Dans les cartes postales les plus allusives des années 20/30, on a connu des séries dont "La façon de manger les asperges" ou encore "Comment déguster la banane", toutes s'adressant aux femmes, on l'aura deviné (tas de p'tits vicieux !). Rien dans tout ça à l'intention des hommes et il a fallu attendre le XXIème siècle pour que quelqu'un y pense enfin (ci-dessus) avec ce qui pourrait être "L'art de choisir une aubergine".
Rappel pour les ceusses de moins de vingt ans qui n'ont pas pu connaître ces fleurons de l'esprit gaulois (ci-dessus et ci-dessous) qui faisaient rire nos grands et arrière-grands pères.
On doit la version "aubergine" à Charlie Engman, un photographe anglais plutôt spécialisé dans la mode mais avec une touche personnelle complètement foutraque. Ce qui est déjà une prouesse dans ce monde bien fourni en foutraqueries.
Ainsi, lorsque la moto apparaît dans ses œuvres, ça n'est qu'à titre de faire-valoir mais ce n'en est que plus intrigant, entre punk et surréalisme (On lui saura gré d'avoir évité la Harley tellement tarte à la crème chez ces messieurs de la créativité).
Photo pour une marque de casques ? Un fabricant de blousons de cuir ? De canapés ? Et si c'était juste pour le plaisir... (à retrouver sur
www.charlieengman.com)
Les youngtimers, hipsters, kustomiseurs (ah ! que ça c'est beau!) et autres bricoleurs de pansements d'amiante ont du souci à se faire. Une nouvelle vague venue du sud-est asiatique se profile, qui va leur donner quelques angoisses dont exemples ci-après recueillis par le ci-devant Vit Hasek globe-trotter de son état.
Dans cette partie du monde asiatique, les animaux de trait comme le cheval, le mulet, l'âne, les bœufs ou le buffle ont fait place au scooter. Celui-ci est en grande majorité d'origine chinoise, plus ou moins construit sous licence, mais il n'a cependant pas chassé l'indestructible Vespa (licencié lui aussi ailleurs qu'en Inde ?).
Les vestiges du tablier attestent que l'on est bien en présence d'un Vespa. Pour ce qui est du reste...
Assaisonné à toutes les sauces, y compris les plus épicées, le Vespa a ses fans en Indonésie (Sumatra, Bornéo, Java) qui n'hésitent pas à lui infliger les pires sévices dont le moindre est de l'étirer, le dépouiller, l'abaisser tout en lui ajoutant... des roues. Mais pas seulement dans une version sidecar "banale"...
... car, ne respectant rien, ils inventent le sidecar Vespa "Mille pattes" gros calibre, ci-dessus et ci-dessous, entièrement recarrossé selon l'esthétique militaire.
On peut néanmoins se demander si le guidon style "ape hanger", pompé sur les choppers américains, n'induit pas quelques menus errements de trajectoire.
Une version plus modeste du "mille pattes" avec cette fois un guidon presque normal.

Pour certains, ce guidon n'est vraiment qu'un accessoire et la meilleure preuve en est que l'on peut très bien le "lyophiliser", sans doute en reportant au(x) pied(s) les commandes manuelles. Évidemment, ce qui tire le plus l'œil sur ces photos (ci-dessus et ci-dessous), ce sont des roues aussi jumelées que leurs pneus sont usés.
Ces machines sont de véritables caravanes "décapotables" car dans un pays aussi humide, il faut pouvoir se protéger des pluies parfois violentes. D'où un dais plus ou moins imperméable afin de rester au sec avec son compagnon de voyage, ici un petit singe.
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Sans doute sans le savoir, ces jeunes gens rendent ainsi hommage à George Brough (ci-dessus), l'un des constructeurs les plus "mythifiés" de l'histoire motocycliste ! Dès 1931, sa Brough-Superior "Four" à moteur Austin 4 cylindres avait ouvert une voie qui allait s'avérer sans issue. Un peu timide, G. Brough n'avait jumelé que les roues arrières de sa créature. L'étape suivante était d'appliquer la formule à la roue avant, étape franchie dans les années 40 par le Volugrafo italien à usage militaire.
Imprenable vue d'oiseau d'aigle sur une Brough "Four" attelée, ce qui était sans doute la seule utilisation justifiant le jumelage des roues arrière. Par ailleurs aussi luxueuse que moderne (bloc-moteur multicylindres avec marche arrière, refroidissement liquide, transmission par arbre), elle n'arborait pas la fourche avant Castle de modèles ultérieurs mais une simple Druid à parallélogramme.
Le pont serré entre les deux roues est constitué d'engrenages à taille hélicoïdale, gage de fonctionnement silencieux et de longévité. Sur les 10 exemplaires de cette "Four" construits de 1932 à 1934, on compte 8 machines survivantes dont quelques épaves vite restaurées au vu de leur valeur marchande actuelle...
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Puisqu'on parle gros sous, ne vous fiez pas à l'aspect "destroy" de ce jouet. Revisité par l'artiste allemand Dieter Roth (1930-1998), il vaut bien plus que sa valeur en chocolat ajouté. Car c'est bien ce dérivé de la fève de cacao qui dégouline sur cette moto-jouet mécanique qui se trouve encore pour quelques euros sur certains marchés de plein air.

Revu par l'artiste, ce banal joujou vaut une milliasse d'euros (la galerie où il est en vente annonce d'ailleurs : Prix sur demande). Sur sa lancée, D. Roth a réalisé cette "Course de motos" noyée, là encore, dans le chocolat comme d'autres œuvres dans cette matière. En particulier une monumentale "tour" formée de 2000 bustes de l'artiste d'une conservation aléatoire non garantie... Cette passion pour le chocolat, matière éminemment fragile s'explique sans doute par les origines de Roth : sa mère était Suisse.