LES TEMPS sont à la bicyclette, vous avez remarqué ? Électrique ou musculaire, les gazettes s'emparent du sujet, quel que soit leur "créneau". L'hebdomadaire ELLE, toujours en pointe ne voit que des avantages à la pratique de la "petite reine" mais a néanmoins un peu de mal à accorder l'illustration avec le texte qui s'y rapporte. Résultat, le "vélo canon" présenté ici est devenu une Mobylette, selon la définition que chez Motobécane son promoteur, Charles Benoit, donnait de la machine qu'il avait rêvée dans les années 30 : "Une bicyclette munie d'un bon petit vent arrière soufflant en permanence".
Ici, le "petit vent" en question est fourni par un moteur dont apparaissent les ailettes du cylindre devant la cuisse (musclée) de la demoiselle. En cherchant dans le ouèbe, on découvre ce moteur et la machine tout entière qui est bel et bien un cyclomoteur. Plus exactement un ensemble de tous les éléments pour motoriser une bicyclette, laquelle n'est pas fournie. On en revient au bon vieux temps des vélos à moteur auxiliaire, mais en moins onéreux et, on l'espère, en plus fiable.
Il ne faut pas en demander trop à un accastillage qui vient de Chine (via Hambourg) avec livraison gratuite, le tout pour 80 à 90 euros selon la cylindrée désirée de 50 ou 80 cm3. (Photo à gauche via econologie.com/forums)
COMME JE VOUS SAIS AVIDES de nouvelles fraîches concernant la mode motocycliste, mais n'étant pas invité aux défilés de la haute-couture, j'ai parcouru quelques sites présentant les créations pour la saison 2017. Bien m'en a pris car j'ai découvert quelques pépites à votre intention (note à benêt : j'espère que vous avez remarqué cet usage de "pépite" qui se répand comme la vérole dans le milieu journalistique. Au même titre que mitan devenu "tendance" façon vieux français et qui jusque il y a peu ne s'appliquait qu'au milieu des malfaisants, dans l'argot des Albert Simonin ou Alphonse Boudard).
Donc il y a "pépites" chez plusieurs grands de la couture qui semblent inconsciemment travaillés par le syndrome motard. Chez Givenchy, c'est le blouson en peau retournée qui vient en droite ligne de celui des aviateurs anglais et américains de la Seconde guerre mondiale. Et qui retrouvera la faveur de nos blousons noirs des années 50. Un autre propose un manteau en tweed dont les manches en cuir matelassé sont empruntées à un blouson de cuir (à droite ci-dessus).
Enfin, sachez que vous pouvez désormais vous présenter au travail en combinaison aussi intégrale qu'imperméable (photo centrale). À la moindre remarque désobligeante, il vous suffira de lancer un "c'est une Balenciagga" pour clouer le bec à vos détracteurs. Aux réunions de votre conseil d'administration le pardessus (de banquier, précise une fashionista) est vivement conseillé mais accompagné de bottes motocyclistes...
... de vraies bottes de moto-cross à l'ancienne (pardon : vintage) avec des courroies partout et des ferrures qui empêcheront vos rivaux de vous marcher sur les pieds. C'est encore de chez Balenciagga qui doit avoir ses entrées chez Sidi ou Gaerne. À peine plus légères, celles du milieu ci-dessus sont de Yamamoto.
Le même s'est autorisé une petite fantaisie avec ce magnifique barbu tout juste descendu de sa bergerie sarde. Aucun rapport avec la moto, bien sûr, tout comme les quelques photos suivantes qui montrent que la haute-couture sait faire preuve d'humour...
Le décapsuleur de "Kro" (ou Coca) fait figure de bijou sur un mannequin... Vuitton ! Il est vrai qu'il fait souvent très chaud dans les présentations de mode et il est prudent d'avoir sous la main l'outillage de premier secours. Pourtant, s'agissant de Vuitton, les boissons de ce groupe (LVMH, rappelons-le) se débouchent à la main : Moët & Chandon, Veuve Cliquot et autres Krug...
Ça n'a pas l'air très sérieux et pourtant ça l'est ! On commence à gauche par Rick Owens avec le modèle "Je dormais chez une copine et personne ne m'a pas dit que la séance était avancée, alors je n'ai pas eu le temps de me maquiller ni de me coiffer !". Thom Brownes est, lui, un admirateur d'Harold Lloyd, l'acteur comique américain à l'éternelle tête d'ahuri (au centre). Le costume ressemble à ces planches sur carton à découper qui détaillent les pièces à coller pour construire une voiture, une moto, ou bien un personnage entier. C'est encore au cinéma que Walter van Beirendonck est allé chercher son inspiration, plus précisément dans une scène où Jerry Lewis s'essaie à la musculation dans un club de gym... place aux images (Dr Jerry & Mister Love).
LA POSITION "EN LIMANDE" est universellement connue car popularisée par un certain Rollie Free à Bonneville (Hamburgerlande) qui n'a pas cessé de faire des petits depuis son exploit en 1948. Voici donc ce que j'ai rapporté dans mon cabas sur le sujet au cours de mes derniers mois de flâneries sur le ouèbe.
On commence par du très classique avec cette Matchless 250 Type CSR mono culbutée (ou 350 G5 ?) menée par un pilote britannique en très légère surcharge pondérale. Typique de l'évolution de la machine anglaise des années 60 où, sous la pression du succès du scooter, on se préoccupe de la propreté : garde-boue plus enveloppants, chaîne secondaire sous carter protecteur, ici absent ( Photo Mark Nolan - Classic Motorcycle Community)
Avec un scooter, ça marche aussi (Lambretta) quoique le modèle soit un peut trop habillé pour un record de vitesse. Photo à l'occasion de la sortie du 3 millionième exemplaire ?
Voilà une tenue bien meilleure pour ce qui est de la pénétration dans l'air, même si la position n'est pas très orthodoxe (Lambretta).
Là, on frise le "sans faute", et Rollie free est dépassé. Même si l'on n'a jamais su si les disques ajourés autour du frein avant de cette twin AJS apportaient une quelconque amélioration à l'aérodynamisme (Model : Jemma. www.flickr.com/photos/kernocopia)
(À suivre car j'en ai encore sous le coude)
AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre de photos "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 euros - port compris - fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse).Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr
Des trois autres livres consacrés à "La Motocyclette en France", le volume sur la période "1894 - 1914" est totalement épuisé ainsi que le deuxième sur "1914 - 1921". Seul le troisième traitant les années 1922 à 1924 est encore disponible. 55 euros port compris (Plus amples informations sur janbour@free.fr)