• SUITE À UNE RENCONTRE de Jean-Baptiste Chapleur avec M. Eric Munier, maire d’Amnéville, il apparaît que la situation n’a guère évolué après un mois d’août si propice aux actions discrètes. On est en droit de supposer que M. le maire « joue la montre », sans doute en espérant que l’affaire finira par s’enliser.

    Il n’aurait pas apprécié que la F.F.V.E. soit montée au créneau.

    Profitons de l’occasion pour (lui) rappeler qu’elle est ici parfaitement dans son rôle puisque dans ses statuts la F.F.V.E. - reconnue d’Utilité Publique par le Ministère de l’Intérieur - il est précisé qu’elle « a pour but d’encourager, de coordonner et de développer en France le mouvement général de la conservation, de l’utilisation et de la collection de tout véhicule ancien, quelle qu’en soit la nature. Elle participe à la recherche et à la sauvegarde de tout élément concourant à la préservation du patrimoine historique, technique, industriel et culturel de notre pays ».

    Musée Chapleur : nouvelles

    OÙ EN EST-ON AUJOURD'HUI ?

    Le maire assure qu’il ne manque rien de la collection qui a été tranférée dans un lieu inconnu. Inconnu théoriquement, mais qui serait assez facile à découvrir… Un constat d’huissier aurait été fait dont on ignore si l’homme de l’art a « constaté » le déménagement des machines ou autre chose. Par exemple leur état « avant-après » effectué machine par machine, idem pour les affiches et autres objets divers, les moteurs exposés, etc. À moins qu’il n’ait « constaté » tout simplement, le fait accompli. (On peut par ailleurs s’interroger sur sa qualification : huissier spécialisé en motos anciennes ? du moins en véhicules anciens ? en antiquités ?).

    Toujours selon les informations fournies par le maire, la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) se serait déplacée pour apprécier les conditions de stockage. Donc APRÈS déménagement, c’est à dire sans aucune possibilité de comparaison avec la situation antérieure qu’elle n’a pu connaître, et pour cause !

    Demandant des éclaircissements sur l’état des négociations qui semblent au point mort, entre les parties concernées, DRAC, Ministère de la Culture, Communauté des Communes du Lunévillois, Jean-Baptiste Chapleur n’a pu obtenir de réponse.

    VERS UNE ACTION EN JUSTICE

    Évoquant l’éventualité d’attaquer la ville au tribunal pour non-respect du contrat, M. Chapleur a compris à demi-mot que cela arrangerait plutôt les affaires du maire. Il demanderait alors (M. Munier est avocat de profession, ne l’oublions pas) l’annulation du contrat et exigerait le remboursement des 1,5 millions, représentant le manque à gagner suite à l’interdiction de vendre la collection à un particulier.

    Si on en arrive là, il est probable que le Ministère de la Culture ne resterait pas inactif… car, faut-il le rappeler « Il a pour mission de rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France. A ce titre, il conduit la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes, il favorise la création des œuvres de l'art et de l'esprit et le développement des pratiques et des enseignements artistiques ».

    Il est bien précisé : LE PATRIMOINE CULTUREL DANS TOUTES SES COMPOSANTES.

    Musée Chapleur : nouvelles

    L'un des trésors d'avant 14 de la Collection Chapleur (Photo zimagez.com)

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  • Corbarieu 2015

     Muni de son appareil numérique "pas cher pour traîner dans la poussière", l'envoyé spécial du Zhumoriste s'est rendu à Corbarieu pour... pour... pour ce qui est indiqué de façon parfaitement claire sur l'affiche ci-dessus. Ne sachant pas trop quoi dire - ces débutants, il faut tout leur apprendre - il a envoyé ses photos sans beaucoup de précisions sur les personnages qu'elles représentent. Cependant il a eu - quand même - une idée pour commencer en beauté (c'est le cas de le dire), c'est de proposer un sujet sur "les plus beaux yeux du paddock", en hommage à Dane Rowe.

    Corbarieu 2015

    Corbarieu 2015

    Corbarieu 2015

    LES CANDIDATES sont dans la partie gauche de ces trois photos. On ne tiendra donc pas compte des rigolos qui se sont insinués à droite dans l'image, distrayant l'attention du photographe par des mimiques sans rapport avec le sujet intéressant. Ce déplorable procédé vient de loin : c'est Sarkozy jouant des coudes pour arriver au premier rang lors de la marche Charlie-Hypercacher ou encore notre Estrosi national lui aussi au premier rang des "élites" du second rayon le même jour... Imiter l'attitude des politiques dès qu'une caméra est en vue c'est plutôt mesquin... 

    Corbarieu 2015

    Là, shooté par un photographe rival, notre reporter se prend lui aussi pour une vedette, adressant un salut condescendant à ses admirateurs supposés. On aura reconnu sa 250 NSU ressuscitée des oubliettes de l'Histoire et dont il a narré naguère la restauration de A à Z (le 18/03/2012 sur zhumoriste.over-blog.com). Comme bon nombre d'autres concurrents il dissimule sous son pull, la "banane" contenant les outils de première urgence en cas de panne sur le circuit... 

    Corbarieu 2015

    14 attelages au départ, ça fait du monde et de la poussière mais c'est préférable à la gadoue qui a pourri parfois certaines des 22 éditions du quart-de-siècle écoulé. 

    .Corbarieu 2015

    Avant l'apparition du Yamaha 650 XS hyper réalésé, le twin Norton a longtemps été l'arme favorite des gros bras (indispensables) de la folle catégorie du sidecar-cross ! Le pilote est Daniel Chazelas (alias www.mototacot.fr/), fils de Marcel constructeur limougeaud d'une moto à gazogène dont il a été question dans un article précédent (voir 9 juillet 2015). Chez les Chazelas, la moto est une affaire de famille puisque c'est Aurélie, sa fille, qui est dans le "panier", ou plutôt sur la plateforme car de "panier" il n'y a plus guère ! C'est aussi elle qui est la troisième concurrente en gros plan du concours "plus beaux yeux"

    Corbarieu 2015

    Increvable Yamaha 650 XS qui à l'aide de quelques bonnes pièces et d'un travail d'experts amène parfois sa cylindrée aux alentours de 900 cm3 ! Équipage Antony Zucalli & Jean-François Gaillard.  

    Corbarieu 2015

    Par temps très sec un arrosage de la piste est indispensable, ce qui nécessite ensuite un "décrottage" en famille et dans la bonne humeur. Selon l'auteur de la photo, il s'agirait de Mme Dulac, à moins que ce ne soit Mme Rossi. Redoutable imprécision qui s'explique par le fait que Jacky Pichaud (c'est fait, on dénonce le fautif !) était souvent occupé à "faire le couillon", comme il l'avoue, sur la piste avec sa propre machine... On est prié de l'excuser et on rectifiera dès que possible.

    Corbarieu 2015

    Une toute petite partie des concurrents qui étaient plus de 200 venus de plusieurs pays comme le prouvent les étendards nationaux qui ne sont pas là que pour faire joli.

    Corbarieu 2015

    Selon notre reporter, voici la plus belle photo de cette réunion. C'est surtout parce qu'on le voit lui-même au passage d'une bosse sur laquelle il a soigneusement évité de décoller la moto, mais pas ses fesses.

    Corbarieu 2015

    Le drone peut avoir des utilisations pacifiques ainsi que le prouve cette vue aérienne du circuit du Verdoulet ou se déroule le moto-cross de Corbarieu. Il paraîtrait que, situé dans un pays de vergers, cette manifestation annuelle (et bruyante) n'apporte aucune nuisance à l'environnement. En effet, il est d'usage d'y tirer le canon à grêle pour... éloigner les orages néfastes aux cerises et autres douceurs de la nature ! (Photo Jean-Charles Pizzolatto).

    Corbarieu 2015

    Longtemps aux avant-postes de la compétition mondiale (Joël Robert...) , les CZ de cross des années 60/70 sont devenues aujourd'hui des pièces de musée. Pas toutes, heureusement car, magnifiquement maintenue en état (on ne dira pas qu'il est "concours"...), cette 380 de 1974 est utilisée par Norbert Pépin (merci de vous abstenir de jeux de mots faciles...).

    Corbarieu Moto-cross 2015

    Cette CZ 1964 "bi-tube" est plus ancienne de 10 ans. Elle ne paraît pas très différente de la première par son moteur, un "banal" mono deux-temps, mais c'est à l'intérieur que ça se passe et sur un banc de puissance, les "photos" ne sont pas comparables (Pilote Serge Dubouchet). Typique de la production tchèque, le kick est sur le même axe que le sélecteur.

    Corbarieu Moto-cross 2015

    Culasse en éventail, ailettes larges mais moins nombreuses, la CZ 380 (Pilote Valentin Nicola) a évolué en 1970 pour toujours plus d'efficacité. Avant la vague japonaise des Suzuki et Yamaha ou Husqvarna, la marque tchèque a récolté trois titres mondiaux en 250 avec Joel Robert (1964, 1968 et 1969) ainsi que trois autres titres 500 en 1966, 1967 et 1968 grâce à Paul Friedrichs, l'Allemand de la République Fédérale d'Allemagne qui courait donc sur un machine "ennemie" venue de l'autre côté du Rideau de fer...

    Corbarieu Moto-cross 2015

    Au cas où vous seriez tenté par la mécanique motocycliste tchèque, Miroslav Nevedly se tient à votre disposition. Il peut vous fournir tout ce qu'il faut afin de maintenir votre machine en état, moteur, fourche, réservoir, etc. si vous avez déjà un cadre.

    Corbarieu Moto-cross 2015

    Gros deux-temps performants, les bruyantes et violentes Maïco (ici celle de Patrick Massoutier) eurent souvent leur place au palmarès mondial en 250 et 500 mais sans jamais pouvoir accéder à la première marche du podium. Parmi ses nombreux pilotes de haut niveau, se distingua l'Allemand (RFA) Adolf Weil, 2ème des 500 en 1971 et 1974 et à la même place des 250 en 1973.

    Le moto-cross de Corbarieu a 22 ans !

    Malgré le titre mondial 1957 remporté en 500 par le Suèdois Bill Nilsson avec sa machine motorisée par l'ACT de l'AJS "Boy Racer", l'usine anglaise ne donna pas suite. Si bien que Nilsson remonta son moteur dans une partie-cycle BSA et rebaptisa le tout "Crescent". Avec le Villiers 410 cm3 deux-temps, AJS fera un retour dans le cross vers 1972 avec cette belle "Stormer". Elle venait malheureusement trop tard dans la tourmente des faillites et rachats divers qui ont mené l'industrie motocycliste britannique au désastre que l'on sait.

    Le moto-cross de Corbarieu a 22 ans !

     Claude Langlois a conservé la Triumph-Metisse avec laquelle il courait dans les années 60. On y retrouve l'un des mille et un détails qui ont fait la réputation de ces machines...

    Le moto-cross de Corbarieu a 22 ans !

    ... dont ce tube d'échappement droit dont l'extrémité passe sous la boîte puis à l'intérieur de la boucle arrière du cadre, améliorant la protection en cas de chute. Fruit de l'expérience !

    Le moto-cross de Corbarieu a 22 ans !

    Une couleur pour le moins inattendue sur cette Royal-Enfield (la vraie). Elle arbore de riches (et français) amortisseurs arrière oléopneumatiques Fournalès qui firent beaucoup parler la Presse à leur apparition à la fin des années 70.

    Le moto-cross de Corbarieu a 22 ans !

    L'organisation du Moto Cross de Corbarieu vous dit "À L'ANNÉE PROCHAINE", même lieu, même motif, même punition !

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  • Claude Peugeot † Guy Ligier †

    CLAUDE PEUGEOT a été l'un des premiers, sinon LE premier à croire au trial "moderne" tel que le pratiquaient les Britanniques depuis bien longtemps. Ne trouvant pas de machine à son goût, il s'était construit une Peugeot spéciale qui sert toujours de référence aujourd'hui à ceux qui veulent rouler "en ancienne" et "en française". Elle lui rapporta le premier titre français décerné en trial, catégorie "Experts" 1960 (Photo Trial Magazine).

    Claude Peugeot † Guy Ligier †

    Dès que la mèche fut allumée, il se lança dans l'importation des Bultaco en compagnie de Claude Coutard, autre grande figure tutélaire du trial français. La Bultaco était alors l'arme absolue dans le trial mondial au milieu des années 60 après que Sammy Miller lui eut transfusé ses idées et son talent. Auparavant, le "Grand Claude" avait beaucoup roulé sur la deux-temps 250 Greeves, machine à la fourche avant "hérétique" avec laquelle, sauf erreur il alla courir le redoutable "Scottish Trial" (Photo : couverture de Moto Revue 7/12/1963). 

    Claude Peugeot 1935-2015 † Guy Ligier 1930-2015 †

    GUY LIGIER fut un grand nom de la compétition automobile, salué comme il se doit par les médias qui passent néanmoins un peu vite sur ses débuts de coureur motocycliste. Son gabarit comme son tempérament le portaient vers la cylindrée-reine. À son époque, fin des années 50, pour un "privé" la catégorie 500 se prononçait Norton. C'est donc sur une Manx qu'il remporta le titre de Champion de France 500 Inter en 1959. Il courait aussi en 350 sur une AJS, comme ici à Montlhéry aux Coupes du Salon 1959 où il fait premier en catégorie 350 Courses. Cette machine aurait été vendue ensuite au crossman Michel Jacquemin qui la fit transformer chez Georges Monneret. Jacquemin avait été Champion de France Inter en 1956 puis Champion de France National en 1961, mais on ignore sur quelles machines.

    Claude Peugeot 1935-2015 † Guy Ligier 1930-2015 †

     TROIS DES ACTEURS DU "FRENCH CIRCUS" avec, troisième en partant de la gauche, un tout jeune Guy Ligier, puis Jacques Collot, Jacques Insermini à demi-caché par Nanou et enfin Collot Junior. Le mécanicien à droite ainsi que le pilote derrière la jeune femme à gauche ne sont pas identifiés, pas plus que les lieux de cette photo et sa date. Indices : la gerbe de fleurs dans les mains de Collot et la chaîne qui pend au guidon de la Norton sembleraient indiquer une victoire in-extremis !

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  • Préhistoire de la moto : quelques images

    LA 4 CYLINDRES CLÉMENT est maintenant assez célèbre pour ses performances éphémères mais surtout pour sa mécanique hors du commun (1500 cm3, 4 cylindres en V soupapes d'admission automatiques, culbutées à l'échappement ). Par contre, il est peu connu qu'elle fit quelques exhibitions en Grande-Bretagne comme ici en 1903 où elle parcourut le mile en 58 '' 4/5 soit à la vitesse de 97,515 km/h. Un temps suffisamment intéressant pour valoir dans la revue anglaise The Motor une photo avec son pilote Albert Champion, "inconnu de nos services" de même que le lieu de cet exploit.

    Ce document, ainsi que les suivants, sont des extraits de l'année 1903 de The Motor, publiés sur georgedulcot.flick.com

    Préhistoire de la moto : quelques images

    LA PLUS COPIÉE de toutes les machines françaises du début des années 1900 (excepté le tri De Dion) est la Lamaudière bien reconnaissable à son moteur formant entretoise entre la selle et le boîtier de pédalier. Cette publicité d'août 1903 fait état du résultat obtenu dans la fantastique course Paris-Madrid stoppée à Bordeaux comme on sait. La Lamaudière y aurait réalisé la meilleure moyenne horaire de la course avec 63 km à l'heure, avant d'entrer en collision avec une automobile "qui traversa la route" à Vitray-en-Beauce. Elle avait alors parcouru 95 km seulement...

    Preuve de l'imprécision des documents publicitaires de l'époque, il est fait référence à un "Paris-Madrid Type, 1904" qui n'était déjà plus le même que celui qui figure sur l'illustration (outre le fait que cette course est de 1903...). Lamaudière, lui-même pilote de sa machine, avait abandonné l'originale disposition de son moteur pour celle qui sera de règle "universelle" avec moteur devant le pédalier.  

    Préhistoire de la moto : images peu connues

     À gauche, une Lamaudière telle que présentée dans la presse française en 1900 (La Vie au Grand Air). La Thor américaine de 1902 (à droite) emprunte un peu à l'Indian "Camelback" pour son réservoir derrière la selle et tout le reste à la Lamaudière, mais avec une transmission par chaîne.

    Préhistoire de la moto : images peu connues

    Retour à la courroie sur ces deux copies américaines, la Marsh, à gauche et la Thomas, toujours en 1902. La première propose un embryon de tan-sad selon une architecture (acrobatique) assez répandue chez les constructeurs étatsuniens.

    Préhistoire de la moto : images peu connues

    Encore un peu d'Indian sur cette Royal (1902) avec un argument qui apostrophait vigoureusement le lecteur : "Voulez-vous rester sur place ou aller de l'avant".

    LA CONSTRUCTION MOTOCYCLISTE française était alors dans une période ascendante, riche d'innovation, alors que d'autres pays tel la Belgique, se préoccupaient d'en faire une industrie durable et... rentable. C'est ainsi que Minerva proposait ses moteurs, un peu en France (Cottereau, Gobron-Minerva) et beaucoup en Grande-Bretagne.

    Préhistoire de la moto : images peu connues

      Publicité de 1902 (même source que précédemment) et déjà la vente à crédit ! Avec ses soupapes latérales, le moteur belge Minerva était à la pointe du modernisme à un moment où l'économique et simple soupape automatique était largement répandue en Albion comme dans toute l'Europe.

    Préhistoire de la moto : images peu connues

    Wilbee était un agent général multimarques qui proposait cette 2 HP à moteur Minerva dans une partie-cycle B.S.A. avec chaîne B.S.A., freins Bowden, etc. En comparant avec l'Ariel, on voit qu'une machine "sans marque" était bien moins chère que celle d'une marque plus établie. Le commerce très actif de Mr. Wilbee lui permettait, disait-il, de vendre quantité de machines d'occasion. Parmi lesquelles se trouvaient un tri De Dion à 17 £ (le tri était passé de mode) et aussi un tandem Werner (Rrrraaahhh !) à 26 £ !

    Préhistoire de la moto : images peu connues

    Encore une machine anglaise (de marque Coventry Challenge ?) avec moteur Minerva dont Mr Edward O'Brien faisait la promotion de façon attractive : il payait le voyage par train à tout client venant de 200 miles à la ronde ! Pour les accessoires, lui aussi choisissait les bonnes marques : B.S.A., Eadie, Brooks, Chater-Lea, Bowden.

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  • Carte postales de vacances

    (La légende de ces deux photos indique : "Retour - Passage de Noirmoutier à Fromentine")

    Carte postales de vacances

    TOUT COMME AUJOURD'HUI, le citadin a cherché le dépaysement pour ses vacances. L'aventure, au début des années 20, c'était vouloir transporter son sidecar Harley-Davidson sur l'Ile de Noirmoutier, une entreprise qui avait tout d'une expédition à travers les pistes de l'Oubangui-Chari. Si on ne voulait pas (ou ne pouvait pas) emprunter le passage du Gois à l'époque peu fiable (?) ou dangereux pour un véhicule motorisé (?), le bateau-navette  était la solution. Surtout que, propre sur lui ainsi que Madame, et tous deux en costumes assortis, ce Parisien (la machine est immatriculée E4), pouvait compter sur la bonne volonté de la marine locale.

    Cartes postales de vacances

    CONTRAIREMENT À L'AUTOMOBILISTE, le motocycliste n'abandonne pas son compagnon favori attaché à un arbre ou perdu dans la forêt. Descendant de Paris à Nice (!) avec une Mobylette en juillet 1964, ce voyageur a fait une pause entre Valence et Marseille, le temps d'une photo de sa machine avec son chien transporté sur le porte-bagages et protégé du soleil. La photo a ensuite été envoyée à Bella, sa dame de cœur

    Cartes postales de vacances

    AU DÉBUT DU SIÈCLE (l'autre) on s'habillait déjà en fonction de la machine qui vous transportait. Mais rien à voir avec le couple précédent des années 20. Ici, il faut le manteau ciré pour Monsieur et un autre pour Madame, agrémenté d'un col en fourrure. Pour tous les deux la casquette du motoriste-chauffeur, en drap ou en cuir bouilli et verni. Vu sa puissance, la Voiturette Bollée (monocylindre 800 cm3) emportait tout son monde sans faiblir, y compris Médor qui a sa place particulière quoique aux avant-postes.

    En conclusion, un p'tit Miquet pour venger tous les animaux abandonnés cet été !

    Cartes postales de vacances

     (À suivre) 

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  • Quand les "pipeules" font de la moto

    LE PLUS FLAMBOYANT de l'année aura été Γιάνης Βαρουφάκης plus connu sous le nom de Yanis Varoufakis. Le météorique Ministre des finances grecques (janvier 2015 - juillet 2015) a affolé ses homologues européens par son franc-parler, bien digne du motard qu'il est (Yamaha XJR 1300). Bien qu'il soit aujourd'hui en retrait, il est probable qu'on va entendre encore parler de lui et pas seulement par le bruit de son "quatre-en-un" !

    Quand les "pipeules" font de la moto

    LE MOINS REGRETTÉ, à l'unanimité, est le mollah Omar qui nous a quittés avec beaucoup d'hésitation et d'aller-retours puisqu'il avait déjà été déclaré mort en 2013. La mort de ce borgne, guère plus rigolo qu'un autre (suivez mon regard...) a été officialisée en juillet dernier. Cette disparition a dû faire beaucoup de peine à sa vache favorite pour laquelle il était aux petits soins (information très sérieuse du New Yorker, revue très sérieuse et aussi américaine). De toute façon, il devait lui arriver malheur un jour ou l'autre. Personne ne peut vivre bien longtemps en se faisant conduire par un chauffeur qui roule en tongs, même si c'est "ethnique" et "bio" ! (Photo AFP).

    Quand les "pipeules" font de la moto

     Sa succession a inspiré un irrésistible dessin à Mougey dans le Canard Enchaîné du 5 août dernier, prolongeant cette saga des mollah talibans motocyclistes "accros" au deux-roues motorisé. Car c'est déjà sur une moto (Honda, dit-on) que le défunt Omar avait pris la fuite vers le Pakistan voisin en 2002 à un moment où il craignait une trahison de ses propres partisans afghans.

    PHILIPPE MOUGEY trouve souvent son inspiration dans la moto ("Mobylette") que ce soit en dessin ou dans ses "carisculptures" (mixte papier-collage). Lorsqu'en 2003 Laurent...

    Quand les "pipeules" font de la moto

    ... Fabius publie un livre qui débute par "Un jour j'écrirai un éloge de la moto" et dont le dos de couverture le représente casque en mains et derrière sur la selle d'une 125 "custom", Mougey en fait, deux ans plus tard son sujet intégré dans les expositions.

    Quand les "pipeules" font de la moto

    AVEC 8 GAMELLES au compteur, une jambe et trois côtes fracturées, le britannique designer Tom Dixon a gagné ses galons de motocycliste confirmé, quoique malchanceux. Mais c'est ce qui a déclenché sa vocation. À 18 ans, il chute à moto et se casse la jambe : fin de ses études dans une école d'art. Un peu plus tard, il est bassiste dans un groupe de rock. Nouvel accident à la veille d'une tournée. Il abandonne la guitare. Chaque fois il a démonté, remonté, réparé ses motos, d'où une certaine pratique en soudure, cintrage, chaudronnerie, etc. Avec des bouts de ci, de là, il commence à fabriquer des objets insolites, des lampes, des chaises. Il glisse vers le design et en fait son métier. Après un passage chez Habitat, il crée sa propre agence. Récemment il a exposé au "pop-up store"  Pompidou (en french = boutique éphémère). Durant toutes ces aventures il n'a pas lâché la moto et depuis une quinzaine d'années il garde sa fidèle Guzzi T3 California...

    Quand les "pipeules" font de la moto

    ... une version de 1978 (idem police italienne) dont l'entretien ne semble pas être son premier souci, à en juger par la signature qu'elle laisse sur son parking habituel. Ce qui s'appelle "marquer son territoire" (Les deux photos sont de Yorgo Tloupas).

    Quand les "pipeules" font de la moto

    SEINS NUS SUR UN SCOOTER ! C'est déjà vieux (mars 2014), mais ça vous a peut-être échappé. Oyez donc l'aventure en plein Paris de la belle Audrey Fleurot, racontée par elle-même sur le plateau télé de "C à vous" où elle était en promotion du film Les Gazelles.  

     "J'avais une très longue robe bustier pour aller à une soirée et j'étais en scooter (...) À un feu rouge tout le monde me regarde .... En fait j'avais la robe totalement baissée, et j'étais telle une amazone, seins nus sur mon scooter" explique-t-elle à la présentatrice en riant. "La robe s'était enroulée dans la roue et elle a pris feu. Je sens une odeur de cramé mais ça prend quand même un certain temps (...) Je suis obligée de poser mon scooter, je suis à quatre pattes, en train d'arracher, de tirer sur la robe pour essayer de récupérer un bout de lambeau de quelque chose" ajoute-t-elle avec humour. Inutile de préciser que la robe était dans un sale état quand la comédienne est arrivée à bon port ! Moralité, sortez couvert pour aller en soirée, pendant le trajet. Et même après... (Photo Franck Laguilliez).

    Quand les "pipeules" font de la moto

    Quand je vous disais que Philippe Mougey faisait une fixation sur les motocyclistes : encore une preuve, et toujours dans Le Canard Enchaîné !

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  • Traces, 12ème épisode

    LE TRICYCLE a donné naissance à des variantes qui, en général, louchaient vers la voiturette encore en développement mais très onéreuse. Les transformations étaient rendues faciles par les constructeurs eux-mêmes qui proposaient sur catalogue des avant-train avec parfois une commande par un volant. Le modèle original ci-dessus est dérivé d'un tricycle De Dion-Bouton dont on reconnait aisément la fourche en tubes formant deux étroites pyramides opposées par leur base, Traces, 12ème épisodefourche qui paraît avoir été renforcée à sa partie inférieure (cliquer sur l'image à droite pour obtenir une vue générale d'un modèle d'origine, extraite du catalogue De Dion).

    L'ensemble est très probablement une réalisation signée d'un professionnel, sans doute mécanicien-garagiste et dépositaire du carburant "Motricine" dont on distingue les caisses de bidons entre les deux véhicules.  Une affichette publicitaire pour cette marque orne d'ailleurs la vitre de la première fenêtre à droite. L'immatriculation bien visible en M (en V sur le sidecar non identifié) recouvrait une large zone allant de Marseille à Nice augmentée des trois départements limitrophes au nord.

    Traces, 12ème épisode

    À L'ÉPOQUE de mes culottes courtes, il se propageait des craques (*) à l'école dont l'une, en particulier, faisait rêver les ados acnéiques que nous étions. Il se disait que la maison Ricard offrait une 4 CV Renault à quiconque acceptait de rouler pendant 1 an avec cette Traces, 12ème épisode voiture peinte aux couleurs publicitaires jaune et bleu du célèbre pastis. Aucun de nous n'avait le permis, ni même n'avait l'âge requis, mais on ne se posait pas la question !

                             En plus de la 4 CV (ci-contre) et de la 2 CV                                        (ci-dessus), il y eut aussi une caravelle Ricard                            transportée sur un semi-remorque Renault.

     EN VOYANT ARRIVER dans mon parking une Smart aux couleurs Harley-Davidson, je me suis demandé si cette vieille craque n'allait pas refaire surface et si Harley n'avait pas repris l'idée de Ricard. À moins que les deux marques n'aient signé un accord de partenariat afin de doter la poumonesque et chère voiturette d'un moteur digne de ce nom ? Et j'ai repensé à cette information de Paul d'Orléans (The Vintagent) qui, en voyage à New-York avait vu un Hell's au guidon d'un trike Polaris, ce violent trois-roues de 2 400 cm3 et 173 Ch (modèle de base). Un Hell's sur 3 roues, vous imaginez ça ? ! Quoique, à la réflexion, le Hell's est un homme comme un autre, il vieillit comme un autre et en attendant, afin de s'entraîner au pilotage d'un déambulateur, pourquoi pas 4 roues de Smart...

    (*) Craque : mensonge, invention, ragot, boniment, bouteillon (Guerre 14-18)

    Traces, 12ème épisode

    Oui, je sais, ça fait un peu mal aux yeux mais Photoshop n'y est pour rien !

    Traces, 12ème épisode

    LES CRAQUES sont nombreuses (nombreux ?) mais certain(e)s perdurent à travers les siècles, au moins dans les deux derniers. La vision humaine par Rayons X en est une qui ne turlupine pas que les ados puisqu'on trouve en ce moment sur le ouèbe une vidéo d'origine russe (?) qui propose des lunettes permettant de voir à travers les vêtements. De préférence ceux des femmes, ça va de soi. Cependant on peut garder un espoir sérieux avec les travaux d'un artiste-photographe anglais, Nick Veasey, qui a commencé des expériences intéressantes dont on a le résultat ci-dessus (à voir sur http://www.nickveasey.com/). Il n'a utilisé d'abord - prudence ou manque de volontaires ? - que des macchabées des écoles de mèdecine parfaitement insensibles aux rayons X, de même que les motocyclettes, Matchless ou Indian prises pour modèles. Il a fait des expériences identiques avec des objets très divers, insectes, fleurs crustacés, kalachnikov, vibro-gode, etc. L'ambition lui venant, il s'est attaqué à du plus gros tel une Austin Mini qu'il a dû démonter entièrement pour en tirer des clichés lisibles. À son actif on trouve ensuite un autobus, de profil et avec une vingtaine de passagers, ainsi qu'un avion (de face seulement !). 

    Traces, 12ème épisode

    Nick Veasey expose ses tirages en galeries et il en vend. Avec un certain succès et, ma foi, fort cher. Son matériel est semblable à celui qui est destiné à des fins médicales, seulement en beaucoup plus volumineux.

    PLUS DISCRET, l'appareil que proposait pour le même usage un fabricant américain était aussi meilleur marché. Pour 1 dollar il vous promettait grâce à de simples lunettes une Traces, 12ème épisodevision par rayons X qui traversait les vêtements jusqu'au squelette. L'objet fut commercialisé en France mais je n'ai pas trouvé la publicité qui s'y rapporte et qui passait sans doute dans les catalogues de farces et attrapes et dans des petits journaux comiques. Cette idée de transparence était dans l'air des années 50 aux États-Unis. Elle a généré des exemples multiples un peu partout dans le cinéma, les annonces publicitaires des journaux, la bande dessinée évidemment et un peu dans la mode. Mais on n'y va jamais "jusqu'à l'os", et pour cause ! 

    Traces, 12ème épisode

     Au cinéma, Anne Francis va être habillée d'une robe en une matière transparente "inventée" par son ami Robby le Robot. Ce dernier est par ailleurs fabricant de whisky pour le cuisinier de l'expédition sur cette "Planète interdite" (1954), que ce cuistot estime inintéressante car il ne s'y trouve "ni bibine, ni femmes, ni bistrot". C'est l'un des premiers films "adultes" de science-fiction ("adultes" ayant le sens de "intelligent" et celui, équivoque, qu'il a actuellement...), utilisant le cinémascope et la couleur. On a été jusqu'à écrire que les auteurs s'étaient inspirés par "La Tempête" de Shakespeare, oui Môssieur ! L'affiche annonce pourtant bien mal... la couleur avec un robot en vedette portant dans ses bras une pin-up vêtue d'une courte tunique sous laquelle a été rajouté le bout d'une petite culotte qui n'existe plus sur l'affiche française. Échappant à l'influence du castrateur Code Hays étasunien, les exploitants ont pensé à ces coquins de Français bien que la scène, autant qu'il m'en souvienne - et dites-moi si je me trompe - ne figure pas dans le film !  

    Traces, 12ème épisode

    Pour la petite histoire, on remarquera la présence d'un certain Leslie Nielsen, ici en haut à droite. C'était déjà un héros protecteur de la femme avant de devenir le sauveur de la Reine d'Angleterre qu'on connaîtra 34 ans plus tard. Ici, il avait déjà un assez grand rôle en capitaine du vaisseau spatial qui explore la fameuse planète.

    Quant à la demoiselle qui jouxte la photo d'Anne Francis avec Robby, elle est là pour la promotion d'un... cirage, pas pour un imperméable transparent. On pourrait se méprendre, c'est sûr, car cette silhouette la révèle quasiment nue alors que ce cirage est destiné à l'homme - celui qui tient le parapluie. Il peut draguer sous la pluie sans abîmer ses chaussures car il utilise "Griffin Microsheen", un révolutionnaire cirage aux silicones ! En fait de silicone, c'est peut-être dans la poitrine de la demoiselle qu'on pourrait le trouver... Ce qui, quelques années plus tard, a inspiré à Georges Pichard cette variante en couverture de V Magazine (ci- dessous), en esquisse de ses héroïnes plus hardies dont sa rocambolesque Paulette qui enluminera longtemps les pages de Charlie ou les albums relatant les aventures encore plus épicées de Marie-Gabrielle de Saint-Eutrope.

    Traces, 12ème épisode

    Comme tous les costumes des autres acteurs, celui d'Anne Francis a été testé sous toutes les coutures (soudures ?). Ceci dans le but de déceler d'éventuelles fautes qui auraient violé le Code Hays mis en forme par le sénateur du même nom pour la bonne tenue des productions d'Hollywood. Activé dès 1934, ce code interdisait, par exemple, que deux personnes de sexes opposés puissent s'asseoir sur le même lit sauf si l'une d'elles gardait un pied à terre. Pas question d'évoquer la drogue, l'homosexualité ou des amours interraciales. Les scènes de violence devaient être calibrées comme celles plus "chaudes". Trois secondes était le temps maximum permis à un baiser sur la bouche, une chambre conjugale devait toujours se composer de lits jumeaux. D'où des séquences allusives tel Traces, 12ème épisodequ'un train s'engouffrant dans un tunnel, une casserole de lait qui déborde sur le feu, le champagne qui gicle de la bouteille et bien d'autres autres situations suggestives. Les metteurs en scène (Alfred Hitchcock en tête) inventèrent des subterfuges parfois plus érotiques que ce qu'ils étaient censés dissimuler, ridiculisant le Code Hays en le contournant.

    Une victime exemplaire de ces regrettables interdits a été Tarzan dont le slip a dû prendre de l'ampleur (en superficie) et surtout sa compagne, Jane dont le nombril devait tellement exalter William Hays qu'il le fit dissimuler (Freud aurait eu son mot à dire...). Dans la foulée, on lui imposa d'allonger son "bikini" qui montrait un peu trop de ses hanches. Il y eut aussi le "bouchon de carafe" inséré dans le nombril de toute danseuse ou princesse exotique (Anita Ekberg ?).

     Dans les années 60, le Code Hays finira par être de plus en plus défié et disparaitra. Quoique, quoique... Chassé par la porte, il semble faire un retour par la fenêtre puisque depuis quelques années un film américain qui montre des personnages cigarette au bec, risque une interdiction aux moins de 17 ans. Un commencement ? Pas de quoi en rigoler chez nous où on a mis un coup de Tippex sur la photo officielle de Malraux et son éternelle cigarette... 

    ON NE VA PAS SE QUITTER sur une aussi mauvaise impression. Aussi admirera t-on (ci-dessus) cette superbe illustration extraite de "La Reine des neiges", un des épisodes de Flash Gordon, la Traces, 12ème épisodeBD connue chez nous sous le nom de "Guy l'Éclair". L'artiste, Alex Raymond, est surtout connu pour son "Rip Kirby" aux aventures beaucoup moins mouvementées puisque le héros à lunettes fume la pipe, joue au golf et adore la musique classique (ci-contre). Atypique donc, et si Alex Raymond use moins de la transparence, Honey la petite amie de Rip n'en est pas moins affriolante.

    Il faut clore ces vagabondages loin de la motocyclette, mais bien dans le courant à la mode qui exige de la transparence dans tous les domaines. On signalera donc une information parue dans le très sérieux (?) news magazine "L'Obs" au début de l'été. Il y était question des "must" qui devaient apparaître sur les plages, dans les boîtes à cocktails et autres lieux de vacances branchés. On y trouvait cette délicieuse jupette en plastique transparent qui devait faire fureur mais qui a fait un flop. Cependant, gardons l'espoir, l'été n'est pas fini... 

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  • Elles consistent en quelques photos faites sur (et autour) le musée d'Amnéville-lès-Thermes, mais sans qu'on en sache beaucoup plus sur l'évolution de la situation. En fait, tout dépend de la réunion des parties intéressées, au début du mois de septembre afin de trouver une "solution au rachat de la Collection Chapleur et de décider de son lieu d'exploitation". Seront en présence, comme annoncé, la mairie d'Amnéville-lès-Thermes, la Communauté de Communes de Lunéville, la Direction Régionale des Activités Culturelles et le représentant du Ministère de la culture.

    Musée Chapleur, les dernières informations

    L'entrée du musée est fermée, mais on peut voir qu'on s'active à l'intérieur. Il a été répondu à notre témoin-photographe qu'il n'y avait plus de motos ni cycles alors qu'une draisienne était visible à travers les vitres.

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    Un chariot élévateur sort du musée, transportant du mobilier.

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    Des employés-déménageurs terminent le travail à la main.

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    Le mobilier est transporté dans les serres dont il a été un moment question qu'elles "abriteraient" la collection de motos et vélos.

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    Un peu de nostalgie, mais peut-être aussi un espoir : la façade de l'immeuble qui accueillait le Musée Chapleur à Lunévile. 

    Notre correspondant bénévole et touriste lambda avoue avoir eu un certain mal à trouver le musée. Une difficulté confirmée par le site http://www.visitamneville.com/ pourtant établi avec des éléments de l'office de tourisme de la ville. Un millier de visiteurs quotidiens passent sur ce site qui déplore :

    "Pas de site internet, un emplacement excentré, absence de panneau et de flyer, aucune communication avec les passionnés de motos… le musée n’a pas été beaucoup mis en avant et affiche un nombre de visiteurs annuel très bas. 

    On regrette cette fermeture, quant à la qualité des motos et des vélos rassemblés par ce collectionneur passionné, M. Chapleur. N’ayons pas peur des mots, un trésor national et un pan de la mémoire collective du XXème siècle vont quitter le bois de Coulange. Quel gâchis! Sur les 230 motos exposées, une soixantaine date d’avant 1914. Certainement, une des plus importantes collections de motos de cette époque au monde.

    En écrivant ces lignes, je me dis qu’on aurait pu exposer quelques motos à des endroits stratégiques du centre thermal. L’entrée du zoo, le snow hall, l’office de tourisme… Ces lieux auraient pu servir de vitrine au Musée de la moto et du vélo et le faire connaitre. Un Musée Chapleur, les dernières informations
    musée qui parle à tous. Quel que soit son âge, ce musée rappelle  à chacun énormément de souvenirs. Pour moi, la quarantaine bien entamée, c’est le 103 SP de Peugeot qui m’a ramené à mes 15 ans (ndlr : le 103 ci-contre, photo de l'auteur du texte cité). Il ne reste plus que quelques jours pour aller visiter ce musée. Allez-y ! Foncez-y !".

    ( N.B. : Ces phrases ont été publiées le 29 avril dernier, suite à l'annonce de la fermeture du Musée).


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  • Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    Vous la connaissez déjà car elle a paru dans l'un des trois articles parus précédemment précédent sur le même thème. Elle était sur la même machine, un Kreidler, mais dans une pose différente. Ce nouveau document vous permettra de vous faire une opinion définitive en complétant le dossier de la demoiselle. Comme la première photo, celle-ci est extraite de l'excellent site néerlandais http://www.born2brom.nl/ tout plein de belles choses autour des Kreidler et Zündapp.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    Ce site a de bonnes lectures et la photo précédente est un clin d'œil et aussi un hommage à celle qui illustra un catalogue Zündapp de 1973. Au bord de l'eau, en bikini (...), position des jambes (en inversant droite-gauche), casque demi-jet, mains sur le phare : à travers les âges l'inspiration esthétique demeure !

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    Changement de pin-up (!) et de machine avec une bien connue figure du motocyclisme limousin : Henri Grandon. Il est ici dans une réunion à Nantiat dans les années 50 sur sa "Grandon Spéciale". Ô combien "Spéciale", cette machine l'était : moteur JAP 1935 culbuté et boîte Terrot, cadre de BSA M20, fourche avant à balanciers d'inspiration Guzzi compétition suspendue par des billes de caoutchouc. Suspension arrière oscillante et réglable car également sur billes de caoutchouc dont le nombre déterminait la dureté désirée (!). Le phare était démontable en un clin d'œil.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    Henri Grandon en 1969 et sa machine "remise à neuf cause incendie" est-il précisé sur cette photo. C'est Pascal, son petit- fils assis sur le réservoir, qui utilise la machine aujourd'hui dans des manifestations de motos anciennes. Jacky Pichaud, à qui l'on doit les deux photos ci-dessus, a consacré un chapitre à Henri Grandon dans son irrésistible ouvrage "La Moto en riant", réunissant souvenirs personnels, anecdoctes et opinions bien trempées sur la moto en général et sur ceux qui ont écrit son histoire durant trois-quart de siècle.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

     Belle, trop belle photo pour être honnête car imitant une pose célèbre avec vêtement de "style" ancien, comme on dit de copies de meubles qu'ils sont "de style". Par contre, la moto est une authentique Emblem du début du XIXeme siècle, produite par de l'une des dizaines et dizaines de marques américaines dont il ne reste que celle que vous savez...

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    Retour en France avec deux photos fournies par FAJ. En vrai bon journaliste il apporte toutes les précisions sur ces scènes datées du 3 août 1954 (par un inconnu) sur une petite route des environs de Bourges. Ci-dessus, c'est  Gaston Rabot l'agent D.S. Malterre de Bourges qui tente de prendre son envol dans un timide plat-ventre. Sa machine est la 250 ACT de la marque parisienne. Bien que n'ayant pas son permis moto (!), Gaston Rabot roulait au guidon d'une Triumph T110 avec laquelle "il avionnait vraiment", ajoute FAJ.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    Belle position de Gilbert Riès, pas vraiment en recherche de vitesse mais assez spectaculaire et toujours sur la 250 D.S. Malterre. Au Bol d'or 1954, en compagnie de Bonnate il a piloté une 175 D.S. Malterre-Ydral préparée par Gaston Rabot, lui-même étant représentant du concessionnaire Simca à Bourges. L'équipage Riès-Bonnate a terminé à la 5ème place de la catégorie dominée cette année-là par le redoutable Ydral d'Agache-Tiers.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (4)

    On ne sait rien d'elle sinon qu'elle s'appelle Shanda, mais ce n'était pas une raison de vous priver de l'exemplaire leçon de pur aérodynamisme (*) qu'elle nous donne...

    (*) Selon le dictionnaire : Qualité de ce qui offre peu de résistance à l'air.

    ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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    Ce blog est la suite de Zhumeurs & Rumeurs, en sommeil désormais mais toujours consultable sur http://zhumoriste.over-blog.com/

     


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  • Oui, je sais, en ces temps de commémoration de l'horrible événement, ça ne fait pas sérieux un titre pareil. Voire carrément indécent. Cependant, avant de monter en régime et prendre des tours, voyez un peu avec quel détachement les responsables américains traitaient eux-mêmes la chose. La photo ci-dessous a paru dans le magazine LIFE en novembre 1946. On y voit le vice-amiral Blandy de l'U.S. Navy, son épouse et le contre-amiral Lowry au cours d'une réception donnée à la suite de l'Opération Crossroads. C'était le nom de code de l'expérience atomique de Bikini présentée aux 167 habitants de l'atoll comme "quelque chose de bénéfique pour l'humanité". Les deux militaires étaient chargés de la supervision de ce qui fut une "demi-réussite" mais n'empêcha pas une cérémonie avec ce gâteau en forme de champignon qui allait devenir la "marque de fabrique" de tous les essais atomiques à venir sur la planète.

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

     Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    Quelques millisecondes après la mise à feu de la bombe de Bikini.

    Les petits traits noirs sont des bateaux de guerre américains et japonais, une quinzaine environ, destinés à l'étude des effets de la bombe sur des engins de guerre classiques. Sur l'homme, c'était déjà fait l'année précédente, mais l'Amérique n'en savait rien. La guerre était finie, le Japon était vaincu. Il y avait des dizaines de milliers de victimes à Hiroshima et Nagasaki, mais le silence recouvrait les détails sur la façon atroce dont la mort les avait frappés. Et l'on savait encore moins qu'elle allait continuer de tuer durant des décennies. La nouvelle bombe était comme une autre bombe en plus puissant, point final. Le public n'en demandait pas plus au-delà de cette explication plus ou moins officielle. Essayer d'en apprendre plus, c'était Secret Défense.  

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    À peine un mois après Hiroshima paraissait le premier comicbook traitant de la "chose" atomique. Ce fut ensuite un déferlement de produits dont les qualités allaient être multipliées à l'infini par l'atome. Tout devenait "atomique", depuis une huile-moteur (ci-dessus à gauche) jusqu'au plus intime "accessoire" d'hygiène de L'atomique femme au foyer (à droite). Et les sectes n'allaient pas se priver de l'occasion de démontrer la puissance de Dieu avec cette publicité provocante (au centre).

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

     Cible privilégiée des annonceurs, les enfants eurent aussi leur arme atomique, un modèle dérivé de celui qu'utilisait déjà le populaire Buck Rogers dans ses aventures interstellaires et cinématographiques des années 30. De quoi ringardiser l'arc et les flêches de Robin Hood ainsi que l'épée de Don Diego de la Vega (sur France3 à 20 h 20). 

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    Pas question d'oublier "le cochon qui sommeille" dans le... cœur du mâle américain et les revues légères actualisèrent les vieilles recettes à la lumière (euh...) de la nouvelle découverte. Le prétexte à ce strip-tease est tout de même plausible puisqu'il illustre la façon de se protéger en cas d'attaque nucléaire : plonger dans sa baignoire. Encore faut-il avoir le temps de se débarrasser des soutifs à baleines, bas et porte-jarretelles noirs (Rrrraaah ! lovely !), ces affûtiaux indispensables de l'époque. Mais le premier secouriste venu vous dira qu'on est aussi bien protégé en se jetant dans l'eau tout habillé...

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    "Atomic" également la boîte d'aiguilles assorties pour couturière fée du logis, avec une mise en scène qu'on retrouvera dans la séquence finale de "Docteur Folamour".

    ω

    Au fil des années, toutes ces fantaisies ont fini par disparaître, chassées par d'autres modes, d'autres lubies publicitaires. Un seul pays a su pérenniser l'évènement, le hissant au sommet de l'imaginaire populaire, faisant d'un simple mot un symbole planétaire. Ce pays, c'est la FRANCE et le mot c'est BIKINI !

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

     Cinq jours seulement après l'explosion de la bombe américaine lâchée le 1er juillet 1946 sur le minuscule atoll des iles Marshall, la piscine Molitor à Paris assiste à un autre genre de séisme. Danseuse nue au Casino de Paris, Micheline Bernardini, 19 ans, se présente au bord de l'eau habillée par quelques grammes de 45 centimètres carrés de textile. Le "bikini" est né, création de Louis Réard dont la mère tenait un magasin de lingerie près des Folies-Bergères (d'où l'inspiration ?). Son maillot de bain est lancé avec le slogan "Plus petit que le maillot de bain le plus petit du monde !".  

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    L'évènement a été filmé par les Actualités françaises, où l'on voit Mlle Bernardini présenter la "bikini" et la minuscule boîte qui le contient, grosse comme une boîte d'allumettes. Mais la chose n'a pas immédiatement déclenché l'intérêt des médias. Les photos qu'on trouve aujourd'hui sont toujours les trois mêmes. Mais il est vrai qu'en 1946 les agences de presse et les journaux avaient sans doute d'autres sujets à traiter. 

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    Moins vu est ce coté pile de la demoiselle pourtant plus "dépouillé" et bien proche de ce qu'on voit aujourd'hui sur nos plages. À l'époque, ces plages devront attendre plusieurs années avant de voir se populariser ce célèbre maillot dit "de bain" qui sera longtemps une façon de se montrer plutôt que se livrer à une activité natatoire. Les premières audacieuses à "l'endosser" durent supporter les remarques des hommes et celles moins agréables des femmes. Elles déclenchaient un attroupement partout où elles apparaissaient, surtout en dehors d'une piscine. Par exemple sur les bords de Marne, vers Joinville-le-Pont où le Parisien venu par le bus se baignait face à l'Ile Fanac (oui, dans l'eau de la Marne, l'eusses-tu cru ?). J'étais bien trop jeune alors pour trimballer un appareil photo et je le regrette bien encore aujourd'hui. La scène à laquelle j'ai assisté ce jour-là en 1946/47 reste pourtant dans ma mémoire. Même si ma mère m'a vite privé de voir de plus près le bikini de ces deux jeunes filles qui avaient bien du mal à se frayer un chemin vers la rivière parmi un essaim de jeunes gens pas du tout hostiles...

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    Par la suite, Louis Réard fera réaliser chez Chapron une voiture publicitaire à son nom. Cette Packard 1937 apparaîtra dans la caravane publicitaire du Tour de France.

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    Si j'en crois ce que j'ai vu sur le ouèbe, cette Packard existe toujours, sans doute aux mains d'un collectionneur avisé et amateur de Chapron. Pour se consoler, on peut se contenter de sa version en miniature fort bien faite et détaillée, mais à plus de 100 €, prix... atomique. !

    Pire qu'Hiroshima : la bombe anatomique !

    Parmi les "produits" atomiques à la française, on aura garde d'oublier cette chanson qui connut un joli succès. Un peu affligeante, aussi je n'en donnerai que le refrain : 

    Ah ! la danse atomic
    Y’en a pas des plus chic
    Son rythme fait sauter
    Tous les gens du quartier
    Ce pas qui fait fureur
    Ça vous fait boum ! au cœur
    Qui c’est qui tombe à pic ?
    C’est la danse atomic !

     ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

    QUOI ? PAS UNE MOTO DANS CETTE PAGE ? EH NON ! C'EST ÉCRIT EN HAUT APRÈS LE TITRE : "... MAIS PAS SEULEMENT"...


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  • Le temps d'une photo sur la pochette d'un 45 tours, il s'est assis sur une moto (BSA ?), et aussi plus tard sur une Honda Gold Wing, m'a-t-il semblé. Mais le vrai piège à minettes pour le chanteur Richard Anthony c'était la "p'tite M.G." Ce cabriolet anglais un peu sportif,  pas tellement éloigné de la moto, question confort et fiabilité. Cependant, c'était une machine à 4 roues qui ne valait pas tripette pour des jeunes en 1989 (Grosse erreur ! voir à "commentaires"), année de la fameuse interprétation par le chanteur de "Nouvelle vague", qui arrivait 30 ans après la chanson originale ! (*) et autant après la nouvelle vague cinématographique (expression fameuse  de Françoise Giroud, en 1957 dans L'Express). Quant à la "p'tite M.G.", elle avait disparu des catalogues depuis longtemps.

    Au total, on ne saisit pas très bien ce qui fit le succès de cette chanson hors du temps et de la mode. Sans parler de l'ineptie de l'histoire et des termes dans lesquelles elle est contée, ce dont on s'en voudrait de vous priver. C'est à retrouver en fin de cet article. Pour vérifier que tout et n'importe quoi servait alors (**) à faire un "tube". Ça se voit...

    La moto à plusieurs, c'est bien mieur...

     Pourtant il y avait (il y a toujours) à mener une étude sur l'attirance qu'exerce la motocyclette sur les (jeunes) demoiselles. Et ce n'est pas notre national Johnny avec sa 900 Kawasaki modifiée chez King's Motorcycles qui prouvera le contraire !

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    ... car ce sentiment d'attirance existe presque depuis la nuit des temps... motocyclistes et dans tous les pays. À commencer par la Grande-Bretagne, terre de la "voiturette de côté"…

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    ... où le sidecar avait un avantage sur la moto solo, comme il est expliqué par cette "naughty card" une spécialité britannique qui semble très éloigné de ce que l'on appelle communément "humour anglais". Pour ceux qui n'entravent rien à la langue de Shakespeare, on traduit à la louche la phrase d'accompagnement de cette image : "Il n'y a rien de plus agréable que d'avoir des pièces de rechange"... que d'aucuns - surtout d'aucunes - trouveront machiste.

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    Propos "machistes" donc, qu'on va contrebalancer avec cette nuée de jeunesses - neuf au total - s'évertuant à faire démarrer un sidecar Oural rescapé d'une épreuve en tout terrain. La photo vient d'un pays de l'Est où l'égalité des sexes avait de l'avance sur l'Ouest. La preuve : c'est une jeune fille qui est aux commandes de l'attelage !

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    "Légères et court vêtues / Elles allaient à grand pas", mais sans pot à lait sur la tête contrairement à la Perrette du bonhomme Jean de La Fontaine. Elles sont coiffées du "plat à barbe", sobriquet attaché au casque américain de la Grande guerre et de la suivante, copié sur celui des britanniques troufions (en anglais correct : "Tommies"). En revanche, elles sont court-vêtues car sévit la mode "flapper" des années 20. Cheveux aussi courts que leurs robes au genou, parfois un peu au-dessus. En un mot : sexy ! Et danseuses de charleston, d'où les robes idoines avec longs colliers et longs fume-cigarettes, car elle fumaient en public ces gourgandines !

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    Et si ça se trouve, ce sont les mêmes qui "charlestonaient" dans cette publicité pour Coors, la célèbre bière américaine. Scène osée pour l'époque, mais bien moins que celles d'aujourd'hui car la marque, qui existe toujours, privilégit une jeunesse qui apprécie la fraîcheur, comme ici sur des pains de glace (une visite sur le ouèbe vous convaincra !). 

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    Il faut bien reconnaître que, quelques années auparavant, leurs mamans étaient bien moins affriolantes, mais sous l'uniforme de conductrices d'ambulance, la bagatelle n'était pas de mise. Quoique... pour les pervers(ses)... "Il faut bien que la chair exulte !" a chanté notre Belge national. 

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    On sait que le sidecariste est bon vivant et amateur de farfeluteries, mais là, c'est peut-être exagéré ! De plus ces hommes qui s'assoient sur... la parité ce n'est pas bien.

    La moto à plusieurs, c'est bien meilleur...

    Un classique de la photo militaire réunissant les copains de "la classe" sur une René Gillet à  caisse sidecar encore civile (Henriet ?), mais sur châssis du constructeur de Montrouge.

    Vous avez tenu le coup jusqu'ici, mais la lecture de ce dernier texte risque de vous achever ! Voici donc, comme promis au début de l'article, les paroles de...

    ≈ Nouvelle vague  Nouvelle vague !

    Un' p'tite M.G., trois compères / Assis dans la bagnole sous un réverbère

    Une jambe ou deux par-d'ssus la portière 

    La nouvelle vague / Nouvelle vague

    Trois mignonnes approchent fort bien balancées / Elles chantent une chanson d'Elvis Presley

    Voilà nos trois pépères / Soudain tout éveillés par cette

    Nouvelle vague

    Pas mal, pas mal du tout / Ça, c'est un sacré coup / 

    Allez venez, on leur paye un coca / Moi je veux la grande blonde

    Moi je prends la petite ronde / Eh,! les gars, n'oubliez pas

    Nouvelle vague / Nouvelle vague

    Faut pas grand chose pour faire connaissance / On boit, on cause, on rit, on danse

    Mais faut garder cette indépendance de la

    Nouvelle vague / Nouvelle vague

    Une p'tite M.G., trois compères / Assis dans leur bagnole / Sous un réverbère

    Lisent leur canard d'un air très fier

    Nouvelle vague / Nouvelle vague

    Et dans ce canard qu'est-ce qu'on y lit / Des tas d'histoires écrites par des gens rassis,

    Donnant des coups de griffe avec dépit 

    Sur la

    Nouvelle vague / Nouvelle vague / Nouvelle vague

     (*) Sur Youtube, on le voit chanter assis dans ce qui ressemble plutôt à une Austin-Healey 3000 ... Bof, c'est aussi une anglaise. La chanson originale est signée de Leiber & Stoller, auteurs-compositeurs américains à multiples succès qui ont signé des dizaines de tubes pour des centaines de chanteurs à travers le monde. On les connaît chez nous pour "L'homme à la moto" qui n'a séduit "que" 45 interprètres dont 22 français (et 1 finnois). L'original de ce "Nouvelle vague", dont en français il ne reste que la musique, s'appelle "Three cool cats". C'est l'histoire banale de trois filles draguées par trois types qui roulent dans une "voiture déglinguée" (beat up car). Donc point de p'tite M.G. chère à Richard !   (**) Quelqu'un vient de dire : "ça n'a pas changé" ?

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  • C'est par Lisa Lagrange, journaliste au Républicain Lorrain qu'on l'apprend par ce titre : "DÉMÉNAGEMENT EN CATIMINI AU MUSÉE DU VÉLO D'AMNÉVILLE". L'article qui suit est riche de questions, mais l'information est bien là. En voici d'ailleurs le fac-simile :

    Musée Chapleur : les mauvaises nouvelles se suivent...

    (Cliquer pour agrandir) 

    Par une source que je ne dévoilerai pas, j'ai appris que le "repreneur" qui s'est manifesté dès les débuts de l'affaire aurait fait procéder à des aménagements dans un local d'exposition possible. Info sous réserves...


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  • Inconnu des jeunes couches, Marc Defour fut une sorte de "gourou" du Club du Motocyclettiste, le premier mouvement vraiment structuré et voué à la motocyclette ancienne. Venant de son Sury-le-Comtal, il était présent aux grandes manifestations du Club (Dijon, Charnay-lès-Mâcon), où il répondait avec courtoisie aux questions des amateurs. Il faisait bénéficier de ses vastes connaissances par des articles dans la Revue du Motocyclettiste, le tout avec une pointe d'humourIn memoriam Marc Defour  pince-sans-rire que n'eut pas désavoué Alexandre Vialatte son illustre voisin forézien qu'il admirait. Grand spécialiste des Bugatti et amateur de mécaniques délicates ou originales, il s'était intéressé tout naturellement à la moto des origines. On faisait appel à ses connaissances et à ses talents de mécanicien pour les cas les plus rebelles. C'est ainsi qu'il reconstituera le changement de vitesse/embrayage d'une Bruneau 1904 (à Alain Cortot) dont on ne connaissait que des dessins d'une revue. C'est aussi grâce à lui que le seul quadricycle Automoto connu roule aujourd'hui comme on l'a vu au dernier Vintage Revival à Montlhéry (à Cortot encore). Il fut l'un des rares à avoir fait rouler un Tricycle De Dion (Musée Baster, de Riom)  avec son alimentation d'origine par carburateur à lèchage. Et si la Sevitame 1939 (à F.- M. Dumas) continue d'étonner les populations, c'est parce qu'il en a percé les secrets de fabrication et du carburateur, lequel avait été saboté par les ouvriers de l'usine pour que l'occupant allemand ne puisse l'utiliser. Pour son usage personnel, il avait restauré une Moto Rêve selon ses méthodes "à l'ancienne", apportant autant de soin au choix des matériaux qu'à la façon de les utiliser. En nous quittant aussi brutalement, il laisse en chantier la restauration de deux Viratelle, des machines rares et compliquées comme il les aimait et désormais orphelines.

    In memoriam Marc Defour

    En 1987, Marc Defour était venu à la réunion de la Rondes des Étangs de Nantiat avec cette 250 Terrot énigmatique dont on ne connaît aucune autre trace dans la littérature d'époque. Son cadre spécial de même que son changement de vitesse sont d'une réalisation tellement particulière et soignée qu'on penche pour une machine d'usine...

    In memoriam Marc Defour


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  • À peine a-t-on le dos tourné qu'une méchanceté se prépare ! On a appris à 17 h 50 ce 31 juillet que le déménagement de la Collection se ferait le mardi 4 août, à l'initiative personnelle du maire d'Amnéville sans autre concertation et, bien sûr, sans inventaire préalable ! Comme par hasard ça se passe au mois d'août lorsque les gens intéressés sont démobilisés ou en vacances. M. le maire agit comme ces chefs d'entreprises qui profitent des congés et de l'absence de ses employés pour déménager les machines d'une usine. Ça rappelle des histoires guère reluisantes et pas vraiment à l'honneur de leurs auteurs. Plusieurs d'entre elles se sont d'ailleurs déroulées dans l'Est, serait-ce ce genre de méfaits qui aurait donné des idées au maire d'Amnéville ?

    La F.F.V.E. à Paris suit de près les événements de même que ses Délégués dans la région. Les journaux locaux ont été alertés, alors dans les jours qui viennent n'oubliez pas de les lire, de les acheter et de faire savoir aux rédactions ce que vous pensez de cette affaire. Idem sur les réseaux sociaux. Ça s'appelle faire le "buzz" et aujourd'hui c'est une vraie force !

     


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  • À vrai dire, l'affaire est à l'arrêt pendant les vacances comme toutes celles du même genre qui occupent la France. Cependant il est possible de faire le point et c'est plutôt positif.

    Au 10 juillet dernier, une visite à Amnéville-lès-Thermes a permis de confirmer la fermeture du Musée du Cycle et de la Moto et d'apprendre que toutes les machines étaient toujours en place. Le maire de la ville, Eric Munier, a demandé des devis à des déménageurs sans que l'on sache vers quelle destination s'opérerait ce déménagement.Musée Maurice Chapleur : où en est-on ?

    Une réunion est prévue (maintenant ce sera pour la rentrée) entre la mairie d'Amnéville, la Communauté de Communes de Lunéville, la DRAC (Direction Régionale des Activités Culturelles) et le représentant du Ministère de la culture. Le sujet de cette réunion est de trouver une solution au rachat de la Collection Chapleur et de décider de son lieu d'exploitation.

    Des discussions et décisions qui ont eut lieu à ce jour, il ressort des points encourageants dont :

    La Collection est un ensemble inaliénable qui relève du domaine public. Elle ne peut donc en aucun cas être vendue à une personne privée ou entité privée. Elle est destinée à être exposée au public.

    Affaire à suivre, donc à l'automne.

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  • L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    La bicyclette n'aura jamais autant mérité son surnom de "petite reine" que pendant ces années d'occupation. Elle circule à 10,7 millions d'exemplaires en 1942, soit 3,2 millions de plus qu'avant la guerre. Et elles ne sont pas bousculées, ni dans les rues, ni sur les routes où ne roulent plus que 680 000 voitures, soit trois fois moins qu'en 1939. À Paris cette prolifération de bicyclettes a créé une petite industrie du garage à vélos, ce véhicule devenu si précieux et si facile à voler. On peut y garer des motos, ou du moins des vélomoteurs comme celui qui est stationné, avec son cache-phare, en bout de file au centre de l'image ci-dessus (Photo Marcel Bovis). Tous et toutes sont pourvus de la plaque d'immatriculation réglementaire et du disque blanc fixé au bas du garde-boue arrière. On aura évidemment reconnu le décor caractéristique  des quais de la Seine... et aussi la Place de la Concorde (ci-dessous, photo Pierre Zucca) où l'on compte une douzaine de cyclistes et un fiacre mais pas l'ombre d'une voiture.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

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    CEUX QUI POUVAIENT ROULER

    Les premiers sont évidemment les occupants dont les véhicules ont d'abord pénétré la France à une vitesse... médusante. Mécanisée à outrance, bien que n'ayant négligé ni les cavaliers ni les cyclistes, la Wehrmacht a dû ensuite renforcer son front de l'Est où ses blindés, camions, voitures et motos commençaient à rencontrer une forte résistance depuis l'entrée en guerre de l'Union Soviétique.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Un motocycliste allemand dans les rues d'une ville de l'Ouest ne semble pas troubler les habitants qui lui tournent le dos, intentionnellement ou pas. Tous, sauf  l'adolescent au milieu, de face... Prestige de l'uniforme ou plutôt de la D.K.W. du pilote ? (Photo Collection François Robinard).

    L'invasion des troupes allemandes suscita des réactions diverses dans la population française. Bien sûr la crainte, en souvenir des exactions commises durant la première guerre, amplifiées par les rumeurs les plus folles (les mains coupées des petits enfants...), mais aussi la curiosité et une sorte d'admiration devant des troupes jeunes, dynamiques, disciplinées en violent contraste avec la débandade des nôtres.

    Certains spectateurs se laissèrent aller lors de leur entrée dans Paris le 14 juin 1940. Témoin ce tableau édifiant rapporté dans La Gerbe : "À midi, on fraternisait avec les Fridolins. Y en avait même qui allait un peu fort. Rue Lafayette, pendant le défilé, une grosse bonne femme pouvait pas tenir en place. Elle arrêtait pas : "Oh ! Qu’y sont beaux ! Et ces chevaux ! (...), voyez-moi ça ces beaux hommes ! Et ces canons ! Et ces motos ! Ah ! ils avaient pas d’essence ? Et pas de matériel ? On s’est foutu de nous !". À la fin, je voyais qu’elle allait applaudir. J’ai été obligé de lui dire : Dites donc, la petite mère, tenez-vous un peu ! Y a des gars qui sont morts…".

    (Précisons que La Gerbe était un journal violemment antisémite, pro-allemand, collaborationniste. Le rédacteur en chef en était Marc Augier, motocycliste convaincu. Il publia quelques textes dans Moto Revue des années 30, suite à un voyage à travers l'Allemagne dont il revint enthousiaste. En 1942, il combattit les Russes dans la L.V.F. puis plus tard dans la Waffen S.S. française. Il se retrouva en Italie à la fin de la guerre puis disparut. Condamné à mort par contumace en 1948, il s'enfuit en Argentine dont, gracié, il revint en 1953. Parmi ses nombreux ouvrages dont on peut se passer, on retiendra "Une moto pour Barbara", publié sous le nom de Saint Loup en 1973. Il en fera la promotion en février (ci-dessous) lors du rendez-vous des motards de la place de la Bastille, en compagnie de l'actrice Yveline Arnaud qui lui aurait inspiré le personnage de son roman. Avec cinq films à son palmarès, le demoiselle est célèbre - entre autres - pour son rôle dans "Les nuits chaudes de Justine").

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

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    ... OÙ L'ON RETROUVE LE FLAT-TWIN NATIONAL

     Grâce au livre "Gnome & Rhône - L'histoire des Motocyclettes", fruit du travail commun de Daniel David, Alain Chapeau et Stéphane Clergerie, on a appris que la marque avait construit durant l'occupation 3255 motocyclettes dont un millier en 100 cm3 (voir article du 26 juin dernier). Au vu des photos qu'on connaît de cette période, ces deux-temps étaient plus que rares. À vrai dire, on n'en connaît pas une image montrant l'un d'eux en situation. Par contre, la production des grosses cylindrées a été - relativement - plus abondante, d'autant que l'occupant a exigé qu'il en soit construit sous sa domination. C'est l'attelage Gnome 800 AX2 qui avait eu sa préférence car il en avait récupéré un certain nombre suite à la débâcle de notre armée et il avait pu juger de ses qualités.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Quelque part sur le front de l'Est, un attelage AX2 qui a terminé sa carrière aux mains de l'ennemi et devient un jouet pour une insouciante jeunesse locale.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Une autre en bien meilleur état a repris du service sous l'immatriculation Wehrmacht.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Quelques Indian ont survécu à la campagne de France et l'une d'elles se retrouve en 1941 à Rochefort-sur-Mer, probablement à l'École de l'Armée de l'Air... occupée.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    La Gnome & Rhône AX2 800 fut suffisamment résistante pour traverser toute la guerre et se retrouver en activité vers 1944, toujours aux mains de ces souriants soldats allemands. Mais cette fois avec une différence d'importance : ils sont prisonniers des... GI's américains que l'on aperçoit à l'arrière-plan à gauche ! (Le document provient du blog de "dada77139") 

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Sur une Gnome & Rhône X40, un membre de l'escorte officielle de Pétain (fourragère de la Légion d'Honneur ) se livre à l'une des évolutions toujours très prisées dans la police et dans l'armée. Un exercice peut-être un peu "déplacé" étant donné les circonstances... 

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    À Paris, la police utilise ses Gnome & Rhône "ordinaires" en concurrence avec ses René Gillet.

    Les flat-twins culbutées resteront donc françaises car réservées à la police et à l'escorte officielle du maréchal Pétain et de Pierre Laval dans leur gouvernement replié à Vichy. Baptisées X40, elles sont constituées d'un mélange savant de pièces d'AX2 et de X saupoudrées de quelques éléments de CV2. Elles furent produites à une centaine d'exemplaires et certaines ne finiront leur service qu'en 1960, après avoir escorté les présidents successifs de notre République rétablie.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    AU DÉBUT DE 1941, une "Armée Nouvelle" est crée en zone "nono" (non occupée) sous l'égide des autorités de Vichy (Photo ci-dessus ECPAD). Elle est constituée par 6 Légions de garde stationnées dans six grandes villes, auxquelles s'ajoutent une Légion en Algérie, une au Maroc et une autre en Tunisie. Ces Légions deviennent ensuite en mars 1942 des Régiments de la garde. Chacun d'eux est formé de deux groupes de quatre escadrons (1 à cheval, 2 portés et 1 motocycliste). L'engagement de 1, 2 ou 3 ans est ouvert à tout Français de moins de 35 ans, ayant effectué deux ans de service militaire, titulaire du Certificat d'études primaires et au casier judiciaire vierge. Les moins de 20 ans doivent fournir une autorisation parentale... Enfin, selon l'ignoble "statut" du 3 octobre 1940 que vient de signer le gouvernement de Vichy, la Garde est interdite aux Juifs.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Dans une exposition non-située, un stand "publicitaire" à la gloire de la cavalerie de la Garde. Faute d'y exposer un cheval, l'attelage René Gillet en tenue d'apparat y est à l'honneur, armé du fusil-mitrailleur 24-29. Le panneau "7" au premier plan cache ce qui semble être l'arrière d'une moins prestigieuse bicyclette. L'ensemble est réalisé au bénéfice d'une jeunesse encore un peu... tendre.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    L'affiche de cette Armée Nouvelle est alléchante et présente un militaire déjà gradé bénéficiant d'une solde tout autant alléchante. Un contrat de 3 ans donne droit à une "prime" de 3500 F et 2000 F par an lors d'un réengagement. Logé et habillé gratuitement, le garde (stage de 6 mois) touche de 720 à 990 F, somme qui peut atteindre plus de 1000 F (Maréchal-des-logis-chef), puis 1500 F pour un adjudant-chef. Les avantages d'une paye régulière sont appréciables à un moment où le kilo de viande (bœuf) est à 72 F... lorsqu'il y en, de même que le litre de lait à 4,60 F, soit 1 F de moins qu'un œuf. De plus, et cela a une importance au moins égale, l'engagement permet d'échapper au S.T.O., ou d'éviter la sinistre Légion des Volontaires Français recommandée chaleureusement par le bon Maréchal car, a-t-il déclaré : "(elle contribue) à écarter de nous le péril bolchevique (...) en sauvant l'espoir d'une Europe réconciliée". Cette L.V.F. finira absorbée par la S.S. nazie et disparaîtra dans l'apocalypse de la chute de Berlin en 1945. L'autre échappatoire était de passer dans la clandestinité qui alors n'a qu'un nom : le maquis.

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    La publicité subliminale n'a pas encore ÉTÉ "découverte", mais elle se pratiquait déjà en 1942 par le Secrétariat d'État à la Guerre qui édita cette affiche. En effet, elle s'adresse à presque toutes les couches de la population masculine. Le cheval est là pour rappeler ses origines au paysan (*) et quel jeune citadin ne se verrait pas chevauchant une motocyclette (présente par deux fois) ou aux commandes d'un char ou d'une auto-mitrailleuse ? Enfin, outre le prestige de l'uniforme, l'accent est mis sur les moyens d'une armée sportive.

    (*) ... légère contradiction avec les bonnes paroles du maréchal Pétain prônant par ailleurs le retour aux travaux des champs car : "La terre, elle, ne ment pas" (Phrase due à l'historien Emmanuel Berl qui lui rédigea ses premiers discours).

    L'album de famille des Français 1940-1970 (6)

    Dans les archives de l'E.C.P.A.D. on trouve cette photo sous le label "VICHY" et représentant un concurrent du rallye cycliste Orange-Nîmes en 1942 disputé entre plusieurs régiments de cavalerie. L'homme est un chasseur du 7e Régiment de chasseurs à cheval caserné à Orange, mais on ne trouve rien de plus sur cette "cavalerie cycliste". Il semble que faute de cheval, on se contentait de la "petite reine", mais on mettait déjà l'accent sur la sécurité grâce au casque à portée de la main. 

    L'affiche promettait une armée "sportive" et sur ce dernier point, les candidats à l'engagement ne seront pas déçus. En effet, au cours des mois suivants leur statut riche en péripéties va évoluer, et pas toujours dans le meilleur sens.

    (À suivre)

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  • Traces 10 : l'enduro au poil !

    UNE PHOTO pour commencer, et faire en sorte que (comme ils disent tous dans le poste aujourd'hui) cette chronique vous apporte un peu de fraîcheur en ces temps caniculaires. Il y a déjà quelques mois que je l'ai trouvée sur le ouèbe, mais je l'ai gardée sous le coude ne sachant qu'en faire. Le doute m'habitait, perplexe que j'étais sur le sexe de la personne chargée du contrôle. Sa morphologie ambigüe comme sa chevelure unisesque typique de la période du "flovèrepovère" m'obligeait à rester sur la réserve jusqu'à ce que... 

    Traces 10 : l'enduro au poil !

    ... tout récemment une autre photo, toujours du ouèbe, levait les doutes sur la question : ce jeune était bien UNE jeune, épaulée par une bonne copine tout aussi à l'aise qu'elle. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser de la première photo, la jeune fille ne refuse pas "un p'tit bisou" au pilote mais poinçonne simplement le carton qui est attaché à son cou. Service-service, même si on était en plein Peace & Love !

    Traces 11 : Enduro au poil !

    ON RESTE EN PLEINE FRAÎCHEUR et en plein vintage (Ha ! Ha ! permettez que je pouffe !) avec cette couverture d'une revue hongroise (?) qui remet à l'honneur un système de douche-camping fort ingénieux. Et écologique aussi puisqu'il recycle la faible quantité d'eau que contient une cuvette. Genre de mouvement perpétuel. Moins écolo, la Trabant de l'arrière-plan et son bicylindre deux-temps trop pollueur pour être honnête. Elle sera victime de l'air du temps, au même titre d'ailleurs que les Ossa et Penton (la KTM à l'américaine) des enduristes des photos précédentes.

    Traces 11 : Enduro au poil !

    Les problèmes d'hygiène ont depuis longtemps été un souci du voyageur. En particulier l'automobiliste (idem le motocycliste) du début de l'autre siècle, jamais sûr du degré de confort qu'il allait trouver à l'auberge de l'étape. Le gant-douche résolvait une partie du problème, de même que le seau en toile et le tube-raccord. Cependant rien n'est dit sur la vasque indispensable à la réception de l'eau des ablutions, ni sur la façon de la vider après usage. Dans ce domaine, la "méthode hongroise" marque un indéniable progrès.

    Traces 11 : Enduro au poil, douche écolo !

    À PROPOS D'HYGIÈNE il y a celle des corps et aussi celle des esprits. Ce truc, vous savez, "mens sana in corpore sano" des pages roses du p'tit Larousse. Dans la presse en général, et dans celle qui traite de la mode du luxe, en particulier, il y a du boulot côté mens sana. Selon les gazettes, le commerce du luxe subit de fortes variations. Et comme je vous sais avide de nouvelles, autant vous dire qu'en ce moment, ça va mal chez les fashionistas (et fashionistos ?). En clair, dans la presse moins de pognon à foutre en l'air. Finies les semaines de shooting avec la cohorte des mannequins, des habilleuses, des maquilleuses, des coiffeuses sur les plages des Caraïbes ou les plateaux mongoles, le bush australien n'est plus abordable, pas plus que les rizières thaïlandaises. Aujourd'hui, on fait tout à la maison ! Jusque dans la salle de bains et même au p'tit coin avec le rouleau de PQ et le balai en décor. Dans les années 90, les publicitaires Italiens avaient lancé la mode du porno-chic. Aujourd'hui, on en est au porno-chiottes...

    Traces 11 : Enduro au poil, douche écolo !

    On rentabilise les... lieux comme on peut, même dans une photo dont on cherche encore la signification, comme d'ailleurs sur la première.

    Traces 11 : Enduro au poil, douche écolo !

    LE REPORTAGE dans les années 10/20 du siècle précédant nécessitait un matériel aussi important qu'encombrant et dont l'escabeau n'était pas le plus discret. Cependant cet "accessoire" permettait (et permet toujours) de dominer la situation lorsque la concurrence obstruait la vision. Il donne aussi des vues sous un angle original. Aujourd'hui l'appareil-photo s'est miniaturisé, mais un escabeau moins encombrant reste à inventer. Peut-être un modèle gonflable ?

    Traces 11 : Enduro au poil, douche écolo, PQ vedette...

    INCONNUE il n'y a guère, la motocyclette De Pontherey le devient chaque jour un peu moins. J'ai déjà signalé quelques informations la concernant dans un article du mois de juin. C'était à propos du Musée Chapleur dont elle est l'une des raretés, pour ne pas dire plus étant donné qu'elle est le seul exemplaire connu actuellement de cette marque. Aujourd'hui c'est d'Espagne que nous vient un nouvel élément... d'époque. La coupure de presse ci-dessus est extraite du journal barcelonais Los Deportes du 29 mars 1903. Dans ce compte-rendu d'une exposition sur l'automobile, on apprend que De Pontherey exposait "varios tipos de motociclos" qui se vendent "en crecido número", ce que votre espagnol courant vous permet de traduire... Le même journal publiait des annonces publicitaires pour la petite Clément et pour une "La Mecánica" d'un certain José Casanovas, qui ressemblait furieusement à une Pécourt (La Victoire), Peugeot ou autre française à moteur Zedel.

    Traces 11 : Enduro au poil, douche écolo, PQ vedette...

    UN CYCLECAR qui faute avec une moto, ça peut donner ce résultat, mais qui en sait plus sur cette machine ? La fourche vient sans doute d'une F.N. mais le reste...

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  • L'Album de famille des Français 1940-1970 (5)

    Dans les années difficiles, deux privilégiés sur Terrot (à gauche) et Motobécane munies du masque de phare réglementaire avec "fenêtre" de 10 cm x 1 cm. Le personnage de droite est chaussé en "triple semelles" et son trench-coat, comme celui de son voisin ne sont pas du premier venu.

    LES RESTRICTIONS ne touchent pas tous les Français de façon égale. Certains bénéficient de passe-droits tout à fait "légaux" de par leur profession (médecins, vétérinaires, ingénieurs, responsables d'industrie, commerçants, etc). Ils ont droit à une allocation d'essence et à l'indispensable Ausweispapier. D'autres obtiennent ces avantages par des moyens inavouables, mais en général avec l'accord tacite des services de police français et... allemands en zone occupée. Alors que le moindre bout de tissu n'est obtenu que moyennant des "points L'Album de famille des Français 1940-1970 (5)textile", ou au prix de marchandages tortueux, être habillé et chaussé correctement est un signe insolent d'aisance. C'est aussi un défi de la part d'une jeunesse classée "J 3" par référence à la catégorie des tickets de rationnement auxquels elle avait droit de 13 à 21 ans. Plus communément, on la catalogua   "swing" puis "zazou" en référence au jazz plus ou moins "francisé" qu'elle écoutait de façon plus ou moins clandestine.

    UN INTERMÈDE TRAGI-COMIQUE

    Elle dérange encore plus cette jeunesse par ses vêtements, veste trop longue avec pantalon à mi-mollet, chaussures à triple semelle crêpe chez les garçons, jupe (plissée) au-dessus du genou pour les filles avec chaussures à talons hauts (semelle en bois, par économie) et chevelure en "nid de corneille". Les jeunes gens tentent d'échapper à toute forme d'obligation officielle, chantiers de jeunesse ou, plus tard S.T.O. (Service du Travail Obligatoire). Des rafles de "zazous" sont menées par la police parisienne dans les cafés et restaurants des Champs-Élysées et au Quartier Latin. L'État français supporte de moins en moins cette forme de résistance passive, alors que, prenant les devants, les Jeunesses Populaires Françaises, émanation du collaborationniste Parti Populaire Français, parcourent les rues, tondeuses et rasoirs en mains pour priver le zazou mâle de son emblème principal : une chevelure abondante. Il sera quasiment assimilé aux Juifs, au point que certains d'entre eux porteront par bravade l'étoile jaune imposée en 1942 avec le mot "zazou" brodé à la place du mot "juif". L'esprit frondeur des Français se manifeste parfois de façon ésotérique, par exemple en se promenant dans la rue avec deux cannes à pêche à la main ce qui permet de répondre aux curieux qui s'interrogent que vous transportez... "deux gaules". On chansonne aussi le maréchal Pétain rebaptisé "Connétable du déclin", mais le vieux chef de l'État proclamé à L'Album de famille des Français 1940-1970 (5)Vichy est plutôt bien considéré dans l'ensemble de la population. Certains s'accommodent d'ailleurs au mieux de cette période trouble et mouvementée.

    Les affaires, pas toujours très propres, sont florissantes et l'argent facilement gagné se dépense aussi facilement. Dans les bars, restaurants et boîtes de nuit des quartiers chauds de Paris se côtoient des bourgeois en veine d'émotions, des truands, trafiquants du marché noir, prostituées de haut vol et officiers nazis qui s'emploient à vérifier le dicton d'origine germanique selon lequel on est "heureux comme Dieu en France". Chez Drouant, Maxim's, la Tour d'Argent "les additions peuvent dépasser 50 francs", prévient La Semaine - Hebdomadaire Illustré qui s'empresse d'ajouter qu'une "très grande partie des bénéfices est versée au Secours national".

    Par des dérogations exceptionnelles obtenues souvent à grand renfort de pots de vin (de champagne millésimé, plutôt) beaucoup d'établissements peuvent ignorer le couvre-feu ordonné par l'occupant (1941). Une mesure qui interdit aux Français de se déplacer durant une partie de la nuit, en général entre 22 heures et 5 heures du matin. Cet horaire est décidé par le commandant de telle région ou de telle ville et cette restriction de circulation peut débuter à 20 heures (exemple ci-dessus), surtout vers la fin de la guerre, au moment (février 1942 Stalingrad) où les armées allemandes commencent à connaître des revers.

    L'Album de famille des Français 1940-1970 (5)

    Devant le désastre effroyable qu'elle subit sur le front russe (450 000 morts allemands à Stalingrad -  740 000 du côté russe dont 250 000 habitants) l'Allemagne cherche par tous les moyens à combler son déficit en hommes. Au point de chercher des volontaires au moyen d'annonces dans les journaux français.

    L'Album de famille des Français 1940-1970 (5)

    Devant le restaurant parisien Maxim's, le voiturier est désormais chargé de veiller sur un "garage" de bicyclettes (obligatoirement immatriculées) et de vélomoteurs. Ce noctambule, en l'absence de pinces à vélo, doit sacrifier un peu de sa dignité pour ne pas abîmer un costume qui vaut son pesant de "points textile". Pour en savoir plus sur l'immatriculation des bicyclettes et cycles à moteurs auxiliaires durant l'occupation, on peut se reporter aux nombreuses pages d'un passionnant forum sur ce sujet chez "tontonvelo.com".

    L'Album de famille des Français 1940-1970 (5)

    Autre image de Maxim's où l'on voit très bien à gauche le "garage" des vélos tandis qu'une discussion sur le prix de la course s'est engagée avec le "chauffeur" d'un tandem-taxi décapotable. À l'arrière-plan, un autre vélo-taxi en attente offre un abri plus confortable (Photo par Pierre Zucca, rare photographe français à être autorisé à travailler dans Paris car il photographiait aussi pour Signal, l'hebdomadaire allemand qui fournissait les pellicules).

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    Toutes sortes d'engins roulants sont ressortis des remises et garages, à commencer par les bicyclettes et les fiacres (tarif : 10 F du kilomètre). Les plus chanceux ont transformé leur vélomoteur de loisir en bête de somme, mais ce petit deux-temps (marque indiscernable) devait bien souffrir à transporter deux passagers et son pilote.

    CEUX QUI NE VEULENT PAS CROIRE AU GAZOGÈNE

    Dans le transport individuel, sauf à choisir l'option sidecar, le gazogène montre ses limites qui tiennent essentiellement à son poids et surtout son encombrement. Dans la recherche d'un carburant de substitution on arrive à l'acétylène dont la providentielle revue Système D "Le rendez-vous de l'ingéniosité française" s'est empressée d'expliquer, sur quatre pages,  le fonctionnement appliqué à la motocyclette.

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        Sur le papier, le principe est simple par rapport au gazogène, d'autant que la revue...

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    ... fournit également le plan de l'implantation sur une motocyclette courante telle que la Motobécane. On ne connaît pas d'exemple "vivant" d'une telle réalisation qui, selon Système D offrait quelques difficultés d'ordre pratique. D'une part, la production nationale de carbure de calcium aurait été insuffisante à satisfaire la demande. Avant la guerre 50 000 tonnes étaient utilisées pour l'éclairage et l'alimentation des postes de soudure : ceci représentait 1 à 2 % de ce qu'il aurait fallu pour satisfaire le parc motorisé des années 40. Enfin, à l'aide de savants calculs, la revue démontrait qu'il fallait environ 4 kilos de carbure et autant d'eau pour obtenir l'équivalent de 1 litre d'essence. Couronnant le tout, une douzaine de dessins cotés insistait sur la difficulté de fabrication du système décrit avec cet avertissement : "C'est en réalité une petite chaudière que nous allons fabriquer, pensons-y, et ne la faisons pas à la légère"...  

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    Les multiples usages du gaz comprimé devaient fatalement trouver une solution motocycliste. C'est pourquoi en 1941 La Vie Automobile consacra un long article à la réalisation de la S.A.I.G. (Société pour l'application industrielle des gaz comprimés et liquéfiés - Grand Garage de la place Clichy). Une Motobécane 350 latérales de 1930 servit de cobaye pour cette expérience sans doute unique consistant à faire fonctionner un moteur au gaz de ville sans autre modification que l'apport d'un détendeur à deux étages "de type Mandel" et les canalisations nécessaire aux différentes opérations. 

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    Chacune des bouteilles contient 4 litres en eau, soit 16 kilos en tout, ce qui est loin de ce que nécessiterait un gazogène pour un rendement comparable.

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    Des reprises moins brillantes et une vitesse maximum diminuée de 10 % environ sont, ajoute La Vie Automobile, "le tribut qu'on paye communément pour rouler (...) dans les conditions actuelles". La moto à gaz qui annonçait des étapes de 50 à 60 km sans recharge ne semble pas avoir dépassé le stade du prototype...

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    Mais un concurrent redoutable s'annonce déjà et qui sera plus largement utilisé... Sur quelques automobiles et surtout des camionnettes de livraison. À défaut de l'être sur la moto, malgré l'optimisme de l'inévitable Système D

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    ... Avec un argument dont on n'a pas fini d'entendre parler car, ainsi que le proclamait la publicité des Accumulateurs Tudor : PARISIEN, CES VÉHICULES ÉLECTRIQUES NE CONSOMMENT PAS TON OXYGÈNE !

    (À suivre)

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  • L'album de Famille des Français 1940-1970 (4)

    Le gazogène a conquis quelques transports en commun et surtout celui des marchandises, suscitant une modeste industrie de sous-traitants. Elle reste petite pour des raisons d'influence territoriale limitée dans une France divisée en deux "zones". Mais elle est vitaleL'album de Famille des Français 1940-1970 (4)
    pour les habitants des villes soumis à des restrictions de plus en plus grandes. Les produits de première nécessité, à commencer par ceux de l'alimentation, ne sont disponibles que contre des tickets de rationnement. Il s'en fait d'abord un trafic sur la base d'échanges puis arrive le "marché noir" dans lequel l'occupant tient sa place lui aussi. Les échanges, comme le marché noir, exigent tous deux des liaisons entre Français, ceux de la ville et ceux de la campagne. Sur les 41 millions d'habitants que compte le pays, un peu plus de la moitié vit encore dans un milieu rural. Celui-ci est en voie de dépeuplement mais beaucoup d'urbains y ont toujours des attaches familiales à divers degrés, grands parents, parents, cousins. Le "gazo" s'affirme alors comme un indispensable trait d'union : il permet d'apporter à la ville ce dont elle a besoin pour se nourrir, tandis que lui-même est alimenté par le bois que fournit la campagne. 

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    Fabrication du charbon de bois en forêt de Sénart (Photo © CNRS) dans les années 20. On monte une "meule" en deux couches de buches ceinturées d'un large cône métallique, lequel est ensuite coiffé d'un couvercle ouvert. À la base de la "ceinture" des orifices permettent la mise à feu des buches et assurent un courant d'air nécessaire à leur lente combustion.

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    Plusieurs fabricants proposent des gazogènes à installer sur des véhicules, mais peu (sinon un seul ?), ont pensé à la moto, aussi humble soit-elle comme cette 100 René Gillet.

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    À moins d'atteler une remorque, les capacités de transport étaient forcément réduites...

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    Les mois passent, les restrictions persistent et certains motocylistes doués vont relever le défi : créer leur propre installation d'un gazogène sur une moto. Curieusement, beaucoup d'entre elles seront des adaptations réalisées sur des Peugeot 350 latérales, du moins parmi celles qui ont survécu jusqu'à nous. Ainsi d'un modèle P 107de 1932 présenté par Jean Ethiévant lors d'une réunion Moto Légende à Montlhéry (2001 ?) où l'on aura reconnu Michel de Thomasson au micro. Sur http://www.rmce.fr/65+peugeot-p107-gazogene.html on retrouvera toute l'histoire de cette machine et de sa pittoresque remise en état qui a failli se terminer de façon aussi tragique qu'inattendue.

    LE "GAZO" RACONTÉ PAR CEUX QUI L'ONT CONNU

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    L'imposant dispositif gazogène ne dépasse cependant pas la voie de l'attelage.

    Le 21 juillet 1941, l'oncle de M. Destailleurs signait un chèque de 5 000 F à l'ordre des Motocyclettes René Gillet (Montrouge). Il lui restait à payer le solde sur l'achat d'une 750 Type G/1 attelée à un châssis R-G et munie d'un tan-sad, d'une roue de secours (avec pneu), d'une chambre à air, le tout atteignant 15 194,55 francs. Exploitant forestier en L'album de Famille des Français 1940-1970 (4)
    Touraine, l'oncle allait pouvoir continuer son travail qui était la fabrication du charbon de bois. Il fit naturellement installer sur la René Gillet un gazogène dont les spécialistes pourraient donner la marque grâce à la plaque triangulaire visible sur la photo ci-contre. Charles Destailleurs, son neveu peut parler de cet attelage qu'il a bien connu dans sa jeunesse : "La machine marchait bien, mais le moteur de 750 cm3 était faible pour tracter ce lourd ensemble qui, sans passagers ni charbon de bois faisait déjà un bon 325 kg. Très vite mon oncle a acheté un moteur neuf de 1000 cm3 chez René Gillet pour remplacer le 750. Le rendement du nouveau moteur est devenu très satisfaisant. J'avais 16 ans en 1944 lorsque mes parents m'ont expédié pour 6 mois chez L'album de Famille des Français 1940-1970 (4)mon oncle à la campagne (époque de la Libération). La René Gillet m'est apparue comme un formidable machine, sa complexité relative la rendait encore plus attractive.

    Mon oncle, homme charmant et suffisamment patient m'a initié à la conduite et à l'entretien de son engin. J'avais aussi la tâche de la mise en route du gazo (...). La mise en route du moteur à gaz froid était laborieuse, aussi mon oncle qui gardait précieusement quelques litres d'essence démarrait son moteur à l'essence. Très vite il refermait le robinet d'essence et ouvrait le clapet d'arrivée du gaz. À chaud, le moteur partait normalement au gaz (...). À l'essence, équipé de la sorte on faisait en pointe du 75/80. Au gaz, on plafonnait aux environs de 55/60 km/h (...). Ça marchait quand même bien et faisait ma joie sur les petites routes alors désertes de la Touraine. 

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    On remarque deux immatriculations différentes sur ce même attelage. Celui qui apparaît sur les grandes photos - 9663 RN1 - est du département de la Seine (février 1941) et il correspond donc au moteur de 750 cm3. L'autre numéro - 7269 HD 4 - sur les deux petites photos a été délivré en Indre-et-Loire, où officiait l'oncle. Il serait donc celui de la machine à moteur 1000, mais "HD 4" est d'août... 1938 ! ? (Ceci n'est pas un "quizz", quiconque peut donner une explication est bienvenu.)

     À la Libération, des soldats américains de passage étaient stupéfaits par cette drôle de machine. Ils ne voulaient pas croire au fonctionnement du gazogène. Mon oncle a dû débrancher la tuyauterie d'essence pour faire la démonstration. Par la suite, mon oncle m'a donné la machine, j'en suis encore l'heureux propriétaire. Malheureusement la gazogène a été ferraillé après la guerre".

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    Dans les années 80, Charles Destailleurs au guidon de la survivante.

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    Au hasard d'expositions ponctuelles, ici à Limoges en 2008, on découvre des réalisations de gazogènes pour motos qui comme beaucoup n'ont pas dépassé un cercle confidentiel. Ainsi de cette Automoto A 14, une 220 latérales, qui a roulé dans la région limousine entre 1943 et 1945. C'est un prototype établi par Marcel Chazelas (Saint-Priest Taurion). Voir commentaire de "jackymoto" ci-dessous.

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    La machine est belge (Gillet d'Herstal 350 culbutée), mais le gazogène est bien français, construit par les Ets Grange à Valence. Machine exposée à un Rétromobile des années 90 (?), elle est depuis au repos dans un musée privé, m'a t-il semblé.

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    Trouvées sur le site www.militaria1940.fr plusieurs photos contemporaines de cette 350 Peugeot P 112 munie d'un gazogène Imbert. Avec la P 107, l'autre 350 latérales, la P 112 sera fournie à l'armée française sans modifications importantes donc sans gazo. Un prototype de TT 112 avec soufflerie de refroidissement, échappement relevé, réducteur de vitesse, etc, fut étudié par Peugeot à la toute fin des années 30 mais jamais fabriqué en série pour cause de "guerre-éclair". 

    L'album de Famille des Français 1940-1970 (4)

     Aucun des ouvrages consacrés à Peugeot ou aux motocyclettes militaires françaises ne semble avoir fait mention de cette machine et sur le site qui la présente sa description par son propriétaire est très succinte (Celui qui peut compléter...).

    L'album de Famille des Français 1940-1970 (4)

    Lorsqu'on n'a pas de moteur, pas d'essence, pas de gazo, restent les mollets, et encore à condition de trouver des pneus !

    (C'est - encore et toujours - À SUIVRE !)


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  • Pour ceux qui prennent l'histoire en marche, l'exploit de Rollie Free est du 13 septembre 1948 mais depuis il n'a pas cessé de hanter l'imaginaire depuis six décennies ! Non par sa vitesse de 240 km/h, qui aujourd'hui fait rire n'importe quel gandin sur une Super ou Hyper... (on s'y perd) sportive, mais par la tenue quasi naturiste et la position "en selle" du pilote sur sa 1000 Vincent-HRD "Black Lightning", une... banale bicylindre à culbuteurs . 

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

    À l'intention des jeunes couches, une célèbre et unique photo qui rafraîchit la mémoire.

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

     En fait d'enfants de Rollie Free, on démarre cette troisième série par l'un de ses parents. En effet, ce Monsieur Gaetan Frasson exécutait son numéro d'acrobatie à la fin des années 40 puisque l'immatriculation de sa Terrot est de 1948 en Saône-et-Loire (QD 6). Par contre, sa Terrot latérales est plus ancienne (1934-1939 ?) et moins rapide que la Vincent du record. Et il se contentait d'un banal vélodrome, mi-bois mi béton. 

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

    De passage à Bonneville en 2013, Paul d'Orléans a été immortalisé en "clone" de Rollie Free (sur 175 MV ?). On regrette seulement que lui, si soucieux habituellement de se présenter dans un costume en adéquation parfaite avec l'évènement, n'ai pas poussé plus loin la ressemblance. À en juger par ses vêtements "rock'n' roll", ses sous-vêtements ne doivent pas être moins exhubérants. Alors, Paul... chiche ?

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

    Encore un qui perd ses bretelles au vent de la vitesse, ce qui n'est pas trop étonnant avec une Triumph Daytona qui flirte avec les 250 km/h. Cependant le photographe belge Gee Hemmel a pu stopper Bertrand Malandain durant quelques millièmes de seconde afin de l'exposer dans sa galerie virtuelle de motocyclistes "amateurs". Il insiste sur ce dernier mot car n'importe qui peut poser devant son objectif. À retrouver avec tous les détails sur http://www.geehemmel.be/galeries.php 

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

    Au lendemain de la 2è Guerre, NSU proposa une Fox 98 cm3 et aussi une Fox de 125 cm3 moins puissante que la plus faible cylindrée. C'est que la 125 avait un moteur 2 temps contre des culbuteurs sur la cadette. Cette dernière, construite à 60 000 exemplaires, eut les faveurs d'une version "racer" qui courut en circuit et aussi en400 m. D.A. comme ici. Cependant il est probable qu'un gain de vitesse aurait été plutôt à travailler sur la surcharge pondérale du pilote que sur sa position...

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

    Avec carénage total ou carénage partiel, simple tête de fourche, roues flasquées, cylindrée de 50 cm3 à... illimitée, sur deux roues ou trois roues, deux devant une derrière ou le contraire, etc, etc... les catégories acceptées dans la Speed Week de Bonneville sont multiples et même plus ! Cependant il semble qu'une faille dans le réglement laisse le champ libre au pilote concernant sa position sur la machine. Des petits malins commencent donc à s'entraîner et certain(e)s sont à peu près sûr(e)s de remporter la première place dans leur catégorie. Et on pourra pas leur opposer une tenue inadéquate vu que celle-ci est parfaitement conforme à celle de "Rollie". Une paire de tongs et un casque seront faciles à emprunter sur place ! (le Kreidler est mieux détaillé sur born2brom.nl)

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    Il est possible qu'avec la vague de chaleur qui nous accable actuellement, la demoiselle soit revenue sur les lieux de ses exploits repérables grâce au pont à l'arrière-plan qui est le Martinus Nijhoffbrug. Vous ne pouvez pas le manquer, lorsqu'on vient par le nord, par le E25, c'est entre Waardenburg et  Zaltbommel...

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    Du côté japonais, on s'active également avec un engin qui sera lui aussi dans sa propre catégorie et sans doute seul engagé. On ne sait pas si le pilote chevauche un homme entièrement caréné ou s'il s'agit d'une sorte de cuirasse dans la quelle on s'introduit. La présence de roulettes latérales évoque notre si ingénieuse Monotrace tandis que les skis laissent l'observateur perplexe. Ce concurrent table peut-être sur une inondation du Lac Salé comme il s'en est produite une en 2014. Auquel cas il aurait toutes ses chances en classe "Motorbike Nautic Ski". 

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    En 1954, cette photo était "osée" et on n'ose pas penser à la façon dont cette même position serait traitée aujourd'hui. La machine est une Monet-Goyon 98 cm3 dénommée "Starlett", d'où la starlette qui la présente. Mais où allaient-ils chercher tout çà ?

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    À première vue, on croirait avoir affaire à une infirmière japonaise d'un service d'urgence motocycliste comme on tente d'en implanter chez nous. Pourtant la méfiance est de mise. Car il s'agit en réalité d'une égérie des "Bosozoku", ces bandes de d'jeun's qui sèment (ou ont semé) la terreur par les nuits noires du Japon. Ils se déplacent en groupe en cherchant toutes les occasions de bagarres plus ou moins sanglantes (Il n'y a donc pas de supporters de foot chez eux ?). Ils manient la batte de base-ball qui n'est pas considéré comme une arme puisque c'est un accessoire de sport....

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    L'un de ces sympathiques jeunes gens dans sa tenue d'apparat et avec sa machine, modifiée avec un remarquable goût de chiottes comme celles de ses confrères. Quant à la jeune dame sur la Suzuki GT 550, elle posait en réalité pour un magazine japonais dans une espèce de roman-photo ridiculisant à la fois les "bosos" et les amateurs de "cosplay". Ces derniers font partie d'un mouvement très populaire aux États-Unis qui consiste à de déguiser-grimer en héros et héroïnes du cinéma, des mangas, des séries télés, des jeux vidéos, etc.

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    Elles sont toutes les deux de la même bande, mais l'une est plus aimable que l'autre. Choisis ton camp, camarade !

    Les nombreux enfants de Rollie Free (3)

    Pour votre information, j'ai visionné sur le ouèbe des kilomètres de "cosplays" à la recherche de motocyclistes, mais je n'ai trouve que ça d'approchant. Il y a pourtant des séries télés sur les Hell's, par exemple "Sons of Anarchy", "Gangland Undercover" , ou "Outlaw Bikers" (*) mais ils est vrai que les personnages dont elles s'inspirent sont déjà naturellement des "cosplays".

    (*) Outlaw Bikers, dont le "pitch" est : Dieu pardonne, les motards non ! Pourtant ni Terence Hill ni Budd Spencer ne sont au générique...

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