Régulièrement l'interdiction du stationnement des motos sur les trottoirs parisiens est à l'ordre du jour. Il doit en être de même dans les autres grandes villes de province - vous avez remarqué, on ne dit plus "en province", on dit "en régions", comme si province était devenu un mot péjoratif, comme le paysan qui est aujourd'hui exploitant agricole... Est-ce qu'à l'école, lorsqu'on demande à un petit Auvergnat la profession de son père il répond "exploitant agricole" ? - Bon, revenons à la moto... Béquiller sa machine sur le trottoir, c'est pas bien (pourtant les anglaises incontinenentes ont disparu. Wouaf !), on le sait, mais comment faire autrement alors que dans la capitale il y a 150 000 deux roues en circulation pour 40 000 places !
On reparle donc de réprimer une pratique selon un rituel qui revient à la surface depuis des décennies. C'est avec la renaissance de la moto, vers les années 80, que le problème a commencé à se poser à nos édiles municipaux. Et aussi policiers car à Paris c'est au Préfet de Police de régler ce stationnement qui lui colle aux pattes, tel le sparadrap du Capitaine Haddock.
Dernière décision en date, le 13 mars 2008, une note du Préfet Michel Gaudin enjoignait à ses agents de tolérer les motos sauf : aux entrées d'immeubles ; au droit des bouches d'incendie ; sur les pistes cyclables ; au droit des passages piétons. Il précisait aussi de "faire preuve de discernement dans l'action de verbalisation".
En remontant le temps, on trouve des décisions semblables, émanant toujours du Préfet en place. Janvier 1995 : Philippe Massoni annonce au Conseil de Paris "une sévérité accrue des forces de police contre les deux-roues qui confondraient la rue et les espaces qui restent encore au piéton" (Libération, 4 janvier 1995). Pas avare de contradictions, le même Philippe Massoni souhaitait en février 1994 "... qu'il y ait davantage de deux-roues et moins de voitures. On circulerait beaucoup mieux".
En juillet 1991, on apprenait que "La chasse aux deux roues va être ouverte dans la capitale" (Le Monde, 10 juillet). Selon le Préfet Pierre Verbrugghe :" Leur stationnement anarchique sur les trottoirs, dans la rue et les zones piétonnes nécessite le recours à des enlèvements adéquats". Il demande donc à passer un marché avec les entreprises spécialisées dans l'enlèvement de ces véhicules.

La question ne va pas trouver de solution instantanée, mais il y a un point sur lequel nous pouvons agir : celui du respect de quelques règles de bon sens que beaucoup méprisent souverainement. Exemples de ce mépris, récoltés au hasard de déplacements dans Paris.
Sous le porche de l'Hôpital Rothschild (rue Santerre, XII ème). À l'arrière-plan se trouve un parking réservé aux motos... Mais c'est loin, de l'autre côté de la rue...
... alors que sur le parvis, à quelques mètres, se trouve ce panneau d'interdiction.
Bandes blanches délimitant l'emplacement, empiètement sur le trottoir : illustration du style "Je-suis-garé-comme-une-merde,-ça-vous-dérange ?". Sans vouloir dénoncer, c'est un 125, probablement sans permis-moto...
Pour moi c'est l'imbécilité à son sommet, la plus parfaite. Et aussi la plus dangereuse, pour lui et - surtout - pour les autres. 1er temps : il s'arrête pour téléphoner. 2e temps : son copain arrive, en voiture et se gare près de lui. 3e temps : deux sublimes connards en pleine discussion (cliquer sur l'image pour mieux les admirer).
Devant l'entrée de l'Hôpital Tenon (côté avenue Gambetta)
Comme disait une publicité B.M.W. : "Montre qui tu es".
À côté de chez moi, il est resté sans bouger de place pendant tout un mois de vacances en août/septembre.
Celui-ci, je l'aime bien, il a frôlé le premier prix, mais il y a eu le "téléphoniste" du carrefour. S'arrêter là aussi pour téléphoner (la vérole du XXIe siècle !), et à contre-sens de la circulation ! C'est comme ça que le deux-roues se fait une bonne réputation...
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