Spécialiste respecté dans notre monde de la moto ancienne, Claude Scalet passe pas mal de temps en Italie où il a de nombreux amis. L'un d'eux est propriétaire d'une machine assez rare puisqu'il s'agit d'une Moser monocyclindre de 1910/12 environ sur laquelle il aimerait avoir quelques détails. Il n'est pas dans les habitudes de ce blog de répondre à des sollicitations individuelles. Sauf si elles peuvent rendre service à plusieurs lecteurs à la fois. D'autre part, la documentation sur les Moser semble plutôt rare et il se trouve qu'un catalogue millésimé 1911 et bilingue est arrivé entre mes mains. Comme il y a peu de chance que l'occasion de l'utiliser se représente à l'avenir, en voici les plus succulents extraits et, espérons-le, les plus utiles.
1000 excuses à Claude Scalet et à son correspondant transalpin, mais son mail s'est évaporé de mon ordinateur (si, si, j'insiste, évaporé !).
Dès les premières pages, l'usager est averti de ce qui l'attend, mais à l'époque c'était l'usage. L'habitude a persisté jusqu'à nos jours, mais le conseil se résume assez souvent au rituel "Prendre contact avec votre concessionnaire habituel"...
... "démonter alors l'un après l'autre et non tout à la fois le carburateur ou les bougies"... quel judicieux conseil si souvent ignoré !
Entre le Motocyclette trop banal, le Motosacoche déjà pris comme le Moto Rêve, c'est le nom Motoclette un peu bancal qui fut choisi, mais sans donner de postérité.
Les armes de BSA sur le pédalier signent sans doute aussi le reste de la partie-cycle fournie par la marque britannique dont c'était une spécialité. Pas d'explication sur les lettres BM qui suivent le logo Motoclette. Peut-être "Bicyclette à Moteur" ? Autre curiosité qui confirmerait un ensemble adaptable sur toute bicyclette, le minuscule réservoir d'huile fixé au tube de cadre sous la colonne de direction.
Comme sur les bicylindres de la marque, la distribution du mono est à soupapes latérales (commandées)alimentant un cylindre de 72 mm d'alésage x 78 de course. On trouvait déjà cette moderne avancée technique sur les modèles de 1909 (ou avant ?), ce qui n'était pas encore le cas chez de nombreux constructeurs, dont les français fidèles à la soupape automatique.
Signe que les bicylindres étaient en faveur chez Fritz Moser, deux pages seulement décrivent la monocylindre contre cinq pour les bicylindres, y compris un étonnant tandem à double direction.
Les bicylindres reçoivent le traitement "grosses motos" avec un cadre simple berceau, un freinage à bande sur la roue arrière. Le réservoir d'huile semble avoir trouvé sa place "raisonnable", incorporé dans celui du carburant.
Une étape est franchie avec ce qui est sans doute la plus grosse des bicylindres en 9 HP (700 cm3). Machine basse et empattement plus long procuraient une position plus sure et plus confortable.
La fourche avant suspendue sur balanciers est d'un type que l'on rencontre aussi chez la concurrence suisse de l'époque. Un frein à patin s'applique dans la poulie de transmission. Au-dessus de la pédale on distingue une petite poulie-roulette qui permettait de tendre ou détendre la courroie afin d'obtenir un semblant de débrayage. Le pédalier n'est plus un BSA. Curieuse position de la pompe à huile manuelle fixée horizontalement sur le réservoir.
La réputation suisse aidant, les moteurs Moser séduiront plusieurs autres constructeurs européens et au moins un britannique (AKD).
À la veille de la Première guerre, Automoto monta également le Moser bicylindre à soupapes latérales. Cependant, c'est avec Dollar qu'il s'affirmera en France au début des années 20 avec un 175 à culbuteurs qui lança la marque.
AVIS AUX AMATEURS : J'ai remis la main sur une dizaine d'exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 euros - port compris - fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse). Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr