COMMENTANT l'escapade de sa fille sur le tan-sad de la Terrot
de son amoureux, Marcel Pagnol faisait dire au père de la petite, l'immense Raimu, cette mémorable sentence : "Parce qu'une motocyclette, ça n'a l'air de rien, mais ça peut emporter le bonheur d'une famille" (in La Fille du puisatier). Il aurait pu ajouter : "Le bonheur et aussi l'avenir d'une famille" car on était alors dans une époque où la contraception se pratiquait de façon barbare, à l'aiguille à tricoter, l'épingle à chapeau, la tringle à rideau (!) ou bien, effectivement, par un tour sur le tan-sad d'une moto ! La méthode faisait partie des "recettes" que se passaient les femmes dont la moins dangereuse n'était pas un passage, à l'issue parfois mortelle, chez la sinistre "faiseuse d'anges" qui pour ça risquait les assises et donc la guillotine... (ci-dessus, jaquette du livre illustrée par Sempé)
Il faut dire qu'avec une selle pareille, la démonstration n'en est que plus éclatante ! La page entière extraite d'un magazine hebdomadaire généraliste se trouve en bas à droite.
Grâce à la pilule, ces temps obscurantistes ont disparu (pas partout, hélas !) et la motocyclette est devenue un auxiliaire dans la gynécologie. Non pas de l'avortement, mais dans un remède aux petites misères féminines des lendemains d'accouchement.
Si vous êtes un homme et que vous n'avez pas d'idées sur la question, demandez à Maman de vous expliquer. Les filles, plus
fûtées que les gars, sont déjà au parfum. La moto - oui, on est parti de là - la moto est aujourd'hui un précieux indicateur de la qualité d'un produit qu'il est ainsi possible de tester /propositions (c'est du latin, c'est pas cochon). Dans des temps anciens, révolus eux-aussi, l'essai d'une moto permettait de détecter les fuites possibles d'un moteur ("surtout sur les anglaises", entends-je couiner dans le fond de la salle, près du poële, et c'était pas complètement faux). Aujourd'hui on pourrait tester aussi les utilisateurs eux-mêmes parce que - ne rigolez pas les gars - les "fuites" en question frappent aussi les hommes. Et pas que les vieux hommes si l'on en juge par cet extrait d'une publicité (ci-dessus, à gauche). Le texte est ambigu car dans "Aidez-les", ce "les" ne précise pas ce qui est concerné, ni qui parle ainsi. Si c'est un homme, c'est direct, précis, factuel. Si c'est une femme, toutes les suppositions/propositions sont possibles, y compris les plus... romantiques.
AU CIMETIÈRE des photos loupées, il y a les superpositions involontaires, l'ombre du photographe sur le sujet, le flou, la tête coupée du personnage, un décor ridicule, etc. Il y a aussi le sujet bancal en travers sur un côté, victime d'une trop forte pression sur le déclencheur. Souvent considérée comme raté, ce genre de photo est à nouveau pratiqué et par les plus grands chevaliers du Kodak, au point de devenir comme une épidémie. La preuve en quelques images glanées à travers la presse imprimée...

Clémentine Melois (écrivaine, plasticienne et oulipienne) en travers et en lévitation dans le quotidien Le Monde. (photographie par la portraitiste Annabelle Lourenço)
Josh et Benny Safdie, cinéastes, à Cannes (photographie de Stephane Vanfleteren pour Le Monde)
Stephane Vanfleteren frappe à nouveau dans Le Monde , choisissant un confrère pour sujet, le photographe Raymond Depardon, ici dans le rôle de l'arroseur arrosé.
Autre travers qui ne doit rien à la photographie mais tout à la nature. L'artiste Julien Berthier a déplacé le centre de gravité de ce bateau abandonné et que son propriétaire lui a cédé. Ensuite il en a modifié la coque puis l'a motorisé pour qu'il puisse "naviguer" dans cette position. Il était au mouillage dans la rade Vauban cet été au Havre.
Vu hors d'eau pendant une mise en place, on comprend mieux comment le "LOVE LOVE" de Julien Berthier peut se déplacer tout en gardant sa position insolite (Photos Julien Berthier).
Finalement, cette idée du "travers" n'est pas si neuve que ça comme le montre ce cliché signé Peter Webb (1971) d'une équipe de musiciens assez connus... Mais il est probable que les pionniers de la photo ont expérimenté ce "gag" dès leurs premières expériences.
Ça existe aussi en moto, on ne va pas s'en priver ! Une Greeves - freins à tambours - lors de l'épreuve finale d'accélération-freinage aux Six Jours Internationaux de Trial en 1964.
GRIBOUILLE Gribouille et Cafouille sont dans un bateau. Gribouille dit à Cafouille : "Tu sais qu'en février 2018 la prime de 200 euros (jusqu'à 400 euros à Paris...) à l'achat d'un vélo électrique sera supprimée ? C'est dans le projet de la loi de finances établi par le gouvernement et le ministre des Comptes publics l'a annoncé le 28 septembre". - "Mais non gros bêta, réplique Cafouille, elle sera rétablie en 2018, c'est Elisabeth Borne, ministre des Transports qui l'a dit le 10 octobre". "Attachée aux mobilités actives", qu'elle est, la Ministre, annonçant un débat qui va "imaginer un nouveau dispositif de soutien (...) avec de nouveaux outils simples et efficaces"! T'as compris quelque chose ? Moi non plus... (note à benêt : Gribouille est le personnage type de l'imbécile qui se jette à l'eau pour éviter la pluie. Cafouille : vous en connaissez au moins un dans votre entourage).
UN PEU DE COPINAGE Je vous sais sensibles à l'esthétique de la motocyclette et celle-ci ne peut que vous intéresser par son allure hors du commun. Mais le plus surprenant est à voir du côté gauche de cette machine que je ne peux vous dévoiler pour la bonne raison que je n'ai que cette photo à vous proposer. Le reste se trouve chez F.- M. Dumas sur son blog bien connu. Allez donc y faire un tour et vous y abonner si ce n'est pas déjà fait. C'est ici