Spectacle irréel que de voir voler une moto à hauteur d'un 4ème ou 5ème étage d'immeuble.
C'est sans doute grâce à une intercession de Jeanne d'Arc que le trial a pu faire son entrée dans Paris, et très précisément sur le parvis de la Basilique du Sacré-Cœur dédiée à la bergère lorraine et édifiée pour punir les Parisiens de leur attitude durant la Commune. L'intervention (divine ?) avait été précédée d'une autre puisque le trial urbain a vu le jour à Lyon en 1987 sous la houlette ecclésiastique du Père Mario, un curé passionné de trial en équipe avec Bernard Drevet (*). De là à invoquer une influence quasi-divine due à la bienveillance de Jeanne d'Arc dont la statue équestre protège les lieux...
C'est donc en novembre 1989 que plus d'une soixantaine de trialistes étaient rassemblés autour du monument montmartrois aussi historique que touristique. Ce dernier détail pouvant être un obstacle à une épreuve dérangeante pour la tranquillité des habitants et des touristes, la mairie avait directement pris les choses en mains. Sous la baguette du journaliste Claude Lambert, chargé des Sports de la municipalité du XVIIIè
arrondissement, divers clubs parisiens et la Ligue de l'Ile-de-France présidée par Jacques Bolle avaient apporté leurs concours et leurs bras pour créer un parcours avec des "zones" à travers les rues et ruelles pavées du quartier. Sans parler des célèbres escaliers de la Butte ("si durs aux miséreux"... Merci, Jean Renoir), obstacles aussi périlleux à escalader qu'à dévaler tout schuss sur deux roues.
(*) Bernard Drevet est aujourd'hui Président du Trial Club de Jonage et Président de l'Association des Anciens Coureurs Motocyclistes.
Au nom de la municipalité du 18ème, Claude Lambert (au centre avec derrière lui Jean-Pierre Nicol, conseiller municipal) accueille l'équipe de France et deux acteurs italiens du Championnat du Monde de trial, Donato Miglio (n°6) et Renato Chiaberto, tous têtes d'affiche de cette journée historique. Le n°2 est Pascal Couturier.
Les bobineaux pour câbles de l'EDF étaient utilisés afin de créer des obstacles artificiels, de même que des empilements de palettes en bois qui venaient s'ajouter au "naturel" des escaliers et des larges plans pavés et inclinés à 35° qui les bordent.
Le marquage au sol limitait les figures de style, empêchant le pilote de choisir une meilleure trajectoire. Conseillés par le trialiste Pascal Couturier, le parcours avait été tracé par des trialistes de clubs, ponctué de zones sélectives.
L'enchaînement des difficultés fait tout le "plaisir" du trial comme ici où une montée d'escalier précède à 90° une "butte" de palettes. Thierry Michaud (Fantic 305) est attentivement surveillé par la concurrence.
Haut-lieu de la Butte Montmartre, la zone du Funiculaire avait attiré une foule pas avare d'applaudissements lorsqu'un pilote réussissait un sans-faute. Le numéro 3 sur une Beta (Chiaberto ?) se hisse sur une palette et se trouve d'abord face au vide, mais...
... il doit sortir sur sa droite et faire effectuer un 90° à sa machine sur place, effectuant des sauts de cabri en comprimant et délestant les suspensions extrêmement souples.
Encore Thierry Michaud (?) qui se classera 2ème avec 9 points derrière le vainqueur Donato Miglio, 7 pts. Venaient ensuite Renato Chiaberto (14 pts), Philippe Berlatier (15 pts), Pascal Couturier (16 pts) et Thierry Girard (18 pts).

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