. La scène décrit l'un des moments-choc du film de Maurice Labro

    Pierrot, comprenant qu'il y a un coup dur, a sagement choisi de cacher son camion dans la forêt. Il retrouve la moto abandonnée à terre et son pilote gravement blessé au ventre. Contacté, le chef de la bande les rejoint. Il envoie Pierrot sur la moto pour expliquer la situation à Solange "qui saura ce qu'il faut faire", lui dit-il. Cette scène est  la dernière où apparaît la Triumph dans un rôle essentiel.

    Avec cette mission, Pierrot commence à se poser des questions. Il a surpris un curieux  "Allo, Papa ?" de Solange lorsqu'elle a demandé Paris au  téléphone. Alors qu'elle revient en lui disant d'aller dire à Rousseau que "les routes seront libres jusqu'à minuit", il comprend que les fraudeurs ont des protections au sein même du service chargé de les réprimer. Enfin, il change définitivement de camp lorsqu'il apprend que Dédé a été achevé sur ordre de Rousseau.

    Après avoir échappé de justesse au même sort tragique, il décide d'aider la Justice. Les méchants sont punis tandis que Pierrot va trouver le bonheur avec Marie-Anne, l'institutrice.

    Il existe très certainement d'autres titres de la Série Noire dans lesquels la moto fait des apparitions plus ou moins importantes. On pense à "La bande à C.C." qui, de mémoire, se passe dans un milieu proche des Hell's. Il y a surtout un roman de A.D.G. (le "réac" du roman noir, dixit Ouiqui) ancré dans la campagne française, voire le Berry, mais je ne sais plus si c'est dans "Pour venger pépère" ou dans "La Nuit des grands chiens malades". Ce dernier titre a été transposé à l'écran en "Quelques Messieurs trop tranquilles", mais il faudrait vérifier que les nombreuses motos vues à l'écran existent bien dans le livre d'origine.

    -----------------------------

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    2 commentaires
  •  À défaut de suivre le Paris-Dakar ailleurs que sur la télé, on avait la possibilité de voir de près les machines - et quelques pilotes - lors de l'étape/pause parisienne sur la Place d'armes du château de Versailles. Occupé à gagner ma vie, même en ce temps de réveillons 1985, je me suis esquivé une ou deux heures de mon travail alimentaire, armé de mon Canon 24 x 36 reflex et d'un autre Canon compact (AF 35 ?) pour la couleur. Le temps froid et surtout un ciel gris d'hiver n'étaient pas fameux pour la photo.

    Les négatifs couleurs ont mal vieilli et les compacts numériques en étaient au début de leur évolution, d'où des couleurs qu'il a fallu "travailler" sur le logiciel bien connu. Le "vieux" noir et blanc n'a pas bougé ! Vu le peu de temps dont j'ai disposé, il y a des absences flagrantes dans cette sélection. Pas de Suzuki, Morini ou Guzzi, peu de Honda, KTM et Yamaha parce que j'ai essayé de privilégier les plus originales, à part le gros calibre qui ouvre cette série. À l'époque, je roulais en 80 GS, ceci expliquant cela...

    Sauf indication contraire, les photos sont © Zhumoristenouveau, merci d'en tenir compte                                   

    Le Dakar envahit Versailles

    Avec Eddy Hau et Raymond Loiseaux en garde rapprochée, Gaston Rahier avait dès le départ de sérieuses chances de l'emporter avec sa B.M.W. Il a déjà gagné en 1984 sur B.M.W. et pourtant il va jouer de malchance tout au long de l'épreuve. Dans la traversée de la France, à Brive il "rencontre" violemment un automobiliste. Selon le règlement, il peut monter une autre fourche mais pas changer son cadre faussé sous le choc. Sur le sol africain, il perd Eddy Hau qui s'est fracturé le bras alors que Loiseaux a été rapatrié suite à un traumatisme crânien. On voit se profiler une revanche du monocylindre avec les Yamaha qui caracolent en tête dans les premières étapes alors que le petit Belge navigue dans les profondeurs du classement. Cependant il remonte spectaculairement, jour après jour, et arrive sur les traces des Yamaha avant de les dominer au final ! Le gros flat a fait une démonstration de la formule : l'année suivante tous les "officiels" se mettront aux deux cylindres.

    Le Dakar envahit Versailles

    Un moteur suspendu par un treillis tout en tubes courbes, telle est l'originalité de la française Barigo (Cocorico !) qui a quand même fait appel à un moteur italien (et bicylindre), celui de la Ducati 650 Pantah. Le tube courbe est censé fournir une certaine élasticité alliée à "une excellente rigidité générale" (dixit Moto Revue). Des tubes carrés soutiennent les repose-pieds ainsi que la coque arrière en Kevlar qui contient un réservoir additionnel de 1,8 litres (Pilote : Julien Ebenhardt, abandon sur fracture de l'épaule). D'autres Barigo étaient motorisées par le Rotax mono.

    Le Dakar 1985 chez Louis XIV

    Encore une moto française, du moins par le "M" des auto-collants qui signalent une... Motobécane ! Très beau travail qui dissimule une Yamaha 350 RDLC (31K) sous un habillage en trois couleurs (photo ci-après) .

    Le Dakar 1985 chez Louis XIV

    Peut-être un futur client pour les "Dakar" d'aujourd'hui ? La n° 27 était celle du motociste Patrick Vallet qui abandonnera à l'issue du prologue de Cergy-Pontoise, les moyens financiers espérés n'étant pas réunis. Même destin pour Pierre-Marie Poli (rédac'chef de Moto Journal) sur une machine identique (n° 130).

    Le Dakar 1985 chez Louis XIV

    Notre grand espoir tricolore (...) était un projet approuvé par Jean-Michel Basset, Directeur de MBK. Les idées de Vallet et Poli furent concrétisées par Yves Kerlo "free lance de la mécanique" (dixit P.-M. Poli) et les compétences de Max Balmassire, mécanicien de Grands Prix. L'idée générale était de construire une machine légère (135 kilos), maniable et puissante (65 chevaux), capable de contrer les monos 4 temps japonais.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

     "Ce coup-ci, j'arriverai à Dakar, même si je dois porter la moto", avait déclaré Max Commençal à Moto Journal. Porteur du numéro 1, il pilotait la plus petite cylindrée du plateau, une 125 Yamaha DTLC "de série", simplement améliorée par un radiateur supplémentaire. Accro aux petites cylindrées, il s'était déjà engagé l'année précédente au guidon d'une Honda 125 XLS qui ne vit pas Dakar, pas plus que sa Yam en 85. Max Commençal passera ensuite au VTT et avec grand succès !

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Eugen Eicher venait de Suisse avec son interprétation du fameux couteau suisse transposée à la moto. Une couronne arrière de rechange pouvait éventuellement servir de protection du carter-moteur de sa 650 twin BSA (choix audacieux entre tous). Il est probable que bien d'autres aménagements personnels échappaient à l'œil du profane, mais je n'ai pas pu en savoir plus, à mon grand regret.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    En cas de nécessité, Eugen était décidé à traiter la mécanique "à l'ancienne". En témoignent le marteau et la pince multiprises sommairement arrimés contre une trousse qui devait recéler d'autres outils marqués par une longue pratique.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Instruit par les victoires précédentes des gros flats teutons, les Normoto-DKV utilisent un... 4 cylindres Kawasaki Z 750 E surmonté d'une culasse de ZX ! Une partie du cadre de même origine a été remaniée avec deux amortisseurs au lieu de l'Uni-Trak d'origine. Résultat : 86 chevaux pour un poids de 170 kilos. Avec une vitesse sur pistes estimée à 180 km/h, il y avait de quoi inquiéter les B.M.W.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Beau travail de "plomberie" sur le 4 en 1 des échappements à peine étouffés par un seul silencieux côté gauche. À droite, l'emplacement était occupé par un réservoir additionnel de carburant de 15 litres, en renfort de celui de 38 litres à l'avant. Pilotes des trois DKV (une compagnie d'assurances) : Philippe Vassard, Yvan Goroneskoul et André Boudou. Tous abandonneront sur problèmes mécaniques ou électriques.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    L'ATC (All Terrain Cycle) Honda était dans sa période d'expansion, après avoir été popularisé grâce à James Bond ("Les diamants sont éternels" - 1971). Le 90 cm3 d'origine de 007 a évolué jusqu'à devenir un 250 en 1981 qui, pour la première fois chez Honda, était un deux-temps. Le spécialiste Jacky Voirin (n° 155) et le crossman Alain Seiler, parrainés par Le Journal de Mickey, les piloteront mais n'atteindront pas Dakar.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

     L'ATC de Paul Bonnet était motorisé par un 600 Honda qui, comme les 250 de la même formule, sera contraint à l'abandon. Jamais autorisé sur la voie publique en France, interdit aux États-Unis vers 1986 (dégradation des dunes californiennes ?), l'ATC sera finalement détrôné par le quad, bien plus respectueux de l'environnement comme chacun sait.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    KTM est riche de nombreux titres mondiaux en moto-cross ou enduro (Heinz Kinigadner, Gennadji Moisseev, Alessandro Gritti...), acquis en 125 et 250 deux-temps (Sachs). Puis l'autrichienne est passée au quatre-temps avec ce Rotax mono ACT, autre produit autrichien qui aura du mal à convaincre. La 19 abandonnera tout comme toutes les autres KTM sauf une qui termine 21ème. Il est vrai qu'elle était menée par l'athlétique Herbert Schek, un spécialiste de l'enduro allemand où on le trouvait habituellement sur des flats BMW.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    Lorsqu'on a un sponsor du nom de "mini-flat", on ne peut que faire confiance à BMW pour motoriser son sidecar ! Mais on peut aimer ce moteur pour sa puissance...

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

    ... et beaucoup moins sa transmission par arbre. Question résolue au prix d'un petit travail de conversion mécanique à la portée de tout bricoleur bien né, ça va de soi. Cet attelage EML-BMW était piloté par Ronny Renders avec Marie-Jeanne Van Hauweme en passagère, tous deux venus de Belgique. Comme 125 des 151 concurrents motos de ce Dakar très dur, ils ont abandonné.

    À Versailles, Louis XIV reçoit le Paris-Dakar 85

     Le Paris-Dakar avait (a ?) un grand retentissement au Japon où, chaque année la presse spécialisée publiait des numéros spéciaux de 250 à 300 pages couvrant les détails de l'épreuve. C'est dans l'un d'eux (je vous fais grâce du titre en vermicelles, c'est peut-être "BIGMAN" ?) que j'ai piqué cette photo. Elle montre à quel point Yamaha-France s'impliquait dans cette course, à commencer par le grand patron Jean-Claude Olivier qui termina à la 2ème place sur une Yam 660 Ténéré prototype. Avec une machine identique, Serge Bacou (ci-dessus) n'aura pas le même sort et abandonnera. Entre deux des dix Grand Prix 250 qu'il disputa en cette année 1985, Dominique Sarron (le p'tit frère) était venu faire l'assistance des Yamaha. 

    -------------------------------------------

    Merci au site http://www.dakardantan.com/paris-dakar-1985/ qui est une mine de renseignements sur les engagés, leurs machines, leurs résultats, etc.

     


    1 commentaire
  • C'est à Napoléon - du temps où il n'était que petit Bonaparte - qu'on attribue la célèbre phrase "La meilleure défense, c'est l'attaque". C'est ce que se sont dit les dirigeants du mondialiste Google dont on sait qu'il est en délicatesse actuellement avec la Commission de Bruxelles qui lui reproche un genre de position dominante. C'est pourquoi on trouve en ce moment d'immenses publicités de Google dans la presse française dont celle-ci sur une double-page centrale du quotidien Le Monde (14 avril 2015), et c'est en couleurs !.

    La moto au secours de "Google" !

    Selon le géant californien, la "petite boutique" de Christophe a doublé ses ventes et ses effectifs grâce au travail d'un "Coach Google". Comprenne qui pourra, mais au moment où le moindre atelier de mécano présente son "showroom", il semble un brin péjoratif, au vu de sa façade, de qualifier Legend Motors Lille de "boutique"... (on ne va pas vous faire l'injure de préciser la marque des deux machines photographiées ici avec Christophe)

    La moto au secours de "Google" !

    Cette double-page est l'équivalent d'une page entière du Monde mais évidemment survalorisée par son emplacement en plein milieu du journal. Tarif : 200 000 euros (en 2012). Cette annonce fait partie d'un programme promotionnelle de Google qui se poursuivra jusqu'au 23 mai pour un coût de 1,5 million d'euros. C'est dire si Google tient à changer son image...

    (Pour en savoir plus sur Legend Motors Lille : http://legendmotorslille.com)

    € € € € € € € € € € € € € € € € € € 

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    18 commentaires
  • ... et "La Môme Piaf" serait aujourd'hui centenaire...Edith Piaf aurait 100 ans...

    C'est grâce à Edith Piaf, honorée aujourd'hui d'une exposition à la Bibliothèque Nationale, que la moto est devenue en France le "personnage" à part entière d'une chanson d'origine américaine. Inspirée, dit-on, à Mike Stoller et Jerry Leiber par le film "The Wild One" (sorti le 30/12/1953). Elle se hissera à la 6ème place du "hit parade" des États-Unis en 1955, interprétée par le trio des Cheers. Ils la graveront dans la cire d'un vinyle, en compagnie d'un orchestre dirigé par Les Baxter, compositeur, musicien spécialiste de musiques de films. C'est lui qui pilote la Triumph 650 Thunderbird sur la photo illustrant la partition-papier de la chanson (ci-dessus). La T Bird est aussi la monture du Brando que-vous-savez.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Les Cheers si propres sur eux avaient peu de rapport avec le bruit et la fureur qui sont les thèmes de "Black denim trousers and motorcycle boots". N'oubliez pas qu'on vous parle ici d'une époque où une chanson, c'était une voix - ou des voix - avant d'être un carnaval multicolore mené par des minets au bord de l'épilepsie et noyés dans une musique, plutôt des sons, à vous rendre sourd avant l'âge. Enfin il faut savoir que la diffusion d'une chanson et son éventuel succès dans les années 50 passait à 99 % par les radios d'un réseau immensément développé aux États-Unis.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Traduite plutôt bien en français, on n'attendait pas qu'une chanteuse "réaliste" comme Piaf inscrive à son répertoire ce banal "accident de la route". Mais sa voix extraordinaire en a fait une véritable tragédie antique. "Elle dépasse ses chansons, elle en dépasse la musique et les paroles" a écrit d'elle Jean Cocteau. Et c'est exactement ce qui s'est passé avec "ce démon qui semait la terreur dans toute la région". 

    "J'écoutais cette chanson tous les matins sur un Scopitone en buvant un café avant d'aller au travail non loin du parc Montsouris à Paris. Merci (commentaire d'un visiteur de la video relevé sur Youtube où une comparaison avec les diverses interprétations, américaines et françaises, de cette chanson mettent celle de Piaf à sa place : la première ! Les plus tartes sont celles des Étasuniens sur un rythme exagérément accéléré comme s'ils avaient peur de rater le dernier métro. En France, mention très honorable à Nicoletta, malgré une video/scopitone parfaitement ridicule).

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Partition-papier d'une version anglaise interprétée par un célèbre chanteur américain qui avait quelque chose d'un Johnny Cash. La Triumph de l'origine a été remplacée par une Indian. Peut-être pour ne pas faire de peine au constructeur britannique, soucieux de voir sa marque assimilée aux débordements d'un "blouson noir" ?   

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Le succès de "Black denim trousers" aux États-Unis était tel que le célèbre magazine LIFE avait reconstitué l'affaire en photos. Nouveau changement : la moto est une bicylindre Royal-Enfield badgée Indian.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    Parfaitement conforme à la description qui en est faite dans la chanson, le chanteur Vaughn Munroe paie de sa personne, vêtu des black denim trousers, avec les bottes de cuir. L'aigle dans le dos du blouson n'est pas mentionné.

    Edith Piaf aurait 100 ans aujourd'hui...

    LIFE poussait la reconstitution jusquà sa tragique conclusion avec ce camion Diesel motocide que la version française a remplacé par "une locomotive filant vers le midi", notre Californie à nous. La Highway 101 est une section de la route qui va de Los Angeles à San Francisco.

    POUR ESTHÈTES ET MÉLOMANES : LA VERSION FRANÇAISE SUIVIE DE LA V.O. JEAN DRÉJAC NE S'EST PAS TROP MAL TIRÉ DE LA TRADUCTION

    "Il portait des culottes, des bottes de moto

    Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

    Sa moto qui partait comme un boulet de canon

    Semait la terreur dans toute la région

     

    "Jamais il ne se coiffait, jamais il ne se lavait

    Les ongles pleins de cambouis mais sur le biceps il avait

    Un tatouage avec un coeur bleu sur la peau blême

    Et juste à l'intérieur, on lisait : "Maman je t'aime"

     

    Il avait une petite amie du nom de Marie-Lou

    On la prenait en pitié, une enfant de son âge

    Car tout le monde savait bien qu'il aimait entre tout

    Sa chienne de moto bien davantage

     

    "Il portait des culottes, des bottes de moto

    Un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

    Sa moto qui partait comme un boulet de canon

    Semait la terreur dans toute la région

     

    "Marie-Lou la pauvre fille l'implora, le supplia

    Dit : " Ne pars pas ce soir, je vais pleurer si tu t'en vas ..."

    Mais les mots furent perdus, ses larmes pareillement

    Dans le bruit de la machine et du tuyau d'échappement

     

    "Il bondit comme un diable avec des flammes dans les yeux

    Au passage à niveau, ce fut comme un éclair de feu

    Contre une locomotive qui filait vers le midi

    Et quand on débarrassa les débris

     

    "On trouva sa culotte, ses bottes de moto

    Son blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos

    Mais plus rien de la moto et plus rien de ce démon

    Qui semait la terreur dans toute la région ...

     "L'homme à la moto" a 60 ans...

      

    Black Denim Trousers and Motorcycle Boots

     

    He wore black denim trousers and motorcycle boots

    And a black leather jacket with an eagle on the back

    He had a hopped-up 'cicle that took off like a gun

    That fool was the terror of Highway 101

     

    Well, he never washed his face and he never combed his hair

    He had axle grease imbedded underneath his fingernails

    On the muscle of his arm was a red tattoo

    A picture of a heart saying, "Mother, I love you"

     

    He had a pretty girlfriend by the name of Mary Lou

    But he treated her just like he treated all the rest

    And everybody pitied her and everybody knew

    He loved that doggone motorcycle best

     

    He wore black denim trousers and motorcycle boots

    And a black leather jacket with an eagle on the back

    He had a hopped-up 'cicle that took off like a gun

    That fool was the terror of Highway 101

     

    Mary Lou, poor girl, she pleaded and she begged him not to leave

    She said, "I've got a feeling if you ride tonight I'll grieve"

    But her tears were shed in vain and her every word was lost

    In the rumble of an engine and the smoke from his exhaust

     

    He took off like the Devil; there was fire in his eyes

    He said "I'll go a thousand miles before the sun can rise."

    But he hit a screamin' diesel that was California-bound

    And when they cleared the wreckage, all they found

     

    Was his black denim trousers and motorcycle boots

    And a black leather jacket with an eagle on the back

    But they couldn't find the 'cicle that took off like a gun

    And they never found the terror of Highway 101

     


    7 commentaires
  • LONGTEMPS ABONNÉ au quotidien Libération, j'ai fini par laisser tomber. Trop de parisianisme, d'articles pseudo-psy, de critiques de livres d'auteurs obscurs (excepté celles de Philippe Lançon, qui écrivait aussi et écrit à nouveau, dans Charlie - ce qui n'est pas un hasard), sans parler du portrait de "der", dont le talent d'écriture arrivait parfois à faire passer le manque d'intérêt du personnage choisi.

    Un vieux réflexe m'a fait sortir quelques pièces la semaine dernière pour le numéro accompagné du supplément "Next" consacré ("dédié", on dit) à la mode masculine. Par le passé, j'ai souvent trouvé matière à moquer la littérature chroniqueuse de la mode, mais là j'ai été déçu. Rapidement accablé par les chaussures, les montres, les fringues hype (branchées). En revanche, les pages publicitaires m'ont ravi. Pas toutes bien sûr, mais quelques unes dont ÇA ... 

    Next

    ... une page entière qui ne semble pas avoir été utilisée dans la presse spécialisée où elle aurait plutôt fait rire. Déjà la photo... Mais aussi la littérature jargonesque qui l'accompagne et semble empruntée à "ÉTAPES" (manuel des Scouts de France - 1951). En plus, écrou et contre-écrou, une traduction foireuse de l'anglais "Make life a ride" par le français "Choisis ta trajectoire"

    Après tout, ce n'est peut-être pas si risible maintenant que le trail est à la mode. Enfin, il faut s'entendre, le trail... des villes. Parce que rouler ailleurs que sur le macadam avec des bestiaux qui, sans bagages et sans pilote, tutoient les 300 kilos... D'ailleurs, ça se comprend quand on pense au coût de la casse du moindre bibelot électronique qui les guident-chouchoutent, ou d'un réservoir à 1500 roros.

    Dire que lorsque je crapahutais sur les monts du Cantal avec ma Honda 250 XL, je la trouvais lourde ! J'avais pourtant viré tout le superflu, batterie, clignotants, compte-tours, faisceau électrique simplifié, clé de contact au guidon. Le feu arrière était du type "tomate", le phare était un phare de recul de camion fixé par des "oreilles" en caoutchouc et même l'arceau entourant le garde-boue arrière avait disparu. M'est avis que depuis le trail a fait du gras, et pas que du bon.

    € € € € € €

    Autre déception avec la page de présentation de la Midual, bien platement titrée "La plus chère du monde". Tu parles d'une info ! Carrément faiblard pour un journal comme Libération qui s'est fait une spécialité d'utiliser dans sa titraille les jeux de mots, calembours, anagrammes et autres contrepèteries. Pas toujours du meilleur goût et parfois jusqu'à la nausée.

    Vous qui avez du talent et des loisirs au bureau, essayez donc de trouver un titre d'article dans ce genre autour de Midual... Chronomètre ! Allez, le départ est donné !

    Next

    Le texte reprend, comme c'est souvent le cas, même chez "les professionnels de la profession", il donc, reprend les termes de l'argumentaire publicitaire émis par le constructeur. Sans éviter le fatal  "jamais vu" de la coque autoporteuse "façonnée à la main dans une fonderie aéronautique". Puisqu'il est si tant question de vanter l'excellence de la technique française, on aurait attendu une évocation des travaux de Marcel Guiguet avec ses révolutionnaires M.G.C. des années 30. Il aurait fallu pour ça faire une petite recherche sur le vouèbe où l'on trouve tout. Eh oui, encore du travail ! En journalisme, on appelle ça "croiser l'information".

    € € € € € €

    Retour à la mode, et toujours dans les pages de NextNext où figurait cette annonce pour la maison de couture parisienne Givenchy.

    Non, il ne s'agit pas de la tenue d'été du monsieur de la pub B.M.W. descendu de sa R1200 et "prêt à aller dans le monde". C'est un ensemble T-shirt et legging (genre de collant pour mâles) imprimé de fleurs.

    Je ne vais pas vous faire baver plus longtemps si vous aviez l'intention de vous laisser tenter par ces oripeaux si gais. Le T-shirt est en rupture de stock. Si bien que grâce à moi, vous venez d'économiser... 725 €, je dis bien sept-cent-vingt-cinq euros ! Le bas legging-caleçon, que je n'ai pas trouvé sur le vouèbe, doit être légèrement moins cher car un autre modèle - genre camouflage - de la même maison Givenchy est à 530 €.

    En poursuivant mes recherches sur les prix de ces affûtiaux, je suis tombé sur un communiqué de Givenchy annonçant ses nouveautés pour sa "biker chic campaign" du printemps 2015 (Photos Mert & Marcus). Et sans vouloir ramener ma science, je trouve que ces deux jeunes personnes qui présentaient d'autres vêtements (ci-dessous), auraient été bien plus à leur place dans Next que le gandin ci-contre. Bien qu'elles n'aient pas l'air plus gaies que lui. Elles suivent cette manie des modèles qui font la gueule, comme navré(e)s de porter les vêtements qu'ils/elles présentent (parfois on peut les comprendre). Donc pas plus gaies, mais la bécane derrière, ou sous elles, quoique "chopperisée", était bien plus intéressante (+ hype ! Ha ! Ha !) que le néant de l'arrière-plan sur l'autre photo.

    Next

    Si l'expression maussade de ces visages a pour but de ne pas détourner l'attention aux dépens du vêtement présenté, autant prendre des mannequins, des vrais de vitrine, en plastique ou en fibre de verre valant quelques centaines d'euros (pas de retraite, pas de sécu, jamais malades, pas d'heures sup'). Tout le reste est négociable... avec Photoshop. 

    Next

    À l'appui de mon hypothèse, voici un exemple absolument pris au hasard, je le jure, d'un mannequin de vitrine (vu sur Toutypass) qui aurait très bien sa place sur n'importe quelle photo. Amateurs d'art et esthètes comme je vous connais, c'est peut-être la seule image que vous allez retenir de cet article...

     

    Ce blog est la suite de Zhumeurs & Rumeurs dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.

     


    6 commentaires
  • Catastrophe ! Le musée motos d'Amnéville ferme !

    "Le conseil municipal l’a décidé : le musée de la moto et du vélo d’Amnéville va fermer ses portes. Et ses 230 pièces, acquises par la Ville en 2000, seront cédées à un collectionneur thionvillois pour un montant d’1,5 M€."

    C'est avec cette phrase-titre que Le Républicain Lorrain  a annoncé la triste nouvelle à ses lecteurs début avril, avec les explications suivantes (texte intégral du 3 avril 2015) signées de Lisa Lagrange et que je reprends in extenso : 

    "Pour renflouer ses caisses, la Ville d’Amnéville vend ses bijoux de famille. Hier soir, le conseil municipal a examiné une offre de rachat déposée par un entrepreneur thionvillois concernant la collection du musée de la moto et du vélo, créé en 2002 par le maire de l’époque, Jean Kiffer, et le passionné Maurice Chapleur.

    Les motos du musée d'Amnéville vendues !

    "Pour justifier cette vente et, donc, la fermeture du musée, qui n’a jamais vraiment trouvé son public, la municipalité conduite depuis 2014 par Eric Munier, confrontée à de sérieuses tensions budgétaires, évoque les coûts de fonctionnement de cet équipement. Ses charges s’élèvent à 87 701 € par an, pour 2 271 visiteurs annuels. Ce qui représente 38 € par visiteur. Trop cher apparemment.

    La décision de la Ville a ému les descendants de Maurice Chapleur. « Nous sommes forcément inquiets. On peut imaginer une fermeture du musée. Pire : que la collection parte ! », craignait Jean-Baptiste Chapleur, petit-fils et héritier du fondateur de cette collection de motos et de vélos exceptionnelle, avant de connaître l’issue du vote. « Mon père, mes sœurs et moi n’avons pas été informés, alors que nous passons régulièrement. Nous venons de l’apprendre par le personnel du musée. Nous avions fait confiance à la Ville pour mettre en valeur cette collection, de manière pérenne. C’est un patrimoine ! »

    Hier soir, les membres du conseil municipal d’Amnéville ont examiné la vente des 230 pièces du musée, sans doute l’une des plus importantes collections au monde de motos datant d’avant 1914.

    La commune avait acquis l’ensemble, comprenant également tricycles, affiches, moteurs et plaques émaillées ou peintes, en 2000, pour un montant de 1,295 million d’euros. Un bâtiment avait été construit en 2002 afin d’accueillir la collection et quelque 2 000 visiteurs par an.

    Selon la délibération soumise au vote, ce jeudi soir, le musée " accueille de moins en moins de visiteurs et nécessiterait, pour être plus attractif, d’investir dans des dépenses de scénographie qui, aujourd’hui, ne sauraient être une priorité pour les finances communales".

    Un collectionneur privé, gérant de sociétés immobilières dans le Thionvillois, a offert de racheter la collection pour un montant d’1,5 million d’euros TTC.

    L’opposant Xavier Dieudonné s’interroge. Sa mise en vente a-t-elle fait l’objet d’une candidature ? Réponse du maire, Eric Munier : l’acquéreur a spontanément fait cette offre, parce qu’il est collectionneur et qu’il expose et loue fréquemment ses collections dans (et à) d’autres musées.

    Pour l’opposition, qui déplore le fait que l’estimation sur laquelle se base la municipalité remonte à 2000, l’héritage de Maurice Chapleur vaut bien plus. Xavier Dieudonné dit pouvoir fournir une offre plus élevée. Il demande un délai afin de trouver un autre acheteur ou de réfléchir à une location de la collection, par la commune, à d’autres musées français spécialisés. Option pouvant, précise-t-il, rapporter 50 000 € par trimestre.

    La délibération indique que la collection ne fait l’objet " d’aucune protection au titre des Monuments historiques et n’est pas classée Musée de France ". « Mais elle est classée Trésor national ! », insiste le petit-fils de Maurice Chapleur. Ce qui voudrait dire qu’elle ne peut, normalement, pas quitter le territoire français.

    Hier soir, la majorité municipale s’est prononcée en faveur de la cession. L’opposition, elle, a voté contre.

    Le bâtiment abritant le musée de la moto et du vélo va être loué, afin d’accueillir d’autres activités. Des négociations sont en cours avec des locataires potentiels, qui se sont montrés intéressés. Pour justifier cette vente, la municipalité évoque les coûts de fonctionnement du musée."

    Lisa LAGRANGE.

    € € € € € € € € € € € € € €

    La première chose qui saute aux yeux, c'est que cette collection n'est pas vendue : à 1,5 million elle est BRADÉE ! Achetée par la municipalité pour 1,295 million en 2000, le chiffre actuel ne tient même pas compte de l'inflation. Selon un calcul dont chacun peut trouver les détails  sur le vouèbe, le prix de l'année 2000 équivaut à 1,649 million de 2015.

    Au moment où les chiffres atteignent les sommets qu'on connaît dans les ventes aux enchères de motos (étrangères, il faut le préciser), il faut n'être au courant de rien pour accepter une telle offre. Ce qu'on ne peut évidemment reprocher aux membres du Conseil d'Amnéville. Par contre, on peut supposer que, de par son métier (dans l'immobilier...), l'acquéreur potentiel n'est pas dans la même ignorance de l'évolution des prix sur le marché de "l'occasion", qu'elle soit immobilière... ou "mobilière". M. le maire d'Amnéville, par ailleurs avocat de profession, a forcément les moyens de solliciter les avis de personnes qualifiées dans ce genre de transactions.

    En tout état de cause, selon l'offre potentielle, le prix moyen de chacune des pièces de la collection se situerait à environ 6 500 euros pièce. Il est possible que certains cycles vaillent moins (quoique ça reste à prouver...), mais les motos sont largement au-dessus de ce prix. Au minimum 10 fois plus et encore au delà pour beaucoup d'entre elles. Donc, quand on parle de braderie, c'est un euphémisme...  

    L'idée avancée par Xavier Dieudonné "l'opposant" devrait être étudiée plus sérieusement . Par exemple le prêt ponctuel à des musées ou espaces d'exposition des machines de la collection unique constituée par Maurice Chapleur.

    On imagine une sorte de musée itinérant qui pourrait commencer par s'installer à... Paris, dans l'Espace du 104 rue Curial, par exemple. La superficie disponible y a été suffisante lors d'une récente exposition pour recevoir une reconstitution de la maison ultra-moderne des Arpel, conçue par Tati pour "Mon Oncle" (photo ci-dessous). Le 104 semble avoir du mal à proposer des thèmes intéressants, en voici un tout trouvé et qui ne demande pas de gros investissements. La dernière fois que j'y suis passé, il y a longtemps, là où avait été montée la maison Arpel, le sol était entièrement recouvert d'une immense couche de pommes. Pas des "Pommes" de Cézanne mais des vraies pommes plus ou moins avariées, que semblait menacer une machine agricole (à cidre ?). C'est ce qu'on appelle une "installation" dans le milieu artistique... 

     "Installer" des motos Trésor National, dont certaines sont uniques au monde, ça ne ferait pas une belle affiche ?

    Les motos du musée d'Amnéville vendues !

     

     


    46 commentaires
  • Inconnues et inconnus

    HONNEUR TOUT D'ABORD à "l'étranger" qui nous transmet cette photo d'une machine de marque belge totalement inconnue à ce jour (j'ai mis des guillemets à "étranger", car le terme ne s'applique pas vraiment à Yves Campion car, bien que né belge, il fait depuis longtemps partie du paysage motocycliste français). À première vue, j'ai tout de suite pensé que Yves se berlurait avec cette Superior car il a existé une marque française de ce nom. Cependant un examen plus attentif de la photo montre l'inscription qui souligne la marque sur le réservoir : "Garcia - Bruxelles". De quoi dissiper toute ambiguité. Reste maintenant à tirer le fil de l'histoire autour de cette marque. 

    Inconnues et inconnus de 1895 (?) à nos jours

    La Superior française était en fait l'une des nombreuses cousines de la Deronzière. De celle-ci on connait aussi la réplique en Rupta (ou bien est-ce le contraire ?). En attendant peut-être d'autres découvertes sur cette famille célèbre pour son original allumage à rupture.

    Inconnues et inconnus

    ON S'ENFONCE un peu plus dans l'inconnu avec ce moteur tout esseulé. De type adaptable, il est de marque "Séron" et "Breveté S.G.D.G., mentions suivies d'un numéro de série sur le carter-moteur. Le carter allongé protége les pignons d'entraînement de la magnéto, une solution peu courante sur un moteur économique destiné à équiper une bicyclette.

    Inconnues et inconnus

    DE CHAMPROBERT est une noble personne que l'on retrouve parmi les premiers "constructeurs" qui se sont intéressés à la traction électrique des automobiles depuis la fin du XIXème siècle au début du XXème. Mais pas de trace concernant la motorisation par la vapeur hormis ce document. Réalisé par un photographe professionnel, il témoigne de l'intérêt que le sieur de Champrobert attachait à sa machine qu'il a voulu faire immortaliser ainsi. Pour notre plaisir et notre frustration de n'en savoir pas plus ! (Remerciements à K... pour la transmission de cette photo).

    Inconnues et inconnus

    LE FADA MASSALIA CYCLE TEAM compte parmi ses membres Frédéric A..., heureux propriétaire de cette petite vieille qui lui pose bien des questions. Et on le comprend ! 

    Inconnues et inconnus

    Moteur désaxé pour garder l'alignement de la poulie-moteur avec la poulie-jante sur la roue arrière. Pour ce faire, il a fallu fabriquer une autre douille de fixation car, d'origine, ce moteur devait être monté dans l'axe de la machine, quelle qu'elle soit.

    Inconnues et inconnus

     Frédéric suggère Hurtu pour la marque du moteur, mais le peu qu'on sait de ce constructeur ne révèle guère de points communs, et surtout rien à propos d'un refroidissement par eau. On peut d'ailleurs noter le curieux emplacement du radiateur, à un endroit où il est bien à l'abri des - bénéfiques - courants d'air !

    Inconnues et inconnus

     Spectaculaire et volumineux système d'allumage maintenu en place par un étrier qui a dû être destiné à fixer en place une magnéto sur une moto bien plus récente. Un demi-collier arrondi et une cale en coin (et en bois ?) assurent une sécurité relative.

    Inconnues et inconnus

    Le réservoir trahi par sa forme provient vraisemblablement d'une B.M.A. des années 20/30 et de plus, vu l'époque, il devrait être en cuivre, nickelé ou non. Par ailleurs sa contenance est bien trop grande pour une machine dont la conduite serait assez ... éprouvante au-delà de quelques dizaines de kilomètres. Frédéric précise que le moteur a été mis en route. Il ajoute "c'est chaud !", sans que l'on sache s'il s'agit de la température du moteur ou des sensations éprouvées alors par les protagonistes de la séance de mécanique qui a précédé.

    Cette machine, c'est certain, ne remportera jamais le 1er Prix dans la catégorie "Origine". Mais elle reste un témoignage des évolutions-transformations apportées à travers les années par des utilisateurs qui ont sans cesse cherché à l'améliorer. Savoir si c'est avec succès est une autre question... C'est son caractère unique de laboratoire ambulant qui lui donne son intérêt. Un prototype centenaire, après tout, ça n'est pas si courant.

    Inconnues et inconnus de 1895 (?) à nos jours

    Pour effacer quelques doutes, voici ce qui est connu de Hurtu dans la période "ancestrale" : une illustration d'un catalogue daté de 1902 (qualité "photocopie"). On y retrouve un tube d'échappement (si c'en est bien un) sur le côté du cylindre, et c'est bien tout ce qu'il y a de  commun avec le moteur de la machine de Frédéric. Le reste du catalogue concerne des bicyclettes et un châssis automobile destiné à recevoir un moteur de 6 à 12 chevaux.  

    Inconnues et inconnus de 1895 (?) à nos jours

    Photo contemporaine (!) du moteur d'une Hurtu plus récente, sans doute vers 1904/05 avec la marque du constructeur venue de fonderie. La soupape d'échappement est facilement accessible grâce à la "cloche" de fermeture de son logement, reprenant le système que l'on a connu sur certains moteurs du tricycle De Dion.

    Ce blog est la suite de zhumoriste.over-blog.com/ dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.

     


    1 commentaire
  • ienLes nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    La Vincent HRD de Rollie Free est abondamment présente sur le vouèbe, mais presque toujours photographiée du côté distribution. En cherchant bien, j'ai trouvé ce document  (www.ninjette.org) qui complète la photo parue dans l'article précédent sur le même sujet.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    LE GRAND RIVAL de Powell (voir article du 27 mars 2015), a été le Mustang qui, inutile de le préciser n'a rien à voir avec la Ford du même nom, ne serait-ce que par la cylindrée (2,6 litres à 4,7 litres pour la voiture). Coïncidence : la Mustang de Ford tire son nom de l'avion P-51, comme le Powell a été baptisé d'après le chasseur Shooting Star P-81.

    D'apparence semblable, avec leur fourche télescopique et leurs moteurs à soupapes "latérales" (logées derrière le cylindre) Powell et Mustang n'ont pas connu la même destinée. Le Powell apparaît en 1949 dans le paysage motocycliste, succédant à une lignée de scooters nés aux alentours des 1930. Pas d'implication apparente dans la compétition ce qui est tout le contraire de Mustang. Lequel est né en 1946 avec un 200 Villiers deux-temps, un "poumon" qui cède la place à un 320 cm3 latéral (puis 400) de fabrication maison. Soigneusement "tuné", il est engagé dans des courses typiquement étasuniennes, les scrambles ou T.T. races, qui mèlent piste et terrain de cross. Son pilote est Walt Fulton, jeune employé d'un concessionnaire Mustang et Triumph à San Bernardino, près de Los Angeles. En accord avec son patron, Fulton pourra courir sur des Triumph, mais à condition de débuter avec un Mustang (Triumph et Mustang avaient le même distributeur sur tout les États-Unis). Rapidement Fulton se taille une excellente réputation avec son "utilitaire" léger et à petites roues de 12'' qui lui donnent une maniablité que n'avaient pas les grosses cylindrées anglaises ou américaines qu'il affronte. Ses succès dérangent tellement qu'un nouvel article du règlement de ces courses impose une taille minimum des roues des machines. Cette taille ne devra pas être inférieure à... 16 ''.

    La chasse aux records est aussi un terrain où Fulton est présent avec son Mustang qu'il améliore sans cesse. Les 9,5 ch d'origine permettaient 90 km/h, mais à force d'affûter le bon vieux latéral, le chrono est grignoté, mile après mile dans les "speed trials", organisés sur les nombreux lacs asséchés autour de Los Angeles. En 1952, sur le Rosamond Dry Lake, c'est enfin la consécration avec un magique 100 mph obtenu dans la "position Rollie Free", mais sans adopter la tenue estivale de son illustre modèle (photo ci-dessus).

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    Dès 1951, Walt Fulton a obtenu de courir sur une Triumph, et il se dit qu'il a acquis sa virtuosité au guidon des Mustang. Apprentissage payant car il signe un fantastique coup d'éclat dans le premier Catalina Grand National 1951, la difficile course sur une île de rêve au large de Los Angeles. Le circuit d'une quinzaine de kilomètres emprunte des rues dans la ville d'Avalon, des chemins dans la forêt et traverse même un terrain de golf ! Dans la catégorie "open", celle des gros bras, Fulton part en 104ème position sur plus de 130 participants.  Au terme des 15 km du premier tour, il a déjà remonté une cinquantaine de concurrents et il continue sur sa lancée pour terminer premier avec une avance de quelques centièmes de secondes sur le second! 

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    Contrairement au Powell, le Mustang ne cessera d'évoluer avec un moteur qui arrivera à fournir 12,5 ch, toujours avec ses soupapes latérales mais disposées devant le cylindre. Doté d'une boîte 3 vitesses Burman (puis 4) il marquait ainsi une supériorité sur son rival qui, semble-t-il, resta fidèle à une mono-transmission par chaîne avec embrayage centrifuge. En fin de carrière, le Mustang reçut une suspension arrière oscillante à éléments séparés. Il subit également de nombreuses transformations d'ordre privé dont une version à moteur Triumph twin, une autre avec un B.S.A. Gold Star et même un 4 cylindres Ariel !

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    LE "VIRUS ROLLIE FREE" sévit toujours à Bonneville dans toutes les cylindrées et pour toutes les marques. Avec des résultats satisfaisants comme ici en août 1952 où une Velocette établit un nouveau record dans la catégorie 350 avec 192,910 km/h.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

     ... ce qui suscite des vocations d'amateurs, toujours avec une Velocette mais nettement moins affûtée que la précédente (KSS avec, semble-t-il, un haut-moteur de KTT ?).

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    Velocette est une source d'inspiration pour nombre d'amateurs, même s'agissant d'une bien calme flat-twin LE. À dire vrai, ici la vraie performance c'est d'avoir le courage de se mettre en maillot de bain sur une plage britannique, aussi ensoleillée soit-elle...

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    De plus en plus fort ! Ce que Rollie Free lui-même n'a pas osé faire, mais la catégorie "naked pilote" n'existait pas (ceci n'a rien d'un Poisson d'avril...). Photo Michelle Jean.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    On aurait aimé trouver cette jeune personne dans une tenue identique à celle du pilote précédent, mais nos recherches n'ont hélas rien donné. Il est vrai que, malgré la présence de ce plan d'eau dans le parc de Saint-Cloud, le décor n'est pas comparable à celui de Bonneville, ni la température. La machine est une Suzuki T20 (1966 ?). La photo provient des archives : fmd@moto-collection.org

    Les nombreux enfants de Rollie Free (suite)

    LES LÉGENDES ont la vie dure, "c'est même à ça qu'on les reconnaît", aurait dit un célèbre dialoguiste du cinéma. Les légendes se transmettent au long des générations et ont traversé les océans, bien avant l'apparition du vouèbe. Au lancement de sa Dream C71, Honda se sert d'une photo puissamment évocatrice, bien que son twin n'ait que peu de rapport avec la célèbre 1000 anglaise.

    Prochain article : D'autres clones (et clowns) de Rollie Free.

    Ce blog est la suite de Zhumeurs & Rumeurs dont les 375 articles sont toujours consultables, et gratuits, bien que ce blog soit désormais en sommeil.


    10 commentaires
  • Près de 70 ans après son exploit de septembre 1948, Roland "Rollie" Free fait toujours rêver et suscite régulièrement des imitateurs tant sa position a frappé les imaginations. Ce n'était pourtant pas une nouveauté puisque dans une course à Daytona, avant le guerre, il s'était déjà allongé de la même manière à l'horizontale sur une Indian. Pas de quoi remuer les foules étrangères à l'époque. Et puis l'Amérique c'était si loin ! En 1948, il en allait tout autrement et on avait appris à mieux connaître nos libérateurs. Sur l'Europe commençait alors à s'étendre le mirage américain qui allait nous apporter les "blue jeans", les Camel, le Coca-Cola®, le chewing-gum, les westerns, les McDonald's, les Harley-Davidson des M.P. et les Jeeps qu'on allait retrouver en Indochine puis en Algérie...

    Les nombreux enfants de Rollie Free

    PRÉSERVÉE jusqu'à nos jours, la 1000 H.R.D. de Free fait aujourd'hui la fierté de Chip Connor, un "billionaire" qui l'expose volontiers, comme ici dans le cadre du Quail Gathering, un concours d'élégance californien (Photo The Vintagent). À défaut de vous offrir la H.R.D. originale, qui n'est d'ailleurs pas à vendre, le sculpteur Jeff Decker en a réalisé une en bronze de 1 mètre de longueur et qui se vendait 18 000 dollars. Heureusement, Jeff a pensé à nous les nécessiteux et il propose un modèle plus petit (33 cm), et plus abordable à seulement 1000 dollars. Revers de la médaille, à ce prix ce n'est plus un modèle original puisque cette version est réalisée à 100 exemplaires. Dans le commerce de l'art, c'est presque de la grande série...

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    À Bonneville, Rollie Free himself encore tout habillé prépare un cocktail de sa composition pour alimenter sa machine (photo www.motorcyclemuseum.org). On est prié d'éteindre sa cigarette !

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    CETTE PHOTO et la suivante dormaient toutes deux dans mon ordinateur sans autre indication qu'une date, 1949, et un nom, celui de René Milhoux. Après enquête, il s'avère qu'elles proviennent des archives d'Yves Campion, gravement atteint de "Gilletite aigüe", mais néanmoins sensible à tout ce qui se passe, ou s'est passé, dans le motocyclisme belge. Car René Milhoux fut l'un des grands pilotes belges dont la carrière a commencé bien avant la guerre (la dernière...). Carrière couronnée de glorieux titres récoltés au guidon de Gillet d'Herstal puis de F.N. (pour les jeunes couches : F.N. c'est Fabrique Nationale, prière de ne pas confondre).

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    De gauche à droite : Paul Frère avec Delabarre, derrière un René Milhoux qui s'est contenté d'adopter la position de Rollie Free, mais pas sa tenue. Laquelle n'est pas sans évoquer celle d'un certain... Tintin  !

    Baptisé "le Diable blanc" en référence à sa combinaison en toile immaculée, René Milhoux battra de nombreux records pour le compte des deux marques belges. Par ailleurs, bien que spécialiste des circuits de vitesse, il remportera le Bol d'or 1928, catégorie sides 600, à bord d'un attelage Gillet. Il a terminé 4e au général, pendant que son co-équipier Vroonen (Gillet 500) devenait le vainqueur absolu de l'épreuve.

    Dans l'immédiat après-guerre, beaucoup de marques européennes vont se lancer à nouveau dans la chasse aux records. De défi politique (anglo-germano-italien) jusqu'à la fin des années 30, le record en vitesse est désormais devenu un enjeu commercial. Surtout vis-à-vis de l'Amérique du Nord, marché prioritaire pour les Britanniques. En Allemagne, ce sera une  preuve du redressement économique du pays (N.S.U.).

    Des pilotes individuels sont aussi de la partie, plusieurs Anglais bien sûr, dont certains visent le record de vitesse absolue. Par exemple, Noel Pope avec un 1000 JAP à compresseur qu'il testera à Montlhéry, ou encore Reg Dearden sur 1000 Vincent, également suralimentée. À l'autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, c'est aussi une 1000 Vincent que Russel Wright hissera brièvement (1955) sur la plus haute marche du podium de la vitesse absolue, record pulvérisé par N.S.U. l'année suivante.

    Les multiples catégories des records du monde homologués permettent à des pilotes plus réalistes de s'illustrer, tout en apportant une bonne publicité à telle ou telle marque. Paul Frère, qui deviendra le valeureux pilote auto a couru avec succès sur une 125 pour le compte de l'importateur belge des Puch. C'est une "S" (deux carbus) de cette marque que Milhoux pilotait dans une tentative contre le record 125 du mile lancé. Mission réussie lorsqu'il atteint 108 km/h de moyenne sur l'autoroute de Jabbeke, près Bruges, le 15 septembre 1949. Pas mal pour une 125 de 7,5 ch dont la sonorité des échappements en mégaphones devait la faire paraître bien plus "méchante" qu'elle n'était réellement !

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    L'AUTOROUTE Ingolstadt-Munich a été plusieurs fois le terrain de jeux des recordmen allemands, même dans les cylindrées les plus modestes. Le 12 avril 1951, c'est le Victoria FM 38 (Fahrrad Motoren), un deux-temps de seulement 38 cm3 qui s'y présente dans la catégorie 50 cm3 et sous un habillage en aluminium férocement travaillé par le marteau du chaudronnier. Son pilote est Georg Dotterweich qui a utilisé pleinement la leçon de Rollie Free, complétée de quelques rudiments d'aérodynamisme.

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    Avec 79 km/h, il détiendra le record mondial de vitesse sur le kilomètre lancé comme sur le mile. Début 1952, il est détrôné de peu par un 50 Cucciolo-Ducati piloté par Tamarozzi qui signait 80,436 sur le kilomètre. Presque en même temps, en Argentine, Vaifro Meo porte ce chiffre à 91,591 km/h. Sa machine, motorisée par un 50 Alpino de l'Écurie Perales, semble avoir été la première de sa cylindrée à utiliser un carénage totalement intégral, incluant le pilote. Celui-ci était enfermé dans un œuf oblong doté d'une dérive et perché très haut dans un léger cadre, "œuf" dans lequel le pilote était agenouillé !

     Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    LA NORTON MANX 500 est le choix de nombreux privés dont certains sont capables de faire bien des misères à des "officiels" dotés de machines d'usine. Auguste Goffin est l'un d'eux qui sera champion de Belgique à de multiples reprises. On retrouve aussi son nom parmi les acteurs du Continental Circus pour qui un record est toujours bon à prendre et permet de se signaler à l'attention des organisateurs de courses à travers l'Europe. Auguste Goffin le sait bien et va se tailler une place au tableau des records en 1952 avec sa Norton. Allégée de certains accessoires (son réservoir...) la Manx le propulse à 246,575 sur le km lancé à Wolvertem. Performance réalisée sans carénage et avec un monocylindre sans compresseur. Ce qui est tout à l'honneur de la machine et de son pilote si on la compare à celle de Wilhelm Herz, recordman de vitesse absolue à 290 km/h sur une bicylindre NSU  suralimentée, entièrement carénée... et préparée par l'usine.

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    UN MONSTRE DE PUISSANCE n'est pas absolument indispensable pour s'attaquer à un record. Ainsi, en 1921 une Norton à transmission par courroie et moteur à soupapes latérales atteignait déjà 148,767 km/h. Et longtemps les Harley et Indian, tout aussi latérales, se mesureront avec succès aux twins britanniques techniquement supérieures. Les soupapes "de côté" feront partie de la culture motocycliste (et automobile) américaine durant plusieurs décennies, et ça ne concerne pas que les deux gros constructeurs de motos qu'on connaît. À côté d'eux, avant et après la guerre, sont nés quantités de petites entreprises produisant des scooters, puis des motos de faible cylindrée. À vocation utilitaire, tous se déclinaient aussi en version trois-roues pour le transport de marchandises légères. D'où leurs moteurs à soupapes latérales, économiques, fiables, simples, sans changement de vitesses et s'accommodant d'un embrayage succinct. La marque la plus connue est Mustang (1946-1965) qui est aujourd'hui l'objet d'un véritable culte aux États-Unis.

    L'un de ses rivaux fut le californien Powell avec un modèle de 400 cm3 développant 8 ch. Devant les succès sportifs récoltés par Mustang - voir plus loin - il semble que Powell ait voulu se distinguer de son côté sur le terrain des records de vitesse. Ce qui donna naissance à la machine carénée ci-dessus. Joliment mise en valeur, elle ne semble pourtant pas avoir dépassé le stade d'une présentation à la Presse dont il ne reste que cette photo...

     Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    Pas de changement de vitesses en 1949 pour le 400 Powell baptisé P-81, une allusion directe au P-80 Shooting Star, le chasseur à réaction de Lockheed. D'après les historiens, le Mustang fut la première moto à utiliser une fourche télescopique. Le Powell n'était sans doute pas loin et n'a pas tardé à profiter de la leçon. 

    Les nombreux enfants de "Rollie" Free

    Il existe peu de documents sur le Powell qui eut cependant l'occasion de faire tirer le portrait de son P-81 en compagnie d'une immense vedette de l'époque : Humphrey Bogart ! L'acteur était censé se déplacer ainsi dans l'enceinte des immenses studios de cinéma à Hollywood...

    Prochain article : La suite de l'album de famille de Rollie Free.

     


    votre commentaire
  • On a un peu trop tendance à l'oublier, tant le terme est galvaudé, mais "vintage" est censé s'appliquer au vin, au BON vin, d'une année particulière. Par extension, est "vintage" ce qu'il y a de meilleur dans n'importe quel domaine. Pour les motos (et les voitures), ça n'a donc rien à voir avec la "piquette" qui nous est parfois présentée sous ce mot. On a même inventé le "néo-vintage" qui permet de classer tout et surtout n'importe quoi ayant plus de quelques années d'âge.

    Se maintenir dans le "vintage" en le voulant le plus vrai possible demande une vraie rigueur, au risque de froisser des susceptibilités, voire de créer des inimitiés imbéciles. Ce qui déclenche des petites vengeances minables sans profit pour les parties intéressées, et encore moins pour la moto (et la voiture) anciennes.

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

    L'équipe emmenée par Vincent Chamon, qui a mis une fois encore sur roues le Vintage Revival Montlhéry, pratique toujours la même rigueur dans le choix des machines "éligibles" à sa manifestation. Rien que de l'avant 1940, sauf machines d'exception. Cette politique ne semble pas mauvaise puisqu'elle présente - hélas, tous les deux ans seulement - ce qu'il y a de mieux en deux roues. Également en trois et quatre roues pour les malheureux qui ont besoin de ces "béquilles" pour tenir en équilibre. Attitude payante puisque les différents plateaux qui composent le programme sont tous complets, à l'exception de celui des motos d'avant 1919 auquel l'inscription est gratuite. 

    Un petit échantillon de ce qui vous attend les 9 et 10 mai prochain, aussi bien en voitures (pas de sectarisme) qu'en motocyclettes.

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

    En 2013, les Tchèques nous ont épatés avec leur reconstruction d'une Torpedo 4 cylindres en éventail et d'une Laurin-Klement 4 cylindres en ligne. Cette année Pavel Malanik a fait encore assez fort en ressuscitant une étonnante culbutée à moteur J.A.P. à deux cylindres seulement, mais en V à 90 degrés et totalisant la bagatelle de 2714 cm3  soit 120 mm d'alésage et idem de course ! Née Matchless vers 1906, cette 16 HP passa ensuite chez N.L.G. (North London Garage) qui s'empressa de la rendre plus utilisable en montant le J.A.P. dans un cadre double-berceau et en étayant la fourche arrière par un troisième tube. Malgré quelques bons chronos (1909), elle ne convainquit guère. On vit ensuite son moteur sur un aéroplane puis sur un cyclecar, après quoi on perd définitivement sa trace. Cependant, si l'on en croit le site www.go-faster.com/VeteranMotorCycleTheFastest.html le J.A.P. aurait été construit à 3 exemplaires. Un filon à creuser ?

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

    Jean-Maris Guivarc'h, artiste attitré du Vintage RM, a aussitôt immortalisé l'engin avec son habituel talent, ajoutant une touche féminine qui contraste violemment avec les réactions que l'on imagine être celles d'un J.A.P. de presque 3 litres !

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

     Suspension oscillante à l'arrière, pendulaire à l'avant, la Motorette Terrot n° 3 à soupapes latérales était une machine moderne en 1914. Son excellent état d'origine témoigne du soin dont elle a bénéficié dans sa traversée du siècle.

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

    Le cyclecar Alcyon et ses cousins Armor, Labor, témoignent des travaux de l'Ingénieur Marcel Violet, apôtre du moteur deux-temps. Celui qui équipe cet Alcyon 1924, comme les autres cyclecars, est un 500 flat-twin refroidi par ailettes. L'autre représentant encore "vivant" des engins motorisés par M. Violet est l'originale - ô combien ! - SEVITAME, moto bicylindre parallèle de la fin des années 30 et qui devait équiper nos armées.

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

    C'est d'Allemagne, du Musée d'Hockenheim, et non d'Italie que nous vient ce petit bijou de mécanique transalpine, une Benelli 175 simple ACT de 1929. Dérivée de ce modèle, une double-arbre 175 conquit plusieurs titres en Championnat d'Italie, pilotée par "Tonino", l'un des six fils de la famille Benelli.

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

     Une Koehler-Escoffier, la 500 "Mandoline" culbutée qu'on ne présente plus mais que l'on se doit d'admirer, surtout dans ce magnifique état d'origine.

    Vintage Revival à Montlhéry : c'est pour bientôt !

    Comme toutes les marques britanniques, New Imperial participa intensément et régulièrement au Tourist Trophy. Surtout en catégorie "Lightweight" (250 cm3) où elle remporta la victoire en 1924 puis 1926 ainsi que de nombreuses autres places d'honneur de 1913 à 1950. La catégorie 350 (photo d'un modèle culbuté de 1934) lui fut moins favorable, surtout lorsque les ACT de Norton, AJS et autres Velocette entrèrent dans la danse. Dans un autre domaine, New Imperial mérite une mention particulière pour avoir été la première marque britannique à présenter une 250 avec bloc-moteur, c'était en 1932.

    Vintage Revival à Montlhéry : les vraies anciennes !

    Le cyclecar est né anglais mais il a rapidement fait tache d'huile (Arf ! c'est involontaire, je le jure !) dans toute l'Europe, comme on sait. Souvent issu d'une liaison coupable entre l'automobile (ses 4 ou 3 roues, sa carrosserie) et la moto (tout le reste) il a produit quelques petites merveilles d'ingéniosité. Ainsi en Autriche où, vers 1929, Alois Schasche, importateur Saroléa dans le civil, s'est construit son cyclecar propulsé par un moteur 500 culbuté Saroléa.  Jusqu'ici, rien de très original, mais là où notre Alois se distingue, c'est dans l'emplacement choisi pour ce moteur : à côté du pilote, quasiment sous son nez, à peine décalé vers l'extérieur.  

    Vintage Revival à Montlhéry : les vraies anciennes !

    Cette disposition n'a rien de fantaisiste car elle permet de se passer d'un coûteux différentiel puisque la transmission se fait par une chaîne qui entraîne la seule roue arrière gauche !

    Vintage Revival à Montlhéry : les vraies anciennes !

    L'idée a fait long feu, assez longtemps pour renaître 30 ans plus tard avec le Rollera monoplace à trois roues et carrosserie plastique, déclinaison du Brutsch allemand. Présentée au Salon de Paris en octobre 1958 (photo), cette version "française" sous licence était équipée du 100 A.M.C. deux-temps horizontal à 3 vitesses.

    Pour toute question subsidiaire, on se reportera avec profit au site de l'organisation du Vintage : http://www.vintage-revival.fr/

    Zhumoristenouveau est la suite de Zhumeurs & Rumeurs dont les 375 articles sont toujours consultables bien que ce blog soit désormais en sommeil.

     


    2 commentaires