• L'ombre d'une Black Shadow (histoire vraie)

     

     

    ENTRE CELLE QUI A DISPARU en Indochine après avoir battu les records à Montlhéry, celle qui a provoqué la mort d'un garçon dont le père a acheté tous les exemplaires qu'il pouvait afin de les retirer de la circulation, celle encore "qui est depuis 20 ans dans une grange que je connais", la 1000 Vincent a suscité mille et un fantasmes et folles histoires à travers la planète. En voici un exemple qui fait un peu tache dans la légende car figurez-vous qu'il est FRANÇAIS et VRAI, tel que le rapportait Moto Revue dans son "courrier des lecteurs" en juin 1955 ! 

    L'ombre d'une Black Shadow (histoire vécue)

    "Quand j'étais motocycliste quotidien, je lisais Moto­ Revue tous les samedis ; maintenant que mon âge (50 ans) m'a obligé à abandonner le 2 roues, j'avoue ne lire votre estimable revue que de temps en temps et je le regrette, mais lire votre revue me fait penser à ma jeunesse, alors !

    Après ce long préambule, laissez-moi vous raconter ce qui suit : il y a deux ans, je pilotais encore ma huitième ou neuvième moto, une 250 cmc René Gillet, une machine increvable, je roulais sur la RN 7 aux environs de Montargis, lorsque j'ai été dépassé par une espèce de scooter à grandes roues que je n'avais pas encore situé. "J'ai tiré sur la ficelle", car je n'allais pas me laisser faire par ce "bâtard" de moto ! Le match a duré plus de 20 minutes. Je n'ai pas approché le scooter à moins de 30 mètres, sitôt derrière à talonner, le scooter partait en flèche, j'avais pourtant la poignée à fond !

    L'engin était bizarre. Imaginez-vous un Bernardet avec des grandes roues (peut-être des 600), la carrosserie était constituée par du fort grillage, le moteur était amplement ventilé, mais, jugez de ma stupéfaction, lorsque je me suis aperçu que "le" pilote avait des cheveux bouclés qui sortaient du casque. J’étais battu par une femme, largement battu, puisque dans un virage, je l'ai vue se pencher au maximum et… disparaître ! Je ne l'ai pas rattrapée !

    Je ne pensais plus à cette histoire lorsque me trouvant dans la même région je regagnais Paris dans la Traction d'un collègue et ami, de vigoureux coups de sirène (au son assez curieux) nous demandaient le passage. En me retournant j'ai reconnu le bleu métallique de la 650 Trlumph. J'ai dit à mon ami de se ranger et qu’il ne pouvait lutter avec cette machine. Il n'a rien voulu entendre et sitôt qu'est apparue une belle ligne droite, la Triumph nous a distancé et a disparu à l'horizon, le compteur de la Traction marquait 120. Au passage je m'étais écrié : c'est elle ! J'avais reconnu les mêmes cheveux blonds qui dépassaient sous le même casque blanc, à un an de distance.

    Troisième épisode : pour les fêtes de Pâques, je revenais sur Paris, j'avais toute ma famille dans ma Vedette et j'ai été obligé de m’arrêter à un passage à niveau fermé. Il y avait bien une dizaine de voitures à attendre avec nous. Tout à coup, ma fille dit à son frère : mais c'est une femme qui est sur cette moto noire ! J'ai regardé moi aussi et j'ai vu cette fois, arrêtée, une grande femme blonde très jolie, malgré le casque. Elle fumait une cigarette sans s'occuper de personne. Mes enfants discutaient, disaient que sa machine était une vieille moto puisqu'elle avait 2 cylindres en V, que cela ne se faisait plus, etc… Seulement moi, j'avais vu la marque The Vincent. Heureux de faire une farce aux enfants, je leur dis que j'allais faire la course avec cette moto. Cela n'a pas été long, sitôt que le garde-barrière a mis la main au mécanisme qui levait la grille, le moteur de la Vincent ronflait et avant que la barrière soit complètement levée, la moto partait en trombe, c'est bien simple, je puis affirmer qu'au moment où j'ai passé la prise, la Vincent avait 200 m d’avance, sinon plus. Une Chrysler fonça derrière, la moto avait disparu.

    Cette histoire n’aurait aucun interêt si le pilote était un homme, mais c’était une femme ! et les jeunes femmes capables de conduire une 650 Triumph et surtout une 1.000 Vincent ne doivent pas courir les rues.

    Intrigué, je me suis renseigné dans la région, deux pompistes m'ont dit la voir quelquefois. Enfin un boulanger-épicier-pompiste m'a dit qu'elle n'avait pas toujours la même moto, il l'avait vue à plusieurs reprises avec son mari. La dernière fois, elle pilotait "une grosse moto noire avec un moteur de chaque côté, comme avaient les allemands", je suppose donc que c'est une BMW. Elle pilote également un sidecar (personne n'a pu m'en dire la marque). Tout le monde qui m'en a parlé m’a dit : elle n'a peur de rien, mais je n'ai pu savoir où elle demeurait et où on peut la trouver,

    F. DELATOUR Paris

    Dans le numéro suivant, Moto Revue demandait son adresse à ce correspondant mais l'appel est resté sans écho. Une moto noire, une pilote blonde, de quoi ajouter un chapitre à la saga Vincent qui n'est pas près de se clore, on peut le parier sans risques !

     

       En 1987, j'étais persona assez grata pour avoirL'ombre d'une Black Shadow (histoire vraie) droit à des informations (sur papier)
    du club français Vincent parmi lesquels se trouvait ce petit joyau ci-contre destiné à illustrer un T shirt. Très joli sur fond noir et aujourd'hui devenu collector's pour sûr, bien que l'artiste modeste n'ait pas signé sa création.


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  • Commentaires

    1
    Durand
    Jeudi 1er Novembre à 19:20

    Tu nous raconte la motocyclette de Pierre Henri de Mandiargues la fille avait une 1000 Vincent j avais une 250 rene gillet et des bottes de moto je semais la terreur ds toute la région on me prenait en pitié 

      • Jeudi 1er Novembre à 20:09

        Un garçon de son âge ...

    2
    manx51
    Jeudi 1er Novembre à 20:10

    Merci pour cette page d'histoire smile

    3
    jackymoto
    Mercredi 14 Novembre à 13:07

    Ben, j ai bien la 250 Rene Gillet, mais il n y a aucune blonde dans mes potes en Vincent...

    Bisou du Sikkim.

    PS: J echangerais la 250 Rene Gillet contre une Vincent...

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