• IL NE S'AGIT ENCORE QUE DE QUELQUES OCCURRENCES (*), mais si le mal devait s'étendre, le mondes des bobbers, scramblers, choppers et autres trackers en serait bouleversé. Vous avez remarqué, ou pas, que la tendance actuelle chez ces youngtimeurs (*) est de chausser "grand". Tant plus que le pneu est gros, tant plus que la moto est belle. Or, il semblerait que l'on assiste à un début de renversement de la tendance (*). Il faut dire aussi que certains se sont livrés à des excès déplorables...

    (*) Vous avez vu, moi aussi je peux causer le "créatif" des pubeux !

    Panique chez les hipsters !

    ... excès nuisibles à l'image de ce mouvement auprès du public. Il fallait s'attendre à une réaction. Celle-ci est venue, non pas des États-Unis, pionniers historiques du genre, mais du Japon via l'Australie. Précisément sur le site www.pipeburn.com établi à Sidney où sont présentées quantité de réalisations personnelles de machines, la plupart modernes ou du moins contemporaines. Il en vient du monde entier avec des photos fournies par les propriétaires dont beaucoup font appel à des professionnels du Kodak, donc gage de qualité (les photos, pas le Kodak), ce qui ne gâte rien.

    Panique chez les hipsters !

    C'est là que j'ai pêché cette Harley-Davidson préparée par Yusaku Sato de Marine Sato Cycle qui œuvre à Onomichi, un port de la région d'Hiroshima. Agent Yamaha depuis 30 ans, il a utilisé nombre de pièces de modèles un peu anciens de cette marque, tout en travaillant le moteur Harley, un Shovelhead 1968 porté à 1340 cm3. Mais le plus étonnant est dans la dimension des pneus qui conviendraient plutôt à un trail quart-de-litre ou à peine plus. 

    Grâce à Sato San, une nouvelle tendance est peut-être en train de naître, jouant le contraste entre un gros moteur monté sur des roues maigrelettes, genre éléphant sur des échasses. L'immense Salvador Dali y avait d'ailleurs pensé : la preuve par l'image...

    Panique chez les hipsters !

    Petite coquetterie, mais qui révèle assez le souci du détail de la Marine Sato Cycle, sur une plaque de découpe inégale, les deux phares décalés auxquels répond la barre de renfort du guidon, décalée elle aussi...

    Panique chez les hipsters !

    APRÈS CE TRÈS PETIT INTERMÈDE dans l'histoire d'Harley-Davidson, il est d'autres nouvelles qui risquent de perturber la production de testostérone chez ceux qui sont vaccinés au gros twin de Milwaukee.

    Suite à l'entrée de H-D au capital de Alta Motors, qui produisait des machines enduros et moto-cross électriques à Brisbane (Californie), Matt Levatich, le président de H-D., avait fait une déclaration importante. On y relevait une phrase sur la "stratégie décennale" de sa firme et son "engagement à former la prochaine génération de motards Harley-Davidson (...) en investissant de manière agressive dans la technologie des véhicules électriques". Mais... mais...

    Panique chez les hipsters !

    ... Harley a finalement abandonné le projet Alta laquelle est désormais propriété de Bombardier. Cependant, à Milwaukee, la ligne électrique persiste et se développe. Outre la "grosse" LiveWire de 98 ch, d'autres modèles sont à l'étude, du moins à l'état de "concept" et destinés à une clientèle différente. 

    Panique chez les hipsters !

     

    Pour la campagne...

    Panique chez les hipsters !

    Pour la ville... 

    Pas sûr que ça plaise aux bikers qui boudent déjà la V Rod d'une technique et, surtout, d'une esthétique plus modernes que celles des twins classiques. Mais, après tout, Bob Dylan a parfaitement réussi son passage de la guitare acoustique à l'électrique, alors pourquoi pas Harley !

     

     


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  • AVANT DE REVISITER les temps très anciens, un document de temps moins ancien (à peine) puisque cette page de Motor Cycling est de 1957.

    Encore De Dion... et plus !

    On notera l'élégance de la revue qui omet de citer Norton parmi les gagnants possibles en 500. Il est vrai que l'horizon du célèbre mono était sombre en cette année qui avait vu la disparition tragique en mars de son "gourou" Joe Craig, tué en voiture en compagnie de son épouse. Déjouant les pronostics, John Surtees (M.V.) ne finira que derrière Bob McIntyre dans le Senior TT. Sur sa Gilera en état de grâce, le Flying Scottish avait signé un record du tour à plus de 100 mph. Le magique "ton" était atteint sur l'île pour la première fois avec 101,12 mph ! Auparavant, il avait aussi remporté la course des 350...

    Encore De Dion... et plus !

    Retour en France avec cette malheureuse New Map "Leader", une 125 ou 175 à moteur Ydral (1955-57 ?). Avec deux roues et un carburateur, elle pouvait retrouver la route où elle se serait trouvée un peu seule car ces temps-là n'étaient pas propices à la moto. C'est dix ans, après le slogan qui tue lancé par New Map : "Les vélomoteurs New Map sont : les plus beaux, les plus élégants, les mieux finis, c'est pourquoi CE SONT EUX QU'ON VOLE LE PLUS !" (Motocycles de juillet 1948).

    Photo de Henri Guérard qui a longuement photographié le quartier Belleville-Ménilmontant disparaissant peu à peu sous ses yeux, emporté par la frénésie de construction (destruction ?) immobilière des années 50/60

    Encore De Dion... et plus !

    Voici une autre photo plus lisible de la machine à moteur D.D. publiée dans le premier article sur ce sujet. Un informateur anonyme d'Outre-Rhin m'a fait parvenir d'autres documents sur l'engin, confirmant qu'il est bien d'origine étasunienne comme supposé. Avec, ci-dessous, illustration à l'appui...

    Encore De Dion... et plus !

    ... d'un tricycle doté de la même suspension avant bien caractéristique. Ce tri était commercialisé sous la marque Cleveland, laquelle faisait partie d'un consortium de constructeurs de la côte est des États Unis. Cette American Bicycle Company basée à Westfield (Connecticut) proposait des machines des marques Columbia, Tribune et Cleveland. Le tricycle à moteur 2 hp 1/2 ci-dessus était vendu 150 dollars en 1900.

    Encore De Dion... et plus !

    En temps normal, Noreen Norton est une respectable bibliothécaire à lunettes et jupe écossaise qui ne supporte pas de voir une "incivilité". Si elle subodore un braquage de banque, son alter ego lui commande d'intervenir immédiatement. Mais pour ne pas dévoiler son identité, plutôt que de quitter son vêtement pour apparaître avec le collant de n'importe quel super-héros(héroïne), elle choisit son costume de naissance... et sa moto de trial. Les gangsters en sont tellement émus qu'ils emplafonnent un réverbère. FORCE RESTE À LA LOI !

    Encore De Dion... et plus !

    L'artiste de cette BD (britannique au vu des uniformes des policiers), s'est visiblement inspiré d'une photo parue dans notre Moto Journal. Elle représente la championne de trial Christine Kibler, seule femme, sauf erreur, à s'être illustrée avec succès dans cette spécialité.

    (Photo Jean-Pierre Edart - Excuses à l'auteur de cette BD dont j'ai mangé le nom comme l'origine de la publication)


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  • À LA SUITE DU DESSIN DE LA BAT ANGLAISE que j'ai publié dans mon facebook, Howard Burrows, un Australien féru d'anciennes a signalé qu'il possédait un moteur MMC du modèle monté sur ces BAT. Il fournit également une adresse d'un site farci de documents puisés dans la presse de l'époque (pré 1914) et plein de bonnes choses dont la photo d'une BAT ci-dessous.

    Motos De Dion (suite)

    Le carter montre bien distinctement le nom De Dion-Bouton alors que sur une autre photo d'une autre origine, le moteur est marqué BAT. Par ailleurs, la curieuse suspension de selle semblait être une option car elle n'est plus signalée sur des publicités au delà de 1903. En résumé, on a donc des machines avec le même moteur siglé BAT, De Dion ou Motor Manufacturing Company (en toutes lettres sur le côté droit du carter), le licencié anglais de De Dion qui vendait aussi des Werner.

    Motos De Dion (suite)

    Retour en France avec une machine qui N'EST PAS destinée à la compétition ou à l'entraînement comme un vain peuple pense dès qu'il voit un guidon allongé... La triangulation qui entoure la roue arrière n'est pas destinée à recevoir un rouleau sur lequel viendrait frotter la roue d'un cycliste : c'est tout simplement une béquille arrière qui se rabat et forme un tréteau-support à l'arrêt. L'absence de courroie, de même que la platine avant du carter-moteur qui attend une fixation définitive indique que la machine est en cours de construction. Ce que révèle également l'absence de traces d'huile sur ce moteur bien propre...

    Motos De Dion (suite)

    Ce fier motocycliste a voulu se faire immortaliser dans un studio professionnel avec sa machine à la construction torturée. Surtout avec ce tube avant du cadre qu'i a fallu sans doute chauffer afin de pouvoir loger la magnéto tant bien que mal (le D.D. n'était pas prévu pour ce type d'allumage). Le moyeu arrière porte un bout de tube destiné, non pas à accueillir un passager (!) mais à permettre un départ en voltige après avoir poussé l'engin, vu l'absence de pédales. Sensations sans doute inoubliables avec un guidon aussi long !

    Motos De Dion (suite)

    La photo n'est pas très bonne, mais je m'en serais voulu de ne pas la montrer. Là, on se demande le pourquoi de cette forme de cadre. Le plaisir de poser les pieds sur une plateforme ou bien manque-t-il un coffre, une malle dans ce grand espace vide ? S'agirait-il d'un embryon de scooter ?

    Motos De Dion (suite)

    Le De Dion n'avait pourtant que quelques années mais d'aucuns le trouvaient déjà un peu faible des genoux. Plutôt que d'en augmenter la puissance en augmentant la cylindrée comme sur les tricycles - ce qui finira par accélérer leur fin - il parut plus simple (euh...) de travailler la distribution. Exit l'admission automatique et place à un culbuteur. Le modèle de droite est doté d'une culasse à eau, un accessoire adaptable que fournissaient alors plusieurs spécialistes en pièces détachées. Sur la photo de gauche, on remarque le montage particulièrement audacieux du culbuteur placé au-dessus du tube de cadre !   

    Motos De Dion (suite)

    Toujours avec le "gros" moteur destiné aux tricycles, cette version d'un motocycliste heureux se signale par un "accessoire" rare : un frein avant à enroulement sur le moyeu avant. Ce qui semble être un hauban de renfort du guidon est en fait la commande rigide de ce frein. Grosse poigne exigée !

    Motos De Dion (suite)

    Une photo qui rappellera quelques souvenirs aux lecteurs d'un certain livre... Un pédalier semble destiné à la mise en route du D.D. séparément, ce qui suppose la présence d'un embrayage en sortie moteur du côté opposé.

    Motos De Dion (suite)

    Rare exemple, peut-être unique, d'une machine "commerciale" équipée d'un D.D. Tout ce que l'on sait d'elle tient sur le carter du réducteur que nécessitait une transmission finale par chaîne. On y lit : "J. Lepoureau, Bté S.G.D.G. À Issy les Moulineaux". La photo ci-dessus la représente au pesage de Paris-Bordeaux en 1904.  

    L'Annuaire Générale de la Vélocipédie  de 1905 signalait un J. Lepoureau, Cycles, 72 quai du Point du Jour à Boulogne-sur-Seine. Le même ouvrage donne la même adresse mais à Billancourt. Prédestination des lieux : après la guerre (peut-être avant ?), le 73, quai du Point du Jour était occupé par Robert Kiéné, motociste dont la vitrine exhibait une 125 Puch TS. Cette 2 carbus rouge me faisait baver lorsque je passais devant pour aller voir les Harley-Davidson "civilisées" chez Moto Danton à Levallois-Perret. 

    Motos De Dion (suite)

    Charmante réunion de famille où la moto vole la vedette aux spectateurs. Ne vous laissez pas abuser, le personnage barbu avec chapeau melon n'est pas Désiré Landru. Bien que, comme on sait le (triste) Sire de Gambais avait un lien avec la motocyclette.

    Motos De Dion (suite)

    Certains moteurs D.D. sont marqués De Dion & Bouton tandis que d'autres font l'économie de cette éperluette (c'est le nom de ce symbole typographique "&") sans que l'on sache pourquoi. À moins qu'un érudit de service et spécialiste de la marque nous en dise plus ?

    Il y a encore à dire sur le sujet tant il y a eu de réalisations "sauvages". Mais la prochaine fois on parlera des machines plus rares avec le "petit" D.D. 


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  • AUJOURD'HUI D'UNE BANALITÉ AFFLIGEANTE, la moto à 4 cylindres a longtemps été un fantasme de motard. Les américaines mises à part, on a connu malgré tout quelques réalisations consistantes et pérennes. À commencer par F.N. (pionnier avec Laurin-Klement), en passant par Nimbus ou Ariel qui furent les plus obstinés à travers les âges. Il y en a bien d'autres et bien plus flamboyantes, suivant des modes dont l'apparition coïncide souvent avec des périodes de crises économiques. Comme si l'on espérait conjurer le (mauvais) sort par des feux d'artifice, façon derniers jours de Pompéi.   

    Un mien espion du pays chouan m'a envoyé quelques pages d'une gazette d'origine indéterminée mais qui semble provenir du pourtour méditerranéen. Quoiqu'il en soit - comme avait coutume de dire défunt Pierre Bouteiller (France Inter) - elle présente un intérêt certain en même temps qu'un "bitza" dont voici quelques photos.

    Mais où sont les "mautos" d'antan ?

    Sauf erreur, les autres réalisations connues à base de moteur de voiture ont cherché à faire léger avec le 3 cylindres de la DKW 3/6 (Selon la pub de l'époque : 3 cylindres 2 temps = 6 cylindres 4 temps). Robert Biberian a misé, lui, sur celui d'une 4 CV Renault "prélevé sur une vieille carcasse" a-t-il précisé à "J.F.P." signataire de l'article accompagnant ces documents.

    Mais où sont les "mautos" d'antan ?

    La partie-cycle, cadre double-berceau, est celle d'une BSA B31 de 1957 achetée d'occasion dont le moteur a été revendu mais sans la boîte à vitesses conservée ici. Au passage, afin de gagner du poids, il y a perdu son démarreur électrique.

    Mais où sont les "mautos" d'antan ?

    Le réservoir d'origine a été retourné pour permettre le montage de deux carburateurs Solex dont les ressorts de rappel sont renforcés par un sandow breveté Système D. 

    Mais où sont les "mautos" d'antan ?

    Emprunté à une Morris Mini, le radiateur est refroidi par un ventilateur entraîné par le moteur des essuie-glaces récupéré sur la 4 CV. 

    Mais où sont les "mautos" d'antan ?

    Après rabotage de la culasse, un allégement du volant-moteur et l'ablation du démarreur (20 kg de moins au total), les 748 cm3 d'origine sont passés de 21 ch à 35 ch pour un régime augmenté de 700 tours. Vitesse annoncée par le propriétaire et réalisateur : 160 km/h, résultat de 6 mois de travail. La plus grosse difficulté a été le tournage - par un spécialiste - d'un arbre de sortie moteur, avec un palier, pour la transmission finale dont la chaîne s'obstinait à casser tandis que l'embrayage a demandé quelques soins.  

    L'article se termine par l'annonce de la mise en vente de cette machine par Robert Biberian (son adresse à Marseille figure au début du texte). Le prix est annoncé en francs suisses, soit la somme de 1500 frcs. En fait de "pourtour méditerranéen" évoqué au début, me serais-je berluré ? J'aurais tendance à dire oui...

    ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

    EN PRIME, CECI QUI N'A RIEN À VOIR

    Celui qui connait son Georgia Knap sur le bout du doigt sait que le grand homme, parmi ses multiples travaux, s'est intéressé à l'accélération de la production maraîchère à l'aide de l'électricité. Dans le jardin de sa maison en banlieue parisienne que j'ai pu visiter il y a quelques années, les nouveaux propriétaires m'avaient dit avoir trouvé dans les sol des tuyaux et des restes de branchements électriques... "Idée saugrenue" dira-t-on, sauf que près d'un siècle plus tard, on a une explication scientifique...

    Mais où sont les "mautos" d'antan ?

    ... grâce à une exposition à Arles où le CNRS a présenté, issues de ses archives, des photographies d'inventions insolites des années 20/30. Parmi elles, cette image de poireaux géants avec le texte suivant : "SPÉCIMENS DE POIREAUX MONSTRES, 1930. À Meudon, sur le site de Bellevue, dans les années 30, on testait aussi la puissance de l'électricité sur la croissance des plantes. Avec l'aide du préparateur de l'École normale supérieure Lucien Plantefol (*), Jules-Louis Breton menait ainsi des recherches sur l'électroculture à l'aide d'un transformateur de 2 kilowatts branché sur le courant alternatif du secteur, alimentant ou non différentes parcelles de plantations diverses. Les poireaux semblent avoir été les plus réceptifs : le poids de ceux cultivés sur des parcelles électrifiées atteignait le double de celui des poireaux cultivés de façon classique." 

    À Troyes, sa ville natale, l'homme aux mille métiers avait construit une "maison électrique" où tout fonctionnait automatiquement, depuis l'ouverture de la porte d'entrée du jardin jusqu'au petit-déjeuner servi au lit pour les invités, le tout sans aucune intervention d'un quelconque humain. Reconstruite à Paris, boulevard des Italiens, en 1907, elle disparut dans les travaux d'agrandissement du quartier. Une dernière version fut donc celle de Bois-Colombes, mais il n'en reste plus rien de la "Fée Électricité".

    (*) Vraiment l'homme de la situation !

    Exposition CNRS à Arles, Espace Croisière. Jusqu'au 22 septembre

     


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  • De Dion et ses motos

    BIEN QUE RÉPANDU À PLUSIEURS MILLIERS D'EXEMPLAIRES, les tricycles à moteur De Dion-Bouton (de cette marque ou chez des concurrentes) n'ont eu qu'une courte carrière. Le quadricycle puis la voiturette et enfin la motocyclette auront raison de lui à partir de 1902, date à laquelle cessa la fabrication du M, dernier type de moteur pour tris et quadris (2 hp 3/4 et 3 hp 1/2). Curieusement, De Dion a "sauté" la case moto, bien qu'on en trouve une dans le catalogue D.D.B. de Puteaux daté 1898-1899.

    De Dion et ses motos

    Cette machine est probablement une version élaborée à partir de celle avec laquelle, en avril 1898, Georges Osmont "matcha" Fernand Charron durant 10 tours de Longchamp (35 kms). Charron gagna le match avec un tour d'avance... et les 10 louis qui avaient été fixés comme enjeu.

    De Dion et ses motos

    Une spéciale signée de Léonce Girardot ne versait pas dans la simplicité mécanique. Comme sur sa rivale, le problème de la transmission fut résolu de manière radicale et sans doute fort bruyante. Girardot deviendra ensuite le "G" de la marque automobile C.G.V. (Charron, Girardot & Voigt)

    La moto utilisée par Osmont sera la seule et unique "Motocyclette De Dion" car elle ne figure plus dans les catalogues suivants. Ce qui n'empêche pas qu'il existe aujourd'hui de nombreuses "motos De Dion" chez les collectionneurs européens et jusqu'aux États-Unis !

    Certaines sont d'authentiques réalisations d'époque dues à des "mécaniciens" doués, capables de construire une partie-cycle autour d'un moteur De Dion acheté nu ou "cannibalisé sur un tri ou, plus tard, une voiture. Dans les débuts, ce sont surtout les entraineurs de stayers qui vont signer ces "bitzas".

    De Dion et ses motos

    Pour "tirer" le cyliste en douceur et sans à-coups, il faut un gros couple-moteur qui ne peut s'obtenir qu'avec une forte cylindrée. La puissance étant secondaire, on n'a pas besoin d'un moteur qui tourne vite, d'où la présence de monocylindres destinés à la voiture plutôt qu'à la moto. Des téméraires accoupleront côte-à-côte deux de ces moteurs, mais ils n'obtiendront guère de succès, sauf auprès des foules des vélodromes, seuls endroits où ils peuvent évoluer sans trop de risques.

    De Dion et ses motos

    Cependant, au prix de quelques aménagements mineurs, on peut en faire des machines rapides pour se mesurer entre entraîneurs. Démonstration par Anzani soi-même qui monte la moto qui est sans doute la Hurtu de la photo précédente. Seule différence visible outre le guidon, la courroie de transmission a été remplacée par une chaîne, la progressivité n'étant plus nécessaire dans une épreuve de vitesse.

    De Dion et ses motos

    Autre exemple d'une machine destinée à aller vite, cette fois sur route, puisque c'est Henri Cissac au pesage avant une épreuve qui s'annonce humide (Dourdan 1903 ?). Son moteur De Dion "à cloche" est énorme, sans doute d'un modèle destiné à une voiturette. On remarque à droite le crieur de journaux qui fait une discrète publicité en dépliant la manchette de Le Vélo journal au titre mentionné sur sa casquette.

    De Dion et ses motos

    Étrange tandem à l'allure de machine d'entraînement mais avec une chaîne et un gros pédalier synonymes de performances sur route. Il figure sur une toute petite photo mais, hélas, jamais revu dans la littérature de l'époque !

    De Dion et ses motos

    Autre réalisation personnelle d'un tandem américain sur lequel, en plus du moteur, on a utilisé toutes les pièces récupérables provenant d'un tricycle De Dion : boîte à piles, réservoir triangulaire, bobine et même le silencieux (derrière le talon du pilote). La position du "mécanicien" indique bien qu'il s'agit là d'une machine d'entraînement.

    De Dion et ses motos

    Autre tandem d'entraînement français, le Richard-Choubersky de 1899, avec toujours beaucoup de chaînes... Comme chez l'américain, le moteur est du type "à cloche" apparu en 1898.

    De Dion et ses motos

    Encore une réalisation personnelle qui méprise le tube au profit de la tôle pliée en tous sens. S'il manque d'élégance, l'ensemble est robuste et constitue sans doute ce qui est le premier "cadre-poutre" motocycliste. Délicate pensée, le porte-ombrelle en osier pouvait constituer un argument tentateur pour la gent féminine...

    De Dion et ses motos

    La réputation du De Dion permit à plusieurs constructeurs étrangers de se lancer dans la motorisation comme le montre ci-dessus cette Marsh américaine. En 1900, le tandem d'Oscar Hedstrom à moteur D.D. battait tous les records sur les vélodromes américains, attirant l'attention d'un certain G. M. Hendee. Tous deux allaient bientôt s'associer pour fonder Indian.

    De Dion et ses motos

    Autre machine équipée d'un moteur De Dion à "cloche" cette Zeus, dotée d'une plomberie d'alimentation... intéressante fait aujourd'hui l'orgueil d'un musée d'Europe centrale

    De Dion et ses motos

    Sans oublier le Rosbifland où BAT proposait en 1904 ce "Pullman Car of Motor Cycles" à moteur MMC, la marque qui produisait le De Dion sous licence.

    De Dion et ses motos

    Le côté "Pullman" de la BAT se limitait à une suspension élastique compliquée de la selle dont le fonctionnement sur route cahotique devait être riche de sensations rares. Ce système - simplifié - est à rapprocher de celui des Harley-Davidson à venir. 

    De Dion et ses motos

    Venu du double-fond de mon ordinateur, cette moto-scooter qui doit figurer, à en juger par sa selle à franges, dans un musée étasunien. Plus que son moteur D.D., c'est sa suspension de roue avant qui vaut le coup d'œil de même que sa commande de direction.

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     Je vous en garde encore quelques unes du même goût pour une prochaine parution. Restez à l'écoute !


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  • Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    SOUS LE NOM DE "SULTANS OF SPRINT" se sont retrouvés les fondu(e)s de vitesse extrême, soumis(es) aux ordres d'une "bayadère" dont les dictionnaires nous disent que c'est une "danseuse sacrée hindoue". Jules Verne, qui en a bien connu quelques unes, les décrit "vêtues de gazes roses brochées d'or et d'argent, qui, au son des violes et au bruit des tam-tams, dansaient merveilleusement" (Le Tour du monde en 80 jours1873).

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Point de tams-tams ni de violes à Montlhéry, mais la gymnastique acrobatique de la "flag girl" (c'est la fonction de cette demoiselle), valait bien les lascivités ondulatoires des danseuses de Bombay. Quant à la musique, celle des multicylindres gavés de substances illicites suffisait à détruire les tympans des spectateurs. (Les deux photos ci-dessus piquées chez Esprit-Racing)

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Monstrueux semi-remorque (bilan carbone à oublier) de Indian qui transporte toute toute sa gamme de machines proposées en essais. Indian présentait aussi un dragster, réplique "interprtée" honorant la mémoire de Burt Munro, fameux Néo-Zélandais volant. Il était confié pour l'occasion à l'invité d'honneur de la réunion, l'ex-pilote de Grand prix Randy Mamola. Parmi ses nombreux adversaires il comptait...

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    ... une rivale de charme, Amelie Mooseder pilote "Son of Time" (Fils du Temps") à moteur BMW comme le laisse supposer ses ouïes de refroidissement (il y a la même du côté gauche). Sans rancune, le carénage arbore aussi la cocarde des Spitfire, le chasseur anglais qui affronta...

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    ... avec succès bien des avions de la Luftwaffe. Certains de ces avions auraient pu être motorisés par... BMW (ci-desssus, publicité d'époque dans Signal) mais aucun ne dépassa le stade de l'original prototype illustré ici.

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Rencontré dans les allées des concessionnaires et marchands d'accessoires, ce mignon sidecar "militaire". Comme tous les engins de ce style, il est bien sûr pliable et "parachutable" (Wouaaaarfff !).

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Sur la longueur réduite d'un sprint, la notion de confort de selle est secondaire, mais le séant de certains "Sultans" (ou Sultannes, si le terme existe...) semble plus sensible chez quelques uns qui apportent beaucoup de soin à cet "accessoire". Le modèle en bas à gauche, convient particulièrement bien à un macho confirmé (... ou à un prétentieux). 

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Pas de "café-racers" français (pas vus, en tout cas), mais un stand avec ABF (Association Bidalot Fourès), ces 50 qui firent plus que leur part dans les Grands Prix aux mains de pointures comme Patrick Plisson, Jean-Paul Fargues, Jacques Hutteau, Pierre Audry ou Y. Dupont.

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    En partage avec ABF, sous l'égide de la Fédération Française, se trouvaient deux Motobécane de GP dont - ci-dessus - celle de Jacques Bolle actuel président de la FFM (Collection Alain Cortot). 
     

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    On ne peut pas dire qu'elle encombre nos routes, et encore moins nos rues, cette impressionnante Triumph Rocket III avec ses 3 cylindres de 2300 cm3 et 150 ch environ (selon les sources). Pas étonnant, alors j'ai voulu en acheter une et sur le site de la marque qui présente son programme pour 2019 on me dit : "Toutes vendues" ! Explication : c'est une série limitée à 750 exemplaires... pour le monde entier. Seule solution, se tourner vers l'occasion où l'on découvre qu'on trouve des Rocket avec des Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival60 à 90 000 km au compteur (pas de millésime indiqué). Donc, cette 2300 cm3 n'est pas destinée à faire seulement vitrine, comme on a pu le voir à Montlhéry dans un son sublime de son trois pattes. Parmi les "accessoires" proposés pour les Rocket, on trouve (ci-contre à droite) cet écusson brodé. Pas vraiment classe, moi je dis. 

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Pour rester dans l'exceptionnel après la Rocket à plusieurs milliers d'€, voici ce qui m'a paru de plus abordable chez "Comme c'est écrit dessus". J'ai oublié de demander si c'était disponible sans acheter la machine.

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Retour à du raisonnable (ou presque) avec cette Norvin (Norton + Vincent) qui fait bien partie de la famille de Stevenage. C'est un mariage plus acceptable pour les amateurs que celui qui fut tenté avec la Vindian  (moteur Vincent + partie-cycle Indian, un seul exemplaire en 1949, finition en bleu), censée sauver la marque américaine alors en grande difficulté. 

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Selon la littérature anglaise sur les Vincent, la Vindian aurait été détruite aux États-Unis. Cependant, on trouve cette image sur le vouèbe... Est-ce la vraie (repeinte car l'original est claire sur les photos) ou bien s'agit-il d'une replica ?

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

    Commissaire technique de la FFM, se demandant comment "faire c..." le pilote de cette machine lorsqu'il va vouloir accéder à la piste. Monsieur Charles, redouté pour son œil critique, décelant la faille sur une machine comme sur l'équipement du pilote (casque, bottes, gants, etc), a fini par devenir l'ami de ces mêmes pilotes. Plusieurs d'entre eux reconnaissent aujourd'hui que son travail sur la sécurité a limité pour certains quelques graves accidents et peut-être pire pour d'autres... (Nota : la Honda 6 cylindres à la fourche si spéciale observée ici ne s'étant pas présentée au contrôle, M. Charles est resté sur sa faim)

    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival

     Fidèle des réunions de Montlhéry (et ailleurs), Éric Fontaine a des petits soucis pour démarrer sa Triumph. Mais comme il ne manque pas de conseillers bénévoles, tout rentrera dans l'ordre.
     
    Vous reprendrez bien un p'tit café ?... Festival
    Qui dit sultan dit harem d'où un problème de transport en commun vite résolu par ce concurrent adepte du Yoga (manque juste les clous...)
     

    Bayadère est aussi le nom donné à un tissu. Vous reprendrez bien un p'tit café ?... FestivalDésolé, à part  ce © Caddie, je n'ai rien trouvé d'autre avec deux roues 

     
    Pour en savoir un peu plus sur les bayadères, afin de briller dans les cocktails mondains, voici quelques éléments puisés dans les dictionnaires : 
    "N'est-ce pas près de l'Académie royale de Musique, et non loin de ce boulevard [des Italiens], que de charmantes bayadères affriandent tous les soirs les élégants de Coblentz et de Gand ? (Balzac, Œuvres diverses, 1850).
    "Brunot, t. 6, 2part. : Il y avoit à Surate un autre genre de délices [...] c'étoient des danseuses ou balliadères, nom que les Européens leur ont toujours donné d'après les Portugais.
     

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  • Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

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    ON A RAREMENT VU la tribune de Montlhéry aussi garnie d'amateurs de motos "anciennes" que les 11 & 12 mai pour le Vintage Revival Montlhéry. Quelques semaines plus tard, les 22-23 juin, il y avait de nouveau foule sur les gradins de béton. Mais là, grosse différence avec les déluges du 11 mai, c'était pour fuir un cagnard qui allait précéder les journées de canicule qu'on a connues. Ce Cafe Racer Festival, 7eme du nom a réuni la crème des préparateurs, amateurs ou professionnels, avec leurs créations où le meilleur côtoie le pire. C'est la règle du jeu, et même si ce n'est pas votre cup of tea on doit reconnaître que tous ces p'tits jeunes ont un talent certain.

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    Quelqu'un qui signe ce genre de travail ne peut pas être entièrement mauvais !

    P'tits jeunes (ou moins...), tous sont d'accord pour rendre hommage à leurs grands anciens dont Patrick Godet récemment disparu. Son nom est lié pour l'éternité à celui de Vincent, la marque que pendant des années il a contribué à maintenir en vie avec ses créations à base du cadre de Fritz Egli

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    Un grand nombre de ses amis anglais ont fait le déplacement pour participer en sa mémoire à une parade commémorative sur le circuit. On comptait environ 70 machines dont certaines arboraient, comme sur le pare-brise du sidecar Steib de ces deux Anglais, un sobre sticker...

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    "TRIBUTE TO PATRICK GODET" (En hommage à Patrick Godet, à gauche, ci-dessous). Avec ces quelques mots simples, tout était dit.

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    Mono 500 ou bicylindre 1000, attelé ou en solo, tout ce qui était marqué Vincent convenait à Patrick comme ce bel ensemble avec le célèbre Précision semblable à celui de ses débuts (Dans les Alpes, chez son ami Fritz ?).

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    À travers le parc, on trouvait d'autres Vincent ici et là, mais l'essentiel était bien évidemment dans la stand P.G.C. On y trouvait la rare Grey Flash que Patrick faisait courir, ainsi qu'une réplique de "Black Lightning" qu'il avait consenti à réaliser selon les désirs d'un amateur aux goûts personnels : guidon en plusieurs pièces, fourche spéciale, frein avant, gros réservoir façon records, garde-boue peints, etc.

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    Comme j'ai foiré la photo de cette machine en 2019, je vous repasse celle de 2018, au moment où Patrick me l'avait décrite. Elle n'a pas changé en 1 an, sauf par l'inscription sur son réservoir. On est passé de Black Lightning 1955 à Back to Black Lightning 1955. Ce qui dissipe un peu l'équivoque sur une machine qui pourrait passer pour un modèle d'époque jusqu'ici inconnu...

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    L'un des thèmes de cette 7ème édition était un hommage à Triumph et à la Bonneville en particulier. Il y avait donc du twin dans tous les coins et recoins de Montlhéry. Dès l'entrée, après le parking des Vincent, un pickup blanc Ford F100 (salut, Jean-Do !) présentait une Triumph "historique", celle de Bud Ekins dont on connaît les liens qu'il avait avec Steve MacQueen.

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    Après sa victoire dans le Catalina GP de 1955, Bud et sa Triumph qui n'est pas celle qu'il préparera ensuite pour son ami Steve.

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    La préparation selon les canons en vigueur dans le off-road à l'américaine : les câbles de gaz des deux carbus de la TT Special sont "à l'air libre" donc rapides à changer en cas de rupture. Sur la photo du moteur ci-avant, on note les repose-pieds (pas cale-pieds, bordel !) boulonnés sur le cadre avec une plaque de protection de la boîte. Toutes les éventualités sont prévues ! (Cette machine est une réplique construite chez aceclassics.co.uk, un Briton qui a plein de bonnes choses pour Triumph). C'est sur son site que j'ai trouvé...

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    ... la photo de la machine qui est restée bien ficelée à l'arrière du Ford, donc impossible à photographier. L'ensemble est reparti l'après-midi du samedi. 

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    C'était sans doute la plus ancienne Triumph de ces journées. Quoique bien malade (carbu et échappement démontés), elle a gardé le fameux silencieux Brooklands can. Ce qui lui donne une allure bien particulière qu'on espère retrouver chez nous lorsque ce genre de contrainte va se répandre sur nos machines anciennes... Comme je l'ai appris de la bouche de Roland Chatokhine qui vient de s'offrir une Matchless G50 (ci-dessous en préparation) trop bruyante pour pouvoir rouler à Carole, par exemple.

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    L'histoire de l'autodrome de Brooklands se transporte en France : on crée un circuit loin des habitations (mais tout près d'un Roissy qui est un havre de tranquillité, comme on sait) et puis, peu à peu, les habitations se rapprochent et finalement, c'est le circuit qui devient hors la loi pour des riverains qui n'existaient pas il y a X... années. Renseignement pris, ça ferait déjà un moment que le taux de décibels en compétition est réduit comme peau de (de quoi ? de chagrin ! Bravo, vous connaissez bien votre "Journalisme sans peine"). Les usines n'ont pas de mal à se conformer aux nouvelles règles, mais pour nos "p'tites vieilles, comment faire ? On voit déjà le résultat...

    Un Montlhéry chasse l'autre : Cafe Racer Festival

    ... de quelques initiatives personnelles plutôt réussies comme sur cette Ducati point trop défigurée. Mais il s'agit là d'une machine de série coursifiée. Qu'en sera-t-il sur les vraies machines de course ?

    (Prochainement, une suite !)


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  • Le Bol d'or du Japon

    UNE BOUTIQUE OÙ L'ON VENDRAIT quelques canettes, des revues, des livres, des CD, des bandes dessinées, des DVD et tutti ce qui tourne autour de la motocyclette, on en a connu quelques unes dans Paris. Quelques uns s'y sont cassé les dents et le compte en banque (pas tous, il y encore de vieilles ardoises qui traînent). C'est du domaine du rêve mais qui s'est réalisé au Japon à l'enseigne de Bookcafe Bold'or avec la Honda du même nom devant la porte (*). Une façade plutôt modeste, dans la ville de Niigata, à 300 km au nord de Tokyo. Plus de 800 000 habitants et donc un pourcentage de motards important. À en juger par son blog et son fuck§?81!!!book, ce Café Bol d'or est un lieu de passage obligé. Ce qui a permis au patron de l'établissement de se constituer une belle collection en photographiant tout ce qui passe sur deux-roues à portée de son Canon. Voici quelques échantillons qui font voir sur quoi roule le motocycliste nippon.

    (*) Avec une bonne loupe, on lit 'CB750 F' sur le cache latéral alors que le modèle vendu sous le nom "Bol d'Or" était bien une 900 du moins en France. Où est l'embrouille ?

    Le Bol d'or du Japon

    ET, SURPRISE ! SURPRISE ! on commence par une chose française. Enfin, française par sa naissance, mais élevée en grand au Japon. Vous aurez reconnu le scooter pliable Valmobile que Victor Bouffort inventa au début des années 50. Comme d'habitude, il ne récolta qu'un succès de curiosité auprès des Français plus accessibles à la Mobylette qu'à ce qu'il virent comme un gadget. Peu importait sans doute à son créateur qui passera vite à d'autres véhicules aussi brillants, à 3 et 4 roues, voire à chenilles ! 

    Le Bol d'or du Japon

    Par miracle, cette machine intéressa les Japonais de Hirano qui en prirent la licence et se lancèrent dans sa fabrication en 1960. Quelques modifications sont visibles concernant la construction du "triangle avant" supportant la colonne de direction, mais le schéma défini par M. Bouffort est bien le même.

    Le Bol d'or du Japon

    On parle d'une commercialisation de quelques milliers d'exemplaires pour le Japon, certains ayant été exportés vers les États-Unis. Mais comme la firme Hirano disparaît en 1961, cela laisse assez peu de temps pour une construction en grande série.

    Le Bol d'or du Japon

    Voici ce que l'on trouve en soulevant le panneau supérieur qui reçoit le coussin-siège. En France, le moteur était un deux-temps VLT à deux vitesses par câbles à la poignée gauche. Sur le modèle Hirano (ci-dessus) on voit ce qui pourrait être un embrayage centrifuge avec poulie extensible, ainsi qu'une suspension arrière de tout l'ensemble sur des anneaux caoutchouc (Note à benêt : merci de ne pas s'enflammer en parlant d'un engin étudié "pour les troupes parachutistes". M. Bouffort s'adressait aux automobilistes, navigateurs ou aviateurs de plaisance. Cela dit, l'armée en a "évalué" de bien pires !

    Le Bol d'or du Japon

    Pour parfaire vos connaissances en japonais et briller en société, voici la publicité pour le scooter que les Ets Hirano produisirent au milieu des années 50. Il se signalait par des roues plus grandes, mais son deux-temps de 60 cm3 le classait dans les utilitaires urbains à n'utiliser qu'en solo. 

    Le Bol d'or du Japon

    Encore un produit français puisque, comme pour le Roquefort, c'est "écrit dessus" : PEUGEOT ! On s'interrogera longtemps sur les raisons font que ce Speedfight2 a pu intéresser quelqu'un dans un pays qui produit une telle quantité de scooters (du moins avant que la Chine...). Il faut sans doute chercher du côté du snobisme ou du goût pour l'exotisme, banal chez nous, il épaterait le Nippon ? On peut aussi invoquer un cas de "collectionnite". En effet, ce 50 (ou 100 cm3) a disparu en 2009, donc déjà collector's. 

    Le Bol d'or du Japon

    Avant d'attaquer "le tout venant", continuons "dans le bizarre" (avec le Tonton Flingueur/Francis Blanche). Donc avec un Honda, mais oui, mais oui, jamais vu par chez nous. Baptisé MotoCompo, c'est l'équivalent du Valmobile des années 50. D'ailleurs, si vous en doutiez, la publicité qui le présentait... 

    Le Bol d'or du Japon

    ... ne laisse aucun doute quant à l'usage auquel il est destiné... et ce n'est  pas non plus un engin parachutable qu'on se le dise !

    Un Bol d'or au Japon

    Du plus petit au plus gros avec une V Max victime d'un "stretching" dont on a vu les plus beaux specimens à la Black Bike Week de Caroline du Sud récemment chroniquée ici-même (Voir à l'article Myrtle Beach en cherchant à l'aide de la case quelque part ci-contre).

    Un Bol d'or au Japon

    Au Bold'or Cafe, la carte des "vins" est limitée, mais la présentation est bien ciblée sur la clientèles. Si le single (solo) est compréhensible, de même que les Vtwin, Ftwin , VerticalT ou même Ltwin (Ducati), le Special reste un mystère à 550 (yens ?). 

    Un Bol d'or au Japon

    Z'avez dit Ducati ? Tiens, n'en v'là une belle !

    Un Bol d'or au Japon

    ... et pi une autre, pas vilaine non plus... et bien freinée.

    Un Bol d'or au Japon

    Encore du jaune mais pas du tout dans le même style ! Autant l'italienne est faite pour tailler la route, autant la japonaise... est taillée pour les grands espaces avec un large guidon qui vous permet de respirer la nature à pleins poumons. Bel état d'origine avec ses clignotants, compteur et compte-tours.

    Un Bol d'or au Japon

    Le propriétaire de cette Triumph est sans doute un client de Bol d'or Cafe, mais il est probable qu'il ne s'y rend pas avec sa machine. Chez nous, mettre sa moto dans son appartement est une preuve d'originalité un peu branque. Au Japon, c'est souvent une nécessité vu les tarifs de l'immobilier urbain. À plus forte raison lorsqu'il s'agit d'une Trident.

    Un Bol d'or au Japon

    Une spécialité nippone des années 60, la flèche de direction que l'on a connue en Europe sur les automobiles, mais jamais sur les motos (sauf du fait d'un petit inventeur, ou bricoleur, bien intentionnés). 

    Un Bol d'or au Japon

    Le premier hipster français qui lance çà chez nous est sûr de faire un malheur, avec un succès qui détrônera le clignotant en bouts de guidon.

    Un Bol d'or au Japon

    Le pétrole est devenu tellement cher que lorsqu'on l'achète directement au producteur, on rentabilise un maximum en utilisant l'emballage. Avec un baril entier et la moitié d'un autre, on obtient une construction qui n'aurait pas déparé dans les "Fiches pratiques du défunt Professeur Choron" (Hara-Kiri Mensuel, lui aussi défuncté).

    Un Bol d'or au Japon

    Le bricolage est un art véritable pour lequel tout le monde n'est pas doué. Ce protège-carter fait main en est une preuve regrettable...

    Un Bol d'or au Japon

    Cette jolie étoile a traversé notre ciel de façon très brève - je parle ici de la moto - sans doute trop différente de l'image des Kawasaki, machines "violentes" par excellence. Le 250 simple ACT de cette Estrella à deux soupapes "seulement" est venu trop tôt. Sa place est aujourd'hui occupée par d'autres asiatiques bien moins chères.

     

     


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  • ALORS COMME ÇA, QUAND ON VOUS EN TOUCHE UNE, ça fait bouger les autres ? (comme disait l'un de nos derniers présidents)... Bien sûr, je veux parler de vos neurones qui ont immédiatement frétillé en voyant le nom de NORTON puis "rotatif" apparaître sur votre écran. Premier arrivé, un lecteur d'Outre-Rhin donc bien placé pour évoquer Richard Küchen. Cet ingénieur allemand touche-à-tout (boîte à chaînes Zündapp, Victoria Bergmeister, twin F.N., etc) a donné lui aussi dans le rotatif avec un mono qui, comme beaucoup de ses projets n'a pas donné de suite commerciale. Néanmoins est parvenu jusqu'à nous le moteur que voici.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Bien complet de son "chapeau-culasse", on dirait presque un classique arbre à cames en tête qui serait commandé par un arbre vertical... 

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    ... le voici maintenant sans son "chapeau" qui dévoile un distributeur cônique avec son entraînement et une bougie en position inhabituelle.

    Et l'histoire s'arrête là, du moins pour le moment. Malgré quelques 12 à 15 heures passées sur le vouèbe, aucune mention de ce moteur n'est faite dans les pourtant nombreux articles consacrés au bonhomme et à ses œuvres. Gardons espoir, mes frères, peut-être qu'un jour quelqu'un reprendra l'affaire qui reste classée dans les "cold cases", comme à la télé.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    On ne va pas refaire l'historique des rotatifs Wankel de la moto qui s'est conclu par une catastrophe chez DKW-Hercules ou un bide chez Suzuki et autres Norton. Vous trouverez tout à ce sujet sur le site de F.-M. Dumas (moto-collection.org) qui a ratissé jusque dans les "coinstots bizarres" chers à Boris Vian (in Je voudrais pas crever). Fin de la minute pouhiétique.

    Il a existé plusieurs motos anglaises à distribution rotative, mais il s'agissait surtout de réalisations personnelles. Seul le moteur Cross, au milieu des années 30, a suscité un semblant d'intérêt chez des constructeurs patentés. Il s'agissait de Vincent puis Rudge ou encore Velocette. 

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Roland (Rodney) Cross himself avec la Vincent 500 équipée de l'un de ses moteurs à distributeur rotatif en vue d'une participation au Tourist Trophy 1934. Le pilote est Frank Milsom, chef des essais de la Société Cross. La machine figure aujourd'hui dans le musée de la société qui existe toujours à Bath, elle sort parfois dans des réunions d'anciennes (ci-dessous). 

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Le même type de moteur sera utilisé sur une 250 Rudge au T.T. 1935 mais son pilote chuta aux essais et blessé au genou fut contraint à l'abandon. Préparée trop à la hâte, une autre 500, toujours à moteur Cross, ne put prendre le départ du T.T. Senior.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Le premier Cross date de 1922. Celui de l'extrême-droite aurait été monté sur une Velocette en 1928 dont on ne sait rien de plus. On le retrouve en dessin ci-dessous.  

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Je laisse à quelqu'un de qualifié le soin d'expliquer la présence de deux chaînes de commande de la valve rotative engrénant sur des pignons de tailles différentes.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Les années passent mais Rodney Cross s'obstine et poursuit ses recherches. En 1937, trois de ses moteurs en 250, 350 et un 500 (les deux photos ci-dessus) sont montés sur des bas-moteurs de Rudge. Ils seront confiées à un essayeur de Moto Cycling qui n'en dira que du bien... 

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

      ... excepté sur un détail concernant le 250 (ci-dessus à gauche) dont le cornet du carburateur à tendance à aspirer... le pan du manteau du pilote ! À part ce minime inconvénient, vite supprimé par la pose du carburateur à l'extrémité d'une pipe à angle droit (photo précédente du 500), ces machines sont d'un rendement satisfaisant (selon Motor Cycling). Celui de la 250 est comparable à celui d'une 500 à soupapes latérales, et les montées en régime - on parle de 7 500 tours/minute - sont impressionnantes. Avalanche de louanges, donc... 

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

     Comme tous les rotatifs, le problème vient de l'étanchéité de la chambre dans laquelle évolue la valve. Il faut qu'elle soit abondamment lubrifiée sans que ce lubrifiant pénètre dans le cylindre. R. Cross va s'appliquer à résoudre cette difficulté par des segments spéciaux qui deviendront une spécialité de la Cross Manufacturing Company Ltd. Jusqu'en Chine, il s'en vend aujourd'hui des millions dans le monde et de tous diamètres pour les moteurs d'avions, les turbines (record avec 1,80 m. de diamètre !), en bref tout ce qui coulisse, tourne et frotte dans un cylindre, comme par exemple... dans nos motos.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Une coupe du haut-moteur qui permet peut-être de mieux comprendre le fonctionnement de la valve Cross, ici sur un 250. La pipe d'admission n'est pas dans l'axe de la valve mais à 90% derrière inlet, à droite pour ceux qui ont de bons yeux sur ce dessin impossible à agrandir.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    Arrive 1939 et un nouveau rototo du nom de Aspin se met sur le marché. Il est d'allure plus classique, proche d'un moteur "normal" à soupapes, quoique pas vraiment mis en valeur sur cette photo. C'est une partie-cycle BSA qui accueille ici un moteur de Velocette bien transformé. L'état de cette machine ainsi que le porte-sacoches typique des machines militaires laisse à penser que l'armée se serait intéressée à ce type de moteur. Plutôt silencieux, simple avec un nombre réduit de pièces en mouvement, il avait tout pour être confié à des mains supposées a priori peu expertes.

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

     Comme il se doit pour un nouveau projet, rien n'est jamais définitif dans la construction finale et les protos sont nombreux, même si l'on tourne autour d'un même schéma de base qui consiste en..

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    ... une valve cônique en alliage léger est savamment découpée afin, en tournant sur son axe, de distribuer les gaz côté admission puis côté échappement. Comme sur le Küchen, la commande se fait par un arbre vertical et un jeu de pignons (Dessin de La Nature n°3025 du 15 mai 1938 et repris sur sciences.gloubik.info)

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

     Une guerre a passé, mais le "rotatif" démange toujours les esprits chercheurs. En 1947, deux ingénieurs anglais, J. et E. Brown s'offrent à transformer des Norton (ci-dessus) à l'aide de la valve rotative Johnson. 

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suite

    La commande de la valve s'effectue ici par un arbre vertical et des pignons d'angle. Sauf par l'admission située perpendiculairement, on est alors assez proche de la future solution du Norton de 1952 (voir article précédent). Montée sur une Norton 500 Inter, la transformation Johnson s'avéra assez puissante pour l'emmener à près de 145 km/h. Comme d'habitude, la revue Motor Cycle qui effectua l'essai de l'Inter n'eut qu'à se louer de ses performances, de son silence de fonctionnement, de sa souplesse, etc. Mais, là encore, l'intendance refusa de suivre...                                                                                                                

    Norton rototo, suite. Terrot-Givaudan, suiteUn dernier pour la route (Rudge), pas de date, pas de réalisateur, origine perdue, sans doute l'un des premiers Cross.                                                                                                                                                                            


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  • LECTEUR ATTENTIF et curieux par ailleurs, Pat A...d m'a envoyé cette photo trouvée sur internet. Elle l'a intrigué, à juste raison, et elle devrait vous faire le même effet. Tout ce qu'il en sait est qu'elle aurait été publiée dans un journal du côté de Grenoble. Ce que pourrait confirmer le format carré, donc 6 X 6, en général de chez Rolleiflex, arme favorite du photographe de quotidien provincial (pardon, de "Région"). Le négatif donnant une bonne définition à l'agrandissement permettait la photo dite rang d'oignons ou caviar . Elle montrait en un seul cliché plusieurs dizaines de personnes en réunion pour mariage, visite de personnalités, réussite à examen scolaire, équipe de sports, etc, donc autant d'acheteurs potentiels du journal...

    Norton et le Rototo

    Cette photo, où l'on voit tout de suite un moteur à distributeur rotatif greffé sur un Norton Manx a beau être de bonne qualité, elle ne nous en dit pas plus sur son origine (à supposer qu'elle soit française). Aucune informations sur les personnes qui animent cette scène.

    Norton et le Rototo

    La machine garde son secret, mais les hommes sont peut-être des gens connus que ces agrandissements permettront d'identifier ?

    Norton et le Rototo

    Regardant bien cette photo, je me suis subitement frappé le front. Plus exactement le "cortex préfrontal" où se cache la partie du cerveau qui gère les opérations intellectuelles, dont la "mémoire du travail". Ce qui m' amené à ouvrir mon livre "Les Motos des Français" à la page 84 où se trouve la photo ci-dessus d'une Terrot "rotatisée". Bingo ! me dis-je, voilà le moteur rotatif en question. Sauf que pas du tout. Du côté droit de l'un on trouve ce qu'il y a à gauche sur l'autre, et vice-versa. Commande par arbre contre commande par chaîne, rien de colle. 

    Norton et le Rototo

    Dernier recours, le livre définitif sur les Norton compétition depuis les premiers âges ("Norton, The Complete illustrated History", par Mick Woollett). Il y est bien sûr question d'un moteur rotatif (ci-dessus) mais, Carrrramba ! Encore raté, rien à voir avec le "nôtre" !

    (P.S. : Double ratage : le livre dont il est question ci-dessus est en réalité celui de Roy Bacon - Norton Singles chez Osprey Collector's Library). 

    Norton et le Rototo

    Hercule Poirot, l'Inspecteur Derrick ou encore Sherlock Holmes étant indisponible pour un temps indéterminé, quel Maigret en culottes courtes fera-t-il avancer l'enquête ? On reste à l'écoute, bien sûr...


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  • L'EXPOSITION TERROT-MAGNAT n'aurait pas été complète sans un landau de Dijon. C'est une pièce recherchée par le véritable amateur qui ne s'intéresse pas forcément à la moto Terrot. J'ai souvenir (lointain) d'un correspondant étasunien qui m'avait demandé de lui en trouver un.

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    Par la même occasion, il m'apprenait l'existence de ce véhicule dont j'ignorais tout. J'étais déjà content de savoir qu'il y avait des machines à écrire Terrot. Sans beaucoup de mérite car lorsque j'ai débuté à Moto Revue (il y a prescription sur l'année...), il existait un magasin Terrot à Paris sur le boulevard de Sébastopol, à deux pas de la revue.

    Pour ajouter au feuilleton sur la naissance des premières Terrot, j'ai trouvé sur un site russe - qui récolte tout ce qu'il peut sur le vouèbe - une photo d'une Givaudan. Elle provient vraisemblablement des archives de Yesterdays.NL, le spécialiste néerlandais des "p'tites vieilles" françaises. De Givaudan, cette machine a au moins, bien visible sur son carter, un moteur de cette marque.

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    Dessin de la chaîne mis à part, il n'y a pas vraiment de filiation à trouver entre cette machine et la suivante théorique (?) à moteur Bruneau présentée dans le "bulletin" précédent... (Bulletin : c'est ainsi qu' Excommunicator-jeté-de-partout-je-reviens-par-la-fenêtre qualifie mon blog. Trop, c'est trop, assez de compliments...).

    Chaque génération a ses sosies de célébrités, plus ou moins réussis. On a eu des Fernandel de contrebande, des Luis Mariano, des Piaf, des Bourvil (pour nous'ôtes les vieux) et maintenant des Dalida, Claude François et des Johnny (pour les djeuns). Il est rare que le sosie (en tant que tel) survive longtemps à la disparition de son modèle. Il en existe pourtant un et c'est dans la moto qu'on le trouve. Il s'agit de l'Anglais Graeme Hardy, inconnu chez nous alors que les Rosbifs se précipitent pour obtenir un selfie avec lui.

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    Que ce soit au britannique Goodwood Festival, au Bikers Classic de Spa et maintenant à Montlhéry, aucune grande manifestation ne lui échappe. Ce qui tendrait à prouver par sa seule présence que le Vintage Revival a désormais sa place parmi les plus grandes réunions de niveau international CQFD.

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    Spectaculaire - les tuneurs en herbe peuvent en prendre de la graine - sa monture est (ci-dessus, photo à Spa) une réplique de celle de George Formby. Cette acteur comique, de la lignée qui donnera un Benny Hill, un Mr Bean ou les Monty Pythons, a été la vedette de No Limit, un film des années 30 (Plein gaz, in french) dont une partie se déroule lors du Tourist Trophy 1934. Le réalisme était fourni par des membres du Manx Club Riders ce qui a contribué à faire de cette œuvre un énorme succès populaire, peut- être toujours disponible en DVD. La parution en 2007 de ce DVD fut saluée par le journal The Independent écrivant de G. Formby qu'il était Le Chaplin du Lancashire...). 

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    Graeme Hardy à gauche et son héros Tazio Nuvolari

    En plus de George Formby, l'artiste s'est trouvé une autre idole, automobile celle-ci, et c'est l'Italien Tazio Nuvolari. Après des débuts fracassants à moto dans les années 20 (deux fois Champion national et un titre Européen à la clé), ce pilote est passé à la compétition automobile, utilisant le meilleur de l'industrie italienne : Alfa Romeo, Ferrari, Maserati puis l'allemande Auto Union à partir de 1937. Graeme Hardy cultive une ressemblance physique certaine avec le champion italien qu'il accentue par un tricot jaune siglé TN et Auto-Union. Il porte aussi au col une tortue miniature, comme celle qui était la mascotte du coureur mantouan.

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    Nuvolari a commencé sa carrière sur la Freccia Azzurra, une redoutable 500 monocylindre ACT de Bianchi. D'où les couleurs que Graeme portait au Vintage de Montlhéry, en alternance avec les anneaux entrelacés d'Auto-Union ainsi que la couronne de lauriers traditionnelle des circuits d'Outre-Rhin. Son stand en toile peinte, dans le style des "maisons"...

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    ... construites par Les 3 Petits cochons de Walt Disney, évoque bien les garden sheds , ces cabanes rustiques au fond du jardin dans lesquels les amateurs britanniques bichonnent leur monture.

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    Lorsqu'il prend la piste sur son AJS 350 "Big Port" 1926, Graeme est tout à fait professionnel. Tout son équipement le prouve, qui perd en pittoresque coloré ce qu'il gagne en sécurité, avec son casque "à la Rossi".

    (Nota : La Super Sports de 1923 est devenue Big Port lorsque son échappement est passé de 39,6 mm à 41 mm. Quelques millimètres furent suffisants pour construire une renommée durable.  

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    La variété des productions motorisées d'Alessandro Anzani était représentée par au moins trois modèles différents - du moins ceux que j'ai pu voir : bicylindre en V à culbuteurs sur l'Elfe de Mauve (replica de l'Atelier des Pionniers) ; bi en V culbuté de la Motul Stayer ; bi en V à soupapes latérales de la toujours spectaculaire Helica (ci-dessus). Les ailettes sur la tête du cylindre de cette dernière ont demandé un délicat travail de fonderie.

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    Sponsor du Vintage, et financier d'un concours de restauration motocycliste, Motul est depuis longtemps un acteur du sport motorisé. Fidèle à Montlhéry, le gros Anzani de stayer semble bien s'en porter !

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    On reste dans le "gros" avec cette Motosacoche au très rare moteur sur lequel on trouve peu de renseignements dans les gazettes de l'époque. Lors du G.P. de Suisse, la marque vient en force avec 4 machines en 500 dont une confiée au Lyonnais Tony Zind. Il s'en est fallu d'un fil (de bougie) que le jeune Tessinois Francesco Franconi gagne devant la Peugeot de Péan. Il se peut qu'Augusto Rossi signe la première victoire de la nouvelle Motosacoche. À la Journée des Records du 9 août, sur le km lancé au Bois de Boulogne, il réalise en 500 un record du monde avec 153,551 km/h. Pour sa part, Franconi engagé en 1000 fait mieux à 159,928. Mais il est impossible de savoir s'il était sur la 500 ou sur une bonne vieille bicylindre semi-culbutée qui avait encore de la ressource comme Verdy l'avait montré ce même jour en sidecar 1000 , atteignant 135,033 kilomètres/heure.

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    On évite le cliché sur le "petit bijou de l'horlogerie suisse", mais il n'en est pas moins vrai que ce 700 cm3 double arbre à cames est une pure merveille pour l'œil. Né monocylindre en 350 cm3 (C1 14 ATT), il a donné une descendance en bicylindres jusqu'à 750. 

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    Excellent en courses de côte et records, il était moins à l'aise sur circuit. Ce qui lui avait valu le gentil surnom de "Marguerite" à cause d'une "tendance fâcheuse à effeuiller parfois les dents des quatre petits pignons qui entraînaient les arbres de chaque cylindre" , selon les confidences du pilote Paul Torelli qui avait piloté cette machine (Interview de 1984 à la revue du Motocyclettiste). Dessin extrait du livre "Töff-Land Schweiz" - Serag-Buch)

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    C'est en 1924, dans la revue Cyclecars & Voiturettes du Salon de Paris, qu'il faut chercher pour voir clairement à quoi ressemblait cette "Marguerite". Au vu de son réservoir, de ses garde-boue, de sa béquille arrière et de ses freins sur poulies, il s'agit probablement d'une machine de Grand Prix (Suisse ?), bien que la revue la présente comme étant "La machine des records".

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    La seule photo d'époque connue de la Marguerite en situation est celle-ci, réalisée en 1923 à Gaillon. Son pilote est Franconi, grand vainqueur de la journée dans ce kilomètre départ arrêté qu'il avait avalé en 37'' 1/5, terminant à 125 km/h. Outre le réservoir de capacité réduite, on remarque une autre modification dans la partie avant du cadre, sous la colonne de direction...

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    ... le tube avant du cadre se dédouble et se rejoint ensuite afin de faire place au boîtier trop proéminent de l'arbre à cames du cylindre avant. Peut-être afin d'avancer le moteur en diminuant l'empattement et rendre ainsi la machine plus agile sur circuit (?).

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    Dans une robe "civilisée", quasiment touriste, cette Motosacoche était sans conteste l'une des plus remarquables du plateau.

    À bientôt sur cet écran... j'en ai encore sous le coude !

    Vé-er-aime... Mon amour (2)

    (Je dois des remerciements appuyés au P'tit Photographe que je pille sans vergogne sans qu'il s'en offusque. On retrouve ses photos, et bien plus encore, sur internet en tapant simplement Le P'tit Photographe. Se munir d'un sandwich et d'une bière pour passer un bon moment et long !)

     


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  • Véheraime mon amour !

    IL FALLAIT UN CERTAIN COURAGE pour se rendre à Montlhéry au matin du samedi 11 mai sous un ciel noir de cataractes. Entre deux averses, les téméraires de la veille séchaient duvets, vêtements ou... magnétos puisque ils avaient roulé quand même. Le dimanche allait remettre les choses en place car Vincent Chamon, chaman à ses heures et cheville ouvrière du VRM avec sa bande de bénévoles avaient commandé un soleil qui fut au rendez-vous. Selon la formule habituelle, "les absents ont toujours tort", et on va de suite le prouver !

    Vé-her-aime mon amour !

    Bien que "marqué" Terrot, ce bicylindre était produit chez Givaudan

    SOUS UNE DIZAINE de barnums réunis se trouvait le clou de ces journées : l'exposition Terrot, Magnat-Debon, Écurie Nougier. Ancien du club du Motocyclettiste, Frédéric Soupey a pu réunir près d'une centaine de machines soit, à quelques modèles différents près, la totalité de la production dijonnaise au cours des ans ! 

    Vé-er-aime mon amour !

    C'est la seule machine connue des premières incursions de Terrot dans le motocyclisme. Jusqu'à 1901-02, la marque ne s'était intéressée qu'au tricycle puis au quadricycle (en plus des cycles qui constituaient l'essentiel de son commerce). 

    Vé-er-aime mon amour !

    Le moteur de celle-ci doit beaucoup à Bruneau (constructeur à Tours), et peut-être beaucoup plus à en croire l'ouvrage définitif sur Terrot qu'a signé Bernard Salvat. Qu'il aurait fallu avoir sous le bras (le livre, pas Salvat) pour déambuler intelligemment et pas à pas à travers cette expo.

    Vé-er-aime mon amour !

    Extrait du Catalogue Bruneau 1902

    Vé-er-aime mon amour !

    De Bruneau à Faure, de Givaudan à Zedel en pasant par Dufaux, la motorisation du début des Terrot est difficile à établir dans l'ordre chronologique. Cette Motorette N°2 (le nom est nouveau et breveté) de 1910, à moteur Zedel, montre la nouvelle fourche pendulaire apparue cette même année. Elle sera utilisée avec la même architecture jusqu'aux années trente.

    Vé-er-aime mon amour !

    C'est encore Zedel qui fournira à Terrot en 1913 un bicylindre à soupapes latérales au dessin particulièrement original.

    Vé-er-aime mon amour !

    Cette Motorette N° 4 était plutôt destinée à être attelée, ce que permettait sa confortable cylindrée de 650 cm3. Le gros moyeu arrière révèle ici le montage d'un changement de vitesses Armstrong à 3 rapports. Dès 1914, une Motorette N° 5 de 500 cm3 prendra la relève. Son moteur était un MAG semi-culbuté moins cher que le Zedel précédent et aussi plus fiable. 

    Vé-er-aime mon amour !

    Dans le but de "faire passer" un copieux pot-au-feu (merci de l'invitation), Jacky Pichaud va faire semblant de rouler sur sa Magnat-Debon latérales. Après quelques tours concluants sur béquille, il en restera là afin de repartir - à pieds - pour un dernier tour dans le parc.

    Vé-er-aime mon amour !

    Un tel troupeau de Magnat-Debon, il fallait être au Vintage pour voir çà ! Il s'agit de modèles dits "Aviation" car confiées aux pilotes d'aéroplanes de la Première guerre. Eux seuls étaient jugés capables, grâce aux connaissances mécaniques qu'on leur prêtaient, d'utiliser sans dommages ces fragiles bijoux à soupapes en tête.

    Vé-er-aime... Mon amour !

    On termine par là où on a commencé avec ce moteur Givaudan qui ressemble comme deux gouttes d'eau au "Terrot & Cie" qu'on voit en haut de l'article. Ce Givaudan était monté dans une La Française-Diamant alors en construction Outre-Rhin. Pas de nouvelles depuis...

    On se retrouve bientôt ici pour la suite du VRM


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  • Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    ENCORE UN COUP D'ŒIL sur ces folles journées qui donnent un point de vue "social" sur une manifestation qui n'a pas son équivalent en dehors des États-Unis. Avec des machines qui sont, ne nous bouchons pas les yeux, les collector's de demain ou d'après-demain. On commence doucement...

    Black Bike Week : la suite en couleur

    Black Bike Week : la suite en couleur

    ... avec toujours des demoiselles peu avares de leur sourire et prenant volontiers la pose devant l'objectif du photographe.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Sur place, tout se trouve dans les boutiques pour celles qui débarquent sans le matériel nécessaire : maillot de bain au nom de la station "Myrtle" (en rouge ci-dessus ou en vert, photo ci-avant). Aussi avec une inscription provocante qu'on a peine à croire, "I love girls that love girls". La traduction vous permettra de compléter vos connaissances en anglais et peut-être de vous évitez quelques déboires en cas de coup de foudre. Accessoirement : la plaque d'immatriculation !

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Pour 20 briques, t'as plus rien maintenant (dit la rumeur). Cependant pour 1300 € de moins, tu peux rouler en BMW S1000 RR, une 4 cylindres de 200 ch. avec un vrai bazar d'électronique qui fait tout à ta place. Le bestiau est pourtant docile et permet de "cruiser", de feu rouge en feu rouge, sur les 23 miles (37 km) d'un parcours à deux voies tracé par la municipalité afin d'éviter les encombrements bouchonnesques dans la ville.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Sur Ocean Boulevard, motos et voitures se suivent à la queue-leu-leu sans que quiconque ne tente un dépassement, même pas sur la bande "cyclistes" qui, de part et d'autre, borde la voie tout du long.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Dans la journée, on entend parfois un rageur coup de gaz entre deux feux rouges, probablement afin d'éviter d'engorger les carbus... Tandis que dans la nuit complice, un énervé anti-écolo brûle "le peu-neu ! le peu-neu !"

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Quand on parle des collector's de demain... Il y aura ça ! ...

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    ... et aussi ça... C'est à dire les scooters, du moins ceux qui auront survécu aux mauvais traitements de nos ados d'aujourd'hui. Ceux-ci paraissent en arrêt devant un spectacle qui les étonnent, dirait-on. Ce n'est pourtant rien à côté de ce qui les attend plus loin... et nous (vous) avec !

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    L'une a le temps de faire un p'tit coucou tandis que l'autre doit répondre à un appel urgent... "T'es où , tu fais quoi en ce moment ?". Les bisous et autres tatouages instantanés sont partout disponibles en magasins.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Le concours "sauvages" de bikinis continue dans la rue, alors pour se mettre en valeur, les repose-pieds arrière constituent une bonne... tribune !

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Tout le monde n'est pas avide de puissance et de vitesse et on peut se contenter d'un 50 ou 125 de location (ici le Zuma de Yamaha inconnu chez nous) De toute façon, c'est largement suffisant pour circuler à 25 mph (40 km/h), la vitesse maximum autorisée en ville !

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    On dirait que 40, c'est déjà beaucoup trop pour un débutant (touriste ?), lui aussi sur une machine de location.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Pour jouer à celui qui a la plus longue, tout est bon ! On voit que ça vient de loin puisqu'à gauche on a le modèle d'origine.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'L'Amérique consumériste a quand même un certain respect des valeurs. Alors pas question de "tuner" ou peinturlurer un "produit" européen qui inspire l'admiration et l'envie sous toutes les latitudes.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    La position "gynécologique" reste précaire lorsqu'on n'a que quelques centimètres carrés d'assise. Une accélération mal maitrisée ou un freinage trop appuyé ont des conséquences fatales pour l'amour-propre.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Une "Caucasienne" à la recherche de l'âme sœur ? Pourtant, elle n'a pas comme d'autres un bout de tissu scotché sur la place passager afin de protéger de la chaleur le séant d'une moto-stoppeuse occasionnelle. Ou, ce qui est bien plus rare, celui (de séant) d'un moto-stoppeur. Mais qu'il soit redneck (campagnard), blue collar (ouvrier) ou white collar (employé), l'Américain tient fermement sa place de "mâle blanc dominant". 

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Manifestement cet enduriste a perdu sa boussole en sortant de son garage. Au lieu d'aller vers l'ouest et ses forêts, il va se retrouver face à l'Atlantique et son interminable plage... interdite aux véhicules à moteur.

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Pour refroidir les ardeurs des maniaques de la poignée tournante, rien de tel (à gauche) qu'un petit rappel spectaculaire de ce que risquent toutes ces "sans culottes". Peut-être une "performance" de la Croix-Rouge locale ?

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

     Je m'en serais voulu de vous priver de cette dernière pour la route !

    Black Bike Week : la suite en 'couleur'

    Et aussi de ce petit chef d'œuvre d'humour bien français (non signé) qui tombe à pic en clôture de ce voyage au pays de "l'Amérique great again"

     


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  • VRM : Vite ! Vite ! Ça presse !

    C'EST LE MOMENT DE VÉRIFIER le serrage des derniers boulons, écrou-contre-écrou-goupille, sans oublier le frein-filet partout où c'est utile, les rondelles grower, belleville, éventail et touti-couanti, parce que demain il sera déjà trop tard ! Vous pourriez manquer le spectacle sur la piste ou au parc de ces vieilles mais toujours vaillantes mécaniques ! Donc dernière visite en quelques photos avant le coup d'envoi ce samedi 11 et dimanche 12 mai.

    VRM : Vite ! Vite ! Ça presse !

    Honneur à l'ancêtre qu'on ne présente plus. Ou alors de deux choses l'une : - Vous n'avez aucune mémoire. B - Votre bibliothèque se résume au dernier roman de Houellebecq... et on se demande ce que vous allez faire à Montlhéry. Un bémol néanmoins sur la machine ci-dessus qui montre un tendeur de courroie pas très catholique (ou casher, ou halal selon affinités. Désolé pour protestants et bouddhistes, je ne connais pas le terme approprié, ni pour les athées...).

    VRM : Vite ! Vite ! Ça presse !

    Une Lamaudière au si curieux agencement du moteur. Si curieux que dès 1902 il fut abandonné pour une disposition un peu plus classique. Cette architecture se retrouvera chez plusieurs imitateurs américains dont... Indian !

    VRM : Vite ! Vite ! Ça presse !

    À défaut du bon de commande, voici la liste des pièces détachées qu'il vous faudra pour construire une Lamaudière-Replica. Et le prix du cycle destiné à recevoir le moteur n'est pas compris dans la liste.

    VRM : Vite ! Vite ! Ça presse !

    Ciel ! Une automobile dans ce Blog ? Oui, mais c'est une électrique ! Sauf erreur, ce sera la première apparition d'un tel véhicule sur "l'Anneau magique". Aussi ancien s'entend, puisque on avait annoncé des pistes UTAC intérieures à l'autodrome destinées aux évolutions de voitures autonomes et aussi, sans doute, électriques.

    VRM 2019 : Vite ! Vite ! Ça urge !

    Dans le genre original, les New Motorcycle (c'est français) tiennent une place de choix. Celle-ci, motorisée par un 500 Chaise, pousse le bouchon un peu plus loin avec une suspension arrière aussi coulissante que personnelle. Parfaitement innovante pour une moto de 1929. On est curieux de voir de près comment ça marche.

    VRM 2019 : Vite ! Vite ! Ça urge !

    Au passage, un clin d'œil à J.-M. Guivarc'h qui se souvient de la première venue à Montlhéry de la monstrueuse N.L.G. JAP en 2015. Privilège de l'artiste, c'est ici une jeune fille qui la pilote, version mécanique de la "Belle et la Bête". (N.L.G. = North London Garage).

    VRM 2019 : Vite ! Vite ! Ça urge !

    Dans la catégorie "Machines de manège d'autos-tamponneuses", le Harper Runabout tient une bonne place. Témoin des idées personnelles de R.O. Harper, il fut tout de même construit à 500 exemplaires entre 1921 et 1926. Son moteur deux-temps entraîne l'essieu arrière par un train de trois chaînes donnant trois démultiplications différentes. Le pilote et son passager sont installés dos-à-dos.

    VRM 2019 : Vite ! Vite ! Ça urge !

    Encore de l'anglaise avec cette AJS 500 à arbre à cames par chaîne, lointaine ancêtre de la célèbre 7R des années 50. On prendra le temps d'admirer le travail (de chaudronnerie ?) sur l'échappement et le silencieux Brooklands.

    VRM 2019 : Vite ! Vite ! Ça urge !

    Contrairement à Velocette ou Norton ses rivales, AJS avait choisi la commande d'ACT par chaîne pour ses monos de sport ou de compétition. Avec succès si l'on en juge par la longue carrière de la 7R, née sa "Boy Racer", et de ses descendantes au palmarès confortable.

    VRM 2019 : Vite ! Vite ! Ça urge !

    La 500 Opel n'avait pas besoin de ses pneus rouges (de série) pour attirer l'œil en 1928. Son majestueux moteur culbuté et, surtout sa partie-cycle en pièces d'acier embouti (licence Neumann-Neander) en faisaient une machine hors du commun. Tellement "hors" que Opel abandonna le domaine motocycliste au bout de deux ans pour se tourner, de façon définitive, vers l'automobile.


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  • EN JANVIER 1860, Laurence M. Keitt déclarait à la tribune du congrès de Caroline du Sud : "Le parti anti-esclavagiste soutient que l'esclavage est mauvais en soi (...). Nous, du Sud, nous disons que l'esclavage est juste !". À la fin de la même année, la Caroline du Sud est le premier état à faire sécession et s'engage dans la guerre du même nom. Cet état est alors le plus esclavagiste de tous les états américains : 57 % de sa population est en esclavage et 46 % des familles blanches ont au moins un esclave.

    Myrtle beach

    Est-ce un pur hasard ou bien le doigt du destin qui s'est posé sur cet état  pour en faire le point de ralliement annuel de milliers de motards ? ! Des motards américains qui se réunissent, il y en a bien d'autres à travers tout les États-Unis, à Daytona, Bonneville ou Sturgis. Mais ceux de Caroline du Sud ont une particularité : ils ont la peau noire ! Et ils le proclament fièrement avec leur écusson : Black Bike Week, assorti du lieu, Myrtle Beach et de l'État, S.C. (South Carolina). 

    Myrtle beach

    Myrtle Beach, station balnéaire sur l'Atlantique est célèbre pour sa plage qui se prolonge sur 100 kms ! On lui connaît l'une des plus grandes roues des USA (90 mètres), attraction parmi des dizaines d'autres qui en font un genre de Disneyland pour petits et (plutôt) grands et grandes

    Myrtle beach

    Grand à l'image de ce King Kong qui surplombe le Hollywood Wax Museum (musée de cire) où l'on retrouve Marilyn, Clint Eastwood, Dolly Parton, Michael Jackson ou... Lady Di ! (pas de frenchies, pas même Maurice Chevalier).

    Myrtle beach

    En passant, un clin d'œil à Alfred Hitchcock et son terrifiant "Les Oiseaux"

    Myrtle Beach : l'Amérique "Colorée"

     Un gisant "Sur la plage abandonnée / Coquillages et crustacés.../ Une œuvre d'art en sablé / Qu'emportera la marée...", sauf s'il s'agit d'un faux-fake ?...

     MAINTENANT QUE LE DÉCOR EST PLANTÉ, place aux acteurs ! Acteurs avec un "S" car ils sont 375 à 400 000 avec leurs motos selon les années. Ils vont animer les rues de Myrtle durant plusieurs jours précédant et prolongeant le Memorial Day qui honore la mémoire des G.I's tués au combat.

    Myrtle beach

    Selon les statistiques les plus fiables, 10 à 15 % des motocyclistes  qui roulent aux États-Unis sont des femmes. C'est beaucoup, mais on le croit volontiers avec démonstration grâce à des milliers (des milliers, oui) d'images             * À Voir sur Blackbikeweek + millésime de l'année, à partir de 2008.

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

    Qu'elles soient passagères ou aux commandes, on remarquera que ces dames sont toujours souriantes, (et fières de leur plastique...). Mais comment ne pas l'être lorsqu'on est dans une foule d'amis vivant une même passion...

    Myrtle beach

    ... avec en prime le soleil, la plage, la musique, des bars à foison et dans l'attente (l'espoir ?) peut-être d'une rencontre sentimentale. Et plus si...

    Myrtle Beach : l'Amérique "Colorée"

    Au milieu des années 2000, la municipalité avait décidé d'imposer le port du casque. Le but caché était, bien sûr, de décourager les blacks de se rendre à cette "Bike Week". En 2010, la mesure était déclarée illégale par la Cour Suprême des États-Unis (sauf pour les mineurs). Rien d'autre sur la sécurité, sauf quelques rares bottes car changer de vitesse avec des tongs n'est pas idéal pour la boîte, ni pour...les orteils !

    Myrtle Beach : l'Amérique "Colorée"

    Naaaaaaan ! Ce qu'il faut voir (Regardez-moi dans les yeux quand je vous parle !), c'est la plaque du véhicule dont on trouve nombre d'exemples à Myrtle Beach. Mais va savoir si c'est une fantaisie admise le temps de la BBW ou une pratique régulière, voire légale, chaque état ayant ses propres critères... Bon, d'accord, maintenant vous pouvez regarder le short bleu 

    Myrtle Beach : l'Amérique "Colorée"

    ... Parce que, si c'est pas légal (la plaque, pas le short... quoique) la brigade de répression est à l'affût sur des bicycles bien plus rapides que les motos, vu la congestion du trafic (On dirait que le premier à partir de la droite fait rire ses copains avec la fameuse blague du "vélo sans sel" (Bon, je sors...).

    Myrtle Beach : l'Amérique "Colorée"

    Mais il y a quand même l'US Cavalry prête à venir à la rescousse s'il le faut, même si elle se montre "cop friendly" en saluant le photographe d'un V complice. Mais ce motard n'est peut-être pas "de la paroisse", car lors de la BBW, les comtés limitrophes sont sollicités pour épauler les 300 collègues locaux ce qui porte à 550 le nombre de "bleus" sur le terrain. 

    Myrtle beachPas très au courant des usages en vigueur, certains font preuve d'originalité sans le vouloir. À moins qu'il ne s'agisse d'un couple français arrivés directement des endroits où la barbe se porte "tendance" tout comme le petit bada de maffioso cher à San Antonio.

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

    Les copines viennent aussi ensemble, mais il y en quand même l'une des deux qui porte la culotte. La passagère s'entraîne sans doute en vue des nombreux concours de bikinis. Il semble y en avoir un ou plusieurs tous les soirs, avec cocktails offerts aux concurrentes.

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

    Mais il n'est pas absolument nécessaire d'être motarde pour y participer ! Dans les rues, il ne manque pas de bonnes copines pour provoquer des candidatures "sauvages" laissées à l'appréciation des passants... 

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

     Le tuning (puisqu'il faut l'appeler par son nom) se porte bien à Myrtle. On dirait même que c'est la raison d'être de la BBW que de s'y montrer. Il sévit à fortes doses et les plus monstrueuses machines en portent les stigmates. À commencer par la "plus des plus", la Suzuki 1340 GSXR, de son nom de jeune fille "Hayabusa" (ci-dessus), quelle que soit l'année de naissance.

    Myrtle Beach : l'Amérique en version "Colorée"

    La première modification est l'allongement du bras oscillant, mais c'est à double tranchant quand on voit ce qu'encaisse la chaîne - plus longue elle aussi - d'une "Busa" (+ de 200 chevaux en version catalogue), au départ d'un "drag" (Image cueillie sur le vouèbe).

    Myrtle Beach : l'Amérique en version "Colorée"

    Différents types de rallonges du bras sont proposés, mais presque tous sont destinés à des "Superbikes". Suzuki semble être le premier choix suivi de Kawasaki (ci-dessus), mais il est difficile de citer précisément telle ou telle marque tant les transformations sont nombreuses. 

    Myrtle Beach : l'Amérique en version "Colorée"

    À l'origine, l'allongement du bras oscillant est destiné à contrer le cabrage de l'engin (wheeling, en français) lors de courses de dragsters. Mais ici, manifestement, c'est le "pour faire comme" qui est recherché.

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

    La moto d'origine ou "tunée" est-elle une arme de séduction massive ? À voir !

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

    Dans une région aussi sensible à son passé esclavagiste, ce genre d'image a une signification qui ne laisse pas indifférent... Surtout venant d'un Américain qui affirme sa fidélité motocycliste à un pur produit de l'Amérique "great again" chère au Donald péroxydé.

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "Coloré"

    Autre image provocante, deux filles sur la même moto, l'une est blanche (Pardon, chez eux on dit "caucasienne"), l'autre est noire (coloured)... et mineure puisque soumise au port d'un casque. 

    Myrtle Beach : l'Amérique motarde côté "coloré"

    À LA DEMANDE GÉNÉRALE, il sera procédé dans un avenir proche à une nouveau reportage sur la BBW. Restez à l'écoute !


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  • Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    DEPUIS LONGTEMPS DISPARU du catalogue des constructeurs de motos (sauf peut-être chez Poutine ?), le moteur à soupapes latérales a connu des heures de gloire flamboyante. On a immédiatement à l'esprit les Harley "Flat Head" qui tinrent vaillamment tête aux culbutées d'Albion... avec un gros coup de pouce de l'AMA (pour les nuls : American Motorcyclist Association). Cependant, le palmarès de la "tristement latérale" commence bien plus tôt. C'est sans doute Norton qui l'a inauguré avec la 500 "Old Miracle" de O'Donovan qui, d'avril à juin 1915, battit plusieurs records dont, finalement, le kilomètre lancé à 133,305 de moyenne. Les années suivantes apportèrent leur lot de records battus par des bicylindres culbutées (au minimum), voire des machines à ACT de beaucoup plus forte cylindrée, parfois renforcée par un compresseur. 

    En 1933, il fallait une bonne dose d'optimisme pour revenir sur le ciment de Montlhéry afin d'y tenter des records avec une 350 latérales. Mais cette Jonghi n'était pas une machine ordinaire puisque préparée par l'ingénieur Giuseppe Remondini (ex-Alfa Romeo, Frera, Nagas & Ray). Ses pilotes n'étaient pas non plus ordinaires qui se nommaient Hector Andreino, Louis Jeannin et Marcel Perrin, tous personnages habitués des grandes épreuves françaises et connaisseurs des pièges de la piste de Montlhéry. 

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    Louis Jeannin reprend les manettes lors d'un ravitaillement-éclair. Le "Patron", Remondini lui-même, effectue un réglage ultime sous l'œil de Andreino (profil casqué, à gauche) qui maintient le régime-moteur.

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    Esthétique et technique résolument modernes du latéral Jonghi. Le levier de vitesses à l'horizontale permettait de passer la vitesse d'un coup de botte (Dessin Moto Revue)

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    La Jonghi TJ 4 du catalogue 1931 faisait honneur à l'industrie nationale.

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    Louis Jeannin sur l'une des premières Jonghi latérales (plaque en W1) à cadre simple berceau. Le moteur est encore l'un des Nagas & Ray apportés en France par Tito Jonghi le repreneur, avec Remondini, de l'affaire Nagas & Ray italienne. Le logo du réservoir en selle est déjà celui de Jonghi que l'on connaîtra par la suite.

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    C'est par cette publicité parue dans les premières pages de Moto Revue du 1er avril 1933 que les lecteurs apprendront l'exploit de la Jonghi. Aucune autre annonce n'exploitera ces records auxquels est consacré un mini-reportage sur 3/4 de page à la fin du magazine. Jonghi n'était sans doute pas un annonceur assidu. De plus, durant toute son existence, le financement de l'entreprise a été précaire...

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

     Mission accomplie par les trois Jonghistes, de gauche à droite : Perrin, Jeannin, Andreino et Remondini. Avec 2802,830 km de plus au compteur la TJ 4 avait réalisé une moyenne de 116,785 km/h sur deux tours d'horloge. Au bout de 21 heures, la moyenne était encore au-dessus de 119 lorsque le moteur donna des signes de fatigue. L'embiellage s'étant décalé, les deux dernières heures furent parcourues à 100 km/h.

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    La latérales 350 TJ 4 des records, sans doute avant le départ car le moteur est exempt des traces d'huile... témoignant de l'effort et visibles ci-avant sur la photo "d'après".

    Littéralement tombé amoureux du moteur à soupapes latérales (en 2013 il est allé courir à Bonneville avec une Harley latérales KHK alimentée au méthanol pur...), Patrick Delli a été en 1977 le premier à publier dans la revue du Motocyclettiste une étude technique sur les Jonghi TJ 4 suivie d'une interview de Louis Jeannin. Bien plus tard, à l'occasion d'un échange entre amateurs d'anciennes, il s'est trouvé propriétaire d'une de ces latérales au numéro-moteur prédestiné : 1032. La série des "vraies" Jonghi commençant à 1029, la sienne est donc l'une des premières produites. Il s'est ensuite mis en tête d'en faire le clone de celle des records de 1933 et...

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    ... voilà le travail, presque - presque - terminé ! Câblages divers à venir et un frein avant pour respecter le règlement du Vintage RM qui l'exige. Quelques pièces de la machine survivante ont été fournies par Caucal-Écurie Nougier, ce n'est donc pas un faux total ! (Si je puis me permettre, c'est bien de l'avouer, contrairement à d'autres pratiques). Le kick ne sert que pour les essais de mise en route... rien moins que laborieuse aux dires de Patrick.

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    Un poste de pilotage tout simple qui sent bon les années 30 ('vintage' comme ils disent) avec de magnifiques bouchons racing des deux réservoirs nécessaires pour les records sur longue distance.

    Vintage 2019 : la surprise française vient d'Angleterre !

    Si tout se passe bien à Montlhéry, Patrick emportera ensuite sa Jonghi au lac de Bonneville dans quelques mois afin d'y tenter quelques records. Un monocylindre latéral qui marche mieux que bien, ça devrait les inciter à remettre en compétition les moto-scooters Powell et Cushman, des latérales(raux ?) qui ont jadis couru sur le sel de Salt Lake.

    Vintage 2019 : la surprise française viendra d'Albion !

    Il paraît qu'à la suite des records Jonghi de 1933, la presse anglaise - plus enthousiaste que la française - avait évoqué la création d'une catégorie side-valves au Tourist Trophy, alors pourquoi ne pas reprendre l'idée en France ? Je crois savoir qu'une Terrot 350 HCT roule en trial et, aussi en trial, une vaillante Norton 16 H fit jadis le bonheur de Roland Chatokhine alors, une D45 lancée à 130 à l'heure sur "l'anneau magique", miam-miam, non ?


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  • Le vrai TOM CRUISE Promotion sauvage au Ghana ! Bien moins coûteuse que celle qui a envahi nos télés lors du lancement de ce film, sans doute le premier de la série (1996). Aujourd'hui collector's car "diffusée" à peu d'exemplaires

      Si quelqu'un se souvient de la marque de la moto...

    Le vrai TOM CRUISE (Première pression)

    Dans le deuxième film de la série, c'était une Triumph.


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  • VRM 2019 : c'est très bientôt !

    UN PETIT TOUR DE PISTE qui devrait vous convaincre de réserver votre week-end des 11-12 mai (je répète pour les malcomprenants : 11 et 12 mai). Voici donc, pillé dans Flickr sur le vouèbe, une sélection photographique de quelques unes des machines qui méritent le déplacement. La majorité de ces document est signée du "P'tit Photographe". Par définition, l'artiste n'est jamais sur ce qu'il shoote. C'est une injustice que je répare ici avec une photo déjà vieille comme son Rollei. Désormais il arbore une barbe de philosophe grec. 

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    Photo par Cédric Cedem ©

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    Le VRM présentant autos et motos, quoi de plus naturel que d'y trouver un bitza auto-moto de la plus belle espèce : Morgan motorisé par deux moteurs Scott, donc avec 4 cylindres ! Ce Special Brooklands 1936 ne semble être engagé que dans la partie "Exposition", ce qui n'exclut pas, on l'espère, une mise en route statique rien que pour les oreilles !

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    Dresch 500 bicylindre longitudinal à soupapes latérales. Un véritable pavé dans la construction française des années 30 avec son cadre en tôle emboutie, son bloc moteur, sa transmission par arbre (C'est bien "arbre", pas cardan !).

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    En octobre 1930, Henri Dresch offrit 10 de ses machines aux policiers de la Préfecture de police parisienne. D'où cette publicité signée de C, célèbre peintre, dessinateur, affichiste (cinéma et publicité) et ami de Dresch.

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    Le petit carénage tête de fourche est sans doute celui de la machine de 1935 dont on ne connaît pas de photo d'époque. Exigé par le règlement, le frein avant visible sur la photo de Moto Revue (ci-dessous) était vide de ses mâchoires

    Champion d'Europe en 1935,1936 et 1937 (le titre mondial n'existait pas), Jimmy Guthrie était le chef de file de l'équipe Norton dans les épreuves internationales. En 1935, le 18 octobre, avant le Salon de Londres, il vint à Montlhéry afin de s'attaquer au record le plus prestigieux d'alors, celui de l'heure. Armé de sa Norton double-arbre, alimentée à l'alcool et équipée d'un réservoir de 35 litres, il abattait le précédent record de 1931 (178 kmh, déjà à Norton) à 183,613 de moyenne. Un chiffre que Georges Monneret apprécia en connaisseur de l'anneau : "Il a compris ce qu'il fallait faire pour réussir, il a su s'adapter aux difficultés de le terrible piste de Montlhéry. Je suis certain qu'il n'y a peut-être pas cinq motocyclistes au monde capables d'en faire autant". Au début de cette année 1935, Guthrie était venu sur les mêmes lieux pour une tentative identique. Mais la tenue de route de la Norton "faisant dans les virages des écarts formidables" écrira Moto Revue, écourtera l'affaire qui s'était terminée sur une casse-moteur. Guthrie avait néanmoins battu les records des 50 km et des 50 miles.

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    La couverture de Moto Revue du 16 novembre 1936, ornée des autographes de Guthrie (en selle) et de Craig (au centre). À droite, Psalty, agent Norton de France ; à gauche, Frank Sharratt, mécanicien de Guthrie.

    Obstiné, l'Écossais revient à Montlhéry en 1936, toujours avant le Salon anglais. Cette fois, il veut l'heure en 500 mais c'est encore avec celui des 350 qu'il repartira. Sa machine est pourtant dotée de la nouvelle innovation de Joe Craig, une suspension arrière coulissante. Elle fait de la route un véritable tapis magique, aux dires de ceux qui l'ont essayée. Guthrie battra le record de l'heure 350 à 172,867 contre les 170,180 de la Jonghi pilotée par Monneret. Alors qu'il enchaîne les victoires en Grand Prix 500, il échoue encore contre le record 500 auquel il tient tant. Alignant des 184 km/h aux 50 kms, puis aux 50 miles, puis aux 100 kms, le record semble en vue lorsque la Norton tombe en panne d'essence ! Ravitaillement express avant de découvrir que le carburateur fuit. Le démontage révèle un flotteur percé... Jimmy Guthrie n'aura jamais son record. Il se tue au G.P. d'Allemagne en 1937.

    Suite semaine prochaine - STOP - Avec une surprise - STOP - Française la surprise ! - STOP

    VRM 2019 : c'est très, très bientôt !

    OUI NIDE IOU au Vinneteidge Rivaïvole Montelhéry !


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  • Vintage Revival Montlhéry

    Enfin une affiche lisible... sauf que... sauf que les dates n'y sont pas ! Rappelons les donc : 11 et 12 mai 2019

    En plus d'un circuit mythique, on y verra aussi des motos mythiques (et non mythologiques - wouaf ! - comme je viens de le voir écrit quelque part sur le vouèbe...)

    Merci à "Arvella" pour l'info sur l'affiche


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  • "J'AI POSSÉDÉ JUSQU'À CE JOUR, les motos les plus perfectionnées et les plus rapides (Velocette KSS, KTT, Norton Inter, Norton Manx, Triumph T100, Terrot 350 Compétition quatre paliers, Excelsior Manx, BMW R51, 13 (sic) BMW Rennsport, BMW R 73, R 71, Ariel square four, DKW course à refroidissement par eau). Il n'y a aucune de ces motos, pas même la dernière née BMW R 68 sport, pour rivaliser avec la Black Shadow. Quant aux voitures, n'en parlons pas". L'homme qui en février 1954 parle ainsi, est un lecteur de Moto Revue. Un brin manipulateur, il va déclencher une polémique qui va durer des mois à travers le courrier des lecteurs de la revue.

    Vincent ! encore et encore !

    Après avoir excité la curiosité avec son énumération faramineuse et sur un ton assez provocateur, il persiste et signe : Marcel Vidal, Av. des Pupilles de la Nation, Aurillac, Cantal. Cependant, il a son idée derrière la tête…

    Vincent ! encore et encore ! Vincent ! encore et encore !Il continue ainsi : "J'habite une région très accidentée avec routes très tortueuses et virages l'un sur l'autre. Comme performances, j'ai fait Aurillac - Clermont-Ferrand : 164 km en 1 heure trois-quarts, avec traversée des agglomérations selon les arrêtés municipaux ! Ceci donne, je crois, une moyenne de 90 à 91 kmh (et je suis prêt à le prouver, je relève n'importe quel défi au motard qui voudrait engager le pari et venir voir le parcours)". Ça y est, on arrive au cœur de l'affaire ! Le d'Artagnan motocycliste a jeté le gant à quiconque mettra sa parole en doute.

    Vincent ! encore et encore !

     1000 Vincent - Bronze signé François Chevalier qui a roulé en Vincent avant de l'échanger contre une voiture (Bugatti ?)

    Il trouvera une dizaine de "quiconques" un peu moqueurs qui lui répondent un mois plus tard, le 6 mars 1954 : "L'Auvergne est un bien joli pays touristique qui possède des routes sinueuses, mais qui est tout de même assez éloigné de Marseille. C'est ce que nous voudrions faire comprendre à notre cher compatriote, M. Vidal, d'Aurillac".

    Vincent ! encore et encore !

    Se présentant comme motards de Clermont-Ferrand (sauf un Riomois), ils mettent 20 000 F sur la table et proposent de faire de même à M. Vidal, le tout sous la houlette d'un huissier, de part et d'autre. Au cas où ils gagneraient le pari, ils précisent : "Les fonds qui nous échèrront seront destinés à faire un banquet entre les vainqueurs, aux dépens du trop téméraire Aurillacois".

    Vincent ! encore et encore !

    Cette Vincent Black Shadow en bon acier (58 cm de longueur) est l'œuvre de Philippe Cancellieri qui l'a réalisée en 2003. Ne rêvez pas, elle vient de se vendre. Si vous la voyez un jour, voici son immatriculation : PH.C 2003 N°001. (Ci-dessous, d'autres images de cette création).

    Vincent ! encore et encore !

     Clément Garreau était l'un des rares importateurs à faire figurer le prix de ses machines dans les publicités des revues spécialisées. Les machines d'occasion, ici des Norton, sont qualifiées de "second hand", plus flatteur.

    En ces temps reculés, les communications en province se font alors par corbeaux l'hiver et pigeons-voyageurs l'été. La réponse aux Clermontois mettra trois mois à parvenir à Moto Revue qui la publie le 1er mai 1954. Mais ça valait la peine d'attendre si longtemps car... 

    Vincent ! encore et encore !

     Petite taquinerie de Moto Revue avec la "ligne de pied". Cette ligne de sages conseils variait d'une page à l'autre, elle était mobile dans la composition des pages, et celle-ci n'a pas été choisie par hasard... 

    Vincent ! encore et encore !

    Les communications entre Aurillac et Clermont ne s'arrangent guère puisqu'il faut attendre... octobre 1954 pour avoir des nouvelles. Elles proviennent d'une lettre de M. Vidal que Moto Revue publie sous un titre qui sera rendu célèbre par un personnage politique... par ailleurs (coïncidence) originaire de la Corrèze, département auvergnat comme on sait.

    Vincent ! encore et encore !

    Ci-dessous, le texte intégral de l'échange de courriers. On clique dessus pour lire plus confortablement.

    Vincent ! encore et encore !

    Comme l'affaire n'avance pas, c'est finalement Moto Revue qui aura le dernier mot après la publication d'un nouvel échange de courriers entre les protagonistes. Le ton des lettres, des deux côtés) était devenu moins policé, limite insultant.

    Vincent ! encore et encore !

    Si bien que la revue décide de ne rien publier de plus avant que le pari soit effectué. Et c'est ainsi que se termine l'histoire sur une impasse frustrante... De nombreuses années plus tard, lors de mes vacances dans le Cantal où j'ai eu mes habitudes durant plusieurs années, j'ai tenté d'en savoir plus auprès des concessionnaires motos d'Aurillac. Chaque fois que j'ai prononcé le nom de "Vidal", les regards et les mimiques de mon (mes) interlocuteurs ne laissaient guère de doutes sur leur opinion du personnage. Le pire est que aucun d'eux ne savait où était passée la Vincent, ni même si elle avait réellement existé !

    Vincent ! encore et encore !

     Lancés sur la piste "Vidal", deux des plus célèbres détectives de la...

    Vincent ! encore et encore !

     ... littérature française n'ont pu qu'avouer leur échec


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