• Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    Au vu du nombre et du pedigree des candidats avides d'empocher la fameuse "brique" mise en jeu par Moto Revue, on se doutait que les empoignades allaient être sévères. Donc, en piste 80 pilotes, sélectionnés sur les 104 ayant participé aux essais chronométrés et qui devaient disputer deux manches et une finale. Dans les premières lignes se trouve le gratin de la vitesse française avec les Rougerie (Honda 750), Bourgeois, Chevallier, Jimenez, Boinet, Debrock (tous sur Yamaha 350), Roca (Suzuki 750), Tchernine (Honda 860), Léon et Baldé (Kawasaki 500) en plus des Kaci, Pogolotti, Passet et bien d'autres encore. Mais en plus de cette épreuve-phare, il y avait 21 courses au programme...

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours

    Tout le monde est en place, la séance peut commencer. Sous un soleil radieux qui fera le  bonheur des photographes (dont Philippe Folie-Dupart - Moto Revue - s'agenouillant devant les dieux de la vitesse), mais aussi pour les commissaires de piste, les secouristes sous leur tente (au fond, derrière la glissière entre les deux hommes de droite) et même pour le gendarme de service tout à gauche.

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours

    En hors d'œuvre, la Coupe Kawasaki-Moto Revue. Cette épreuve promotionnelle, sur une initiative de Xavier Maugendre (importateur Kawasaki), fournira quelques vedettes d'avenir dont un Patrick Pons (n° 34), ici en première ligne avec Jean-Pierre "Zinzin" Frisquet (n° 18, journaliste à Moto Journal) et Hubert Crassard (n° 8). Manque William Gougy, tout à l'extrême-gauche, meilleur temps aux essais donc en pole position.

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours

    Beau départ en voltige de "Zinzin" alors que Crassard, déjà en selle est en pleine accélération. C'est lui qui remportera l'épreuve devant Pons et Frisquet.

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours

    1972 est la deuxième année de cette Coupe courue sur des 3 cylindres 350 Kawasaki S3 remplaçant les twins 350 Avenger de l'année 1971 inaugurale. Malgré sa victoire à Magny-cours, Crassard ne finira que 7 ème au palmarès 1972 dominé par Patrick Pons

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours

    Quant à Gougy, bien placé pendant plusieurs tours, juste derrière Crassard futur vainqueur, il accroche l'attardé Tohic dans le dernier virage du dernier tour, en vue de l'arrivée... L'impétueux Gougy va en perdre son casque et l'une de ses bottes...

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours

    ... mais il se relève sans mal et tente de remettre la Kawasaki en route... peine perdue ! Il revient alors sur la piste et fonce à pied en poussant sa moto jusqu'à la ligne d'arrivée qu'il franchit à la 23 ème et dernière place ! Il peut néanmoins s'honorer du record du tour avec 122, 123 km/h, à peine moins que celui qu'il a battu précédemment dans le Criterium 250-750, signant 122,358 km/h, avec encore une Kawasaki, mais cette fois sur la 750 H2 !

    (Je dois reconnaissance éternelle à William Gougy pour la délicate attention qu'il a eue en se viandant à quelques mètres devant moi, me permettant ainsi ces photos qui sont pour moi parmi les "meilleures" de ma carrière).

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    Le même virage avant l'arrivée sera fatal à plusieurs pilotes qui éviteront le pire grâce à un simple grillage supporté par des gros tuyaux en PVC. On pouvait penser que ces tuyaux plieraient sous un choc éventuel. Seul détail qui fait tâche, ces tuyaux contenaient des poteaux en bois d'arbre dur bien plus résistants que le PVC !

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    La majorité des pilotes de 125 sont sur des Yamaha comme Dhouailly (n° 19, ici lors du pesage) qui terminera à la 4ème place...

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    ... ou encore ce "210" sur une machine personnalisée par un frein avant à disque. la fumée qu'elle dégage trahit bien la deux-temps japonaise, comme il est "écrit dessus". Mais il existe une concurrence non négligeable qui a choisi d'autres marques. À commencer par Michel Rougerie que Robert Leconte, l'importateur d'Aermacchi, couve avec persévérance...

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    ... jusque sur la ligne de départ où Guido Bettiol de Moto Journal (au centre), tente de lui soutirer des informations exclusives sur son poulain et surtout sa machine. Crédité du meilleur temps, Michel Rougerie était logiquement donné comme favori.

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    L'opposition comptait une dizaine de Maïco germaines plutôt performantes puisqu'on voit ici celle de François Granon sur la première ligne avec le 4ème temps (5ème à l'arrivée). 

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    Une Maïco personnalisée par Jean-Pierre Souchet, d'où le "JPS" peint sur le carénage.  

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    Une autre Maïco dont l'absence de carénage, donc de numéro, n'a pas permis d'identifier son pilote. Pardon de l'excuse, Chef, mais la mémoire, 43 ans plus tard...

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    Le duel attendu en 125 entre la Yamaha de Tchernine et l'Aermacchi de Rougerie n'aura finalement pas lieu. Dès le départ, Tchernine a filé en tête, suivi de près par Patrick Fernandez (n°21) et Ramon Jimenez (n°15). Rougerie est pointé à la quatrième place, mais il remonte à la 3ème malgré une machine qui n'est pas au mieux de sa forme. Cependant, c'est à cette position qu'il termine sa course, pendant que Tchernine saura se débarrasser d'un Fernandez dangereux jusqu'au bout et détenteur du record du tour à 119,768 km/h. Vers la mi-course, déjà distancé, Jimenez a abandonné sur problèmes mécaniques.

    Le "Miyon" 1972 à Magny-Cours (2)

    Le "Miyon" est un évènement d'importance régionale et la radio nationale (France-Inter) s'est déplacée pour une interview de Bruno Nardini, le rédacteur-en-chef de Moto Revue. La jeune frimousse qui s'est insérée (accidentellement ?) dans le cadrage est inconnue de nos services. Désolé, on le regrette autant que vous !

    (Prochain article : la course au Million)

    Ce blog est la suite de Zhumeurs & Rumeurs, en sommeil désormais mais toujours consultable sur http://zhumoriste.over-blog.com/


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  • Commentaires

    1
    gueguette80
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 12:54

    Devant la Maico il y a une 2CV et derrière une Kawa et une 404 ....

    :)

    2
    jackymoto
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 13:09

    Les véhicules des coureurs de cette époque mériteraient un article à eux seuls. Je me souvient de gars en train de charger une Kawa dans une deux pipes, après l'avoir débâchée. Il y a derrière la Yamaha, n°210 un classieux plateau Aronde.A cette époque Mémé Jumeaux faisait le spectacle avec ses américaines...diésélisées par ses soins. Pendant la coupe, il fallait mettre des très gros antivols sur les motos du même modèle et certains(rares!) concurrents avaient + de pièces que l'importateur, dixit un concessionnaire à cette époque.happy

     

    3
    jackymoto
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 14:09

    Les véhicules des coureurs de cette époque mériteraient un article à eux seuls. Je me souvient de gars en train de charger une Kawa dans une deux pipes, après l'avoir débâchée. Il y a derrière la Yamaha, n°210 un classieux plateau Aronde.A cette époque Mémé Jumeaux faisait le spectacle avec ses américaines...diésélisées par ses soins. Pendant la coupe, il fallait mettre des très gros antivols sur les motos du même modèle et certains(rares!) concurrents avaient + de pièces que l'importateur, dixit un concessionnaire à cette époque.happy

     

    4
    zerchot
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 14:24
    Heureuse époque où les "paddocks" étaient accessibles au public, et où nul vigile sans connaissance du milieu moto ne venait t'interdire telle ou telle partie du circuit.
    5
    JM
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 16:58

    Mais qui donc est ce journaliste de France Inter avec un profil à la Neil Young???

    6
    Manx
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 19:03
    Tout à fait vrai pour l'accès aux paddocks à cette époque alors qu'aujourd'hui même pour des courses genre Motolégend,dites d'anciennes,il y a un vigile tous les 20 mètres,triste époque quand on a cotoyé des dizaines de circuits dans les années 70,c'est sûr c'était mieux avant où il était interdit d'interdire.....................pour interdire.

    Merci Monsieur BOURDACHE de nous remémorer ces supers souvenirs du "miyon".
    7
    geffrin jean pierre
    Samedi 3 Octobre 2015 à 11:21

    j'aimerais avoir des pic's des 1000kms du mans 1970 merci j'eatais sur le 90 kawa 

      • Lundi 5 Octobre 2015 à 09:45

        ... moi aussi j'aimerais avoir ces photos...

    8
    gigib
    Samedi 3 Octobre 2015 à 18:16

    Déjà 43 ans ! et pourtant, j'y étais, je m'en souviens comme si c'était hier frown enfin presque...C'était encore l'époque où l'on voyait quelques Cromwell en course, poutant ça commencait à aller très vite. Alors quand je vois dans les sorties de motos anciennes certain conduire des avant-guerre avec des intégrals ... je me marre hehehe

    9
    gigi
    Lundi 5 Octobre 2015 à 08:56

    43 ans après , les rails sont toujours aussi contondants , et les trottoirs ont des bordures qui n'ont pas molli ...après on peut avoir la tête dure ...

    Merci pour ces photos  !

    10
    raspoutine
    Lundi 19 Octobre 2015 à 21:30

    sympa de se rajeunir en se replongeant dans les paddocks.

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