• Au nombre des nations motocyclistes, la Suisse n'est pas toujours présentée à sa juste place. Les Motosacoche, Condor, Moser et autres Universal ou Moto Rêve n'ont pourtant rien à envier aux productions de leurs grands voisins européens, jusqu'aux insulaires du Rosbifland (now Brexiland ?). Parmi elles, Motosacoche se distingue par quelques réalisations insolites. Le mot est faible quand il est question, par exemple, de l'Hydrosacoche de 1910, motorisée par la paisible bicyclette à moteur. Elle pouvait recevoir plusieurs passagers et ses flotteurs en tôle galvanisée l'empêchaient "de couler à pic". Au cas contraire elle aurait pu intéresser plus tard le Pr. Piccard, recordman helvète des plongées profondes... (Modèle du Professeur Tournesol dans Tintin).

    La Suisse se dévergonde

     Dans le domaine du deux-roues qui nous intéresse en priorité, on trouve aussi la "bicyclette" à moteur 7 cylindres en étoile Dufaux (1905 ou 1907 selon les sources). Ancêtre de l'allemande Megola, elle fait aujourd'hui le bonheur du Musée de Lucerne.

    La Suisse se dévergonde

    Mais il ne s'agit encore que d'un prototype jamais commercialisé, alors que dans le genre décoiffant il a existé une autre Motosacoche à moteur latéral - à sa naissance. Elle finira, après bien des vicissitudes, à engendrer un modèle qui sera réellement commercialisé (on ignore cependant en quelle quantité...).

    La Suisse se dévergonde

    Unique illustration de la Motosacoche pour dames de 1903, grand mère fondatrice d'une lignée.

    En présentant cette machine au début de 1903 sur 3/4 de page, la revue L'Industrie Vélocipédique et Automobile fait preuve d'un lyrisme échevelé. "Cette motocyclette - écrivait - elle - nous en donnons la gravure (...) il (vous) suffira d'y jeter vos beaux yeux pour en saisir les avantages et les faire partager soit à votre papa, soit à votre époux, lesquels ne refuseront pas de vous en faire cadeau". Par la suite, l'auteur insistait fortement sur la maniabilité exceptionnelle de l'engin "permettant de faire avec assurance de brusques virages ; la fâcheuse pelle n'étant plus à craindre, avantage qui est à considérer".

    Aucune indication ne concerne le moteur à soupape automatique qui semble complètement différent d'un modèle connu chez les frères suisses. L'énorme masse sous le pédalier semble bien trop grande pour ne contenir que le carburant, même si le carburateur est placé très bas afin d'être alimenté par la seule gravité. La couronne que l'on distingue à travers les rayons et le filet protecteur de jupe pourrait être une poulie-jante destinée à une transmission par courroie ou encore une couronne dentée pour une transmission du système Knap.

    Même si la "pelle" n'était plus à craindre selon l'optimiste Industrie Vélocipédique, la Motosacoche Dames devait tout de même être d'une utilisation délicate au vu de la faible garde au sol sous son carter-moteur. Elle réapparait au catalogue en 1907, peut-être avant car si les documents de la marque sont nombreux et détaillés, ils sont rarement datés.

    La Suisse se dévergonde

    La forme est presque classique, en tout cas raisonnable pour une version "dames". Mais il ne s'agit toujours que d'un dessin qui permet cependant de voir que le cadre est spécifique. En effet, il a fallu modifier le tube avant extérieur qui se dédouble afin de recevoir la magnéto. Là encore, le moteur à cylindre bien vertical est différent de La Suisse se dévergondeceux des autres Motosacoche. Sa distribution fait appel à des soupapes dites "commandées c'est à dire toutes deux "latérales (bien que face à la route) et la transmission à la roue arrière se fait par une courroie sur poulie-jante.

    À noter que la fourche La Suisse se dévergondequi figure sur la machine ci-dessus est proposée au catalogue, ainsi que sur plusieurs autres machines, mais la marque n'en revendique pas la paternité comme elle le fait dans le cas du modèle à courts balanciers (ci-contre). Cette 1 HP 1/4 est vendue 775 F (français) soit 10 F de moins que la Motosacoche "homme" à allumage magnéto elle aussi mais probablement démunie d'une fourche suspendue qui reste un supplément. De même que le frein dit "à tambour" (à gauche) qui préfigure de façon sommaire ceux qui vont apparaître au début des années 20. Alors que cette "D" est proposée depuis 1907, au moins, les brevets qui la couvrent sont déposés le 11 novembre 1907 puis demandés le 10 novembre 1908, délivrés le 16 janvier 1909 et enfin publiés le 2 avril 1909...  De quoi relativiser les dates de naissance de certaines inventions "premières" sur lesquelles se disputent certains historiens en culottes courtes.

    Cette "nouveauté" est fidèlement transcrite dans les dessins du brevet, en y ajoutant les caractéristiques flasques protectrices qui signent la Motosacoche d'origine et servent à  diriger l'air sur le moteur "pour forcer sa ventilation".

    La Suisse se dévergonde

    La Suisse se dévergonde

     Insatisfaits de leur machine, les frères Dufaux se remettent à l'ouvrage. Dans le but de simplifier leur mécanique tout en économisant sur sa construction, ils en présentent une nouvelle version "provisoirement définitive" (on verra plus loin pourquoi "définitive")...

    La Suisse se dévergonde

    ... avec enfin une photographie ! Retour vers la fourche brevetée Dufaux et surtout utilisation du moteur de la Motosacoche de base qui évite l'onéreux dédoublement du tube avant de cadre. On remarquera que malgré sa jupe euh... sa soutane, ce prêtre a renoncé aux flasques protecteurs. Prestige de la moto ou prestige du costume, la gent féminine tient à profiter du spectacle...

    La Suisse se dévergonde

    Explication des guillemets ci-avant pour "provisoirement définitive" : après les soupapes latérales, la "Dame" est revenue à la soupape automatique sur ce qui est sans doute la dernière version D4 datée 1913 sur cet extrait du catalogue "Salon de l'Automobile - Paris 17 au 27 octobre 1913". Elle est "munie de fourche à ressorts anglaise", qui sera universellement plus connue sous le nom de "fourche Druid" d'après le fabricant original nommé A. Drew. Un britannique, of course.


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  • L'A.C.O. est l'une des rares machines à présenter cette originalité - on n'ose dire hérésie - consistant à monter le moteur le long de la roue arrière (voir notre dernier article). Les raisons invoquées par les représentants de cette technique ont invoqué l'encombrement moindre qui dégageait le pédalier (bien nécessaire, rappelons-le, au démarrage et parfois en côte...). Il y avait aussi le souci d'éliminer la chaîne et surtout la courroie fragile. Enfin les pionniers cherchaient à contourner la position dominante du moteur "à la Werner", position protégée par des brevets qui ne furent d'ailleurs jamais sources de conflits. Le meilleur représentant du "moteur latéral" est le bien connu Georgia Knap qui, en son temps, a réussi à vendre quelques machines bien rares aujourd'hui. Et bien recherchées puisqu'il semble qu'il n'en existe plus aucun exemplaire sur notre sol. Au passage, félicitations attristées aux collectionneurs français... Donc, outre l'ami Knap (oublions les VAP d'après-guerre et imitateurs) que trouve-t-on dans le corbillon des "hérétiques" ? 

    moteur latéral

    La transmission est identique à celle de la Knap par train d'engrenages tandis que la carburation fait appel à l'évaporation, une technique déjà dépassée en 1900.

    C'est en 1900 que MM. Rousseau Frères présentèrent leur "Motocyclette système Rousseau Frères" aux "nombreux amateurs du sport vélocipèdique" (sic). Tout ce qu'on en sait à l'heure actuelle tient sur une feuille recto-verso que nous amicalement communiquée Kees Koster, l'amoureux spécialisé dans les trésors de vieilleries. Ce document ruisselle littéralement de louanges. Extraits (fautes d'orthographe et syntaxe aléatoire comprises) :

    "Il nous fallait une Motocyclette pratique à tous les points de vues, et Historique de poche : le moteur latéralnous vous la présentons, très robuste, d'une marche parfaite et d'une stabilité absolue. Nous garantissons aucunes trépidations (sic) pendant la marche, son poids est d'environ 32 kilos, des essais faits journellement, nous donnent entière satisfaction. Elle peut gravir toutes les côtes sur nos routes sans avoir recours aux pédales, sa vitesse peut varier de 10 à 50 kilomètres à l'heure".

    Un léger bémol était quand même honnêtement signalé par ce paragraphe titré "EN CAS D'AVARIES" où l'on peut lire : "Pour ne pas être retardé dans sa course, si l'on venait à manquer d'essence ou d'électricité, il suffit de desserrer les deux boulons d'attache du moteur appropriés à ce sujet et de retirer légèrement le moteur du côté gauche ; l'on peut alors pédaler dans les côtes et se laisse aller libre aux descentes".

    On notera que "l'avarie" considérée ne pouvait venir que de l'étourderie du possesseur de la machine ayant oublié de faire le plein ou négligeant d'avoir emporté des accumulateurs chargés de rechange et en aucun cas d'un défaut ou panne de provenant de celle-ci. Bien que construite sous la houlette prestigieuse d'une entreprise aux titres aussi impressionnants que ronflants...

    Historique de poche : le moteur latéral

    L'en-tête du prospectus était censé faire son petit effet ...

    Historique de poche : le moteur latéral

    ... on peut mettre en doute une réelle production. Sur la feuille de présentation, cette Rousseau Frères est simplement dessinée y compris les inscriptions de marque sur le carter-moteur et sur la boîte à accus et on n'en connaît aucune autre illustration photographique. Enfin, lorsqu'on se pose la question financière, il faut se contenter d'un sobre : "PRIX SUR DEMANDE".

    (Prochain article : La Suisse se dévergonde)


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  • Entre les "trouvailles" de ceux qui passent leur temps à piller les blogs et sites des copains - voire les annonces de Delcampe - ceux qui vous tiennent au courant de la colique du p'tit dernier (sans photo) ou ce qu'ils ont mangé et bu à leur anniversaire (avec photos), il faut bien reconnaître que Facebook n'a pas que des attraits. On y découvre cependant de temps à autres de véritables merveilles en faisant le tri au milieu "d'amis" qui se donnent un peu de mal. Marc Tudeau est l'un d'eux, toujours à l'affût et toujours présent là où il se passe quelque chose avec deux, trois ou quatre roues du moment que c'est ancien.

    Dernières nouvelles des temps anciens

    C'est à la réunion du Grand Prix du Puy-Notre-Dame en juillet dernier que Marc a shooté ce document sous vitrine. Sur son Facebook il l'a ajouté à ses autres photos de vraies motos en fer et acier vues dans ces journées. Toutes bien intéressantes, mais la sensation du jour est cette moto A.C.O. de Niort. Une marque totalement inconnue au bataillon. On (je, le premier) a pensé tout de suite à Barré, le constructeur le plus connu dans les Deux-Sèvres, mais cette A.C.O. est bien différente et pas seulement par ses initiales.

    Dernières nouvelles des temps anciens

    Dessin repris de la photo ci-avant et après un passage chez Photoshop pour tenter de redresser une perspective un brin tordue. La roue avant reste définitivement ovale... mais ça n'est pas d'origine !

    Cependant, c'est grâce à Barré qu'on en sait un peu plus sur elle. Plus précisément par un mémoire d'une centaine de pages consacré en 1982 à l'histoire de la Société Barré par des élèves du Lycée Gaston Barré d'Enseignement Professionnel de la Carrosserie et des Métiers de l'Automobile, rue J. Perrin à Niort. Par une simple note de bas de page, on apprend que : "Sous l'étiquette de "Constructions Mécaniques de l'Ouest" un M. Laurent fabriqua aussi dès le début du siècle, à Niort, quelques véhicules". C'est succinct mais permet néanmoins d'avancer que la similitude des intitulés est trop proche pour être une simple coïncidence. Sans trop s'aventurer, on est Dernières nouvelles des temps anciensbien là en présence d'une même société, d'autant que la source fournie par les élèves auteurs du mémoire n'est pas précisée donc d'une exactitude suspecte. Il faudra néanmoins s'en contenter.

    En attendant mieux, voici les textes de ce catalogue qui nous éclaireront sur cette machine, idéale comme on s'en doute. On remarquera le début de la première phrase qui pourrait indiquer une fabrication autre que celle de A.C.O. ? Mais sans certitude car le procédé relève des méthodes publicitaires primitives utilisées en ce début de XXème siècle qui allait en voir bien d'autres !

    Description de la "Motocyclette"

    " Cette MOTOCYCLETTE, dont nous nous sommes assurés l'exclusivité, présente de nombreux avantages sur toutes les machines actuelles.

    Le moteur, d'une force effective de 2 chevaux, est monté dans l'axe même de la roue motrice. Par suite d'un dispositif spécial, l'arbre moteur traverse l'axe de la roue et supporte à son extrémité le volant du côté opposé au moteur (ndlr : voir dessin ci-contre). L'équilibrage est donc parfait. Le centre de gravité est très bas. En outre, cette disposition du moteur a l'avantage de ne pas encombrer le Dernières nouvelles des temps ancienscadre et permet d'avoir un pédalier de largeur normale.

    La transmission se fait par une démultiplication d'engrenages directement sur la roue. Les à-coups sont absorbés par un amortisseurs à ressorts placé dans l'un des engrenages. L'allumage est électrique. Le carburateur est à pulvérisation. 

    AVANTAGES - Stabilité, suppression de la transmission par courroie ou chaîne, système toujours défectueux, simplicité, élégance".

    LES CARACTÉRISTIQUES sont résumées par le texte figurant sous l'illustration de la machine dans le catalogue (ci-dessous). Pour une machine aussi originale, le prix est plutôt bas par rapport à la concurrence. Il est vrai qu'elle manque d'accessoires plus ou moins utiles qui devaient être proposés en suppléments, à commencer par les garde-boue, porte-bagages formant béquille, carter de chaîne, etc.

    Dernières nouvelles des temps anciens

    Prochain article : Un historique de poche sur le "moteur latéral"

     


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  • ... et en plus ça rend sourd !

    Aurel (Le Canard Enchaîné)


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  • Zhumeurs d'août

    Même en vacances, n'oubliez pas de faire une lessive... La casquette n'est pas obligatoire, à l'inverse de la radio embarquée dont l'antenne est indispensable.

    Zhumeurs d'août

    IL VA FALLOIR SE RÉSIGNER un jour à écrire une nouvelle histoire de la moto européenne et tout spécialement celle de la moto française. Nous y incite régulièrement les trouvailles de nos amis britanniques. Bien que "brexités", ils nous alimentent toujours en découvertes sur notre patrimoine. C'est surtout à l'occasion de ventes aux enchères que paraissent des machines, ignorées jusqu'alors des historiens les plus pointus et... des collectionneurs La vente que va proposer Bonhams cet automne est ainsi tout à fait intéressante. Fidèle à la tradition, ce ne sont pas des motos "sorties de grange" qui seront mises en vente. Bien au contraire, elles sont plutôt "état concours" et sans doute loin du "part par la route". La première est une française, la "Labre & Lamaudière" millésimée 1901. Déjà, ça commence mal par l'inversion des noms des deux associés même si cette erreur met en avant le nom de Paul Labre, vrai créateur de la machine, Eugène Lamaudière en étant le financier. La suite continue dans l'approximatif...

    Zhumeurs d'août

    ... lorsqu'on voit la photo de Bonhams qui révèle du n'importe quoi mais joliment emballé. Déjà vendue en 2014 par la même maison Bonhams - genre de "patate chaude" -  pour 6366 €, elle était alors présentée par un court texte. On y apprenait qu'elle venait d'un collectionneur italien (curieux cette idée de faire vendre en Angleterre une machine française, non ?) et qu'il s'agissait d'une bicyclette d'homme équipée d'un moteur adaptable. C'est déjà en retrait puisque on ne vend plus une machine d'une marque, nuance... Après avoir pris des références décevantes chez Tragatsch (!), Bonhams a recherché sur le vouèbe pour en savoir plus. On y trouve cette très mauvaise photographie (ci-dessous) publiée dans La Locomotion Automobile de janvier 1899, mais qui n'a pas troublé Bonhams plus que ça. De son côté, la revue de vulgarisation La Nature a passé un dessin sommaire de cette même machine...

    Zhumeurs d'août

    ... dont on voit au premier coup d'œil qu'elle représente une machine toute différente de celle que Bonhams met sur son catalogue (en ligne). Détail capital, et qui restera une caractéristique des premières Lamaudière & Labre, le moteur est inséré entre le boîtier du pédalier et le tube de selle qu'il remplace en grande partie. Cette disposition originale (ô combien !), copiée ensuite par Indian et d'autres marques, est évidente sur les dessins accompagnant le brevet pris par le seul Paul Labre, le 12 mai 1899. 

    Zhumeurs d'août

    Ce montage du moteur est clairement détaillé dans le texte du brevet dont voici un extrait : "Le cadre de la bicyclette est un cadre ordinaire dans lequel le tube "a" allant de la selle au pédalier est remplacé sur une partie de sa longueur par le moteur lui-même ; la partie restante du tube se termine par une bride "b" placée sur le tube et percée d'un certain nombre de trous. La culasse du moteur présente une embase appropriée sur laquelle la bride "b" est fixée à l'aide de vis ou de boulons". On est très, très loin de la version Bonhams détaillée ci-dessous !         

    Zhumeurs d'août

    Superbe carburateur brillamment astiqué, mais - maledizione ! - c'est le modèle primitif dit "à évaporation" qui se trouvait sur la Lamaudière & Labre du millésime annoncé (1901, on le rappelle). Ce carburateur faisait partie du réservoir et alimentait la soupape d'admission automatique par le tube courbe (entre réservoir et culasse) que l'on aperçoit sur la photo de La Locomotion Automobile ci-avant.

    Bien que non daté de façon formelle, le document le plus approchant sur un modèle de 1901 figure dans l'ouvrage consacré aux frères Labre par Patrick Delmont. C'est cette photo, ci-dessous, qui illustre la couverture de son ouvrage (Éditions du Bourbonnais, Cour des Dames - 03140 Charoux-en-Bourbonnais).

    Zhumeurs d'août

    Impossible de savoir si le carburateur 1901 est toujours à évaporation. Cependant, la dimension plus réduite du réservoir laisse supposer qu'on est passé à un classique carburateur à pulvérisation dont il est fait mention dans le catalogue de 1902. Autre curiosité, la seringue de graissage logée sous la selle. Au prix d'une certaine gymnastique, elle permettait d'envoyer le lubrifiant vers le moteur via le tube oblique longeant la roue arrière. 

    Pour conclure, et pour faire encore de la peine à Monsieur Bonhams, en 1901 les Lamaudière & Labre n'étaient plus que des Lamaudière car Paul Labre avait quitté l'association le 18 décembre 1900. Des Lamaudière & Labre continueront néanmoins durant quelques années à être fabriquées et à figurer en compétition alors qu'Eugène Lamaudière avait fondé une nouvelle société en association avec M. Mauger.

    Zhumeurs d'août

    IL N'Y A PAS DE RAISON que la France soit le seul pays à passe à la moulinette Bonhams ! La Suisse a aussi le droit de réviser son histoire motocycliste. À commencer par l'un de ses plus beaux fleurons : Motosacoche.

    Zhumeurs d'août

    Là aussi ça commence mal avec cette machine annoncée "Type B 1904". J'ai eu beau remuer des dizaines et des dizaines de photos et à peine moins de catalogues d'époque, pas trace d'une Motosacoche TYPE B. L'histoire de la marque suisse commence par le type A ou A1 qui est une "sacoche de cadre" avec allumage par Accumulateurs (d'où le A) logée dans un "petit châssis". En tubes d'acier ronds avec flasques sous le carter-moteur, ce montage permettait l'installation de l'ensemble dans le cadre d'une bicyclette "hommes" ordinaire (Dans les accessoires cyclistes, il existait à l'époque une sacoche qui remplissait tout l'espace triangulaire à l'intérieur d'un cadre "hommes", d'où Motosacoche a tiré son nom de marque).

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Suit une type M avec un allumage par magnéto (d'où le M) fixée sur une équerre spéciale au dessus et à l'arrière du carter. Les deux types peuvent recevoir deux flasques en tôle dissimulant tout le "châssis" et protégeant le pilote des projections éventuelles d'huile ou de retours au carburateur (voir ci-dessous).

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Exemple d'une installation du "petit châssis" dans une bicyclette dont on a seulement renforcé la fourche d'origine par deux haubans nickelés. Pas moins de 7 brides avec des écrous à oreille (Motosacoche était partisan de la formule "ceinture ET bretelles" !) répartissent les "trépidations du moteur" dans le châssis "très résistant et élastique". Située à l'avant, le long du tube oblique de cadre, la pompe à huile dont on aperçoit une partie du corps n'était pas d'accès facile mais le graissage par barbotage ne nécessitait qu'une manipulation ponctuelle.

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Extraite du catalogue, cette image du "petit châssis" A (ou A1, selon les sources) avec ses accus en E, permet d'en détailler les principaux organes dont la pompe à huile O de même que l'emplacement de la bobine d'allumage en G. Les fixations au cadre au moyen de brides sont figurées par les lettres B au nombre de 7 (vous pouvez les compter...).

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    Le "petit châssis a gagné un allumage magnéto pour donner le type M dont la cylindrée va bientôt passer de 214 à 240 cm3 (?) tout en gagnant des soupapes commandées (latérales). L'illustration ci-dessus de La Nature en 1908 montre ce qu'il y a de plus approchant de l'hypothétique "B" de Bonhams à admission automatique...

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    ... qui révèle son assemblage approximatif de pièces de plusieurs millésimes autour d'un moteur extrait de son châssis. À peu près correct dans sa forme (encore faudrait-il le voir sous toutes les coutures), le réservoir est monté à l'envers, la partie biseauté devant se trouver à l'arrière (voir ci-dessus le modèle), mais....  

    Pendules à l'heure ! (remettre les )

    ... il devenait alors impossible de fixer cette grotesque pompe à huile qui, on l'a vu, ne sert que de réserve. Elle n'avait donc pas besoin d'être à portée de main immédiate pour injecter le lubrifiant en roulant. Par un sursaut de pure charité chrétienne, on oubliera les garde-boue taillés dans du bois d'arbre qui auraient révulsé les frères Dufaux si méticuleux dans leurs productions "Swiss made". On aurait pu également se dispenser d'un phare dont l'utilité reste à démontrer pour rouler de nuit alors que dans ces années il était déjà risqué de se lancer en plein jour sur la route ! Mais les affûtiaux de ce genre, en général tout brillants de leurs cuivres astiqués, servent à masquer d'autres défauts plus importants de même que les autocollants d'un bar à mojitos et autres rubans adhésifs "rallye-racing" dissimuleront les tares d'une Renault R20 d'occasion... 

    (Pour clore les spéculations sur les différents millésimes de Motosacoche d'avant 1914 signifiés par des lettres, on ajoutera la lettre "D" pour les modèles destinés aux personnes du sexe... donc D comme Dames (ces Suisses sont d'une rigueur scrupuleuse !). On reparlera un jour de ces D).


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  • LONGTEMPS LA SCANDINAVIE a eu la réputation d'être plus libérée sexuellement que d'autres pays. Sous le manteau, les premières vidéos "spéciales" venaient de Suède, semble-t-il, alors qu'une autre nation proche aurait eu de meilleures armes pour se lancer dans ce commerce spécial. En effet, selon les urologues mondiaux qui étudient la question depuis un demi-siècle, la Finlande a une qualité de sperme bien meilleure - parfois de 50 % - que celle de ses voisins... De plus, ce pays est le moins touché par le cancer des testicules qui augmente régulièrement Finlande, le pays "gay friendly"depuis 1990 dans les pays riches. Cette "exception finlandaise" signalée par les scientifiques a de multiples causes. Dont la cryptorchidie, qui n'est pas une variété de champignon vénéneux mais l'anomalie présentée par un ou deux des testicules non descendus à leur place normale (scrotum). Les baloches finnoises seraient donc les meilleures et c'est sans doute ce qui a inspiré l'œuvre d'un artiste connu sous son pseudo : Tom of Finland ! A priori ce nom ne vous dit rien, malgré le film qui vient de lui être consacré. Mais vous allez tout de suite réaliser de quoi il s'agit devant l'une de ses œuvres que voici...

    Finlande, le pays "gay friendly"

    Les grands garçons - et grandes filles - que vous êtes auront vite compris que la célébrité de ce Tom (Touko Laarsonen, pour l'état civil, portrait identité ci-dessus) n'est pas due à ses motos. Sommaires, presque toutes du même modèle. Paradoxalement, aucune Harley mais de vagues Jawa, un peu de Matchless ou franchement Guzzi qui ne servent qu'à justifier une situation. De préférence scabreuse, la situation, et c'est un doux Finlande, le pays "gay friendly"euphémisme. Les milieux homosexuels ont tout de suite été conquis. De façon d'abord clandestine puis triomphale aux États-Unis, à San-Francisco en particulier qui était la capitale gay des années 60-70. Vers 1973, Touko abandonne son travail d'illustrateur dans une agence de publicité. Il aborde la cinquantaine en se consacrant entièrement à ses "dessins cochons" comme il les appelait lui-même. Des revues vont se créer autour de son travail dont la renommée s'étend au point de déborder le milieu homosexuel. En 1979, il crée la Fondation Tom of Finland destinée à rassembler les œuvres d'art homo-érotiques et exploiter ses propres dessins (il peint également). La commercialisation qui s'ensuivit a dérivé au point qu'aujourd'hui on trouve des taies d'oreillers, des draps de bain, des chopes à bière, des T shirts, des cartes postales, etc, utilisant ses images.

    Finlande, le pays "gay friendly"

    Deux machines rares, une Guzzi et une Honda Four dans une production pléthorique. Le dessin de gauche est paru dans Kake, l'un des recueils entièrement  consacrés à Tom of Finland. L'amateur en trouvera facilement des exemplaires sur Ebay. On y commercialise également des volumes reprenant le meilleur des œuvres de l'artiste classées par thèmes : bikers, policiers, marins, etc.

    Ses sujets de prédilection ont toujours été les mêmes qu'ils soient bûcherons, policiers, marins, facteurs (!), motards et autres professionnels habillés de cuir ou bottés, par nécessité ou par "plaisir". Tout lui était bon à présenter des situations improbables afin de mettre en valeur leurs "avantages" à rendre jaloux un Rocco Siffredi, avec mention spéciale aux "fesses d'abricot" des marins. Le tout dans un style tellement outré, limite poupée gonflable, que ça frise parfois la caricature.

    Ses admirateurs vont jusqu'à le comparer à Michel-Ange (homosexuel canal historique) ou encore à Paul Cadmus (1904-1999) un célèbre peintre américain dont Touko aurait reconnu l'influence. Il est l'auteur de "La Flotte est là", un grand tableau (ci-dessous) qui fit scandale en 1935. Le secrétaire d'État à la Marine des États-Unis exigea de le retirer d'une exposition pour "diffamation perverse de l'armée"...

    Finlande, le pays "gay friendly".

    .. ce qui lui valut quelques commentaires acides accompagnés de dessins vengeurs ! L'amiral avait tout compris et avoué en même temps ce que chacun avait bien...

    Finlande, le pays "gay friendly"

    ... vu dans les intentions de l'artiste-peintre. Lequel n'en resta pas là et continua à peindre d'autres scènes farcies de marins en goguette et plus si affinités... Dont beaucoup font aujourd'hui la fierté des plus grands musées américains !

    (À suivre : La gloire posthume, les imitateurs, les copieurs, les faussaires) 

     


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  • LORIS BAZ est, avec Johann Zarco, l'autre Français qui nous représente en Moto GP. Armé seulement d'une Ducati qui n'est pas au mieux de sa forme (aux dires des experts), Loris se maintient néanmoins au classement général en 15ème position à la mi-saison des courses (9 disputées sur 18). Ça paraît loin 15ème dit comme ça, mais en y regardant mieux, ça l'est moins. Aux GP des Pays-Bas et en Allemagne, notre Savoyard fait respectivement 8 et 12 à 37''058 et 33''281 secondes du vainqueur. La moyenne du meilleur tour étant de 172,8 km/h et 162,2 km/h, calculez combien de mètres séparent le 15ème du premier...

    (Dernière heure : au moment de mettre sous presse, mon mathématicien personnel - ex-élève d'Albert Einstein, donc pas un imbécile - me donne la réponse : il y avait 1483 mètres d'écart entre Loris Baz et Marc Marquès, vainqueur en Allemagne. Soit même pas un demi-tour).

    Loris Baz n'est pas seulement parmi les tout bons, il a aussi une tête et des opinions bien assurées. Qu'il exprime de façon directe, sans langue de bois, justifiant bien "Bazooka", le surnom qu'on lui donne (inévitable avec un tel patronyme). Ainsi à la suite de la corrida d'Aires-sur-l'Adour qui fut fatale à un torero ("Le toro a aussi ses chances", disent pourtant les aficionados, mais il a tout de même été abattu), Loris a touité ci-dessous... 

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... pas besoin d'avoir étudié longtemps l'espagnol pour comprendre le sens des mots (sauf descanzar = reposer). D'où fureur de la presse ibérique et d'Avintia, sponsor du team de Loris Baz, lequel Avintia est une branche de Reales Seguros, la compagnie d'assurances qui couvre également plusieurs... toreros ! Un autre sponsor pas content, c'est Air Europa dont le président est, dit-on, grand amateur de corridas. Le franc-parler de Loris a agité une fourmilière d'intérêts commercialo-financiers dont on n'a qu'une vague idée à moins d'être abonné à La Tribune ou aux Échos.

    Aux dernières nouvelles, il paraît que si Loris venait à être "débarqué", deux autres pilotes seraient prêts à prendre la relève. Deux Espagnols...

    Tout ceci n'a évidemment pour but, au cas où vous iriez en Espagne, que de vous guider dans le choix de votre compagnie aérienne ou, éventuellement souscrire une assurance dans ce pays. Pensez que dans les deux cas, une partie de votre chèque sera plus ou moins un encouragement à la corrida. Moi, je dis ça, je dis rien...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    En tout cas, si Loris doit partir à la chasse de nouveaux sponsors, il y en a un qu'il devra absolument rayer de la carte, c'est... Red Bull !

     ♥

    Dans le genre "bête et méchant" (pardon à Hara Kiri)...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... qu'est-ce que l'homme a inventé de plus con qu'un ours à moto ?...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... il a inventé DEUX ours à vélo !

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Énorme surprise un jeudi en ouvrant le quotidien Le Monde qui annonçait sur presque deux-tiers de page la parution de son supplément du vendredi avec cette illustration... 

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... qu'il était bien trop tentant de modifier par la grâce de Photoshop en un magazine qui, une fois modifié, rappellera bien des souvenirs heureux à certains lecteurs...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    On pourrait facilement s'y laisser prendre avec ces lettrages de titres qui se marient si bien. Mais ne s'agirait-il pas d'un premier pas vers un couplage des deux magazines... Le Monde avec Moto Revue ? Il est vrai qu'ils seraient parfaitement complémentaires, l'un ignorant superbement le motocyclisme, l'autre ignorant la politique et l'économie... (À vous de décider lequel est lequel).

    PUISQU'IL FAUT - QUAND MÊME - PARLER MOTO...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... et que le nouveau président-que-vous-savez-aux-cheveux-orange balance à tour de touites des fake-news (fausses vraies nouvelles ou vraies fausses nouvelles), on peut lui apprendre que dans ce domaine, la motocyclette a quelques longueurs d'avance. Surtout les anciennes bien plus faciles à maquiller... Sans penser à mal parfois. Mais pas toujours comme le montre la "composition" ci-dessus qui a bel et bien été Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...vendue pour une Indian. Qui plus est par une grosse société anglaise de ventes aux enchères qui a pignon sur rue, H and H de son nom, qui prétend s'adresser au "Classic collector" (Amateur de machines classiques - motos et voitures). Le "fake" est ici particulièrement grossier, ce qui n'a pas démonté le spécialiste-maison de H & H. Lorsque le journaliste de sumpmagazine (site en ligne) lui a demandé pourquoi cette "chose" était présentée sous le nom d'Indian, il a répondu : "C'est ce que nous a dit le vendeur, alors elle a été présentée comme ça". Sumpmagazine est revenu à la charge : "Alors, si je vous apporte un 50 Honda et que je vous dis que c'est une Brough Superior, vous allez le présenter comme ça ?". Réponse du spécialiste : "Yes". À cette vente ont été proposées cinq autres bricolages baptisés "Indian", tous ont été vendus ayant reçu désormais le label "classic collectors" !...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Afin de ne pas vous laisser mourir idiot, voici une Indian 1905 "Camelback" que singe la machine présentée par H & H. On ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer...

    (Pour qui aime lire l'anglais sans langue de bois, www.sumpmagazine.com est un vrai plaisir, on s'y abonne gratuitement et on le reçoit dans sa boîte magique chaque mois) 

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Encore une œuvre du Docteur Frankenstein qui s'est "occupé" de cette Moto Rêve (plutôt un cauchemar...), péniblement assemblée avec diverses pièces d'origine indéfinie. Par contre, on voit bien ce qui ne va pas, à commencer par le cadre qui provient manifestement d'une autre moto. Le tube inférieur sous le réservoir est absent, et le tube avant a été torturé à la lampe à souder afin d'obtenir la courbe recevant une magnéto non d'origine. La fourche a vaguement la forme en plus grossier de celle qu'on trouvera sur les Moto Rêve suivantes. Le garde-boue avant semble correct, comme le réservoir. Le pédalier devrait être un BSA, mais celui qui est monté ici se retrouve sur quelques autres Moto Rêve. Par charité, on évitera de gloser sur les pneus et les échappements. En résumé, une machine type à présenter à la vente chez H & H.

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Pour se laver les yeux, une Moto Rêve conforme au catalogue pour jouer aux "7 z'erreurs"

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Une française, enfin ! Mais pas de quoi en être fier tant elle fleure bon l'assemblage. À vous de déterminer les erreurs sur une machine qui annonce fièrement son identité : "Zedel Terrot 1908". On comprend bien la difficulté présentée par la fourche avant car 1908 est l'année de l'apparition de la deuxième télescopique à Dijon, une réalisation qui ne ressemble à aucune autre. Dans le cas présent, il eut mieux valu "rajeunir" cette machine en la dotant de la pendulaire de 1910 au lieu de l'affubler d'une pendulaire qui ressemble à celle, raccourcie, d'une Triumph 1914. 

    Note à benêt : ce n'est pas du dénigrement systématique que de faire ce travail de mise au point. Encore moins de "l'ayatollisme primaire". Mais si on laisse passer sans rien dire des monstruosités pareilles aujourd'hui, qu'en sera-t-il dans quelques décennies ? Tous les jours disparaissent des témoins d'un passé qui n'est pas que motocycliste. Alors, allons-nous laisser raconter notre passé motocycliste dans "Les belles histoires de l'Oncle Paul" ? Ce ne serait pas raisonnable à l'heure où même la Bible n'est plus jugée fiable... 


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  •  

    En complément du dernier "Trombinoscope", voici quelques autres sucreries envoyées par Jean-Patrick S... qui n'a pas gardé son Kodak dans sa poche.  Premier document sur la Brough Sup la plus ancienne du plateau qui a fait bien des misères à son pilote... Lequel appliquait pourtant à la lettre le dernier conseil qu'a crié Anzani à Blériot en route vers Douvres, ce conseil, plutôt un ordre, c'était : "Mets de l'ouile surtout ! Mets de l'ouile !"

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    Quant à Jean-Patrick, il persifle un peu en disant dans le commentaire qui accompagne sa photo : "Les Anglais voyagent toujours avec leurs nuages et quand ils n'ont pas leur content, il se les fabriquent sur place....". C'est aussi une façon économique de remettre à neuf son vieux Barbour, en 5 minutes d'exposition derrière l'échappement, il retrouve son étanchéité !

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    On voit tout de suite que cette botte n'a pas vu le loup, sinon elle serait moins rutilante. On espère également que son lacet (bien que double) ne va pas être englouti par le carburateur dont le cornet est dangereusement proche. D'autant qu'il y en a un deuxième (de carbu) sur cette légendaire mécanique 4 soupapes revue par la technique germanique.

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    Une comparaison avec un moteur Rudge à peu près semblable permet de déceler une culasse et un cylindre bien plus volumineux. D'origine, il a bien deux échappements mais avec un carburateur seulement.

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    J'ai chiné un peu pour vous sur le vouèbe afin d'y trouver des bottes, mais je n'ai rien trouvé de comparable. Si bien que je me demande si celles de notre pilote ne seraient pas du sur-mesure. Auquel cas, pour parodier la publicité Renault avec un certain émir devant la Clio : "Très zouli, mais bien trop cher mon fils !".

    POUR ENCORE PLUS CHER, vous pouvez avoir une Rudge en Angleterre (sauf celles du type "Multi" que vous connaissez bien) où elles foisonnent. Ainsi, et sans le faire exprès, j'ai utilisé la photo ci-avant du moteur Rudge appartenant à une machine en vente chez un professionnel... espagnol de Cuenca, mais qui annonce aussi sur un site anglais.  

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)Lorsqu'on tombe sur une mine d'or, il faut se presser d'en tirer le maximum, d'abord pour l'automobile (à gauche), ensuite pour un tricycle (?), à droite. Scènes suffisamment insolites pour avoir attirer l'œil d'Elena Li par temps sec et aussi par temps... humide celui de Jean-Patrick. Deux scènes identiques, deux moments différents, deux photographes tout aussi différents et le tout se retrouve dans mon ordinateur : magie du vouèbe !

    Les lecteurs ont du talent : VRM 2017 (encore !)

    Pour siffler la fin de cette petite récréation en images, quoi de plus indiqué qu'un vrai sifflet monté sur... l'échappement ! Et en deux tons, siouplait ! Plutôt que de laisser bêtement s'échapper les gaz éponymes (il y a longtemps que je voulais la placer celle-là) on les module à l'aide d'une trappe mobile commandé au pied côté gauche. Joli travail de soudure et belle utilisation du jus de cervelle. 

    (Cet intermède volontaire vous a été offert par Jean-Patrick S. qu'on remercie, de même qu'Elena Li mise à contribution malgré elle). 

     

     


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  • Tout au fond du Kodak il reste souvent des photos qui n'ont pas été sélectionnées car jugées incompatibles avec un reportage sérieux sur tel ou tel évènement. Elles témoignent pourtant d'un moment, d'une ambiance déjà lointaine qui, sur le coup, a attiré l'œil du photographe au point de lui faire appuyer sur le déclencheur. Voici une petite sélection de ces personnages qui font aussi partie du spectacle, sélection récoltée à travers le vouèbe, en particulier sur Facebook dont je sais que certains d'entre vous ne sont pas "clients"... (mais j'ai les noms !)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    La présence d'une umbrella girl est l'un des attraits extra-sportifs des compétitions moto GP  actuelles, pimentées par ces accortes personnes court vêtues (si l'on peut parler de "vêtements" dans certains cas). Dans le genre en son temps de courses, dont le Bol d'or, Montlhéry ne connaissait que Mme Launay (Secrétaire de Moto Revue), ou Mlle Colin (secrétaire de Mauve) désignées porteuses du bouquet remis au vainqueur. La tradition est élégamment perpétuée ici, sans bouquet mais dans un décor sans fausse note, complété par la camionnette Citroën de livraisons en parfait accord avec la Motosacoche (Photo Guy Lecoultre).

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Lorsqu'il faut choisir entre l'être et le paraître, le résultat n'est pas toujours à l'avantage du participant chevronné. Mais il faut reconnaître néanmoins que les moteurs JAP n'ont pas souvent présenté un aussi charmant support publicitaire. L'homme à la 500 bicylindre Koehler-Escoffier 'Mandoline' est, lui, parfaitement en accord avec sa machine, depuis le cuir ceinturé jusqu'au casque entoilé (Le P'tit Photographe).

    Le trombinoscope du VRM 2017

    "Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés" (d'après Michel de Montaigne 1533-1592) : Démonstration par cette équipe de télé (trois personnes) obligée d'utiliser un pied humain, la tête en l'occurrence, pour soutenir la caméra. Ça la fiche mal à l'époque du caméscope quasi-professionnel de 900 grammes qui vous fait l'image et le son d'une seule main... pour un petit billet de 1000 zoros au grand maximum (Photo Elena Li).

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Un tricycle De Dion-Bouton véritable - voir fourche avant si particulière - est difficile à mettre en route par la seule force des jarrets, mais on y arrive plus facilement en sollicitant "A little help from my friends" (1967 - The Beatles) Photo Elena Li

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Toujours gentleman (driver), Thierry Dubois présente ses civilités à une demoiselle qui se cramponne à son parapluie fort apprécié en ces journées humides (c'est rien de le dire !).

    Le trombinoscope du VRM 2017

    L'auteur de la photo ci-dessus à gauche tel qu'on le découvre sur son facebook, surpris à l'entraînement style "commando paparazzi" afin d'être prêt à se plier à tous les exercices physiques lui permettant de pratiquer son art ! Allez sur www.facebook.com/Le-Ptit-Photographe pour y retrouver certains de ses reportages. Munissez vous au préalable d'une bière ou deux car vous risquez d'y passer un moment ! (À consommer avec modération - la bière, pas le Facebook...)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    "Il s'habille toujours dans un style sartorial qui mêle élégance et simplicité". C'est l'exemple que le dico de L'Internaute donne pour définir sartorial, cet anglicisme qui s'applique à tout ce qui touche à la mode vestimentaire et donc à notre célèbre Paul d'Orléans (The Vintagent, pour les intimes). Mais le règlement des organisateurs de ce VRM a détruit les efforts d'élégance (chapeau mi-Sinatra, mi-Charles Trenet, foulard bariolé) de notre ami, humilié par la chasuble fluo imposée aux journalistes. Pour d'autres, vus par Elena Li, l'essentiel était de défier les averses (en double épaisseur !), et au diable l'élégance... 

    Le trombinoscope du VRM 2017

    La meilleure arme, c'était quand même le bon vieux pépin, en noir classique quoique télescopique comme le fauteuil. Pour les cas extrêmes, un modèle "sport" encore plus vaste reste à portée de main. Quiconque connaît bien son capricieux Montlhéry sait qu'il faut y être prêt à parer à toute éventualité météorologique (Photo Elena Li)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Le gentleman-driver Marc Tudeau et le motocycliste se repèrent de loin grâce à leurs tenues bien différentes. Casquette et lunettes sur le front pour le premier, avec nœud pap' et culottes semi-golf sur des chaussettes éblouissantes pour bien dégager la manœuvre des pédales accélérateur/freins/embrayage. Silhouette "motordrome" à l'américaine chez le Harleyiste, protégé par du cuir des pieds à la tête et (peut-être) un sous-pull façon hockeyeur qui donne une carrure avantageuse (Photos Le P'tit Photographe, à gauche. et Pétar'ardentes, à droite.)

    Le trombinoscope du VRM 2017

    Elena Li ne pouvait rester insensible au sourire enjôleur sous le casque d'un participant bien connu de nos services. Sa coiffure a été immortalisée dans "Il Vigile" où Alberto Sordi campait un irrésistible carabiniere motocycliste plongé dans des embrouilles poilantes dues à sa trop grande conscience professionnelle (à voir sur Youtube).

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Le personnage est connu pour avoir réalisé plusieurs livres sur l'histoire de la motocyclette dont "Au Pays de Millet" (épuisé) et "Manxman", une iconographie exceptionnelle sur la célèbre Norton (toujours disponible). Le dernier paru rassemble plusieurs centaines de photographies, inédites pour la plupart, sur les compétitions à travers le monde et surtout en France. Écrit, édité et vendu directement par l'auteur : Alain Daigne, 5 rue du Chemin Vert 95630 Mériel - tél : 01 34 21 64 08 (39 € + 6 € de port).

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Grâce au financement apporté par le sulfureux Lucien Rosengart, Peugeot revient à la moto en 1924 avec cette 3 HP 1/2. Elle reprend l'architecture d'une Terrot-Peugeot type AP (cylindre incliné et ailettes parallèles au sol), avec la différence qu'apporte la fourche pendulaire sur ressort à lames. Sa période de production sur deux années seulement font de cette 250 une machine peu courante aujourd'hui. Tenue "trans-époques" pour Monsieur tandis que Madame joue seulement à la passagère puisque la moto n'a pas de tan-sad. De toute façon, avec un tel chapeau... (Photo Esprit racing.com)

    Le trombinoscope du VRM 2017 (extraits)

    Pris par la patrouille ! Resquilleurs surpris quelque part aux abords du circuit (du côté de l'épingle du Faye ?).

     


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  • Les sites ou blogs consacrés à une seule marque sont nombreux, mais rares sont ceux qui apportent du nouveau, du sérieux, tout en montrant de la continuité dans leurs recherches. Celui de Dominique Svenson est à classer parmi les exceptions tant il est fourni, clair et (presque) complet. Je dis "presque" car dans ce domaine, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. À propos de la marque Austral, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, Dominique se posait une question sur la motocyclette Austral licence Rochet-Bruneau de 1908. J'avais seulement cité ce nom dans un article publié lors d'une vie antérieure sur mon précédent blog (zhumoriste.overblog.com). De nouveaux documents viennent aujourd'hui compléter ce qui n'était qu'une brève citation dont une double feuille que voici intégralement.

    Austral et ses tricars

    Austral et ses tricars

    Austral et ses tricars

    Austral et ses tricars

    Avec le même texte descriptif et la même illustration, on retrouve cette machine sous plusieurs marques à commencer par...

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ... ROCHET. Extrait du catalogue 1909 ci-dessus, mais il est probable que le modèle était déjà au catalogue de l'année précédente 

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ROLAND propose aussi son exemplaire et comme tous les autres, son catalogue indique "Usines et Bureaux à Albert, Somme", qui est le siège de... 

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ... La Société Industrielle de la Somme, d'Albert (Merci Markus !) entité qui a déposé toutes ces marques afin de couvrir le maximum de territoires avec le maximum de représentants. On pouvait ainsi avoir dans la même ville un représentant Roland et un représentant Austral, doublant ainsi les possibilités de vente pour des machines identiques, à la couleur près. La méthode a réussi plus tard avec Motobécane et Motoconfort ou, auparavant, avec Terrot et Magnat-Debon. De cette dernière, les mauvaises langues faisaient courir le bruit qu'elles étaient fabriquées avec les pièces "rebutées " (mises au rebut) de chez Terrot. Anecdote recueillie de la bouche de Jean Nougier.

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    TRÈFLE À QUATRE était présentée par les Cycles Georges Richard, établis eux aussi à Albert, dans la Somme (Usines et Bureaux). Précision figurant au catalogue : les pièces principales de la machine doivent porter le poinçon d'un trèfle à quatre feuilles stylisé.

    PETIT COMPLÉMENT SUR LES TRICARS

    En 1928, devant la renaissance du "tricar", Moto Revue lançait le Championnat du Motocycle Industriel afin de permettre "aux acheteurs de localiser leur choix en fonction de la puissance et de la capacité de transport du véhicule susceptible d'être choisi par l'acheteur". Formulation ampoulée...

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    ... pour une épreuve qui allait attirer tous les fournisseurs déjà connus de trois roues "industriels" comme Jesum, Galland, La Marne, Ninon ou Juéry. Elle va aussi déclencher de nouvelles vocations chez Dresch (Le Grimpeur, avec un étonnant camping-tri) ), Monet-Goyon (Bert) tandis que, prenant le train en marche, René Gillet, Peugeot, Gillet d'Herstal, Harley-Davidson, Cleveland (avec une 4 cylindres !) ont engagé des sidecars attelés à des caisses commerciales. Le 16 septembre, tous vont se mesurer sur un Paris-Rouen-Paris, sous l'œil du colonel Sainctavit dépêché par l'armée. 

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    Dans les articles de Moto Revue faisant le promotion de ce championnat étaient évoqués l'historique du tricar où l'on avait "oublié" Austral. D'où une longue lettre de M. Edouard Cheilus, un peu amer, et mettant les choses au point concernant le rôle pionnier de ses machines. Il terminait en lançant un appel aux possesseurs d'un Mototricycle Austral millésime 1905 à 1907, proposant d'en remettre un en état et de l'engager dans le championnat. Ainsi fut fait et c'est ainsi que, 24 ans après, un tricar Austral 1905 piloté par Gohier terminait l'épreuve sans pénalité comme 19 des 22 concurrents.

     Durant quelques mois, Moto Revue consacrera épisodiquement des pages aux ex-mototricycles devenus trimoteurs, présentés sous le bandeau de tête (ci-avant) dessiné par Jacques Pruvost. Ce dernier deviendra ensuite l'un des piliers du Canard Enchaîné.

    AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 € port compris fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse).Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr

    Austral : ses motos et ses tricars (1905 & 1908)

    Des trois volumes "La Motocyclette en France" déjà publiés, seul celui traitant de la période "1922-1924" est encore disponible. 55 € port compris. Adresse mail idem ci-dessus.


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  • Dernier courrier de Jean-Baptiste Chapleur, autrement dit "de la bouche du cheval", comme on dit en rosbifland.Le point sur la Collection Chapleur

    "Bonjour à tous,

    J'ai relu nos échanges et réactivé mes contacts locaux pour en savoir plus. Hier soir encore, j'ai expliqué devant les membres du Kiwanis de Lunéville les tenants et les aboutissants de notre problématique. La difficulté est venue quand il a fallu justifier pourquoi la collection n'irait pas au Château de Lunéville (pôle touristique majeur de l'arrondissement) mais à quelques kilomètres dans un ancien séminaire d'un village de 375 habitants (futur lieu de formation du circuit de Chenevières).

    La commune d'Amnéville n'a clairement pas suivi la procédure qui a pourtant été évoquée dans lors de son conseil municipal de Décembre 2016. La Communauté de Communes de Baccarat à Lunéville joue un jeu trouble et essaye de m'écarter, de nous écarter depuis le départ.

    Le Ministère et la FFVE doit suggérer ou même imposer :

    - une clause de réserve de nue-propriété au profit de la ville de Lunéville, de la Communauté de communes ou même de notre association. C'est un gage de sécurité indispensable et nécessaire pour que l'avenir ne soit pas une répétition du passé.

    - un obligation de classer la collection MH pour le nouveau propriétaire dans les 2 ou 3 ans avec à défaut un classement d'office.

    - un droit de préemption au profit de la puissance publique, au prix actuel de vente.

    Je vais loin dans les revendications mais c'est préserver l'avenir.

    Nous devons et nous pouvons encore agir aujourd'hui.

    La FFVE, la Fondation du Patrimoine et le Ministère de Culture peuvent encore nous ouvrir leurs carnets d'adresses de chefs d'entreprises et nous consacrer quelques heures.

    Je répète qu’il doit être possible :Le point sur la Collection Chapleur

    - que le Ministère de la Culture classe à nouveau la collection Trésor
    National (Sans équivoque), voire Monument Historique en urgence.

    - de trouver une entreprise qui achète un Trésor National pour 150 000 € (1,5 M € - 90 %)

    - que le Ministère de la Culture travaille avec le Ministère des Finances pour accepter une exonération à 90% de l’entreprise trouvée (Loi Aillagon de 2003).

    Il n’est pas trop tard si on s’en donne les moyens.

    Chacun de vous a déjà fait beaucoup mais pas encore assez pour le patrimoine de la France.

    Pardonnez-moi la sévérité du constat, mais c’est ensemble que nous sommes plus forts. La solution est en nous et avons-nous tout fait pour y parvenir ?

    Cordialement

    Jean Baptiste Chapleur

    Président des Amis de la collection Maurice Chapleur

    www.chapleur.org

    https://www.facebook.com

    Si ce n'est pas encore fait, on adhère à l'association des Amis de la Collection Maurice Chapleur aux adresses ci-dessus. J'ajoute, pour les pingres, que c'est GRATUIT !


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  • En 1875, un certain Victor Cèz (un pseudo ?) publiait chez A. Dutemple 7, rue des Canettes à Paris, un ouvrage intitulé "Le peuple le plus spirituel de la terre". Ce peuple, c'était évidemment le peuple français, ainsi décrit en vers (extrait) dès la première page :

    "Salut, peuple,ô le plus spirituel de la terre,

    Créateur de la lune, inventeur du soleil

    Et des étoiles, chef du progrès en arrière,

    Viens çà, que je t'embrasse, ô peuple sans pareil." 

    On l'aura compris, Victor se payait la fiole des Français. Et on ne peut pas vraiment lui donner tort, surtout si, balayant devant notre porte, on consulte un petit florilège de documents divers où la motocyclette a sa place. En voici quelques uns pour ne pas se fatiguer la tête pendant les vacances...

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !Dans les années 30...

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    - Monsieur ! Monsieur ! Votre compagne vient de tomber !

    - Merci beaucoup ! Je le reprendrai en repassant.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Un classique mais joliment dessiné 

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Grâce à la moto japonaise, le motocycliste commence à s'implanter dans le paysage urbain. Au point qu'un magazine aussi gaullo-réac que "Jours de France" va passer une série de dessins mettant en scène des "Parisiennes" forcément motocyclistes. L'avionneur Marcel Dassault était le propriétaire sourcilleux (mais généreux aux dires de certains de ses collaborateurs) de l'hebdomadaire dont il choisissait lui-même les dessins humoristiques. Il veillait également à la dimension de la grille de mots croisés qui fut augmentée lorsque sa femme, Madeleine, se plaignit de sa difficulté à les lire. Il lança également "24 Heures" un journal quotidien (imprimé à France-Soir). Brève parution car la vente se faisait en partie par des "camelots" (vendeurs des rues) payés à l'avance. Si bien qu'une fois la paye empochée, ils prenaient les ballots de journaux à la sortie des presses de la rue Réaumur puis allaient les disséminer sous les banquettes des bistrots du quartier.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Au milieu des années 60, les tabloïds anglais publiaient des p'tits mickey ayant des motards pour sujets... Occasion de tracer quelques portraits non dénués de pertinence sur la société britannique inquiétée par les exactions des mods et rockers qui s'empaillaient à Brighton.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Plus encore que les rockers, l'autre catégorie dangereuse de motocyclistes était celle des Hell's Angels qu'il était bon de ridiculiser gentiment, avec plus ou moins d'humour. Les deux premiers dessins ci-dessus, exploitant la même idée, ont paru dans deux journaux différents, bien entendu, mais la coïncidence est saisissante, sinon vraiment drôle.

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Toujours dans la même veine, mais peut-être un peu plus... subtil ! (j'ai dit "peut-être").

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Même avec de somptueuses, quoique approximatives, couleurs, certaines cartes postales ne se distinguent pas beaucoup d'un humour qu'on disait "de garçon de bains" ou de "caserne". Lequel avait ses journaux spécialisés...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ...Marius (sur papier rose)...

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    ... et Le Hérisson (sur papier vert), les deux aux Éditions Ventillard. 

    C'est bête ! C'est faux ! C'est moche ! C'est nul !

    Là, on touche à la connerie à l'état pur, mais il semble que la bicyclette a été aussi utilisée (en solo ou en tandem ?). Il y a aussi la pose de banderilles avec le torero - authentique ! - assis sur une chaise... À quand la corrida en fauteuil roulant ? Avec une main attachée dans le dos et une olive dans l'œil ? On voit que le champ des possibilités est immense... P.S. : j'espère que vous êtes dans les 73 % de Français qui sont contre la corrida avec mise à mort (89 % chez les 18-24 ans). Au cas contraire, merci de ne plus revenir sur ces pages.

    §

    AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 € port compris fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse). Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr

    Bête ! Faux ! Moche ! Nul ! N'importe quoi...

    Des trois volumes "La Motocyclette en France" déjà publiés, seul celui traitant de la période "1922-1924" est encore disponible. 55 € port compris. Adresse mail idem ci-dessus.

     


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  • Suite à un bug de mes doigts, certains d'entre vous ont pu voir une suite tronquée de l'épisode numéro 7. On reprend donc ici...

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Ni scooter, ni moto, la Suzuki 250 SW1 conçue par Naomi Sakaï avait tout pour déplaire au milieu motocycliste pur et dur de 1992. Lequel ne serait peut-être pas du même avis aussi tranché aujourd'hui alors qu'on a vu depuis défiler les Honda Deauville ou Vultus, le Yamaha T Max et autres Gilera 800 (de profundis). Le SW1 présentait des solutions trop originales avec ses roues de 16'' (AV) et 15'' (AR) à trois branches et son carénage très protecteur. Solutions qui ont fait des petits comme la transmission finale par courroie, le réservoir sous la selle, les coffres latéraux intégrés au carénage en plus d'un monocylindre qui semble indestructible avec 20 ch et un simple ACT 4 soupapes. Venu trop tôt, le SW 1 construit à quelques centaines (500 ?) d'exemplaires fut réservé au seul marché japonais, ce que beaucoup regrettent encore parmi les rares qui ont pu le connaître en Europe (1 en France et 3 ou 4 en Grande-Bretagne). Donc "collector's"... mais sans grand espoir !

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    De la baroque SW 1 ne reste que la couleur sur cette 250 STE Suzuki beaucoup moins "glamour" mais bien plus économique. Encore une inconnue jamais vue sous nos cieux.

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Un bicylindre deux-temps de 125 cm3, on n'avait pas vu ça depuis les Rumi motos et scooters des années 50. À la fin de 1965, Yamaha renouvelle le genre avec une cylindrée un peu plus petite : ce sera le 90 AT de 8,2 ch. Réalésé à 100 cm3 (97 réels) pour complaire à la législation américaine, il devient le YL1 doté d'une cinquième vitesse pour exploiter au mieux ses 9,5 chevaux (renseignements complets sur moto-collection.org comme d'habitude). Bien que vendu en France dès 1966 (2485 F soit 3100 € de 2017), il ne devait pas courir les routes où son prix le mettait à égalité avec les 250 Jawa, Vespa Super Sprint, MV 125 Tourisme et autres 125 Morini Corsaro 66 ou trois Mobylette AV 88 Grand Luxe. Encore un "collector's" mais abordable à 1500/2000 €... au Japon ! 

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Un rêve d'ado en 1966, mais... "passe ton bac d'abord !".

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Moins répandue que les Harley-Davidson, la rivale Indian Chief à soupapes strictement latérales est conservée dans un scrupuleux "état d'origine". Pas question de chopperiser ou bobbifier un monument de l'art nord-américain !

    ♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    SOUS LES JUPES DES FILLES

    Rétines et pupilles, / Les garçons ont les yeux qui brillent /  Pour un jeu de dupes : /

    Voir sous les jupes des filles, / Et la vie toute entière, / Absorbés par cette affaire, /

    Par ce jeu de dupes : / Voir sous les jupes des filles.

    La chanson d'Alain Souchon, poète et fin connaisseur de l'âme humaine dans ses replis les plus secrets a trouvé un écho jusqu'au Japon. Régulièrement You Will Bike publie un palmarès établi par un vote de ses lecteurs qui classent leurs vedettes préférées choisies dans le milieu du cinéma, de la télé, des modèles de la mode, Toutes accortes jeunes personnes dont le mini-maillot est le vêtement le plus chaud. Pas besoin donc d'imaginer ce qu'il y a sous leur jupe. On est directement au... cœur du sujet. 

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Voici, à gauche et à droite deux des concurrentes choisies parmi une grosse douzaine d'entre elles. Que du classique dans ce genre de sauterie, encore que celle de gauche amorce déjà une autre "couleur". La photo du milieu est plus intrigante. C'est que You Will Bike connaît plutôt bien ses lecteurs dont les goûts érotique sont particuliers. Dans le cas présent la photo est une allusion discrète au bondage, pratique sado-maso (douce) que chacun connaît aujourd'hui grâce au livre "50 nuances de Grey", mais que les Japonais ont élevé à un art photographique. 

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Encore plus insolite cette photo qui a l'air ratée alors que pas du tout. C'est une autre allusion à un fantasme nippon, celui de la petite culotte, surtout celle des collégiennes ou prétendues telles. C'est un fantasme assez commun et répandu chez le mâle japonais (*) pour avoir donné naissance à un véritable commerce nullement répréhensible ! Dans le même genre, la photo de gauche du trio précédent n'est pas innocente...

    Le Japon explore son passé motocycliste (8)

    Des boutiques spécialisées vendent toute sorte de vêtements usagés, dont des culottes, que viennent proposer les collégiennes elles-mêmes. Et plus le vêtement a été porté, plus il est cher. L'amateur timide peut se servir ailleurs à un distributeur automatique (à droite).

     ♥

    (*) Ils font d'ailleurs l'objet d'un livre d'Agnés Giard, distinguée anthropologue et conférencière qui a signé l'instructif "L'Imaginaire érotique au Japon" 2006 - Albin Michel.

    À l'intention des pervers, je redonne aussi l'adresse du site You Will Bike : youwbike.exblog.jp


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  • J'EN ENTENDS DÉJÀ qui couinent au fond de la classe... "Quoi ? Encore de la japonaise ? Des ceusses qui ont tué la moto dans les années qu'on aimait tant ?". Ou encore et toujours l'argument fatal : "Copieurs !". Oui, oui, bien sûr vous avez bien raison, braves gens de lecteurs, mais les temps changent (Bob Dylan dixit) et il faut pratiquer le pardon, si reproches il y a ... d'autant plus que c'est dans notre intérêt. 

    D'abord faire le point : au risque de se répéter, on rappellera que la moto européenne n'a pas été "tuée". Elle agonisait lorsque sont apparues les premières Suzuki ou Honda pourtant précédées d'une réputation bien pourrie. La "camelote nippone" évoquait des souvenirs des années 30, ces quincailleries qu'on écrasait au rouleau compresseur, ces montres à deux balles, ces mécaniques qui tombaient en Le Japon explore son passé motocycliste (7)panne en trois jours, et irréparables, évidemment. Le même refrain a été repris dans les années 65/70, alors si vous voulez avoir une idée de l'ambiance de cette époque, souvenez-vous de ce qu'on disait autour de vous des motos coréennes il n'y a pas si longtemps.

    Voyons maintenant "copieurs". Là on est dans l'avant-guerre (la Deuxième), alors que le Japon n'avait qu'une très modeste industrie motocycliste et guère plus de réseau routier pour y lancer ses produits. Le plus gros du marché d'alors avait été capté par les Américains de Harley-Davidson (en licence) avant rupture des accords. Le reste était laissé aux rares petites marques et importations européennes, surtout britanniques. Après la capitulation, à partir de 1946, est née une balbutiante industrie, un artisanat, à base de bicyclettes motorisées (comme en France). Puis, dès que l'occupant yankee l'a permis, les cylindrées jusqu'à 250 furent autorisées. On a alors vu les copies des Adler, BMW et autres (pas de françaises, sauf peut-être le triporteur Peugeot !). On note cependant une différence de taille : il s'agissait de copies, certes, mais améliorées par des suspensions arrière oscillantes, distributions par arbres à cames en tête, freins centraux à tambour, clignotants (mais oui !), etc. Pas besoin de vous faire un dessin pour raconter la suite des évolutions techniques basées sur une électronique déconcertante de facilité mais dont parfois on ne comprend pas toute la nécessité... Et admettons honnêtement que ça vient du Japon.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Ceux qui sont encore là pour lire ce feuilleton nippon savent que le point de départ en est You Will Bike, une revue de Tokyo diffusée sur le vouèbe. Elle s'intéresse aux motos anciennes, ce qui la rend plus sympathique que d'autres. On continue donc de la piller allègrement, ce qui a l'avantage d'éclairer une partie du motocyclisme d'un pays autrement que par son économie et ses chiffres de production. Sans perdre de vue que "moto ancienne" n'a pas tout à fait le même sens en japonais qu'en français...

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Parmi les machines japonaises "les plus anciennes dans le grade le plus élevé", les Meguro semblent avoir la meilleure cote. Surtout dans un état d'origine comme celle-ci (photo trouvée ailleurs que dans You Will Bike - source à définir un jour...). C'est le modèle baptisé prosaïquement K1 qui succède à une T1 puis T2 dont la commercialisation - si jamais elle s'est faite - a été très limitée.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Une Meguro T2 pour jouer aux "7 zerreurs" en comparant avec les autres modèle de twins. 

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Ces joyeux lurons sont des "inspecteurs" de Meguro chargés des vérifications avant livraisons des K1. À l'arrière-plan, une 175 dotée d'une chaîne finale sous carter (Photo Bikeshop 246).

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    La face B de la K1 dont le carter de distribution (entre autres détails) révèle bien l'ascendance BSA. Clignotants d'origine et larges pare-cylindres se retrouvent sur de nombreuses japonaises de ces années, au point qu'on peut se demander s'il ne s'agissait pas d'accessoires d'origine et rendus obligatoires par le code de la route.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Le badge de réservoir est presque de même forme, mais la le mot Meguro a été chassé par celui de Kawasaki comme sur le carter de distribution. Sur cette K2 apparue en 1965, l'amortisseur de direction a été emprunté à l'évolution suivante qui est devenue W1 chez Kawasaki.

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Visant a priori une clientèle américaine, la W1 se présentait dans une robe allégée où le chrome remplaçait l'émail noir. La fourche recevait un soufflet en caoutchouc jugé plus "sport" mais la puissance restait inchangée avec 53 chevaux. Le frein avant double cames de série fut l'une des révolutions apportées par la moto japonaise (initié par BMW ?)

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Une W2 déjà bien modifiée pour Mlle Maki Nakajima avec silencieux de remplacement (le point faible de bien d'autres marques). Cette 650 SS, selon l'appellation japonaise, a été aussi atteinte par la "bobberisation" qui sévit en Occident avec ses tubes d'échappement entourés de bandes anti-caloriques (Bien utiles pour dissimuler leur bleuissement...) 

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    À défaut du twin BSA 500 ou 650 qui supporterait peut-être mal la comparaison avec sa copie Meguro-Kawa, l'amateur se tourne vers le monocylindre de Birmingham. Dans une version "presque Gold Star" mais qui ne résiste pas à un examen poussé. Là encore, le jeu des "7 zerreurs" révèlerait un moteur de B 31 ou B 33 bien moins performant qu'un prestigieux B 32 ou B 34, un émail grenat caractéristique des BSA "tranquilles" et un double-cames de frein avant plus récent. Cependant, comme dit le proverbe nippon : "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse".

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    La notion origin & unrestored a aussi ses amateurs d'anglaises comme cette Norton twin (je dirais Mercury 650, mais je n'y mettrais pas ma main au feu) aussi classe que l'est son propriétaire. Origin donc, avec l'indispensable touche nippone qui convient sur une moto qui roule normalement. Ami lecteur, sauras-tu la trouver ?

    Le Japon explore son passé motocycliste (7)

    Sans rancune pour l'ennemi d'hier un amateur fier de son impeccable 750 WLA d'une marque que vous aurez devinée. Au cas contraire, vous êtes prié de quitter cette lecture sans délai !

    (La suite prochainement)

     

     


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  • La collection Chapleur sauvée (enfin presque...)

     

    Pour en savoir un peu plus sur les prémices de la         négociation, un article précédent paru dans Le Républicain Lorrain ...

    Amnéville : le musée du vélo roule vers Chenevières ?

    "La proposition est officielle : le circuit auto-moto de Chenevières dans le Lunévillois (54) souhaite racheter, seul, la collection du musée du Vélo et de la Moto pour booster sa fréquentation dopée par les passionnés de vintage.

     

    L’éventualité d’une solution de revente dans le secteur du Lunévillois était évoquée depuis plusieurs mois. L’information a été publiée, mardi, par nos confrères de L’Est Républicain.

    Le circuit auto-moto de Chenevières, basé à une quinzaine de kilomètres de Lunéville et bien connu des amateurs de vitesse, a officiellement formulé son intérêt pour la collection du musée de la Moto et du Vélo d’Amnéville. « Sachant que le musée est à vendre, nous avons rencontré les élus pour leur faire une proposition d’achat. La balle est désormais dans leur camp », indique Fabrice Gabriel, directeur de Passeport Prévention, société qui détient le Circuit de Chenevières.

    Selon nos confrères, « Passeport Prévention financerait seule cette acquisition avec des retours espérés en termes de fréquentation ». La société entend ainsi, avec ce musée, asseoir son identité. Le Circuit propose déjà des manifestations autour des véhicules vintage. Cette année, il organise notamment les 24 et 25 juin, son GT Legends. Et ça marche : plusieurs milliers de visiteurs accourent pour ce grand voyage motorisé dans la nostalgie.

    Toute l’année, le circuit propose également des balades en véhicules anciens. « Pour nous faire davantage connaître, nous avons besoin de donner une spécificité à notre circuit, comme celui du Mans avec les 24 Heures par exemple », expliquait Fabrice Gabriel à nos confrères. « L’idée a ainsi germé de s’appuyer sur la présentation de véhicules de collection pour créer une identité et attirer des passionnés de sports mécaniques à Chenevières. »

    Selon nos informations, la question de cette vente devrait être tranchée lors d’un conseil municipal prochain à Amnéville. Seul compétent pour donner, ou non, son accord pour une vente, quel que soit l’acheteur.

    Car le budget est quand même costaud. La mairie d’Amnéville ne s’en cache pas : l’objectif serait de vendre la collection pour un montant de 1,5 M€, la somme proposée, il y a deux ans, par un collectionneur privé.

    Quelle somme a été proposée ? Le mystère reste entier, jusqu’à la publication des délibérations. Dans le projet lunévillois entreraient dans la balance l’attachement historique de la collection à son berceau (Maurice Chapleur était originaire de Lunéville) et le fait qu’elle soit à nouveau accessible au public. Mais ce ne sont pas forcément ces belles intentions qui paieront les factures de la mairie amnévilloise, dont le budget est toujours très serré…

    Néanmoins, le Circuit de Chenevières a les reins solides. Passeport Prévention accueille 2 000 stagiaires par an, emploie neuf personnes et « réalise un chiffre d’affaires de plus de deux millions d’euros ».

    Dans un premier temps, la possibilité d’un financement basé sur partenariat public-privé, avec la communauté de communes de Lunéville à Baccarat, avait largement été évoquée, pour le rachat des 230 pièces de la collection Maurice-Chapleur. Mais n’a jamais été finalisé. Il semblerait néanmoins que ce partenariat ait conduit à l’achat de l’ancien séminaire de Flin, commune située à quelques kilomètres de Chenevière. Objectif : y implanter un centre d’innovation sur l’ensemble des risques professionnels, mais aussi d’autres projets. Et pourquoi pas y accueillir, à terme, la collection du musée du Vélo.

    Catherine AMBROSI (ER) et Lisa LAGRANGE


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  • LA MAIN AU PANIER : ÇA PEUT MENER LOIN !

    Entendu un lundi matin au journal de la Mon marché dans les coins (la moto et autour)Matinale de France Inter : "Quand tu tires et qu'çà rentre, ça fait du bien !"  Déclaration enthousiaste et débridée de Céline Dumerc    (à droite) la capitaine de l'équipe de FranceMon marché dans les coins (la moto et autour) de basket (baptisées "Les Braqueuses"), au lendemain de leur magnifique victoire sur la Serbie (73 à 57). Avec la suite malheureuse qu'on connait... 

      REPRENONS NOS ESPRITS !

    Les plus grands noms de la photographie française ne se sont jamais beaucoup passionnés pour la moto ou le sport motocycliste. Cependant, en grattant bien, on peut récolter quelques images. Elles sont plus ou moins intéressantes mais elles ont le mérite d'exister. 

    On commence par celles d'Henri Cartier-Bresson, membre-fondateur de la célèbre agence Magnum, qui a parcouru le monde pour le compte de nombreux magazines français et étrangers. Toujours présent là où il se passait quelque chose, que ce soit l'arrivée des communistes à Shanghaï ou la crise de Cuba, jusqu'au combat pour le Larzac, la libération de Paris, celle des camps nazis, etc.

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

     En Mongolie, un sidecar très familial (environ 1950). On aura reconnu une Planeta Ish d'origine russe, une 350 deux temps monocylindre de 11 chevaux "pompée" sur une DKW d'avant-guerre. 

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

    Publicité d'époque sur : https://www.autoevolution.com/moto/izh-49-1951.html#agal_10

    Rejeton d'une riche famille d'industriels (le fil à coudre Cartier-Bresson), il refuse l'avenir qui lui était tracé. Des études artistiques le mèneront dans le sillage des surréalistes avant qu'il se tourne vers la photographie. Son premier reportage sur l'Afrique parait en 1930 puis il revient en Espagne au moment du coup de force de Franco. Il adhère à la cause des communistes jusqu'en 1946 avant de s'en éloigner à la suite de la répression en Hongrie (1947). Durant toute cette période, il ne signera d'ailleurs ses œuvres que du seul nom Henri Cartier, en particulier le film "Victoire de la vie", en hommage à la république espagnole (video sur http://parcours.cinearchives.org/).

     Alors que la plupart des seigneurs de la photo ont été plutôt attirés par l'automobile, à l'exemple d'un Jacques-Henri Lartigue ou d'un Man Ray, on trouve chez Cartier-Bresson plus d'une douzaine de clichés sur lesquels apparait un deux-roues. Jamais en sujet principal certes, mais toujours présent dans un coin de l'image.

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

    Dans le bidonville de Nanterre où vivront des milliers d'immigrés dans les années 50 à 70. À gauche, une Mobylette AV 89, principal moyen de transport de l'ouvrier et des jeunes.

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

    Motobécane était alors le premier constructeur MONDIAL de deux-roues !  

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

    La moto est rarement le sujet principal comme ici en 1974 sur le plateau du Larzac. Un lieu de rassemblement emblématique des luttes de la jeunesse, à la fois CONTRE l'armée qui voulait agrandir un camp déjà existant et POUR défendre les paysans chassés de leurs terres. C'est à cette occasion que la France va découvrir une future grande gueule de la politique: José Bové.

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

    Le rêve américain de toute une génération : le Fanticmotor Chopper ou la Harley (miniaturisée...) de Peter Fonda dans le film-que-vous-savez. Il fut proposé en 50 cm3 et en 125 cm3 et c'est avec l'un de ces 125 que Jean-Pierre Edart, apôtre du 50 à Moto Journal s'engagea - et termina - le Tour de France Motocycliste en 1974 !

    Mon marché dans les coins (pas que la moto)

    Autre pays et autre machine, sans doute une Norton, puisque nous sommes en Angleterre où Cartier-Bresson a capté une image que l'on n'a guère l'habitude de trouver dans nos gazettes habituelles.(voir correction par Gilles Tocanne dans les commentaires en fin d'article)

    Mon marché dans les coins (la moto et autour)

    "C'est grâce aux Américains, a t-il déclaré un jour, que j'ai été considéré comme un artiste-photographe". Dès le début des années 30, il est en effet exposé dans une galerie new-yorkaise alors que la France mettra plus d'un quart-de-siècle avant d'admettre que la photo est un art véritable (bien qu'elle fut pionnière dans ce domaine...). L'œil de C-B sur l'Amérique est critique mais pas sectaire comme on pourrait s'y attendre au regard de ses convictions politiques de l'époque. Lesquelles vont changer, on l'a vu. Au long de plusieurs séjours aux États-Unis, ses sujets se diversifient à l'extrême : chômeurs dormant dans la rue, banquiers dans leur bureau, grève aux usines Ford, prisonniers dans le New Jersey, manifestations des noirs pour les droits civiques. Du Texas, il rapportera une "image motocycliste'" rare. Elle est rare car elle a été faite "à la volée", depuis une voiture (le rétro en amorce à droite), rare aussi parce qu'on y voit un noir sur une Harley. C'est le noir qui fait la rareté, pas la Harley vue à Galveston, au Texas en 1967. Coïncidence ou non, de 1963 à 1968 l'Amérique était en proie à des émeutes raciales qui rendront célèbres à travers le monde les noms de Watts (New York), Selma (Alabama) ou Chicago. Une fois encore, Cartier-Bresson a donné son "point de vue" sur l'évènement...

    Mon marché dans les coins (la moto et autour)

     Thème récurrent des photographes, "Les Amoureux" de Cartier-Bresson sont de ceux que l'on ne peut soupçonner de poser. D'autres plus célèbres sont d'ailleurs exploités en cartes postales et leur authenticité n'a de cesse d'être discutée par la "gentry" de la photo. On remarque au passage le cadrage tout en hauteur qui se retrouve souvent chez l'artiste. Il ne doit rien à un tirage postérieur dans la chambre noire car C-B ne recadrait jamais une photo. Dans sa tête l'image était "exacte" dès qu'il appuyait sur le déclencheur du Leïca.

    ATENÇAO ! OCCHIO ! WATCH OUT ! ATTENTION !

    Le ministère de l'Intérieur va nous gâter qui annonceMon marché dans les coins (la moto et autour) la mise en place "massive" de radars embarqués, plus mobiles encore que ceux qui existent déjà. Dans des voitures banalisées, le conducteur sera seul à bord pour conduire et actionner l'appareil détecteur. C'est une question d'argent qui retarde l'affaire pour le moment (54 millions d'euros à trouver pour équiper 400 véhicules !), mais six voitures sont déjà opérationnelles à titre d'essai dans la région d'Évreux. Parait qu'elles seraient à la recherche d'un faux prêtre russe - plus ou moins barbu selon les saisons - au guidon d'un monstre noir qui sillonne la région. M'est avis qu'il ferait bien de se mettre au vélo, électrique à la rigueur et vu son grand âge...

     

     

     


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  • Suite de la saga Meguro (7)

    Les savants ne sont toujours pas d'accord sur l'auteur de la célèbre formule "la fonction crée l'organe", ni sur sa validité. Alors, à qui l'attribuer : Darwin Charles ou Lamarck Jean-Baptiste de ? Pendant que d'autres avancent même le nom de Claude Bernard ! On ne tranchera pas sur cette querelle de clochers et voyons plutôt en quoi la formule peut s'appliquer à notre moto. Idée saugrenue, dites-vous ? Pas tellement si on examine la photo du Quasimodo tout tordu ci-dessous.

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    Question au bac : Faut-il être bancal pour piloter cette moto ou bien est-ce la pratique de cette moto qui vous rend bancal. Développez : vous avez 4 heures !

    Si vous êtes de la génération Kevin ou Ryan, ça doit vous rappeler votre 104 Pigeot "tuné" à mort par un guidon en tubes torsadés et rapprochés pour donner une silhouette racing. Y'a de l'idée, mais vous avez tout faux car la bécane qui est pilotée par ce guidon n'a rien d'un cyclo. Ce n'est pas plus une épave sortie de la casse du Père Toupourien, mais une machine préparée pour une spécialité japonaise : l'Auto Race qui se traduit simplement par Course de motos (ou Öto Rèsu, le japonais, c'est pas simple !). Bien avant les épreuves tracées à Nagoya puis aux flancs du mont Asama, des compétitions motocyclistes se disputaient déjà sur des circuits improvisés. Finalement interdits, ils firent place à des aménagements en circuit fermé qui pouvaient recevoir aussi bien des courses cyclistes que des courses de chevaux et enfin des courses de motos.La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    Afin de soutenir une industrie motocycliste renaissante, les pouvoirs publics autorisèrent en 1950 les paris sur ces courses. Les parieurs devinrent vite intéressés puisqu'il s'agissait, à l'origine noble cause, d'encourager le développement de l'industrie. Tout comme la race chevaline est améliorée chez nous par le P.M.U. (Vous n'avez pas l'air convaincu ?). Avec sa vieille 500 Z 7 à soupapes en tête, Meguro était le mieux placé pour se lancer dans ce "sport" puisqu'il n'y avait pas d'autres grosses cylindrées japonaises dans la concurrence, hormis les Rikuo au gabarit Harley. Il faut savoir que Meguro était à l'époque parmi les grands constructeurs japonais. Mais ses choix techniques et une direction erratique le laisseront au bord de la route empruntée par ceux qui vont former plus tard "la bande des Quatre".

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    C'est donc le paisible moteur de cette machine, rescapée de l'avant-guerre qui motorise la Blue Meguro (c'est son nom), première machine d'usine siglée Meguro. Elle doit dater des tout premiers âges de l'Auto Race car ses pneus à gros pavés l'auraient empêché de rouler sur un sol bitumé. Fortement inspiré par le Motosacoche de la même période, ce culbuté a néanmoins reçu quelques soins qui le font passer de 11 ch d'origine à 28 ch ! Son allure générale est celle d'un classique engin de speedway avec quelques particularités dont la plus évidente est son guidon dissymétrique, la branche droite étant plus basse (et de beaucoup) tandis que la branche gauche est plus haute (beaucoup aussi). Il fallait bien ça pour permettre au pilote de se tenir sur une machine presque toujours inclinée côté gauche (on roule à contresens des aiguilles d'une montre). Et "inclinée", c'est rien de le dire, voyez plutôt ce que ça donne en action.

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ⇑ Tout l'art du pilotage consiste à rouler sans déraper en équilibrant avec la botte gauche munie d'une semelle en acier qui n'est pas là pour la simple décoration. Le guidon haut du côté gauche dégage le genou qui, sans modification, toucherait la poignée (On est ici en entrée de virage).

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ⇑ La première vitesse ne sert qu'au départ qui est donné moteur en route. Ensuite on se couche après un court bout droit. Ensuite, c'est gazzzzz !

     La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ⇑ Les pneus sont parfaitement lisses, pas de suspension arrière et une mini fourche télescopique d'un débattement symbolique (Récemment la fourche télescopique classique a fait son apparition - photo d'ouverture de cet article - ce qui enlève un peu au caractère "hérétique" de ces motos). Les manches sont extrêmement rapides mais courtes, 5 à 6 tours sur un ovale de 800 mètres qui accueille 8 pilotes à la fois. Un certain nombre de réunions permettent d'établir un classement final et national. À chaque départ, les pilotes sont échelonnés sur la grille dans l'ordre inverse de leur classement provisoire au championnat.

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ⇑ Comme dans un P.M.U. les courses sont suivies en direct à la télé. On se doute bien que les paris sont ce qui intéresse en premier les amateurs de ce sport... Pour éviter les ententes louches ou combines douteuses (les redoutables yakusas s'y sont intéressés), les pilotes sont enfermés dans une zone interdite à toute personne "étrangère" depuis la veille de la course (un dortoir est prévu).

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ⇑ Les somptueuses infrastructures des circuits (ici, celui de Kawaguchi) donnent une bonne idée de l'importance des "Öto Rèsu" dans la vie économique - et sportive, quand même - du Japon. Il existe quatre autres lieux du même genre dans tout l'archipel nippon.

    L'ÉCURIE MEGURO

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    Le culbuté "suisse" avouant ses limites, Meguro proposa un monocylindre simple arbre à cames (commandé par chaîne) . Ce type MP de 512 cm3 développait 45 chevaux à 7 500 t/minute. Allumage par magnéto et boîte de vitesses à deux rapports par sélecteur respectaient les canons de la spécialité, y compris l'absence de freins.

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ⇑ En 1957/58 Meguro abandonna la distribution par tiges et culbuteurs de la 125 de son catalogue pour l'arbre à cames en tête. Bien que restée disponible durant plusieurs années, cette nouveauté fut un bide commercial avec 2000 exemplaires vendus. Les études sur ce 125 dérivèrent vers un nouveau moteur destiné à l'Auto Race. Ce massif  Type MW de 605 cm3 fournissait 56 chevaux grâce à une distribution passée au double ACT.

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    Des dissidents installèrent un Triumph pour trouver plus de puissance avant que Meguro ne réagisse avec son gros twin. L'absence de toute photo sur ces derniers modèles semblerait indiquer que ce fut pas un succès. D'autant que le déclin de la marque commençait à se faire sentir. Cependant... 

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ... on trouve sur le vouèbe cette machine qui pourrait être une Meguro-Kawasaki équipée du twin dernière génération dont il est question plus haut. Mais la taille des pneus est plutôt celle des machines de dirt-track "true blood american".

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    Le Japon s'intéresse à son patrimoine et le temps est loin où les usines passaient à la ferraille les motos de Grand Prix de l'année précédente ! Les machines les plus bizarres de la discipline Öto Rèsu ont leurs collectionneurs. Certaines sont exposées dans les mini-musées de divers circuits sur les lieux mêmes de leurs exploits. On voit ci-dessus un premier modèle (6) culbuté ou simple ACT puis une version à moteur Triumph (6 rouge). Plus loin, la 7 avec un moteur de marque indéterminée à cylindre et culasse très carrés, c'est peut-être celui de la Meguro MW mono à 2 ACT.  

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    Suzuki fournit actuellement le moteur AR 600 (Auto Race 600) de la spécialité : bicylindre 600 cm3 à air avec deux soupapes (par cylindre), double ACT commandé par chaîne que l'on distingue sur la photo ci-dessous... 

    La fonction crée l'organe ? Ou pas ?

    ... exposé en démonstration dans une école. La pratique de l'Auto Race demande ensuite des années d'apprentissage dans d'autres écoles avant d'être admis à pénétrer dans l'arène avec les grands professionnels.

     


    8 commentaires
  • Selon plusieurs sources, Eugène Mauve aurait fait ses débuts en compétition dans le Paris-Nice de 1920. Les "sources" dont il est question n'étant pas autorisées car elle pratique la "Méthode Ripolin" (*), on se reporte à la littérature de l'époque, donc Moto Revue (plus Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "E" à ???spécialisée, Cyclecars & Voiturettes n'apparaît qu'à l'été 1921). Mauve était déjà dans le monde motorisé car lors d'un "portrait" biographique publié par Motocycles en juillet 1951, il y était question de sa secrétaire, Mlle Colin "qui travaille avec lui depuis 1918" et qui est, ajoutait la revue, "simple, aimable et d'une compétence toujours souriante". Ici souvenir personnel - qui restera entre nous - à propos de la demoiselle qui était encore au côté de Mauve dans les années 50. Étant le plus jeune de la rédaction de MR, j'étais souvent "désigné volontaire" pour les tâches ingrates dont les demandes d'accréditation auprès des organisateurs d'épreuves sportives comme le Bol d'or. Le Bol, c'était Mauve et Mauve, c'était Mlle Colin qui répondait au téléphone avec l'amabilité du Cerbère de la mythologie grecque. De longues minutes de négociations étaient nécessaires à chaque fois pour obtenir le carton Passe-Presse (pour 1 seule personne !). Un journaliste supplémentaire n'avait droit qu'au carton "Invité" qui ne donnait pas accès à la piste ni aux stands. On n'a pas dû connaître la même personne, Motocycles et moi... (fin de la parenthèse personnelle).

    (*) La méthode Ripolin consiste à copier ce que le premier a écrit sur un sujet donné, lequel a recopié ce que le précédent avait écrit, lequel a recopié ce que... etc... etc...)

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    La Elfe qui a failli courir à la Côte d'Argenteuil (Photo d'après Moto Revue)

    Donc pas plus de Mauve que d'Elfe dans le Paris-Nice 1920 (15-17 février) qui a vu un triomphe pour le trois-roues Morgan. Pas de regrets à avoir car l'U.M.F. (Fédé de l'époque) annulera les résultats d'une épreuve trop mal organisée et source de réclamations innombrables.

    La première grande épreuve de vitesse en région parisienne était la course de la Côte d'Argenteuil le 7 mars. Mauve y est engagé sur une Elfe mais, carrramba, encorrre rrraté ! il ne peut pas prendre le départ ! En cause, un garde boue avant manque sur sa machine en contradiction totale avec le règlement qui impose cet "accessoire" aux quatre roues (ou trois). Moto Revue en publie néanmoins la photo qui, surprise, ne correspond en rien à la squelettique Elfe "laboratoire roulant" (ci-dessus). Le détail le plus important est que son moteur, toujours un Anzani, est placé à l'avant, devant les pieds du pilote. La carrosserie est succincte, mais elle existe, sur un châssis beaucoup plus haut, tandis que les roues flasquées sont une variante aux roues fil "motos" que l'on verra par la suite.

    Pas de Mauve au G.P. de Fontainebleau (30 mai) mais il est annoncé dans le Grand Prix des Cyclecars et Voiturettes de la Sarthe (Le Mans, 26 août), avec pas moins de quatre voitures. Deux en 750 et deux en 1100 cm3 qui seront motorisées avec des Anzani à air et à eau. Finalement, ce sont deux Elfe 750 "à air" qui se présentent au départ, venues par la route, en 5 heures, et menées par Mauve et Rousseau. Elles seront toutes les deux seules à courir dans leur catégorie.

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    Carte postale publicitaire.

    Sur un châssis plus long, on voit qu'elles ont l'allure générale du modèle d'Argenteuil à la calandre prés qui simule un radiateur inexistant, tandis que la découpe latérale plus prononcée dégage la position du passager. Ayant chacune leurs garde-boue, elles partent pour les 273 km du parcours, soit 16 tours. Quoique largement inférieures en vitesse aux gros-bras de la concurrence (JAP 4 soupapes bi en V), les Elfe font bonne figure. Du moins celle de Mauve car Rousseau s'arrête au 5ème tour sur rupture d'une canalisation d'admission. Il roulait alors en une grosse demi-heure au tour contre les 18 à 20 minutes de son co-équipier. Lequel, trahi par sa magnéto lâche prise lui aussi au bout de 11 tours. Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "E" à ???Les longues distances ne sont manifestement pas le terrain préféré des Elfe, carrossées ou pas.

    Présent dans toutes les épreuves sportives de la région parisienne, le constructeur de la route de la Révolte peut se permettre de ne pas mentionner, ci-contre, le nom de sa machine dans ses publicités. Sauf dans Moto Revue où il passe régulièrement un huitième de page siglé "Elfe"…

    De plus, le monumental bicylindre en V favori de Mauve est sans doute arrivé à son terme d'évolution car, signe des temps à venir, l'épreuve du Mans a été remportée par le cyclecar Major équipé d'un Bi-Temps (licence SICAM) de Marcel Violet, l'apôtre du "sans-soupapes". Il est vrai qu'il a été favorisé par les déboires de l'Anglais Ware sur un Morgan à eau dont le radiateur vidé en sept tours fut rempli d'eau froide lors du ravitaillement, provoquant l'éclatement de la chemise d'eau d'un cylindre. Nullement démonté, Ware boucha l'admission sur ce cylindre et reprit la piste sur le seul restant, jusqu'au bout de ses 15 tours. Mais, pour citer un fameux "Corniaud" : "Maintenant elle va marcher beaucoup moins bien, forcément !).

    L'ANNÉE 1920 se termine par les courses de côtes de Gaillon (10 octobre) et Gometz-le-Châtel (30 octobre). Une fois encore Mauve est devancé par Violet sur sa Major qui signe un 45'' 1/5 contre 49 '' à la Elfe à Gaillon tandis que dans l'autre côte, Mauve est ex-œquo avec Lévêque sur une Ruby. On ignore tout des Elfes engagées, mais au bénéfice du doute et au vu de leurs performances, on les suppose du type "laboratoire roulant".

    Quand ce n'est pas le deux-temps de Violet qui fait des misères à Mauve, c'est un Morgan qui s'y colle, en particulier celui de Sandford (JAP) qui, au Concours du Litre d'Essence (26 décembre) a parcouru 25,588 kms avec un litre du précieux liquide alors que Mauve s'arrêtait à 19,127 kms. 

    LE RITUEL PARIS-NICE 1921 donne le coup d'envoi des grandes épreuves d'endurance du 21 au 25 février. Cependant, la grande affaire de l'année est la préparation d'un Paris-Madrid dans la tradition des ville-à-ville des débuts de la motorisation. Cet ambitieux projet, porté par Moto Revue et la quotidien L'Auto sera finalement transformé en un Paris-les Pyrénées-Paris. La moyenne imposée de 30 km/h (celle du Paris-Nice) n'aurait rien eu de redoutable au contraire des formalités administratives. Les passages en douane (aller-retour) ; le contrôle des quantités d'essence dans les réservoirs ; l'assurance obligatoire et autres triptyque, passeport, licence de l'année, etc, auront raison du projet.

    Malgré les divers incidents ou accidents qui l'émaillent, Paris-Nice est parfois qualifié de "promenade de santé". Pourtant, il peut être éliminatoire. Ou pas dans le cas de Mauve. Si l'Elfe 1100 qu'il pilote a bien pris le départ de Montgeron à 6 h 45 au matin  du 21 février, il n'en est plus question dans les jours suivants, et même pas dans le classement final. Bizarrement, on le retrouve dans le Criterium de Nice qui concluait ce Paris-Nice, comportant kilomètre lancé, démarrage à froid et montée de La Turbie. Or ces épreuves accueillaient les concurrents sans pénalités, donc médaillés d'or... Mauve, que Moto Revue donne Médaille de Vermeil (autre incertitude), s'y est classé troisième, derrière un Morgan et un G.N. (Godfrey & Nash). Les 90 km/h de l'Elfe 1100 dans le km lancé donne une idée des performances du bicylindre Anzani. Surtout que, une fois n'est pas coutume, Mauve a battu en 40'' le Morgan de Sandford crédité de 40'' 2/5.    

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    Si l'on se fie à Moto Revue qui a publié cette photo, l'Elfe du Paris-Nice 1921 était celle-ci, préparée avec l'accastillage nécessaire à une longue épreuve : phare, coffre arrière, avertisseur à manivelle. Le décor révèle le lieu et les circonstances puisqu'il s'agit du "laboratoire" de l'A.C.F. à Neuilly où étaient présentées les machines des engagés pour vérifications techniques.

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    La même photographiée devant ce qui devait être les ateliers de Mauve, route de la Révolte à Levallois-Perret. Le cylindre fixé le long du châssis est le réservoir d'acétylène alimentant le phare.

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    Où l'on retrouve la N° 105 en pleine "action" mais photographiée dans un flou artistique qui permet de douter de la réalité même de l'action. En effet, il est douteux qu'un photographe ait pu se placer aussi près de son sujet dans une compétition tout en disposant d'un appareil (à plaques...) adéquat. 

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    Autre photo d'une Elfe "Longue distance" assez peu différente de la première ci-avant, hormis la roue de secours sur le coffre et un réservoir qui semble plus volumineux. Cependant, le phare a disparu alors que le départ du Paris-Nice était donné aux petites heures du matin, donc dans la nuit de février. Autre hypothèse, Mauve était engagé pour Paris-les Pyrénées-Paris (30 avril - 4mai) mais il n'a pas pris le départ. En tout cas, pilote et passager sont chaudement vêtus. 

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    Toujours en 1921, l'Elfe "dénudée" est engagée le 24 avril au Concours d'endurance de l'Union Motocycliste de France, soit 250 km à parcourir sur un circuit entre Marly-le-Roi et Noisy-le-Roi. Venant toujours par la route, Mauve emmenait prudemment des roues de secours arrimées de façon inhabituelle. Elles supportaient aussi la plaque d'immatriculation...

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    Le départ et l'arrivée était donnés à la Ferme du Trou d'Enfer (ci-dessus) qui servait de point de contrôle et de ravitaillement. L'endroit était desservi par une route dite carrossable, mais dans les chemins forestiers, le parcours "peut-être trop acrobatique" jugea Moto Revue, ressemblait plus à une épreuve de trial tel que les Anglais le pratiquait à l'époque (Photo BNF-Gallica). 

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     Les pénalités s'appliquaient pour retard aux contrôles disséminés tous les 4 kilomètres sur le parcours mais aussi en cas d'arrêt du moteur pendant les ravitaillements. Par contre, le fait d'être poussé par des spectateurs dans les passages difficiles n'était pas sanctionné, du moment que le moteur du véhicule continuait à tourner. Mauve se classera deuxième derrière le G.N. de Honel et devant deux autres G.N. et le Morgan de Sandford.

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    Quelques modifications visibles sur l'Elfe au départ du G.P. de France des Motos et Cyclecars à Provins le 26 juin. Seulement une bien mauvaise et minuscule photo dans Moto Revue qui s'est pourtant fendue d'une page en héliogravure pour l'occasion. Le bâti arrière est renforcé pour soutenir un gros réservoir du carburant embarqué en vue des 297 km qu'il y avait à couvrir. Un autre réservoir est installé à l'avant, mais ni l'un ni l'autre ne seront utiles ! Dès le premier tour, un pneu  avant de la machine déjante et après de multiples embardées, l'Elfe termine sa course contre un arbre. Mauve est indemne mais Lucien Charigny son passager et mécanicien est relevé avec une jambe brisée. Il est vrai que sa position l'exposait aux pires dangers en cas d'accident...

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    "Par manque de temps", nous disent les gazettes, Mauve n'a pu participer au G.P. de France de la Sarthe (Le Mans) où il était engagé. Mais on le retrouve au Meeting de Calais où il est premier en 1100 sur deux concurrents engagés... C'est ensuite le Concours du Litre d'Essence (25 septembre) dominé par la nouvelle venue de chez Peugeot : la 4 cylindres Quadrilette. Avec son litre de carburant, elle a parcouru 26 km 438 contre 20 km 340 à l'Elfe, soit 1 km 213 de plus qu'en 1920.

    Évidemment, l'économie n'est pas le principal souci de Mauve, toujours présent lorsqu'il entend le mot "vitesse". Il a encore affuté sa machine (vraie) monoplace en vue de la Côte de Gaillon du 2 octobre 1921 (photo ci-dessus). Le bicylindre Anzani est flanqué d'une hélice censée le refroidir mais disposée d'une curieuse façon. Il est certain qu'un "laboratoire" même roulant sert à expérimenter les plus apparemment - folles idées ! 

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    Exceptionnelle photo d'une épreuve (toujours Gaillon 2 octobre) où tout est à détailler : d'abord la machine de Mauve (n° 72) en action devant des spectateurs contenus par des soldats en armes, ensuite le sol d'une "bonne" route dont on voit que la pente n'était pas la seule difficulté, le tout baigné dans un joli soleil d'automne d'une heure matinale que trahit l'ombre de l'Elfe...

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    LE 1er OCTOBRE 1921, dans son numéro du Salon de l'Automobile et de la Moto, Moto Revue publie une photo de la nouvelle Elfe. Ce sera - sauf erreur - le seul document qui montre ce changement radical dans les conceptions de Mauve. Le texte qui l'accompagne est sans équivoque. Après description de la motorisation toujours fournie par un Anzani 1100 bicylindre en V vient la BOMBE ! : "Suspension par semi-cantilever, direction à quadrilatère (Jeantorus)". De son côté, Cyclecars & Voiturettes dans son compte-rendu de Salon enfonce le clou dans sa description de l'Elfe : "Direction par vis sans fin et ressorts 1/2 cantilever à l'avant et à l'arrière". La messe est dite, le "laboratoire roulant" va peu à peu rejoindre la multitude des cyclecars concurrents. Si tant est que l'on puisse parler de concurrence puisque Mauve à lui tout seul formait avec sa machine (ses machines) une catégorie spéciale !

    Le bouillonnant personnage pense déjà à ce qui restera l'œuvre de sa vie : une grande épreuve de 24 heures sans arrêt sur circuit fermé, à l'image de ce qui existe pour le vélo depuis 1894 : le Bol d'or. Le sien sera motocycliste, sidecariste et cyclecariste, sous l'égide de l'A.M.C.F. (Amicale Motocycliste et Cyclecariste de France), il se courra fin mai 1922.

    Engagé dans nombre d'épreuves du début de saison, Mauve ne prend le départ qu'à la Côte d'Argenteuil déplacée à celle de Cœur Volant. Le 12 mars, en cyclecars 1100, il y signe un 46''2/5 que Cyclecars & Voiturettes commente d'un poli : "Performance des plus honorables".

    Après l'intermède du Bol d'Or, on le retrouve à la Côte de Gometz-le-Châtel le 27 août, toujours avec son fidèle "laboratoire" 1100. Étant président de l'AAMM qui organise, Mauve devait montrer l'exemple et c'est sans doute pour ça qu'il pilote dans deux catégories...  

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    ... d'abord en "Monoplaces" où il termine 3ème sur quatre classés...

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    ... puis en "Biplaces" avec la même machine, où il finit 5ème sur cinq classés (Nota : les "effets" de lumière parasites sur ces photos ne sont pas produits par l'écran de votre ordinateur en train de cramer. Ces documents proviennent du fonds Rol-Gallica de la BNF et, bientôt centenaires, ils ont souffert de l'épreuve du temps).

    LA DESCENDANCE ADULTÉRINE DES ELFE

    Sous le label "Elfe" vont être construits des cyclecars sous une marque qui semble avoir existé bien avant l'accord dont il est question ci-après. On ne sait pas dans quelle mesure Mauve en est vraiment le père. Car s'il est un génial artiste de la motorisation, il n'a rien d'un "finisseur" capable de proposer une machine prête à prendre la route. D'ailleurs, à cette époque, et pour longtemps, il est d'usage qu'un châssis motorisé passe ensuite dans les mains d'un carrossier spécialisé qui peut être choisi par l'acheteur. 

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "E" à "E"

    Une publicité parue en mai après le Bol d'or 1922 (ci-dessus) donnait déjà un indice quant à l'avenir de l'Elfe. Les termes "de série" employés dans cette annonce ne cadraient pas exactement avec l'habituel "laboratoire roulant". La situation deviendra tout de suite plus claire à la fin de l'année lorsque, dans son panorama des cyclecars du Salon 1921, Moto Revue écrit à propos de l'Elfe : "Cet intéressant cyclecar sera fabriqué par une puissante société de province. Mauve, l'actif et sympathique constructeur aurait traité la construction de l'Elfe avec M. Defrance". La photo qui illustre l'article ne laisse aucun doute, l'Elfe de MM. Defrance n'a rien à voir avec celle(s) de Mauve. Il saute aux yeux que l'Anzani en V a été abandonné au profit d'un 4 cylindres Nova. Production de C.I.M.E. (Compagnie Industrielle des Moteurs à Explosion, Usine à Fraisses - Loire) le Nova a des soupapes "commandées par le dessus", autrement dit avec un arbre à cames en tête entrainé par un arbre à l'avant du bloc. Choix d'autant plus curieux qu'un Anzani 4 cylindres avec ACT est présenté au même moment.  

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "E" à "E"

    Et Moto Revue d'en remettre une couche dans le compte-rendu de Salon qui suit où l'on apprend que "le stand de Mauve attira beaucoup de monde et beaucoup de curiosité (...) Le châssis exposé  était (...) bien étudié et tout à fait dans les sentiers battus (sic)". Suit la description convenue du bloc moteur Nova de 55 x 100, la direction par vis et secteur, et enfin le coup de grâce "un châssis tout à fait du type voiture en tôle emboutie". Avec en conclusion : "Le Mauve est un cyclecar robuste et simple, ne possédant que des solutions éprouvées et d'une bonne venue. Il y a toujours quelques risques à être un précurseur, Mauve qui en fut un en tant que coureur n'a pas voulu l'être comme constructeur et il a bien fait"

    Laudateur en diable, ce texte avait pourtant tout d'une oraison funèbre...

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    On ne va pas se quitter sur une note triste, alors une dernière photo pour la route d'une Elfe dont on ne connaît ni la date de naissance ni à quelle épreuve elle était destinée. On remarque seulement que ses ailes avant sont plus larges que de coutume et qu'une toile tendue fait fonction de capot devant les jambes de Mauve. S'il ne fallait qu'une image à garder en tête pour honorer le travail de l'artiste, ce serait celle-ci !

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "E" à "E"

    Quatre hommes et quatre icônes de la moto. On souligne que le p'tit bonhomme en culottes de golf est l'un des rares, sinon le seul, personnages non-coureur à avoir sa place dans la légende du motocyclisme français.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "E" à "E"

    Photo par Le P'tit Photographe

    Remerciements éternels (au minimum) à Marc Tudeau qui m'a épargné des heures de recherches en publiant sur son Facebook de nombreuses photos de Elfe provenant de la BNF-Gallica. Et en grand format siouplait ! On ne perd pas son temps en visitant son FB riche en "loucheries" comme on les aime.

     


    1 commentaire
  • Outre sa laideur (je persiste et signe), on a beaucoup reproché au défunt scooter BMW C1 d'être sous-motorisé. Il est vrai que les 15 pferde (chevaux) sur le 125 et 18 pour le 200 (176 cm3 en réalité), ramaient à assurer le décollage des 195 kilos (!) de la bête. 

    En flânant à travers le web

    Manque juste un écran télé pour le passager qui doit s'ennuyer un peu... comme en voiture.

    Cependant, il y a des inconditionnels de la formule 'ma-moto-sous-mon-toit 'qui ont trouvé des solutions dont celle ci-dessus, emmenée par le 6 cylindres de la Honda Gold Wing. L'aérodynamique de l'ensemble semble très correcte, n'était le petit appendice arrière destiné au transport de la glacière et simplement fixé par deux sandows.

    À travers la presse, le vouèbe et autour dans les coins

    Autre réalisation sur une base de Guzzi, semble-t-il. Plus artisanale et donc plus à la portée de l'amateur-bricoleur (Chez Bricorama, se recommander du Zhumoriste)

    À travers la presse, le web et tout autour

    La suite mène logiquement à deux roues de plus ...

    À travers la presse, le web et tout autour

    Mais pour beaucoup moins cher, les Chinois vous propose cette installation à une cinquantaine de dollars. Peut également servir d'abri de plage ou de châssis pour accélérer le mûrissement des citrouilles, courgettes ou autres cucurbitacées.

    À travers la presse, le web et tout autourQ

    QUOI DE NEUF DANS LA PRESSE ?

    Là, c'est l'embarras du choix, surtout qu'on n'y a pas mis le nez depuis longtemps. Beaucoup de mises en scène avec des scooters dans la mode. Ça nous change des omniprésentes Harley, mais est-ce un mieux ? On peut en discuter. En tout cas, c'est déjà plus varié et plus coloré. Exemple chez Dolce & Gabbana où, Italie oblige la Vespa est bien visible et participe de l'ambiance "Capri". 

    À travers la presse, le web et tout autour

    On s'étonnera toujours (et on regrette) les visages fermés-butés des deux 'vedettes' centrales qui plombent l'ambiance festive qui imprègne l'image. C'est, paraît-il, une façon de ne pas attirer l'attention sur la femme au détriment de ce qu'elle porte. Mouais...

    À travers la presse, le web et tout autour

    Encore des scooters avec celui-ci qui remplace le cheval (Photo Morgan Fache pour l'Obs)

    À travers la presse, le web et tout autour

    ... et deux autres, shootés à Milan (Photo par Bea de Giacomo - M Le Monde)

    À travers la presse, le web et tout autour

    Les Triumph de la génération "renaissance" ont une bonne cote auprès des stylistes de mode, donc aussi des photographes de même métal. La maison Ugholin (Lyon) l'a choisie pour son modèle qui présente la collection Printemps-Été 2017 de chemises, polos et pulls. Se fait aussi en bleu (la Triumph)

    FAITES CE QUE JE DIS...

    À travers la presse, le web et tout autour

     Vous avez vu - ou pas - cette grande enquête sur les journalistes dans le supplément L'époque du journal Le Monde. Sous le titre : "Sale temps pour les journalistes. Accusés d'être les suppôts du système, conspués par les politiques, délaissés par les lecteurs, ils ne font plus vraiment rêver. Mais pourquoi tant de haine ?". 18 journalistes de divers médias racontent leurs déboires, les quolibets, les insultes qu'ils subissent couramment dans l'exercice de leur travail. 18 en tout dont 2 femmes qui ne sont d'ailleurs pas sur "papier" mais sur "web". 2 femmes sur 18, ça fait donc un peu plus de 10 % alors que le nombre de Cartes de Presse détenues par des femmes représente 47 % des 35 238 cartes attribuées tout sexes confondus (16 446 contre 18 792). Alors que tout le monde, les journaux en premier, déplorent les difficultés que la parité rencontre pour s'imposer dans la pratique quotidienne, m'est avis que d'aucuns devraient commencer par balayer devant leur porte.

    zhumoriste carte n° 14603

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     LE DESIGN FAIT-MAISON

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    "La Fiancée du vent" dans une version 1949, bien avant celle de BMW (qui a repris les termes de ce slogan à un livret de Horex publié à l'occasion de son cinquantenaire)

    Pendant les années trente, les gazettes spécialisées abondaient en dessins fournis par leurs lecteurs sur le thème "La Moto en l'An 2000". On s'y étripait surtout sur le choix chaîne-ou-cardan ou encore deux-temps contre quatre-temps. Beaucoup plus rares étaient les projets avec carénages que l'on pensait alors réservés aux machines de records. Tout changea au début des années 50 lorsqu'apparut la fameuse BMW R12 carénée par Louis Lepoix (1918-1998) ci-contre à droite. À travers la presse, le web et tout autourCe Français établi en Allemagne, à Baden-Baden, est l'un des premiers, sinon LE premier a avoir pensé le design de la moto. Aujourd'hui, il existe à Baden-Baden (QG de la Zone d'occupation française de 1945 à 1949) un établissement très réputé, le Louis-Lepoix-Schule, un lycée que la ville a installé dans les locaux de l'ancien Lycée Charles de Gaulle. Rien que çà !

    Toujours "Über Alles Deutschland" ? 

    Il était dit que l'Allemagne serait le berceau de la moto carénée avec, souvenez-vous, la BMW R100 RS "Fiancée du vent". À moins qu'il ne s'agisse de l'Autriche où l'on pouvait voir, dès 1949, cette Zündapp (ci-dessus) engagée à L'Alpenfahrt de la même année. À en juger par le boîtier qui surplombe le carénage des culasses il s'agit d'une 4 cylindres K800 à soupapes latérales dont les deux bougies sont au-dessus des deux cylindres. Enfin, le pied du pilote cache le tube d'échappement du cylindre arrière prolongé par un silencieux non d'origine. À l'inverse des formes fluides et efficaces du point de vue aérodynamique (presque molles, à la Dali) de la machine de Lepoix, la Zündapp est moins enveloppée et si la partie arrière est plutôt réussie, l'entourage de la direction-réservoir est discutable. Mais il s'agissait peut-être d'un travail en cours (work in progress comme on dit en franglais). 

    À travers la presse, le web et tout autour

    Comme je n'aurai pas souvent l'occasion d'en parler, j'en profite pour passer le dessin du moteur de la Zündapp K 800 tel que le fournissait le service de presse de la ZUNdapp und APParatebau à sa belle époque. Avec ses 22 chevaux, cette 4 cylindres est le couronnement de la série "K" des machines que Richard Küchen avait conçues avec Xavier son frère pour le nouveau programme de 1933 présenté au Salon de Berlin. Transmission finale par arbre comme de bien entendu, mais elle utilise néanmoins 4 chaînes (duplex) au lieu d'engrenages pour la boîte à vitesses - l'idée fixe de Richard K - plus 1 chaîne à l'entraînement de l'arbre à cames. 

    PAS CON, LE MEC !

    Si, à l'occasion de vos vacances vous allez trainer vos savattes en Nouvelle-Zélande, je ne saurais trop vous conseiller d'aller admirer la collection "100 chairs in 100 days" à la City Gallery de Wellington. Les plus anglophones parmi vous auront compris de quoi il retourne avec le titre de cette exposition "100 chaises en 100 jours" qui résume le travail de Martino Gamper, un artiste italien vivant à Londres. En récupérant des sièges abandonnés dans la rue ou en sollicitant des dons de ses amis, il a vraiment "construit" 100 chaises dans le délai annoncé. Fastoche ! dites-vous... encore fallait-il avoir l'idée. Maintenant, si ça vous inspire, rien ne vous empêche de vous mettre au travail car, chaque exemplaire étant unique, il n'y a pas risque de copies.

    À travers la presse, le web et tout autour

    Depuis plusieurs années, la collection a voyagé à travers le monde. Sans doute en se transformant et en augmentant car, pour cl'expo de la ville de Wellington, qui ne présentait que 99 chaises, Martino Gamper en a réalisé une centième.

    NOUS NOUS SOMMES TANT AIMÉS...

    Dans la presse quotidienne de papa - c'était il y a presque des siècles - on trouvait la page des "carnets". Blancs, roses ou noirs, il portaient à la connaissance des lecteurs les petits évènements de la vie de leurs voisins, connaissances et amis (ou ennemis). Blanc, le carnet annonçait les mariages, rose c'était pour les naissances et noir les décès. À mon avis, il manque une couleur annonçant les faits entre le noir et le blanc : t'as deviné, ce serait le gris. Pour des nouvelles pas vraiment gaies mais pas vraiment catastrophique. Ainsi pourrait-on y voir publier l'annonce que vient de faire François-Marie Dumas dans son blog de moto-collection.org : 

    "Clap de fin ! Si vous achetiez La Vie de la Moto pour lire ma double page d’histoire, ce n’est plus la peine, car après douze ans et 325 articles, j’ai décidé d’arrêter ma collaboration avec ce support avec qui je me sens de moins en moins en phase. 

    Ne comptez pas non plus vous rattraper, un numéro sur deux, avec les articles de Bernard Salvat, car il m’a chargé de vous annoncer que sa collaboration avec LVM s’arrêtera elle aussi après la parution du huitième et dernier épisode de l’histoire de Monet Goyon".

    Comme vous voyez, ce n'est pas une nouvelle épouvantable. C'est seulement triste car il ne reste plus guère d'autre support "papier" où pourraient s'exprimer des gens du calibre de F.-M. Dumas ou B. Salvat. La presse moto ancienne ne se trouve déjà pas trop bien au point de pouvoir se passer de tels collaborateurs et la relève tarde à sa faire connaître. Les historiens-sic sont nombreux dans ce domaine, mais ils répandent plutôt leur science sur le vouèbe en pompant le "papier" aussi allègrement que maladroitement. Deux de leurs principales sources viennent donc leur échapper. Et on ne peut même pas souhaiter, comme d'usage, les retrouver "ailleurs pour de nouvelles aventures" puisqu'il n'y a plus "d'ailleurs".

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     AVIS AUX AMATEURS : Il reste quelques exemplaires du livre "Les Motos des Français - Un album de famille 1945-1970". Un chèque de 40 € port compris fera de vous un homme (ou une femme) heureux (heureuse).Tous renseignements complémentaires : janbour@free.fr

    Des trois volumes "La Motocyclette en France" déjà publiés, seul celui traitant de la période "1922-1924" est encore disponible. 55 € port compris. Adresse mail idem ci-dessus

     


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  • La lettre "C" étant peu riche à Montlhéry en marques motocyclistes, surtout après le "CY" de Cyclotracteur, on poursuit avec le "D" de Douglas.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Bientôt centenaire et c'est reparti comme en 14 !

    Pour un peu, Douglas aurait pu être française car lointainement née sous le nom de "Fée" elle fut vite transformée en "Fairy" bien plus britannique pur tweed. De bons historiens - tout aussi britanniques - supposent que le nom français avait plus de sex-appeal à une époque où la technique motocycliste française donnait l'exemple au monde (please, on ne rit pas !). Cette Fairy apparut en 1905 mais ne rencontra pas le succès par la faute d'un allumage fantaisiste et de la puissance trop modeste de ses 200 cm3 à soupapes automatiques. Car il y avait deux soupapes puisque ses cylindres étaient deux, opposés et disposés à plat "dans le sens de la marche". C'est ce qui faisait la différence avec la concurrence, mais c'est aussi ce qui faisait peur à l'acheteur peu enclin à expérimenter les nouvelles techniques.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    L'unique Fairy 1907 survivante participe régulièrement à des expositions ou rallyes de machines anciennes, comme ici au célèbre Londres-Brighton (Pioneer Run) en 1987.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Cette Fairy fut découverte en pièces détachées dans un phare (!) à l'est de l'Écosse. Il existe un autre moteur en Nouvelle-Zélande où ces machines furent exportées, de même qu'au Japon.

    Au bord de la déconfiture financière, son créateur, John Joseph Barter fit affaire avec William, l'un des trois frères Douglas. Fondeurs de leur état (lampadaires, poêles, grilles d'égout, etc). Ceux-ci avaient réalisé des travaux pour les moteurs de Barter et William décida de se lancer dans l'aventure motocycliste avec Barter dans ses bagages. En 1907, ils présentaient au Salon pas moins de six Douglas avec des moteurs de 340 cm3 tous en flat-twin longitudinal. Dans leur élan, il allèrent jusqu'à construire un 4 cylindres en V de 700 cm3 qui n'eut pas de postérité (sniff !).

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    D'année en année, Douglas améliora ses machines. La tenue de route ne fut pas négligée et fut rendue bien meilleure grâce au positionnement du moteur de plus en plus bas dans la partie-cycle. Sur ce modèle de 1911 (ci-dessus), la magnéto trouva une place dans une niche du réservoir, la mettant ainsi à l'abri de la pluie et ses courts-circuits, cauchemars des motocyclistes de l'époque.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Un dépôt en France, plutôt un hôpital, où étaient rassemblées les éclopées de la bataille avant réparations ou, plus probablement, réforme définitive. Les Douglas y sont en nombre.

    Dès 1912, l'armée britannique pensait à l'équipement de ses unités motocyclistes. Ainsi, au Tourist Trophy de cette année l'on vit deux civils représentants de l'armée de Sa Majesté suivre attentivement le comportement des diverses marques engagées. Ce T.T. vit la victoire en 350 de la Douglas de Bashall. Ce n'est donc pas un hasard si plus de 25 000 machines de Bristol furent en service durant la Première guerre mondiale. Elles y gagnèrent leur réputation de fiabilité qui se répandit ensuite largement... 

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    ... après la fin du conflit lorsqu'elle furent mises en vente en France au titre de surplus militaires, en compagnie des BSA et autres Indian et Harley-Davidson. Sur ces dernières, les anglaises avaient l'avantage d'une moindre consommation, malgré et pour ces qualités même, des prix aux enchères plus élevés. Il semble que beaucoup de ces Douglas ont trouvé preneurs d'abord dans leur pays d'origine. On connaît peu chez nous d'annonces les concernant alors qu'abondent celles qui proposaient d'autres anglaises (Triumph, BSA) et surtout les américaines qui finiront par être bradées.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    EUGÈNE MAUVE avec ses légendaires culottes de golf est connu pour être le "Père du Bol d'Or". Ce Bol était à l'origine motocycliste ET cyclecariste lorsqu'il l'avait créé en 1922 sous l'égide de l'AAAMM (Association Amicale des Anciens Motocyclistes Militaires) ci-dessous. Si on ne trouve pas trace de ses Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ? activités sur deux roues, Eugène Mauve, par contre était un cyclecariste convaincu qui a laissé sa trace (euh...) chez nos frères handicapés qui ont besoin d'une troisième, voire d'une quatrième roue pour tenir debout. En 1920, à 27 ans, il participe à sa première compétition, un Paris-Nice, sur une machine de sa construction : une Elfe. Ce sera son "laboratoire roulant" durant plusieurs années au cours desquelles l'engin squelettique sera largement remanié : plus court, plus long, biplace ou monoplace, équipé tourisme ou sport. Et même "hypersport" lorsqu'il doit batailler avec des organisateurs qui veulent lui imposer des garde-boue ou un éclairage. Les moteurs des Elfe viennent de chez Alessandro Anzani. En V latérales ou en V plus serrés à culbuteurs, ce sont de grosses gamelles dans la limite des 1100 cm3 du règlement cyclecariste.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Il fallait un solide optimisme - en plus d'une bon coup de patte - pour se lancer dans la reconstruction d'une Elfe selon Saint-Eugène-Mauve. Ce fut l'une des surprises de ce VRM 2017 que de retrouver une telle machine de légende avec un vrai moteur Anzani, jusqu'ici  connu seulement - sauf erreur - par photos.  

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Qu'il soit refroidi par air ou par eau, leurs cotes-moteur sont identiques : alésage 75 mm pour 124 mm de course (1100 cm3). À gauche, un extrait de catalogue Anzani. Une photo d'époque de ce moteur sous un autre angle est annotée au dos : 2 VT 2. Le modèle à eau de droite est aussi sur une photo d'époque qui porte au dos la mention manuscrite : 2 V.

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Contrairement à ce laissent penser les photos "officielles" précédentes, les cylindres ne sont pas sur un même plan mais en léger décalage. Ce positionnement est encore plus visible sur la photo suivante. Le refroidissement du cylindre arrière en est amélioré, au dépens d'une complication de l'embiellage (un FAJ ou un Jackymoto pourrait sans doute nous éclairer là-dessus). 

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de "D" à ?

    Le châssis bois renforcé-métal, soigneusement entretoisé, a tout l'air d'une construction en Meccano, mais il fallait bien ça pour respecter les normes cyclecaristes. Celles-ci portaient sur la cylindrée maximum autorisée mais aussi sur le poids du véhicule qui devaitt être inférieur à 350 kg. D'où la prolifération de pièces en "gruyère" partout où c'est possible. 

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de 'D' à 'E'

    Essieu monté sur cheville ouvrière munie de deux ressorts antagonistes assurant un semblant de "suspension" mais pas de colonne de direction. Dans la meilleure tradition de l'aéronautique de l'époque, celle-ci est assurée par un système de câbles en acier coulissant sur des grosses roulettes et tirant sur chaque extrémités de l'essieu avant. Un moyeu au volant commande alternativement l'enroulement de chacun des câbles.

    UN HISTORIQUE DE POCHE

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de 'D' à 'E'

    La première apparition d'une Elfe dans Moto Revue est cette photo qui représente le Type Sport vu (?) au Salon 1919. Dans le tableau récapitulatif de MR où figure "Elfe" (pas d'illustration) on ne trouve que cette laconique description : "Monobloc Anzani" avec les prix soit 5 200 F (une place) et 5 500 (deux places). Dans le texte accompagnant la photo ci-dessus, il n'est plus question que d'une deux places avec moteur de 6 HP à transmission par courroie ou 8 HP avec chaîne. Les deux modèles bénéficient d'un "pont arrière complètement hermétique, avec 3 vitesses et marche arrière, au gré du client" (sic). Le changement de vitesse et l'embrayage seraient obtenus par "déplacement de l'essieu arrière" selon Motocyclisme, la revue rivale de MR. Ces descriptions approximatives et contradictoires permettent néanmoins de constater que la Elfe du Salon n'a rien à voir avec le fameux  "laboratoire roulant" d'Eugène Mauve... 

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de 'D' à 'E'

    ... lequel devait plutôt ressembler à ça dans ses premières versions. "Inventeur" de la disposition centrale-arrière du moteur, Eugène Mauve parait avoir tâtonné avant de l'appliquer définitivement bien que restant fidèle aux moteurs d'Alessandro Anzani dont il était d'ailleurs voisin ou presque. On comprend en voyant s'engager de tels engins le casse-tête des organisateurs d'épreuves sportives contraints de les classer dans la catégorie "biplace" que Mauve obtenait, au mépris de la... virilité de ses mécaniciens... 

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de 'D' à 'E'

    Anzani ne dédaignait pas la distribution par soupapes latérales et son catalogue proposait ces deux bicylindres de construction différente. L'un avec la magnéto en bout de vilebrequin, l'autre avec la magnéto entraînée par cascade de pignons à l'avant du carter-moteur (Anzani était aussi constructeur de magnétos à sa marque). De cotes identiques, ces moteurs existaient en 750 cm3 (Alésage 75 mm x 84) et en 1000 cm3 (85 x 87).

    Vintage Revival Montlhéry 2017 : de 'D' à 'E'

    Griffon, en 1920, semble avoir été la seule marque française à proposer une 1000 équipée de l'Anzani bicylindre latéral. Machine remarquable par ailleurs pour sa suspension arrière oscillante contrôlée par un ressort à lames placé verticalement derrière le tube de selle.

    (Il en reste encore un peu, c'est donc À SUIVRE !) 

     

     

     

    Plus tard, lorsque la Elfe se sera embourgeoisée comme une vraie voiture, c'est encore un Anzani qui la motorisera, mais en 4 cylindres.


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