LA NATURE IMITE L'ART...
...OU BIEN EST-CE LE CONTRAIRE ? Depuis Aristote († en - 322) jusqu'à Oscar Wilde († 1900), en passant par Pascal († 1662) et Boileau († 1711), philosophes, écrivains et savants en tout genre se sont préoccupés de cette grave question. Le Zhumoriste est fier d'apporter modestement aujourd'hui sa contribution dans le débat grâce à deux documents irréfutables car absolument authentiques (ce qui est rare dans ce monde de fake niouzes). Ci-dessus vous voyez une scène dont je n'ai pas pu retrouver l'auteur, à moins que sa signature ne soit ceci
que je ne saurais traduire. En dessous, c'est une œuvre de Tim MacPherson, un photographe britannique spécialiste de compositions improbables. Il travaille pour de nombreux supports de presse et de publicité dont, entre autres, Honda qui lui a inspiré cette composition. Aucune de ces photos n'est datée, mais la coïncidence dans les idées est d'autant plus significative qu'elles ont été réalisées à des milliers de kilomètres l'une de l'autre. Toutefois, la logique voudrait que Tim MacPherson (L'ART) ait eu connaissance de l'existence de la photo en noir et blanc (LA NATURE), alors que la réciproque est plus que douteuse...
Pas avare d'idées, ce Tim a signé une "descente à ski" dans l'escalier d'un pavillon de banlieue que vous n'avez pas intérêt à laisser traîner sous les yeux de vos enfants sous peine de grosse surprise... (toutes les photos de Tim sont sur www.timmacpherson.com)
Quelques draps immaculés, une boîte de punaises : vous êtes à St-Moritz pour une poignée d'euros !
POUR S'ORNER LE DEDANS DU CASQUE
Entre la découverte d'une nécropole médiévale au Mont Saint-Michel et celle d'un cimetière juif du moyen-âge à Bologne, l'affaire n'a pas fait grand bruit. Sauf dans le petit monde de l'archéologie, on ne s'est guère ému d'une curieuse peinture apparue lors de la restauration de la célèbre Chapelle Sixtine du Vatican. En grattant les restes d'un barbouillage sommaire de la scène (ci-dessous) représentant "Dieu donnant la vie à Adam le premier homme", est apparue une autre scène d'une œuvre précédente du facétieux Michel-Ange.
Vue entière de la scène originale telle qu'elle existait il y a peu au plafond de la Chapelle.
Détail en gros plan et avant restauration récente du geste qui donne son nom à cette peinture.
Dessin d'après nature, voici ce qui se cachait derrière le barbouillage commis par Michel-Ange entre 1508 et 1512. Jugée diabolique car prémonitoire, cette "vision" qui rappelle celle d'un Leonard de Vinci a dû être maquillée, sans doute sur ordres de l'autorité papale de l'époque. Justice est enfin rendue aujourd'hui : Adam, notre père à tous, est né MOTARD !
Approfondissons nos connaissances dans les "bôzarts" avec ce tableau des années 20 signé de l'artiste russe Konstantin Vyalov (1900-1976). Il célèbre un raid motocycliste entre Moscou et Londres qui ne semble pas avoir laissé d'autre trace dans l'Histoire. Cependant il rappelle les multiples voyages à travers l'Europe d'un certain Robert Sexé. (Le document ci-dessus a été pisté grâce au facebook de Art Prikhodko).
En conclusion de cet intermède artistique, une dernière œuvre motocycliste (voire tauromachique ?) dont l'existence ne peut se justifier par la volonté d'une municipalité de se débarrasser au plus vite de son 1% culturel...
LA V MAX AU GOÛT DE SOJA
Elle est sortie de scène par la petite porte à la fin de 2016, mais il est probable qu'elle reviendra dans une ou deux générations. Elle prendra place parmi les motos dites "mythiques", l'adjectif qui a pris la place de "légendaires", connoté aujourd'hui "conte pour enfants" (alors que nous sommes tous des enfants, avec nos gros jouets bruyants). Cependant la Yamaha V Max est différente des japonaises du même calibre. Que ce soit chez Suzuki (Hayabusa 1300), chez Honda (CBX 1000) ou chez Kawasaki (750 H2), on ne retrouve pas le sentiment mitigé qu'inspire le V4 de 1200/1700 : crainte mêlé de respect avec aussi une pointe d'envie.
Sa disparition a apporté une lumière nouvelle sur son concepteur, Kenji Ekuan († 2015) et sur son entreprise de design, GK Design Group. Tous les Japonais connaissent bien l'une des créations de GK car elle figure depuis 1961 sur la table de millions de consommateurs. C'est une petite bouteille de soja, cette sauce qui accompagne tous les plats traditionnels nippons, de l'entrée au dessert (!) et dont l'esthétique a demandé des semaines d'études en plus de la réalisation de pas moins d'une centaine de prototypes (photo ci-dessus avec études dessinées).
Kenji Ekuan fut très tôt associé aux projets de Yamaha, y compris dans le domaine de la compétition comme ici avec la twin deux-temps 250 YD de 26 ch. Cinq exemplaires (YD A et YD B) d'entre elles furent engagées dans le Grand Prix du Mont Asama de 1957. Carton plein avec les trois premières places devant... une Honda !
Kenji Ekuan (1929 - 2015)